‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1464 sur 1729 · SÉREUX · texte numérisé non relu

SÉREUX

vers des étrangers. Ils élaient persuadés que ceux qui ne recevaient point la sépulture erraient pendant eent ans sur les bords du Styx. La privation des honneurs de la sépulture était considérée comme la plus sévère des punitions; pour les Romains, c'était le comble de l'infamie.

Dans les pays catholiques, les règles ecclésiastiques défendent d'accorder la sépulture chrétienne à celui qui n'est pas catholique ou qui a abjuré sa foi, ainsi qu'à celui qui est mort dans l'impénitence ou dans un flagrant délit ; mais il faut que la profession de l'impiété ou de l'erreur ait été publique, ou que le crime soit notoire. L'application des règles relatives aux refus de séptdlure ne doit être faite qu'avec une extrême prudence, ces refus étant de nature à compromettre l'homieur des familles, en même temps qu'à flétrir la mémoire du défunt, et pouvant quelquefois provoquer des troubles dangereux. Pour prévenir tout excès en ce genre, il a été décidé en France que tout individu doit être enseveli suivant le rit du culte qu'il a professé pendant sa vie, à moins qu'il n'ait formellement <lemande le contraire (Décision du 16 juillet 1806). Une loi récente sur les funérailles oblige les exécuteurs testamentaires de respecter rigoureusement sur ce point la volonté <les testateurs. Dans les localités oïi différents cultes sont professés, chaque culte a son lieu de sépulture particulier. Il peut être fait dans les cimetières des concessions de terrains aux personnes qui désirent y posséder une place <listincte et séparée pour v fonder leur sépulture ou celle de leurs parents [S. de famille) et y construire des caveaux, monuments ou tombeaux (Décr. du 25 prairial an

XII). Voy. VIOLATION.

Le mode de sépulture a varié selon les temps et selon les idées que chaque peuple se faisait de la vie future et du sort des âmes. Les Egyptiens embaumaient leurs morts afin de les conserver ; les Juifs les dé}X)saient dans des sépulcres ( Voy. ce mot) ; les Grecs et les Romains brûlaient les corps et renfermaient les cendres dans des urnes, qu'ils plaçaient dans des tombeaux. L'usage de mettre les morts ou terre [inhumalion) s'est répandu par toute la terre avec le Christianisme. Dans les premiers siècles de l'Eglise, les corps des martyrs furent ensevelis dans les églises, l'ius tard on étendit cet honneur aux personnes distinguées par leur rang ou leur piété, et dans la suite on en vint à l'accorder à celles qui avaient fait une fondation pieuse ou ime riche offrande. Cet usage, dangereux pour la salubrité publique, n'a cessé en France qu'en 1777. — Voy. F. Fey- <leau. Histoire des usages funèbres et des sépultures des peuples anciens (1856). Voy. cimetière, funérailles

et nilUMATION.

SÉQUANIEN (étage). Me Sequana, l'ancienne Séquanie, partie centrale du .Tnrai. nom donné à l'étage du Jurassique supérieur compris entre le Rauracien et le Kimeridgien propr. dit. Il est représenté : dans le bassin de Paris par des calcaires à Astéries, d'où le nom d'Astartien. qu'on lui a souvent donné, ou par des calcaires coralli- :gènes; dans le bassin du Rhône et dans l'Allemagne méridionale, par des calcaires riches en Ammonites, parmi fe;(|uclles on peut citer Ammonites Achilles, A. tenui- ■lobatus, A. trachynotus, etc.

SÉQUENCE du lat. sequentia], nom que l'on donne, dans certains jeux de cartes, à une série de cartes do la même couleur et dont les nombres se suivent : la séquence prend pon nom de la carte la plus haute.

SEQUESTRATION (de séquestre), crime qui consiste à enlever par violence une personne pour la tenir en chartre privée {Voy. ce mot) et comme en séquestre. Si la séquestration a duré plus d'un mois, elle est punie des travaux forcés à perpétuité : si elle a duré moins de 10 jours et si la personne séquestrée a été rendue à la liberté avant les poursuites, la peine est réduite à un emprisonnement de 2 à 5 ans. Si les personnes séquestrées ont été soumises à des tortures, la peine est la mort (C. pén., art. 341 et suiv.). — Séquestration de biens.

Voy. SÉQUESTRE.

SÉQUESTRE fdn lat. sequesler). En Droit, ce mot <i('sigiie le dépôt d'une chose litigieuse entre les mains (l'un tiers, qui doit la conserver jusqu'à la décision définitive. On appelle aussi séquestre la personne entre les mains de laquelle se fait le dépôt. Le séquestre est dit : conventionnel, quand il est fait par une ou plusieurs personnes de leur propre volonté ; judiciaire, quand le dépôt d'un objet litigieux est ordonné par justice entre les jnains d'un tiers. — Tout ce qui concerne cette matière

! est réglé par le Code civil (art. 1955-63) et par les Codes de procédure (art. 688) et de commerce (art. 106).

