SCHISME
au dogmatisme qui enseigne que i'esjprit humain peut arriver à la certitude (Voy. ces mots). Le scepticisme est général ou partiel, selon qu'il met en doute la totalité de nos connaissances, comme le faisait Pyrrhon, ou une partie seulement. Le scepticisme partiel peut s'attaquer soit au monde matériel (c'est le cas de Berkeley qui nie l'existence des corps), soit au monde immatériel, ce qui est le cas des matérialistes. Le scepticisme peut en outre être purement provisoire, comme celui de Descartes, ou au contraire définitif.
On peut ramener les doctrines sceptiques et les principes d'où elles parlent à trois points de vue : 1° l'objet de la connaissance : cet objet est variable et sujet à un renouvellement continuel (les êtres organisés, p. ex.), en sorte que la connaissance n'a rien de lixe à quoi elle puisse se prendre; 2" le sujet qui connaît : en le considérant, on voit les erreurs et les contradictions de l'esprit, les illusions des sens, du rêve, de la folie, etc. ; 5" le rapport du sujet à l'objet : la possibilité de faire communiquer l'àme, être inunatériel, avec des objets matériels, de passer du subjectif à l'objectif, a été niée par quelques philosophes (Hume, Kanl, etc.). — Le scepticisme mitigé constitue le Probabilisme. Voy. ce mot.
Utile quand il se produit, comme le recommandait Descartes, sous forme de doute provisoire, en ce qu'il contrôle nos cotuiaissances, le scepticisme est la plus dangereuse des doctrines lorsqu'il devient systématique ; il aboutit alors ou à une inaction absolue, à une ignorance systématique et à une immoralité profonde, ou bien il rejette l'homme dans le mysticisme. Les partisans de ce système ne peuvent d'ailleurs essayer d'en démontrer la vérité sans se mettre en contradiction avec leurs propres principes. A défaut des arguments que le dogmatisme oppose au scepticisme en déterminant l'objet des sciences et la méthode à suivre, les causes de nos erreurs et les moyens d'y remédier, le sens commun suffirait pour réfuter une doctrine qui ruinerait toutes les sciences par leur base et rendrait la vie ellemême impossible. Cependant il y a eu de tout temps des sceptiques, depuis le Grec Pyrrhon, duquel celte doctrine emprunta le nom de pyj^honisme, jusqu'à Hume au xvui® siècle (pour leur histoire, voy. au Dict. d'Hist. et de Géogr. l'article sceptiques et les noms des principaux sceptiques). — Le scepticisme a été réfuté par Mersenne {la Vérité des sciences contre les sceptiques), par Th. Jouffroy [Cours de Droit naturel et Mélanges], etc. Voy. E. Rabier, Logique; V. Brochard, les Sceptiques grecs.
SCEPTIQUES. Dans l'histoire de la Philosophie ancienne, l'école sceptique compte quatre périodes successives : 1* avec le pyrrhonisme (scepticisme], elle refuse de s'occuper des sciences théoriques, les déclarant inaccessibles, pour s'en tenir à la vie pratique ; 2" avec la Nouvelle Académie { Voy. ce mot), elle déclare que rien n'est certain, qu'il ne peut
f' avoir que des probabilités, des vraisemblances; 3" avec e scepticisme dialectique (.-Enésidème et Agrippa), elle soutient qu'aucune connaissance n'est absolue, mais que toutes choses sont relatives les unes aux autres et relatives à l'esprit; 4° avec le scepticisme empirique (Ménodote, Sextus Empiricus), philosophie qui rappelle le positivisme, elle condamne la recherche de l'essence des choses, et déclare qti'il faut s'en tenir à l'étude des lois qui régissent l'apparition des phénomènes. Voy. V. Brochard, les Sceptiques grecs.
Dans l'histoire de la Philosophie moderne, les principaux sceptiques sont Montaigne, Charron, La Mothe Le Vayer, Huet et surtout David Hume, fondateur du scepticisme idéaliste. Celui-ci, dépassant les vues de son prédécesseur Berkeley, exposa dans ses Essais philosophiques que les seides réalites que nous connaissions directement sont nos propres idées (ce qui est incontestable), mais conclut à tort à l'impossibilité d atteindre, derrière ces phénomènes, les clioses composant le monde extérieur. Il est certain, au contraire, que nos idées ne sont que des signes de la réalité qu'elles nous font connaître, et qu'ainsi c est tout à fait à tort que nous prétendrions nous enfermer en nous-mêmes, et déclarer tout le reste inaccessible ou même inexistant. La doctrine de Hume n'en a pas moins rallié un certain nombre de partisans, assez obscurs il est vrai pour la plupart. Quant à Pascal et à Kant, ils ne mettent en doute l'autorité ou la portée de la raison que pour mieux établir la valeur de la foi religieuse ou morale. Voy. E. Saisset, jEnésidème, Pascal, Kant.
