SAVON
En parlant des animaux, sauvage s'oppose à apprivotsô, et, en parlant des plantes, à cuilivé.
SAUVAGEON (dimin. de sauvage), se dit, en Arboriculture, d'un jeune arbre né sponlanément et provenaut de graines d'un arbre fruitier sauvage sur lequel on ^e propose de greffer d'autres espèces, ou des variétés plus utiles ou plus agréables. Les pépiniéristes et les jardiniers donnent aussi ce noni au jeune arbre obtffuli de la graine d'un arbre franc.
SAUVAGÉSIE (du médecin Sauvage), Sauvagesia, genre de la famille des Violacées, tribu des Sauvagésiacées, dont quelques-uns ont fait le type de la famille des Sauvagésiées, renferme de petites plantes ligneuses de l'Amérique tropicale, de Madagascar et de l'Afrique tropicale occidentale, à feuilles simples, sessilcs ou portées sur de courts pétioles, munies de stipules; à fleurs roses, blanches ou violacées ; à fruits capsulaires, renfermant des graines très petites. Elles sont employées en médecine à l'intérieur comme pectorales , et à l'extérieur comme antiophtalmiques.
SAUVAGINE. On comprend sous ce nom : 1° les oiseaux de mer, d'étang ou de marais, dont la chair a un goût prononcé dit sauvagin; 2' les pelleteries communes qui proviennent des animaux sauvages qu'on trouve en France, telles que peaux de renards, de lièvres, de lapins, de blaireaux, de putois, de fouines, etc.
SAUVEGARDE, protection accordée par le souverain ou par l'autorité à une personne, qui autrement serait menacée. Voy. sauf-conduit.
SAUVEGARDE, Salvatov, sous-gcnrc de Reptiles, de l'ordre des Sauriens, famille des Varaniens, formant une subdivision du genre Monilor {Voy. ce mot), comprend surtout des espèces américaines, qui se distinguent par l'absence de crêtes caudales, par une queue comprimée, et des dents dentelées qui s'émoussent avec l'âge. Le Grand Sauvegarde d'Amérique, ou S- de Mérian, dépasse 1 m. : il vit sur terre et dans les eaux, et se nourrit de reptiles, d'insectes et d'œufs. Il est noir en dessus, avec des lignes transverses de petits points ou de lâches jaunes; son ventre est jaune, et sa queue rayée de noir et de jaune. Les Sauvegardes sont quelquefois désignés, mais à tort, sous le nom de Tupinambis.
SAUVETAGE, action de sauver les hommes en danger d'être noyés, ainsi que les navires et leurs cargaisons. L'obligation du sauvetage est auj. un devoir sacré, qui a remplacé le droit que clans les temps barbares on croyait avoir de s'emparer des objets naufragés. On y procède, quand il s'agit d'hommes tombés à la mer, soit en leur jetant des amarres, des lx)uées de sauvetage et autres corps flottants, ou des ceintures de sauvetage; soit en envoyant à leur recherche des canots de sauvetage, des bateaux insubmei-siblcs [life-boat, radeaux, nautiles), etc.
Voy. DOUÉE, PORTE-AMARRE, etC.
SAUVE-VIE, nom vulgaire de ï'Asplenium ruta muraria, petite Fougère semblable aux Capillaires, qui croît dans les fentes des rochers et des murs, et à laquelle on attribue des vertus médicales.
SAUVIGNON, un des cépages fondamentaux du cru blanc de Sauterne ( Voy. muscadelle et sémillon) ; on le cultive aussi dans le Gers et dans le centre de la France. Il prospère dans les terrains légers et caillouteux et donne un vin lin et parfumé.
SAVACOU, Cancroma, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Echassiers hérodicns, rcnicrme des espèces de la Guyane et du Brésil, à bec large et comme formé de deux cuillers appliquées l'une contre l'autre ; les pieds ont quatre longs doigts. Le Savacou huppé [C. cocidearia) est de couleur roussàtre ou grisâtre, avec le dessus de la tête et le derrière du cou noirs; la poitrine, le dessous du corps, le front, les joues et le bord de l'aile blancs. Cet oiseau habite les bords des fleuves, et se nourrit de poissons et de crabes : d'où son nom latin.
SAVALLE, poisson. Voy. mégalope.
SAVANE (de l'esp. savana, du b.-lat. sabana, drap de lit), nom donné, dans l'Amérique du Nord, à d'immenses plaines couvertes de hautes herbes qui croissent sans culture, et servent de pâturages aux bisons et aux buffles sauvages. Ces prairies naturelles disparaissent tous les jours devant es défrichements opérés par les colons, et auj. il laut aller fort loin dans l'ouest pour retrouver les savanes décrites par Chateaubriand et Coopcr. — Au Canada, ou donne le nom de savaties à des forêts formées
d'arbres résineux, tels que pins et sapins. Dans les colonies françaises, cette dénomination est étendue à toute espèce de plaines, et même à toute grande étendue de terrain, boisée ou non. Dans l'Amérique du Sud, les savanes sont appelées pa?)ij)as. Voy. ce mot.
