SEL
-district; seigneurie, l'autorilé d'un scigrneur et le pays sur lequel s'élcndait cette autorité. Auj. le titre de seigneur est purement honoridque. Voij. monseigneur.
Le Grand Seigneur est le sultan, empereur des Turcs. — Dans plusieurs villes d'Italie, seigneur [signor] a été longtemps le litre du chef de la cité. A Venise, la seigneurie était l'assemblée de ceux qui avaient la principale part au gouvernement.
Pris dans un sens absolu, le Seigneur désigne Dieu, souverain maître de toutes choses ; Noire-Seigneur désigne Jésus-Christ.
SEILLE (du lat. situla). Ce mot, qui se disait autrefois de toute espèce de vase propre à contenir des liquides, désignait spécialement un vase employé jx)ur porter l'eau bénite.
SEIIME (orig. inc), se dit, en parlant du Cheval, de la fente, fissure ou division de la corne du pied, dirigée de haut en bas, mal qui attaque surtout les chevaux de poste, de manège, de cliassc et de gros trait. La seime vient le plus souvent au devant des pieds de derrière, quelquefois sur l'un des côtés des pieds de devant, et surtout au quartier interne.
SEIN (du lat. sinus). Ko?/, mamelles.
Mal au sein ou Glande au sein. Voy. mastite.
SEINE ou SENNE (du lat. sagena), grand filet composé d'une nappe simple, beaucoup plus long que large, et garni, en tête, cie flottes et, en bas, oo plombs ou de cailloux, qu'un canot mouille au large et parallèlement au rivage. Il se tient verticalement dans l'eau, son Ijord inférieur vaguant dans le fond. Deux longs cordages sont fixés à ses extrémités. Des hommes liaient sur ces cordages de façon à ramener le filet vers la terre tout en le iermant progressivement. Quand le filet est près de terre, il est complètement fermé, on le met à sec et on prend à la main le poisson qu'il renferme.
SEING (du lat. signum), signature d'une personne ap-
[loséc jjar elle-même au bas d'une lettre, d'un acte, pour es confirmer, les rendre valables [Voy. signature, sceau, scellé). — On appelle : seing privé, une signature qui n'a point été laite eu présence d'un officier public : on oppose les actes sous seing pi-ivé aux actes notariés ou authentiques; — blanc-seing, un papier ou parchemin signe à l'avance que l'on donne à quelqu'un pour qu'il le remplisse à sa volonté. Voy. blanc.
SÉISMOGRAPHE. Viy. sismographe.
SEL (du lat. sa/.). Dans le langage vulgaire, ce mot signifie le sel de cuisine ou sel marin [Voy. ci-après). — En Chimie, on donnait autrefois le nom de sels à tous les corps qui ressemblent au sel marin par leurs caractères physiques, et qui sont solubles dans les mêmes conditions. Aujourd'hui on restreint le nom de sel à des composés résultant de la réaction d'un acide oxygéné et d'une i)asc [sels oxygénés) ou d'un acide hydrogéné [hydracidé] non métallique et d'une base [sels fialoïdes). — Un sel est dit neutre lorsqu'il résulte de la substitution d'un certain nombre d'atomes de métal à la totalité des atomes d'iiydrogène basiques contenus dans la molécule de l'acide. Les sels neutres alcalins des acides forts (acide sulfurique, acide azotique) sont en même temps neutres au tournesol ; mais les sels neutres formés par ces mêmes acides avec les métaux proprement dits (fer, cuivre) réagissent comme les acides sur le tournesol [Voy. neutralité). Un sel est dit acide lorsque la substitution ne iwrte que sur une partie de l'hydrogène basique ; il est dit basique ou sous-sel (juand il peut être considéré comme une combinaison du sel neutre avec un hydrate basique. Un sel simple ne contient qu'un seul élément métallique (sulfate de sodium] ; un sol double renferme deux éléments (tarlrate de potassium et de sodium); un sel triple en contient trois, etc. -— On distingue aussi les sels en genres et en espèces : l'acide déteimine le genre, et la base l'espèce. Ainsi l'acide sulfurique forme les divers sulfates (de calcium de potassium, etc.); l'acide azotique, les azotates; 1 acide phosphoreux, les phosphiles, etc. Tous les sels dont le nom se termine en ate sont dus à un acide termine en ique; ceux dont le nom finit en ite, à un acide en eux. Voy. acide.
