‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1476 sur 1729 · SILÈNE · texte numérisé non relu

SILÈNE

SIGNAL (du lat. signale, de sigmim, signe). Dans la Marine, on se sert des si^iaux pour commander les évolutions, les manœuvres, les exercices à bord: il y a des signaux de reconnaissance, de ralliement, de détresse, <le combat, de chasse, etc. On distingue : les S. de jour, qui se font soit par un ou plusieurs coups de canon, soit à l'aide d'un ou de plusieurs pavillons hisses ou disposés selon diverses combinaisons, soit |)ar un certain arrangement des voiles, etc. ; les S. de nuit, qui se font aussi à l'aide du canon, de fusées lancées à une certaine hauteur, de fanaux allumés et hbsés suivant des arrangements variés, de feux de couleur, de lumière électrique, etc. ; les S. de brume, que l'on fait par coups de canon, par des bruits de tambour, de trompette, de sifflet, de cloc-lie, etc. Pour les S. de détresse, voy. détresse. — Les signes à employer dans chaque circonstance sont indiqués dans un livre, qui est entre les mains de tous les commandants de bâtiment.

siOAL. En Topographie et surtout en Géodésie, pour niar<|uer sur le terrain des points de repère qui sont les sonunels des |)olygoues formant la base d'un levé, on emploie de préférence les accidents du sol facilement rcconnaissables et visibles de loin : clochers, maisons et arbres isolés, etc., et, à défaut de ces signaux naturels, ou en élève de toutes pièces en maçonnerie ou en charpente. En Topographie on peut le plus souvent se contenter de perches ou de jalons, attendu que les côtés des polygones ont des dimensions plus réduites.

SIGNALEMENT, description d'une personne, faite par ses caractèios extéricui-s, et qui sert à la faire reconnaître. Les passejx)rts, les permis de chasse, contiennent le signalement de ceux à qui ils ont été délivrés. On donne aux gendarmes les signalements des accusés décrétés d'arrestation, des déserteurs, des criminels évadés. Depuis la création du service anthro|Jométrique <lirigé parle D*^ Bertillon. le signalement est complété jiar des mensurations qui ne laissent plus aucun doute sur l'identité de la personne suspectée.

SIGNATURE idu lat. signatura). En Droit, la signature est nécessaire pour donner à un acte toute sa perfection et le rendre valable. Les actes notariés doivent être signés par les parties, les témoins et les notaires; il doit être fait mention de la déclaration des parties ou témoins qui ne savent ou ne peuvent signer (Ltii du 25 vent, an XI, art. li . Tout testament olographe doit être écrit, daté et signé de la main du testateur (C. civ., art. 970). La signature au moyen d'une griffe [Voy. ce mot) est interdite aux fonctionnaires publics. La grilTe d'un commerçant apposée sur un ellet vaut libération, à moins qu'il U" soit prouvé que le débiteur l'a apjKJsée lui-même. Dans le cas où la signature d'un acte sous seing privé est déniée jiar son auteur ou que des héritiers déclarent ne pas la connaître, la vérification en est ordonnée en justice (irt. 1524;. — L'usage constant des signatures danslesactes ne date guère que du xvi" sii»cle. Auparavant on se servait le plus souvent d'un sceau, d'une croix, de symboles arbitraires, de moïK^rammes. Lue oixionnance de Henri II, en 1554, rendit la signature obligatoire ilans tous les actes.

Signature de crédit, billet souscrit à l'ordre d'un créancier fictif, qui permet au porteur de se procurer de l'argent ou de faire face à xme échéance, et en échange duquel on reçoit une contre- valeur. Opération interdite |)ar la loi.

On apjtolle encore signature un rescrit de la cour de Rome qui porte le seing du paiK'. On distingue la S. de justice, pour les matières contentieuses, et la S. de grâce, \yo\w les matières bénéficiales.

Au moyen âge, on appelait signatures, des caractères de l>on ou de mauvais augure, dont on prétendait que chaque homme était marqué par l'astre si^ius lequel il naissait. De même, on a ap|)elé signatures des plantes certaines particularités de leur conformation ou de leur coloration, d'après lesquelles on les jugeait convenables dans telle ou telle maladie : c'est ainsi que la Vipérine lEchiuni vulgare], étant tachetée comme la vipère, passait pour être efficace contre les morsures de ce scr|)ent.

