SERVITUDE
SÉRUMTHÉRAPIE ou skuotiikk.vi'Ik (de Sfinim et du pr. ^soaitsÛEtv, soijCfncr), nx'lliode do Iraitomi'.iit des maladies virulentes, dont le principe a été établi surtout par l(>s travaux de Uchring cL du I)'^ Houx relatifs à la diphtérie. On sait, depuis les rcclicrclies de Pasteur, que des injections graduées laites à un animal d'al)ord avec un virus très alFaibli, puis avec des virus de plus en plus actifs, confère à cet animal V immunité contre la maladie virulente correspondante. Il en est ainsi jMur le charbon et pour la ra2;e en particulier. On démontra ensuite qu'on |)eut remplacer les injections de virus atténués par des injections de substances sécrétées par eux, de toxines \ qu'on peut, en un mol. remplacer la vaccination pastoriennc par une vaccination cliimiipie. L'immunité était acquise au même degré. Quelle est la raison de cette immunité? Behring et Kilasato j)our le tétanos, Behring |)our la diphtérie, ont montré que chez les animaux injectés de toxines graduées il se proiluil une réaction, donnant naissance dans le sérum du sang à des antitoxines, et nue c'est à ces antitoxines qu'est due l'immunité. Puisant le sérum de l'animal ainsi immunisé et rinjectant à un animal d'une autre espèce, on immunise à son tour celui-ci ; une seule injection d'une faible dose de sérum suffit en général.
La sérumthéra|)ic de la diphtérie est entrée dans la pratique à la suite des recherches du D' Roux sur le sérum de cheval immunisé, et des essais tentés par les D'" Roux et Martin <à l'ilùpital des Enfants (1894). L'animal producteur de sérum aiitiloxique est le cheval; l'immunisation d'un cheval dure trois mois; au lx)ut de ce temps, l'animal ])eut fournir régulièrement, de quinzaine en quinzaine, six litres de sang d'où se sépare comvlètement (ce qui est un précieux avantage) un sérum antitliphtérique d'une limpidité parfaite.
Ce sérum, injecté en petite quantité (20 cent, cubes) sous la peau d'un enfant ou d'un nomme, le préserve ou le guérit de la dqjhléric et du croup. Le sérum antitoxique iigit toujours comme un vaccin; aussi faut-il que l'injection soit faite avant que la maladie soit trop avancée, avant <iue l'empoisonnement diphtérique du sang ait eu lieu. La diphtérie reste toujours, j)endant 24 ou 48 heures, une maladie localisée, angine ou laryngite (croup) ; c'est pendant cette |xh'iode que l'injection doit être faite, si l'on veut que l'antitoxine airive à point pour préserver l'organisme. — L'injection produit des ellets physiologiques presque immédiats. Dès le lendemain de l'injection, la température du malade tombe brusquement à 57°; les fausses membranes du croup se détachent en 1, 2, 5 jours au plus. La respiration et le pouls reprennent leur allure normale et l'état général va s'améliorant rapidement. — Si la diphtérie est grave ou compliquée par une association d'autres microbes (des streptocoques surtout), la température, après la première injection, reste élevée; une 2°, parfois même une 3" injection sont nécessaires.
La fabrication du sérum antidiphtérique est centralisée à l'Institut Pasteur. Prèsde 200 chevaux installés à Villeneuvel'Etang (Seine-et-Oise), dans une propriété mise depuis 1886 par l'Etat à la disposition de M. Pasteur, fournissent à l'heure actuelle (avril 1895) une quantité de sérum suffisante ))our approvisionner la France entière. Des dépôts de sérum sont installés dans tous les bureaux d'hygiène des départements, et la vente s'en fait dans les pharmacies. Enlin la distribution la plus large est assurée aux indigents par l'intermédiaire des municipalités et des préfectures. Voy. CRODP, DIPllTÉUIE, IMMUMTÉ, TOXINES.
SERVAGE. Voy. serf et servitude.
SERVAL, Fetis serval, animal du genre Chat, un peu plus gros que le chat sauvage, et dont le pelage rap|)cllc celui de la panthère : il habite le Sénégal et le cap de Bonne-Espérance. Sa fourrure est connue sous les noms de Pard et de Chat-tigre.
SERVANT. Dans plusieurs ordres religieux on apjxîlle frères sei-vants les frères convers qui sont emplovés aux œuvres servilcs du monastère. Dans l'ordre de Malte on a))polait frères servants ceux qui entraient dans cet ordre sans faire preuve de noblesse : ils tenaient un rang inférieur aux autres chevaliers. — On nommait autrefois à la cour gentilshommes servants dos officiers nobles qui servaient le roi à table par quartier.
SERVICE (du latin servitium). C'est l'action de servir, I état d une personne qui en sert une autre. Outre cette accejilion, seri'ùe désigne l'emploi, la fonction de celui qui sert lElat dans un des grands corps, comme
l'Armée, la Magistrature, l'Instruction publique ou les Finances. Absolument, il désigne VEtal militaire.
