SEPARATION
avec lesquels il entre en relation. La sensation est un phénomène jKychoiogrique : nous la saisissons par la conscience, qui nous en révèle seule les caractères cl les lois [Voy. sensibilité]. Il peut v avoir impression sans qu'il y ait sensation, comme dans la paralysie, et peut-être quelquefois sensation sans qu'il y ait impression, comme dans 1 hallucination. — On distingue des sensations externes, qui pi-oviennent des impressions produites par l'action des objets extérieurs sur l«s organes des sens; et des sensations internes, qui naissent de l'état du corps, de l'exercice des fonctions vitales, et auxquelles correspondent les appétits. Voy. sens, perception, appétit.
SENSIBILITÉ (de sensible), faculté de sentir, distincte de rintelliffence et de l'Activité. Les phénomènes dont elle se comjKtse s<jnt les émotions, c.-à-d. les sentiments de joie ou de tristesse produits en nous par les choses extérieures ou par nos propres idées ; ces émotions sont à leur tour le principe de nos inclinations et de nos passions (Voy. tous ces mots).
En Phvsiologie, le mot sensibilité a reçu des sens très ditTérents' selon les systèmes ( Voy. animisme, obgasicisme, VIT4LISME). Certains auteurs nomment S. animale l'ensemble des fonctions de relation qui s'exercent à l'aide du système nerveux cérébro-spinal, et 5. organique, l'ensemble des fonctions vitales qui s'exercent à l'aide du système ganglionnaire, etc. Voy. nerfs et âme.
La sensibilité peut être momentanément suspendue.
Voy. ANESTIIÉSIE.
SENSIBLE note). Toy. xote et septième.
SENSITIVE, Mimosa piidica. espèce du genre Mimosa {Voy. ce mot) : c'est un joli arbuste, à tiges armées d'aiguillons; à feuilles composées de folioles délicates; à fleurs petites, de couleur rouge ou violet clair. La Sensitive doit son nom à la lacullé qu'elle a de se montrer sensible an moindre attouchement : on voit aloi-s ses rameaux articulés fléchir, se rapprocher de leui-s tiges, et toutes les folioles se coucher les unes contre les autres. Il existe à chaque insertion du pétiole avec la tige, et des folioles avec le pétiole, un très petit renflement, qui est le (Kiint le plus irritable: il suffit de la toucher avec la pointe d'une épingle pour faire fermer la feuille ou la foliole. I^ Sensitive est une des plantes chez lesquelles on observe une sorte de sommeil; vers le soir elle plie ses rameaux et ses feuilles, et ne les relève qu'avec le retour du jour ; du reste, ses feuilles ne sont dans un état complet d'épanouissement qu'éclairées par la lumière directe : un nuage qui passe devant le soleil suftit pour en changer la direction. On a pu changer les heures de son sommeil en la mettant dès le matin dans une chambre noire, et la jiortant le soir dans une salle très éclairée. Cette plante |>arait aussi perdre sa sensibilité sous rinfluence des anesthi-siques : on est même parvenu à l'endormir avec du laudanum. Enliii la Sensitive est otl'ensée par des mouvements très brusques, tels que ceux d'une voilure qui roule rapidement sur le pavé : cependant elle s'y habitue quand ils deviennent fréquents.
La Sensitive a été prise comme le symbole de la sensibilité et de la pudeur.
On donne vulgairement le nom de Sensilivc à plusieurs plantes chez lesquelles l'on rcmaifjuc, comme chez la Sensitive, des phénomènoi d'irritabilité : tels sont le Rossolis, le Carambolier, une Oxalide, etc.
SENSORiUM, nom latin que certains auteurs ont donné à la partie du cerveau qu'ils croient être le centre commun des sensations et le siège de l'âme. Voy. âme.
SENSUALISME, doctrine philosophique qui rap|>orte aux sens l'origine île toutes nos idées. Chez les modernes, on donne spécialement ce nom au système de Condillac. Voy. empirisme.
SENTENCE (du lat. sentent ia], parole mémorable, apophtegme, maxinic qui ifnferme une grande pensée, une l>elle moralité. Les sentences doivent être exprimées brièvement, de manière à se graver facilement dans la mémoire. Les Proverbes de Salomon, les Poésies r/nomiques des Grecs, les Sentences de P. Svrus, les Distiques de Dion. Caton, les Quatrains de î'ibrac, etc.. sont des recueils de ce genre. — Dans la Scolastique, sous le titre de Livre des sentences, Pierre Lombard, surnommé pour cela le Maître des .sentences, avait rassemblé les opinions des apôtres et des Pères de l'Eglise sur les points les plus importants de la théologie : ce livre eut pour commentateurs Si Thomas, Si Ronavcnfnre, ctc-
Dans la Jurisprudence, sentence est synonyme de jutjement et se dit surtout <les décisions des arbitres. Autretois on domiait spécialement ce nom aux jugements rendus par les juges inférieurs.
