‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1445 sur 1729 · SCARLATINE · texte numérisé non relu

SCARLATINE

SCITTICISME

vrant tout l'abdomen et rarement les ailes. Les Séantes habitent les contrées chaudes et les terrams sablonneux i)rès de 11 mer. On trouve dans le midi de la France le S. pyracinon et le S. lisse, tous deux d'un noir luisant.

SCARLATINE (iVécarlale), o\ fièvre scarlatine, lièvre coiilagicuse éru|)tivc et souvent épidémique, caractérisée par cfe laifçes plaques d'un rouge ccarlate qui occupent j)resque toute la surface du corps, avec coloration semblable de l'intérieur de la bouche et angine plus ou moins intense. L'invasion de la scarlatine est marquée par un malaise général, des frissons, de la fièvre, de la céphalalgie, des nausées, un peu de mal de gorge, et quelquefois par des accidcnis nerveux. Après un ou deux jours au plus, l'cruptioii se manifeste d'abord au cou et à la poitrine, puis aux membres : la fièvre augmente ainsi que le mal de gorge ; les pieds et les mains sontraides et gonflés. Vers le Séjour, l'éruption a atteint tout son dévelopi>eraent et déjà elle tend à décroître : les plaques pâlissent, la tuméfaction disparaît : la fièvre et le mal de gorge diminuent ; vers le 10" jour, la desquamation est établie et l'épiderme s'enlève par larges plaques surtout aux pieds et aux mains. Suivant la prédominance de certains symptômes, la scarlatine est dite maligne, hémorragique, etc. Elle peut se conipliquer d'accidents cérébraux, aussi de douleurs rhumatismales, d'angine pseudo-membrannuse et gangreneuse, etc. Pendant la convalescence il peut se produire une néphrite donnant lieu à une anasarque aiguë et à l'albuminurie. — La scarlatine allecle spécialement les enfants, elle atteint du reste tous les âges et est siu-tout gi-ave chez les vieillards. — Les médecins anglais pensent que la scarlatine serait due à l'absorption du lait provenant de vaches ayant au pis des ulcérations d'origine scarialineuse. Traitement expectant : diète, repos au lit, Ijoissons acides, douce température. Pendant la convalescence, qui dure trois semaines, il faut éviter tout écart de régime et tout refroidissement. Les malades doivent être soigneusement isolés et les résidus de desquamation, brûlés.

SCATOPHAGE, Scalophaga, nom scientifique de la Mouche îuerdeuse [Musca stercoraria), commune en France sur les matières fécales.

SCAZON (dugr. cntâÇw, boiter), vers latin, le même que le ChoUambe [Voy. ce mot). La préface des Satires de Perse est eu veis scazons.

SCEAU ou scEi. (du lat. sigillum), grand cachet employé pour rendre un acte authentique : c'est une lame de métal de forme ronde ou ovale, qui a une face plate, dans laquelle sont gravées en creux la figure, les armoiries, la devise d'un souverain, d'un Etal, d'un corps, d'une communauté, d'un officier public, etc. On ajiplique les sceaux sur de la cire, sur une pâte de carton, ou sur quelque autre matière, afin d'y laisser leur empreinte, et, après avoir ainsi obtenu des empreintes détachées, on les attache, aveC' un rulxin de soie ou autrement, aux actes publics, lettres closes ou patentes, diplômes, etc., auxquels on veut donner de l'authenticité. On donne aussi le nom de sceaux aux empreintes mômes du sceau ainsi obtenues. — On appelle contre-sceau un sceau apposé au revers de la première empreinte.

L'usage des sceaux remonte à la plus haute antiquité : la Bible les mentionne dès le temps de Salomon. Les sceaux anciens, qui ne se distmguent guère des cachets ( Voy. ce mot), étaient d'ordinaire g.-avés sur le chaton des bagues, sur des agates, émeraudes, saphirs, cornalines. Les empereurs romains ont scellé d'un sceau d'or tous les actes d'importance. Le pape a deux sortes de sceaux : l'un pour les lettres secrètes et pour les brefs apostoliques Voy. axne.au du pécheur); l'autre pour les bulles : celui-ci a la tète de St Pierre à droite et celle de St Paul à gauche, avec une croix au milieu. — On distinguait autrefois en France : le grand sceau, qui représentait le roi dans ses iiabits royaux et assis sur son trône : il s'apposait tantôt sur de la cire jaune, tantôt sur de la cire verte ; le petit sceau, qui était celui des chancelleries des parlements; le sceau secret, qui scellait les lettres closes, etc. Depuis 1792, le sceau de l'Etat, sous la République, a porté d'un côté, pour type, la figure de la Liberté, cl iwur légende : Au uoin du peuple français : de l'autre, une couronne de chêne et d'ohvier ; au milieu de la couronne : Hépublique française (en 1870, démocratique), une et indivisible; et pour légende : Liberté, égalité, fraternité. Sous l'Empire, le sceau représenta l'aigle impériale, surmontée d'une couronne fermée et entourée du collier de la Légion d'honneur, avec le sceptre et la mab de justice en sautoir. Sous

la Restauration, l'aigle impériale fut remplacée par un écusson portant trois fleurs de lis. Sous Louis-Philippe, le sceau représentait un livre ouvert portant ces mots : Charte de 1850, et entouré de drapeaux tricolores.