SCEPTRE ;dulat. sceplrum, dugr. T/.t^n-zwi], bâton de
commandement, de forme variable, et plus ou moins omé, qui est, avec la couronne, un des insignes de la royauté. Dans l'origine, le sceptre n'était qu'mie canne ou bâton que les rois et les généraux portaient pour s'appuyer.
SCEPTRE DE BRAXDEBocRG, constcUation située entre le Lièvre et l'Eridan, par 4 h. 50 m. d'ascension droite et 20° de déclinaison sud ; comprend 2 étoiles de 4"= grandeur et 4 de 5".
SCHABRAQUE ou cuabraque (mot emprunté de l'allemand) , sorte de housse ou de couverture en peau de mouton ou en drap, qu'on étend sur la selle et qui couvre les fontes des pistolets. Elle a été importée en France en 1692 par les hussards hongrois. Elle n est plus en usage dans le harnachement militaire.
SCHAH ou CHAH, titre que les Européens donnent au souverain de la Perse.
SCHAKO ou CBAKo, coiffure militaire d'origine allemande, fut introduite dans l'armée française au xvin« siècle; mais elle ne fut d'abord en usage que dans les régiments de hussards et de chasseurs. Le schako était alors sans visière et omé de toi-sades. Au commencement de l'Empire, tous les corps d'infanterie quittèrent le chapeau à trois cornes pour prendre le schako ; seulement la forme île cette coiffure a fréquemment varié. Le schako n'est plus porté maintenant que par les troupes à cheval ; les troupes à pied n'ont d'autre coiffure que le képi.
SCHALL. Voy. châle.
SCHÉELIN CALCAIRE. Voy. sciiéelite.
Schéelin ferrugineux. Voy. wolfram.
SCHÉELITE ou schéelin calcaire, tungstate de calcium naturel (CaO.TuO^), se trouve en cristaux octaédriques du système quadratique. La Sciiéelite est blanche ou jaune, avec un éclat assez vif; sa densité (6) est considérable pour une substance pierreuse. On la trouve avec les minerais d'étain et de cui\Te, dans les gneiss et dans les pegmatites à Zinnwald (Bohême), en Saxe, en Cornouailles, etc.
SCHÉELI'TINE ou stolzite, tungstate de plomb naturel (PbO.TuO^), isomorphe de la Scbéelite, se rencontre à Zinnwald.
SCHEERÉRITE, hydrocarbure naturel, en cristaux incolores, dans un lignite de St-Gall (Suisse).
SCHEIK, chef de tribu. Voy. cheik.
SCHELLING. Voy. shilli.ng.
SCHELTOPUSICK, Reptile. Voy. pseudopus.
SCHÈME (du gr. ir/r,\t.<x). Dans la philosophie de Kant, ce mot désigne l'image intermédiaire entre la sensation et le jugement, et grâce à laquelle celui-ci peut s'appliquer à celle-là. — Dans les sciences physiques et naturelles, on nomme schème ou schéma une figure typique, représentant un fait ou une forme dans sa généralité, et sans aucun détail particulier. Par exemple, on appellera schéma du système circulatoire chez l'homme une figure indiquant à grands traits la disposition du cœur et des principaux vaisseaux, telle qu'elle se présente chez tous les hommes également, mais par là même s'interdisant de reproduire les dispositions particulières de ces vaisseaux qui ne se trouvent que chez tel ou tel homme.
SCHÈNE (du gr. oyoïvoî, corde de jonc), Schœnus, mesure itinéraire des anciens, surtout des Égyptiens, valait 2 parasanges ou 60 stades grecs, environ 6 de nos kilomètres. — Plante. Voy. schœxcs.
SCHÉRÉRITE. Voy. scheerérite.
SCHÉRIF. Voy. CHÉRiF et shérif.
SCHERZO, mot italien qui signifie badinage, est employé, en Musique, pour designer les morceaux à 3 temps d'un caractère léger et d'un mouvement rapide, généralement intercales avant ou après l'andante ou adagio dans les sj-mphonies, quatuors, etc., où ils ont remplacé l'ancien menuet. — Le mot scherzando, qui signifie en badinant, indique un mode d'exécution légère et badine.
SCHILLERSPATH, syn. dû Bastite.
SCHILLING, monnaie. Voy. shilling.
SCHINE, Sc/iî«Ms, genre de la famille des Anacardiacées. tribu des Anacardiées, répandu surtout au Chili. L'espèce principale, le Molle ou Poivrier d'Amérique, est un j)etit arbre toujours vert, qui donne une baie globuleuse dont les Chiliens tirent une Iwisson rafraîchissante et vineuse. Ses fruits servent à falsifier le poi>Te,
SCHISME (du gi-. jyÎTixa. séparation), se dit du fait de se séparer du corps et de la communion d'une religion pour en former une autre avec les mêmes dogmes fondamentaux, mais sous une autorité différente. Ceux qui se se-