La durée du service militaire, du service, comme on dit tout court, a subi de nombreuses modifications. Sans parler de l'ancien régime, où elle n'avait aucune règle fixe, elle a été fixée à 5 ans par la loi du 19 fructidor an VI, à 6 ans par celle du 18 février 1808. à 6 ans pour l'infanterie et à 8 ans pour la cavalerie et les armes spéciales par la loi du 10 mars 1818; à 8 ans jxiur toutes les armes par la loi du 9 juin 1821 ; à 7 ans par la loi du 21 mars 1832, et à 5 ans dans l'armée active et 4 ans dans la réserve par la loi du 1°' février 1868. Après 1870 la nécessité d'une profonde modification dans le service militaire se lit sentir : la loi du 26 juillet 1872 supprima le remplacement et les primes de rengagement : elle créa le service militaire obligatoire de 20 à 40 ans, fixa le service dans l'armée active à 5 ans et établit le volontariat d'un an jxiur tous ceux qui pouvaient payer une prime en argent et justifier par un examen d'un certain degré d'instruction. Celte loi se trouva bientôt en désaccord avec les nécessités militaires et les progrès de l'esprit démocratique : elle fut remplacée par la loi du 15 juilhît 1889 qui rend l'obligation du service militaire égale |)0ur tous et le porte à 25 ans. Tout Français reconnu propre au service fait partie de l'armée active |>endant 3 ans, de la réserve pendant 7 ans, de l'armée territoriale pendant 6 ans, et de la réserve de l'armée territoriale pendant 9 ans [Voy. armée, iiecrutement). Quant aux officiers, la durée de leur service est déterminée par l'âge auquel ils sont admis à la retraite
[Voy. KETIIAITE (pensions 1)e)].
Dans la Liturgie, on entend vulgairement par service la célébration solennelle de l'office divin, de la messe et de toutes les prières qui se font dans l'église ; et, dans un sens plus restreint, une grand' messe qui se dit pour un mort : un service de bout de Van, est un service nui se célèbre {wiir un défunt au premier anniversaire deson décès.
SERVITES, ordre religieux. L'oî/. le Dict. d'IIisl. et de Géogr.
SERVITUDE (du lat. scrvitudo). En Droit, le mot servitude désigne toute restriction à la liberté. La restriction peut être établie contre les personnes (S. personnelles) ou contre les choses (S. réelles).
L'esclavage antique et celui des noire en Amérique, le servage ou condition du serf nu moyen âge, sont les véritables S. personnelles [Voy. esclavage). Aujourd'hui cependant, on appelle S. personnelles les droits d'usufruit, d'usage et d'habitation, parce que ces droits, attachés à la personne du titulaire, ne pîissent pas à ses héritiers.
Les S. réelles comprennent toutes les charges imposées sur un héritage pour l'usage et l'utilité d'un autre : on les nomme aussi services fonciers. La servitude dérive ou de la situation naturelle des lieux (S. naturelles), ou des obligations imposées par la loi (S. légales), ou des conventions entre les propriétaires [S. conventionnelles] (C. civ., art. 657-710). Les premières s'appliquent principalement à trois objets, le libre écoulement des eaux, le droit de bornage et le droit de clôture. Les secondes sont établies par la loi |K)ur l'utilité publique, ou communale, ou privée, et ont pour objet soit la sûreté générale et l'hygiène publique, la construction des chemins, leur ré])aration et celle des autres ouvrages publics ou communaux, tels que le marchepied des rivières navigables, la voirie, les mines et carrières; soit la défense du territoire [S. militaires); ces dernières sont régies par des lois particulières (Lois du 8 juin. 1701, du 17 juin. 1819 et du 7 avril 1851 ; Décr. du 10 août 1855, etc.). Les servitudes conventionnelles se divisent en S. continues, et S. discontinues, selon qu'elles s'exercent sans ou avec le fait actuel de l'homme. Elles se divisent aussi : en S. ajiparentcs et S. non apparentes; en S. urbaines et S. rurales — Les servitudes s'établissent par titres et, quand elles sont continues et apparentes, par prescription et destination du père de famille; elles s'éteignent, entre autres causes, par le nonusage |K>ndant 50 ans. — Consulter : Pardessus, Traité des servitudes; io\\i>scUn, Traité des servitudes d'utilité publique; Delalleau, Traité des servitudes jnilitaires; Demolombe, Traité des servitudes; J. Ililier, Transcription des servitudes (^1890), etc.
Dans l'Histoire sainte, on appelle servitudes les six captivités que les Israélites eurent à subir depuis leur entrée dans la Terre Promise et sous le gouvernement des Juges jusqu'à rétablissement de la royauté.
SESAME
— iolô —