SIGNE (du lat. signum). On appelle ainsi, en général, tout ce qui sert à représenter ou à indiquer une chose : ainsi les mots, les gestes sont les signes de nos pensées; les lettres sont les signes des sons et des mots. Les Mathématiques et surtout l'Algèbre. l'Astronomie, la Musique, la Chimie, etc., ont leurs signes spéciaux. Voy.

ALGÈCRE, CHIFFRES, ASTRO.N'OMIE, SOTATIOS, ÉQL'IVALEMS, etC.

L'étude des signes considérés dans leurs rapports avec la pensée est un des objets les plus importants de la philosophie. Elle se confond avec l'étude du langage. Voy. ce ii.ot.

iV^HC sedit pareillement de certaines démonstrations extérieures que l'on emploie soit pour manifester sa croyance, conune le signe de la croix, que font les Catholiques, en portant la main droite au front, à l'estomac, à l'épaule gauche, et à l'épaule dmite, en forme de croix ; soit pour se reconnaître, comme dans la société des Francs-maçons.

En Médecine, on appelle signe tout phénomène apparent par le moven duquel on parvient à la connaissance d'elTels plus cacîiés. Le signe' dill'ère du symptôme en ce qu'il est une conclusion que l'esprit tire des symptômes oljrervés : il appartient au jugement, et le symptôme aux sens. On distingue : les S. diagnostiques, qui montrent l'état actuel du malade; les S. commémoratifs, qui font connaître les circonstances jiassées. et les i'. pronostiques, qui font prévoir les changements qui peuvent arriver dans le cours de la maladie. L'étude de ces sortes de signes constitue la séméiologie. Voy. ce mot.

On ap|)elle encore signes certaines marques ou taches naturelles qu'on a sur la peau.

Signes du Zodiaque. Voy. zodiaque.

SIGNET (dimin. de signe]. On nomme ainsi un ou plusieurs petits rubans liés ensemble qui tiennent à un Ixtulon ou à un peloton, et qu'on met au haut d'un bréviaire, d'un missel ou d'un li\Te quelconque, pour marquer les endroits qu'on veut trouver aisément, ou nien l'endroit où l'on s'est arrêté en lisant.

Signet ou Sceau de Salomon. Voy. polvgonattm.

SIGNIFICATION (du lat. significatio). En ternies de Pratique, c'est un acte qui a pour but de donner légalement à une partie la connaissance d'une pièce, d'un jugement. Les significations se font ordinairement par le ministère des hnissiei-s et, suivant les cas. par exploit à personne ou à domicile, ou par acte d'avoué à avoué. Les significations â personne ou à domicile indiquent la personne à laquelle la copie est remise. En cas de refus, l'original est visé au parquet du tribunal de première instance, et les refusants j)euvent être condamnes à une amende (C de proc.. art. lOôU). Aucune signification ne peut être faite avant 6 heures du matin et après 0 heures du Foir, depuis le i" octobre jusf|u'au51 mars, ni avant 4 heures du matin et après 9 heures du soir, depuis le A" avTil jusqu'au 50 septembre. On ne peut non plus faire de signification les dimanches ni les jours de fête légale, si ce n'est avec permission du juge (art. 1057). — C'est à partir du jour de la signification que se comptent les délais de pi-océdnre.

SIL (mot latin employé par Vitruve), espèce d'ocre dont les anciens faisaient des couleurs rouges ou jaunes, selon les préparations.

SILBERGROS (c.-à-d. gros d'argent], monnaie de Prusse, vaut le 50* du thaler, 0 fr. 12 1,5.

SILENCE (du lat. silentium). Les anciens avaient fait du Silence une divinité qu'ils représentaient sous la forme d'un enfant tenant un doigt appuyé sur les lèvres, comme pour recommander de ne pas parler. — On sait que Py- Ihagore soumettait ses disciples à un silence de plusieurs années, et que le silence est imposé aux Chartreux et aux Trappistes.

En Musique, on appelle silences, des interruptions qui sont mesurées comme les sons eux-mêmes. On donne aussi ce nom aux signes de ces interruptions. Les silences correspondent aux dillérentes valeurs des notes : le silence d'une ronde est une pause; celui d'une blanche, ime demipause ; celui d'une noire, un soupir, etc. Voy. pause et

Page 1