Le soin de garder et d'apposer les sceaux de l'Etat a de tout temps été confié à un haut fonctionnaire, appelé, selon les éiioques. Chancelier ou Garde des sceaux {Voy. ces mots) : ce soin est auj. confié en France au ministre de la Justice, assisté jiour cette partie de ses fonctions par douze référendaires au sceau. En outre, il y a auprès de chaque ambassade, de chaque consulat, un officier public chargé de sceller les pièces authentiques, et que l'on nomme chancelier. Les sceaux apposes par autorité de justice prennent le nom de scellés iVoy. ce mot). — I^a contrefaçon du sceau de l'Etat et l'usage d'un sceau contrefait sont punis des travaux forcés à perpétuité (C. pén., art. 159). — Pour le Conseil du sceau des titres, voy. référendaire et NOBLESSE.

L'étude des sceaux a une grande inqiortance pour la diplomatie et pour l'histoire : elle est devenue la matière d'une science spéciale appelée Sphragistique ou Sigillographie ; elle est un des objets de l'enseignement à l'Ecole des Chartes. Voy. sphragistique.

On appelle : Sceau de JSotre-Dame, le Taminicr commun; ^. de Salomon, les rhizomes du Polygonatum qui présentent des traces des tiges aériennes successives qu'on compare aux marques d'un sceau.

SCELLÉ (de sceau), cire molle qu'on appœc, par autorité de justice, en y appliquant un cachet officiel, à des serrures, aux portes d'un appartement, d'un cabinet, |X)ur empêcher de les ouvrir. Les scellés sont mis en cas d'absence, de faillile, de décès. Us sont apposés tantôt d'office, tantôt à la requête des parties, et par le ministère des juges de paix. Ces magistrats se servent pour cette opération d'un sceau particulier, qui reste entre leurs mains, et dont une empreinte est déposée au greffe du tribunal de première instance. L'apposition des scelles après décès peut être requise par tous ceux qui ont droit à la succession, par les créanciers ayant un titre exécutoire, et, en cas d'absence des héritiers, par les personnes qui demeurent avec le défunt ou par ses serviteurs (C. civ., art. 819-21 ; G. de proc., art. 907 et suiv.). Tous ceux qui ont droit de faire apposer les scellés peuvent aussi en requérir la levée. On doit observer, dans l'apposition et la levée des scellés, les formalités prescrites par le Gode de pi-océdure (art. 928 et suiv.). — Voy. bris.

SCELLEIVIENT, se dit, en Construction, de l'action de sceller ou d'arrêter l'extrémité d'une pièce de lx)is ou de métal, dans un mur, dans la pierre ou le marbre, avec du plomb, du soufre, du plâtre ou du mortier. Les scellements des pièces de fer dans la pierre se font ordinairement au moyen du soufre ou du plomb fondu.

SCÈNE (dugr. oxtivt^, tente), partie du théâtre où jouent les acteurs. Chez les anciens, la scène se divisait en trois parties : la plus considérable, ou scène propr. dite, était entourée de bâtiments contre lesquels se |)laçaient les décorations : c'est ce que nous appelons auj. fond de la scène et coulisses, quelquefois elle était surmontée d'une construction (épiskéniou) pour la manœuvre de certaines machines; la deuxième partie, que les Grecs nommaient proskénion ou logéion, et les Latins ^jroscenîwm ou pulpitunt, était un grand espace libre au devant de la scène, et où jouaient les acteurs ; la troisième était un espace ménagé derrière la scène [paraskénion, nostscenium) : c'était le lieu où les acteurs s'habillaient (Vou. théâtre). — Auj. on ne donne le nom de scène qu'à la partie du théâtre qui s'étend depuis la rampe jusqu'aux décorations, et sur laquelle les acteurs se montrent au public. — On appelle avant-scèt\e la partie du théâtre la plus rapprochée des spectateurs : elle est ordinairement comprise entre la toile et la rampe. Les loges d'avant-scène sont les loges qui s'élèvent sur cet espace.

Le mot scène désigne encore : 1° le lieu où un auteur suppose que l'action qu'il raconte s'est passée: 2° la plus petite division d'un poème dramatique, qui est déterminée par l'entrée d'un nouvel acteur ou la sortie des acteurs présents ; c'est en ce sens qu'on dit qu'un acte est subdivise en scènes.

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