‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1485 sur 1729 · SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ

SOniLM

La S. coopéralire ou à capital variable est uiie société par actions, qiii peut prendre chacune des formes ci-dessus et dont le capital ne peut excéder ^OU 000 Irancs à la fondation de la société, mais peut être augmenté d'année en année. 11 v avait également depuis IStiô des S. à respojiaabililé limitée, dont l'idée avait été empruntée à 1 Angleterre; mais la loi du 22 juillet 1807, qui est actuellement en viirueur, les a supprimées. La loi reconnaît encore des 5. en pariicipatiou, par tesquelles plusieurs personnes conviennent de participer à une allaire dans la proiwrtion déterminée par les conventions (C. de cora., art. 19-50). Cette forme, usitée sous l'ancien régime, est tombée en désuétude. En Economie politique, on nomme sociétés de coopération ou coopératives les associations qui ont pour but la consommation, la |)ro<luotion ou le crédit. On distingue : l" \ei. associations (le consommation qui jusqu'à présent ont doiHié les résultats les plus avantageux : elles consistent à se cotiser pour aclieter en gros les objets nécessaires à la vie ; de cette manière, on évite l'augmentation de prix que le commerce de détail fait subir aux marchandises, sans compter les fraudes ou les sophistications auxquelles il a souvent recoui"s pour augmenter ses bénéfices, telles sont : la Société de Uochdale, en Angleterre (1845;, qui fait participer tous les acbcleui-s à ses bénélicesen leur attribuant des dividendes proportioimés au chilfre de leurs achats: la Société alimentaire de Grenoble, en France (1850), la Moissonneuse, à Paris, etc. : — 2" les associations de proilitction, qui ont pour but de pennettre aux ouvriers, en sassociant entre eux, de travailler i)our leur propre compte, et non plus pour un patron, telles sont les associations manufacturières de lAngleteiTc: les associations des facteurs de pianos, des ferblantiers-lampistes, des maçons et autres ouvriers du t)àtiment, etc. ; — ù" les associations de crédit, qui fournissent le capital nécessaire jHJur acheter des machines et des matières premières : telles sont les banques populaires d'Ecosse, les banques d'avances fondées en Allemagne {>ar Schulze-Dclitzsch et Raillaisser, la Société du crédit au travail, à Paris. — Consulter : Batbie, le Crédit jwpidaire; A. Cochut, les Associations ouvrières: A. Lemercier, Etudes sur les Ass. ouvrières: E. Levasseur, Histoire des classes ouvricies en France: C. Perier. les Soc. de coopérai ion: E. Véron, les Ass. ouvrières de consommation, de crédit et de reproduction: Charles Gide, Alnianachs de la Coopération française (18'JÔ. 1894, 1895).

Iaî mot Société désigne encore une compagnie de gens qui s'assemblent pour vivre selon les règles d'un institut religieux, comme la S. de Jésus, ou qui ont pour objet des intérêts littéraires, scienliliques ou industriels, comme la S. royale de Londres, constituée en 1(300. la S. d'agriculture, la 6'. philomalhiqve, la S. philotechnique, la S- de géographie, la S. des gens de lettres, la S. des auteurs dramatiques, les S. chorales ( Voy. onnifoN), etc. : ou enfin pour accomplir de Lonnes œuvres : S. bibliques. S- philanthropiques, S. de charité maternelle. S. de secours mutuels [ Voy. secours mutuels et ce qui est dit, dans cet article, sur les sociétés d'assistance |)ar le travail), les S. de tempérance [Voy. ce mot), etc. Sociétés secrètes. De tout tem{)s il a existé des Sociétés secrètes; les unes religieuses, comme les Initiés aux mystères, de l'antiquité païenne, les Illuminés du xvni* siècle : les autres philanthropiques, comme les Francs- Maçons : quelques-unes scientifiques, comme les Rose Croix : la plupart politiques, le Tugendbuud et le liurclienschaft en Allemagne; le Carbonaristne en Italie et en France: l'IIélérie dans la Grèce moderne. Les sociétés jwlitiques se développèrent surtout en France sous Ixîuis-I'hilippe. Poursuivies en vertu des art. 291, 294 et 205 du C. jK-nal, réglementées d'une façon plus sévère encore |)ar la loi de 1854, elles se reformaient sans cesse sous des noms dillcrcnts. tels que ceux de Société des droits de l'homme, S. des familles, S. des saisons. S. des travailleurs, S. des éyalituires. etc. Ces sociétés préparèrent les événements de i848 : néanmoins il fallut les pi-ohiber cette année même (28 juillet . MM. Lombard de Langres et Crétineau-Joly ont écrit {'Histoire des Sociétés secrètes. C'est à tort qu'on leur a rattaché l'Internationale, qui, créée à Londres, s'est toujours manifestée au grand jour \mr des Congrès, à Genève, à Lausanne, etc., et qui, rclativement motlérée à l'origine, avec Karl Marx, n'est devenue subversive qu'avec Bakuunine. dont la scission du reste entraîna la dispersion. Voy. soculisme, associatiox