SEL proprement dit, appelé aussi Sel marin [Sahnare], b. de cuisine, S. commun. Chlorure de sodium, Vun des corps qui ont le plus d'applications dans l'économie domestique, la médecine, les arts industriels cl l'agriculture, test un composé de chlore et de sodium [ClNa]. Il
est ùicolore, transparent, cristallisé en cubes, et a une densité de 1,123. Il estsolublc dans l'eau et décrépite sur les charbons ardents. Ce sel est très répandu dans la nature, soit en couches plus ou moins consiaérai)lps clans le sein de la terre [sel gemme), soit en dissolution dans les eaux de la mer, de certains lacs et de certaines sources. Les mines de sel gemme les plus considérables en Europe sont celles de l'Allemagne méridionale, de la Hongrie, de la Pologne (surtout celles de W'ielickza et de Boclinia, près de Cracovie), celles de Vie et de Dieuze en Lorraine, de Norwich en Angleterre, etc. On trouve aussi d'immenses mines de sel gemme en Asie, en Afrique, au Pérou, au Chili. L'exploitation de ces mines se fait comme celle des carrières de chaux : on détache le sel par masses plus ou moins considérables. Le plus habituellement il est coloré par de l'argile, de l'oxyde de fer, etc., et charge d'impuretés : pour le purifier, on le dissout et on le fait cristalliser. Les lacs salés sont communs dans la Russie d'Asie, la Hongrie, l'Afrique ; en France, on exploite les eaux salines de Salins et Montmorot (Jura), de Saulnot, de Gouhcnans (llte-Saône), d'Arc (Doubs), du Mas-d'Azil (Ariège), etc. Quand les eaux de ces sources sont assez riches en sel, on les fait immédiatement évaporer dans de grandes chaudières en fer ; lorsqu'elles ne renferment que quelques centièmes de sel, on les soumet d'abord à une evaporation sjwntanée, en les faisant tomber sur des masses de fagots très hautes et placées sous des hangars ouverts, dits bâtiments de graduation, où elles se concentrent de plus en plus. — L'eau de la mer renferme environ 3 p. 100 de sel marin : dans l'ouest et le midi de la France on exjjose cette eau à l'évaporation dans de vastes bassiîis creusés sur les bords de la mer et auxquelles on donne le nom de salines ou marais salants. Voy. marais salants.
La composition du sel marin n'est connue que depuis le milieu du xviii" siècle, oii Marcgraff démontra le premier qu'on pouvait en retirer de I acide chlorhydrique et un alcali dilférent de la potasse.
Outre son usage culinaire, le sel a reçu plusieurs autres applications : on s' en sert [)our conserver les substances alimentaires, pour assaisonner la nourriture des bestiaux; pour fabriquer la soude artificielle, préparer le chlore, le sel ammoniac ; pour vernir certaines terres cuites ; pour amender les terres froides et tourbeuses, etc. — De tout temps, en outre, le sel a eu une certaine im|X)rtance dans le culte : chez les Juifs, chez les païens, on s'en servait dans les sacrifices pour purifier et consacrer la victime; l'eau lustrale était salée, comme l'est encore notre eaa bénite.
L'immense consommation de sel qui se fait journellement a donné presque à tous les gouvernements l'idée de frapper cette substance d'un impôt ou même de s'en attribuer le monopole. Ce monopole, connu en France sous le nom de gabelle [Voy. ce mot), a subsisté jusqu'à la Révolution : il a été supprimé par la loi du \" décembre 1790. Toutefois un impôt sur le sel fut rétabli en 1806. Cet impôt, dont le taux a fréquemment varié, et qui déjà avait été mitigé pour les sels applicables à la pêche, aux usages agricoles, à la fabrication de la soude, a été réduit presque à rien en 1848.
Sel alevibroth, S. de sagesse. Voy. alembrotu.
Sel ammoniac. Voy. ammoniaque.
Sel ammoniacal. On distingue : le S. ammoniacal craj/ewa;, qui est un carbonate d'ammoniaque; le S. amm. nitreux, ou nitrate d'ammoniaque ; le S. amm. vitriolique ou de Glauber, sulfate d'ammoniaque ; le S. amm. sédatif ou borate d'ammoniaque.
Sel (fAngletei-re. c'est le sesqtii-carbonalc d'ammoniaque. Ce sel a une odeur forte et pénétrante : on eu remplit des flacons que les dames portent jiour ranimer les esprits.
Sel arsenical de Macquer, l'ai-séniate de potassium.
Sel de colcotar, le sulfate de fer neutre
Sel commun ou de cuisine. Voy. sel.
Sel de duobus, le sulfate de potassium.
Sel d'Egra, S. d'Epsom, le sulfate de magnésium.
Sel d'étain, le protochlorure d'étain, employé en teinture.
Sel fébrifuge ou digestif de Sylvius, le chlorure de potassium.
Sel fixe ou lixiviel, produit qu'on obtient en traitant par l'eau les cendres de végétaux, et qui renferme dc8 sels alcalins.
SELACHE
JàOI