En Médecine, on appelle séquestre une portion d'os privée de vie, qui, dans les nécroses, est rejetée au dehors comme corps (''franger. Voy. nécrose.

SEQUIN (de l'ital. zecchino. pris de l'arabe sikka, coin à frapper la monnaie), monnaie d'or répandue en plusieurs pays, et qui paraît avoir eu cours primitivement à Venise. Le sequin de Venise valait 12 fr. ; celui des Etats romains, 11 fr. 80; le S. au.r lis, de Toscane, 12 fr. 02; le sequin de Parme et celui du Piémont, 11 fr. 95. — En Turquie, le sequin zermahboub de 1774 vaut 8 fr. 72; celui de Sélim III, 7 fr. 30; le demi vaut 3 fr. 65; le tiers, 2 fr. 43; le çtiart, 1 fr. 82 : toutes ces subdivisions sont aussi en or.

SEQUOIA, genre de la famille des Conifères-Taxodiées, établi pour de très grands arbres de la Cahfornie et du Mexique, qui ont beaucoup de ressemblance avec les Pins. Le S. gigantesque, dit aussi Wellingtonia, atteint jusqu'à 100 m. ; le S. toujours vert ou Redwood a pu être acclimaté en France, dans les terrains secs, mais profonds et siliceux.

SÉRAIL (du persan séraï). Ce mot, qui, chez les Turcs, est synonyme de palais ( Voy. sarrasine [architecture]), s'emploie communément chez nous, mais improprement, comme synonyme de harem (Voy. ce mot). A Constantinople, le sérail, résidence habituelle du sultan, est situé à l'entrée du Bosphore, sur une pointe qui s'avance dans la mer : c'est un assemblage de constructions irrégulières, entouré de fortes murailles, et qui renferme, outre le harem, de vastes jardins et plusieurs mostjuées.

SÉRAN ou sérançoir. sorte de peigne ou de grande carde armée de dents de gros fil de fer dont on se sert pour démêler létoupe et mettre le chanvre et le lin en état d'être filés. — Sérancer, c'est l'action de passer successivement le chanvre et le hn sur des sérans de plus en plus fins, pour obtenir une plus belle filasse.

SÉRAPHINS (de l'hébreu seraphim), esprits célestes

3 ni occupent le premier rang dans la première hiérarchie es anges. Voy. ange et au Dict. d'Hist. et de Géogr. le mot SÉRAPHINS. — Ordre des séraphins. Voy. chevalier.

St Bonaventure fut surnommé le Docteur séraphique, à cause de la mysticité de ses écrits. On appelle aussi St François le séraphin d'Assise.

SERAPIAS, genre d'Orchidées. Voy. épipactide.

SÉRASKIER (du turc ser, chef, et asker, armée), général en chef et gouverneur chez les Turcs.

SERDAR, chef militaire chez les Turcs et les Persans.

SERDEAU, nom donné autrefois à un officier de la maison du roi qui recevait les plats que l'on desservait de la table du roi, et qui étaient réservés aux gentilshommes servants. On appelait salle du serdeau le lieu où l'on portait les plats de cette desserte, et où mangeaient les gentilshommes servants.

SEREIN (du lat. serenus, de sérum, soir), pluie fine qui se produit sans nuages à la fin des chaudes journées d'été. Elle résulte de ce que. à la fin de ces journées, par suite de la disparition du soleil sous l'horizon, le refroidissement de l'air est assez rapide pour précipiter directement la vapeur d'eau atmosphérique en gouttelettes à la surface (le la terre.

Goutte sereine. Voy. amaurose.

SÉRÉNADE (de l'ital. serenata), concert donné le soir ou la nuit, en plein air, sous les fenêtres de quelqu'un. Il n'est ordinairement composé que de musique instrumentale; quelquefois cependant on y ajoute des voix. L'Espagne, l'Italie et nos provinces méridionales sont les terres classiques de la sérénade. On y chante ordinairement des baicaroles et des romances, adaptées le plus souvent à la situation. — Sérénade est aussi le nom des morceaux de musique que l'on compose ou que l'on exécute pour des occasions.

SÉRÉNISSIME (du lat. serenissimus, superlatif de serenus), titre d'honneur qu'on donnait autrefois aux rois de France, aux évêques, au doge de Venise et aux électeurs d'Allemagne. Ce titre, joint à celui d'Altesse, est réservé, dans quelques monarchies, aux souverains qui ne sont pas rois et aux princes du sang.

SÉREUX (du lat. serosus), ce qui abonde en sérosité ou qui en a les caractères. — Membranes séreuses, Apoplexie séreuse. Voy. membranes et apoplexie.

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