SENTEUR , se dit pour odeur, parfum. Voy. ces mots.
Pois de senteur ou Gesse odorante. Voy. gesse.
SENTIMENT (de sentir], plaisir ou peine qui naît de l'exercice de nos facultés intellectuelles, comme le regret et l'espérance, ou qui résulte de la satisfaction d'une disposition naturelle à rechercher certains objets, comme les jouissances que procure l'amitié. On distingue deux classes de sentiments : 1» les S. intellectuels, ou plaisirs de l'esprit, comme les jouissances que procurent la science et la ^•ue de la beauté, etc. ; 2" les S. moraux, ou plaisirs du cœur, comme les jouissances que procure l'amitié ou l'accomplisscmenl d'un devoir. — Il ne faut pas confondre le sentiment avec la sensation : la sensation est toujours précédée d'une impression organique; le sentiment n'est pas directement précédé d'une impression organique et il ne se manifeste dans le corps qu'en vertu de la réaction naturelle de l'âme sur certains organes; c'est ainsi que la joie et la tristesse s'expriment par la physionomie. Voy.
SENSATION et sensibilité.
Morale du sentiment, doctrine philosophique qui donne
Four fondement à la morale le sentiment moral, c.-à-d. ensemble des plaisirs et des peines qui accompagnent le discernement du bien et du mal, comme la satisfaction morale et le remords, l'estime et le mépris, la sympathie et l'aversion. D'après elle, le bien consiste dans la satisfaction d'un penchant désintéressé, qui est la bienveillance pour Cumberland et Shaflesburv, la sympathie pour Adam Smith, le sentiment moral pour .l.-J. Rousseau. Vamour de Dieu pctur les mystiques, etc. ; l'apprttbation que ce penchant donne à certains actes constitue le sens moral, la conscience: le devoir consiste à agir de manière à mériter cette approbation. La théorie d'A. Smith est la plus célèbre. Elle a le mérite de reconnaître le désintéressement de la vertu et de combattre le système de l'intérêt {Voy. ce mot); mais on lui fait trois objections fondamentales : 1° le sentiment de la s\inpathie ne peut fonder le jugement d'approbation : il le suppose au contraire ; 2° il manque des deux caractères essentiels au devoir, l'universalité et l'obhgation ; 3° il ne saurait fournir une règle immuable et absolue pour le droit naturel. Voy. conscience, bie.n, devoir, etc.
SENTINE (du lat. sentina\ la partie la plus basse d'un bâtiment, située au fond de la cale. C'est le réceptacle de toutes les eaux et de toutes les ordures. On la vide avec les pompes.
SENTINELLE (de l'ital. sentinella) , soldat armé placé près d'un poste ou en un lieu isolé pour y exercer la surveillance ou faire exécuter une consigne; à la guerre, les sentinelles sont toujours doubles, c.-à-d. que deux hommes occupent ensemble le même point. Le factionnaire est une sentinelle chargée de faire exécuter une consigne. On appelle : redette une sentinelle à cheval; sentinelle perdue, un soldat que l'on place dans un poste avancé et dangereux. — Les sentinelles ne doivent pas s'écarter de leur poste au delà de 30 pas. Elles rendent les honneurs à ceux qui y ont droit, arrêtent les rondes et patrouilles par les mots : Halte là! Qui vive? elles crient : Aux armes ! en cas d'alerte ; quand elles ne doivent pas se laisser approcher, elles enjoignent aux passants de passer au large. La sentinelle qui abandonne son j)oste, ou même qui s'endort, est punie de peines sévères, qui varient selon les cas.
Sentinelle, oiseau. Voy. macronyx.
SEP. partie de la charrue : c'est une pièce de Lois qi:i pose à plat sur la terre, et dans laquelle le soc de la charrue est emlxjîté. Voy. ch*rrue.
SÉPALE, nom donné, en Botanique, aux découpures ou folioles articulées, ord. vertes, qui constituent le calice des fleurs. Le calice est monosépale quand ces découpures sont adhérentes par leur Ixnd. et poly sépale quand les divisions sont parfaitement distinctes.
SÉPARATION du lat. srparatio].ï.r\ Droit, il y a la S. de biens, la S. de cotps et la .S. des putrimoines.
La S. de biens est un régime particulier du mariage qui conserve à chacun des époux la propriété et l'admimstration de ses biens. I^ 5. de biens est contractuelle si elle a été stipulée dans le contrat de mariage (C. civ., art.