SAVARIN, en Pâtisserie, sorte de baba, mais dont la pâte est tenue plus liquide, cuit en forme de couronne et imbibé de rhum. Drillat-Savarin en est, dit-on, l'inventeur.
SAVARY, poisson. Voy. caixionyme.
SAVETIER, nom vulg. de VEpinoche. Voy. ce mot.
SAVEUR (du lat. sapor). Ce mot désigne à la fois l'im-
[iression que certains corps exercent sur l'organe du goût, a sensation qu'excite cette impression, et la propriété en vertu de laquelle les corps produisent celte impression ou cette sensation. On distingue ordinairement les saveurs par quelque épithète, comme douce, sucrée, miellée, acre, brûlante, caustique, piquante, poivrée, alcaline, saline, acide, acerbe, astringente ou styptique, amère. Elles sont le plus souvent associées à des odeurs, et l'on ne peut pas toujours bien distinguer les données du goiit de celles de l'odorat. On dit des substances qui ont de la saveur, qu'elles sont sapides ; de celles qui n'en ont pas, qu'elles sont fades, insipides. — Les Métaphysiciens rangent la saveur au nombre des qualités secondes des corps. Voy. perception.
La nature intime des saveurs nous est tout à fait inconnue. On sait seulement que les conditions nécessaires au développement des saveurs sont le contact immédiat et suffisamment prolongé du corps sapide avec les parties de la langue qui sont spécialement l'organe du goût, une température ni trop basse ni trop élevée, et la dissolution des molécules de ce corps par la salive. Voy. goût.
SAVON. Les savons sont des sels (de potassium, sodium, calcium, plomb), dont les acides senties acides gras. Les matières grasses, saponifiées ( Voy. saponification) par les alcalis, donnent un savon et de la glycérine ( Voy. glycérine). Le nom de savoti vient du lat. sapo, mot employé par Pline (llist. nat., xxviii, 12) pour désigner un mélange de cendre et de suif que les Gaulois appliquaient aux mêmes usages que notre savon Les savons se distinguent en S. solubles dans l'eau, qui sont produits par la potasse et la soude, et en S. insolubles, qui sont formés par divers oxydes métalliques : ceux de ces derniers qui ont pour base l'oxyde de plomb, prennent particulièrement le nom d'eniplàire.t [Voy. ce mot). Les savons solubles sont les seuls employés dans l'industrie et l'économie domestique ; ce sont ceux auxquels on donne vulgairement le nom de savons : les savons de soude sont dits durs ; ceux de potasse, 7nous.
Savon dur. On le fabrique avec de la soude caustique et avec de l'huile d'olive, de sésame, d'arachide, etc., ou bien du suif ou de la graisse. On est aussi parvenu à faire du savon avec toutes sortes de matières animales, convenablement traitées. — Pour obtenir le savon, on fait bouillir l'huile ou la graisse avec une lessive de soude caustique (empâtafie) ; on se sert à cet efl'et de grandes cuves en bois ou de chaudières qui portent à leur fond un tuyau nommé l'épine ou la vidange, destiné à donner issue à l'eau de la lessive. Le savon ainsi préparé est ordinairement coloré en bleu par une certaine quantité de savon de fer, mêlé de sulfure, qui provient de l'impureté de la soude employée. On le blanchit en le délayant à une douce chaleur, dans de la lessive faible contenant du sel marin {relargage), puis en laissant bien reposer; le savon ferrugineux, n'étant pas soluble dans la lessive à cette temixirature, s'en sépare et tombe au fond de la chaudière. On puise alors la uàle du savon, qui est devQuue blanche, et on la coule dans des moules ou inises, où elle se prend en masse, puis on la divise en pains de 20 à 25 kilogr., qu'on nomme savon en table, et que l'on subdivise en briques plus ou moins grandes. — Pour obtenir le savon marbré ou madré (dit de Marseille), on ajoute à la pâte Iwuillantc assez d'eau ou de lessive faible pour que les parties ferrugineuses se réunissent, et l'on refroidit le tout promptement, de manière à empêcher les i)arties ferrugineuses de se précipiter. — Les savons de toilette exigent des soins de fabrication particuliers et sont aromatisés avec des huiles essentielles; le savon de Windsor, qui jouit d'une si grande renommée,, est un savon de suif de mouton aromatisé et coloré; \ essence de savon des parfumeurs est une dissolution de