Règle de société ou de compagnie, opération d'.\rithmélique oui a pour objet le jiartage, entre plusieurs associés, des bénéfices ou des pertes dune entreprise. Elle est fondée sur les principes suivants : 1" pour un même temps d'association les bénéfices ou les pertes sont proportionnels aux mises; 2" |X)ur une même mise les bénéfices ou les pertes sont proportionnels au temps. On distingue deux cas, suivant que les mises sont restées ou non le même temps engagées dans l'entreprise. Dans le premier cas on divise le bénéfice en parties proportionnelles [Voy. ce mot) aux mises des associés; dans le second on le divise en parties proportionnelles aux produits que l'on obtient en multipliant chaque mise par le temps qu'elle est restée engagée dans l'entreprise.

SOCINIENS. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

SOCIOLOGIE (du lai. socialis. social, et du gr. Xôyoî, discours, science), science des sociétés humaines. Ce mot a été créé par Auguste Comte pour désigner l'ensemble des sciences sociales (c.-à-d. des sciences traitant de l'homme en société) : morale, droit, politique, économie politique, etc. \a sociologie, celle du moins d'Auguste Comte et d'Herbert Spencer, repose essentiellement sur l'observation, sur laquelle seule peuvent se fonder l'induction et la déduction. Ine Revue de Sociologie a commencé à paraître en i895.

SOCLE (de l'ital. zocco/o. du lat. socciiltis), nom donné, en Architecture, à un corps carré plus large que haut, qui se met sous les bases des piédestaux, des statues, des vases, etc., et qui leur sert de piédestal et comme de chaussure. Voy. plinthe.

SOCQUE (du lat. soccits), sorte de chaussure. Chez les anciens, le soccvs était le brcnlequin des acteurs comiques : on l'opposait au cothurne tragique.

Chez les modernes, on a donné le nom de socques : i" à une chaussure de bois haute de 8 à 10 centimètres que portaient certains religieux, comme les Récollets; 2" à une chaussure, en bois ou en cuir, et à semelle claquée, qui se met par-dessus la chaussure ordinaire pour garantir de la boue ou de l'humiditc : les socques ont fait place aux chaussures en caoutchouc et aux sno>v-!x>ols.

SOCRATIQUE (école ou rniLOSoniiE). Socrate [Voy. sa biographie dans le Dict. d'Hist. et de Géogr.) donna à ses disciples un enseignement surtout moral. Pour éviter les confusions volontaires que les Sophistes avaient introduites dans l'analyse des notions morales, il voulut fonder la vie pratique sur la science : mais réciproquement la science n'avait pour lui de prix que si elle servait à bien diriger la vie pratique. Sa morale est à la fois utilitaire et rationaliste : utilitaire, en ce qu'il identifie le bien et le Ixtnbeur: rationaliste, en ce qu'il place le bonheur et le bien dans l'accord avec soi-même, dans la science et dans la raison. Pour lui, les vertus sont des sciences, et peuvent s'enseigner : qui sait le bien, le fait nécessairement. Socrate prêchait en outre l'obéissance aux lois de la jwtrie, qu'il respecte jusque dans l'arrêt injuste qui le frappe de mort ; et il se montrait plein de vénération envers la Divinité, à laquelle il donna le premier le caractère d'une Providence sage et bonne. Les idées de Socrate nous ont été transmises surtout par Xénophon et par Platon. Les principaux disciples de Socrate furent, outre Platon : 1" Antisthène. fondateur de l'école cvnique ; 2^ Aristippe, fondateur de l'école cyrénaïque: o" Euclide, Ibndateur de l'école mégarique. Voy. A. Fouillée, Philosophie de Socrate: E. Boutroux. Socrate.

SODA, synonyme de Pyrosis. Voy. ce mot.

SODA, nom latin botanique de la Sotule cultivée.

Soda-water (c.-à-d. eau de soude], eau gazeuse et pétillante qui renferme du bicarbonate de soude, et qu'on sert comme rafraîchissement. Elle se lx)it soit seule, soit avec du sirop de groseille, du citron, etc.

SODALITE ic.-k-d. pierre de soude), minéral qui résulte de la combinaison d'un silicate d'aluminium et de sodium avec du chlorure de sodium [3 ^■a-0.Al*O3.2Si0-) -|- 2XaCI|. La sotlalite se rencontre en dodécaèdres rhomboïdaux du système cubique, blancs ou verdâtres. dans les laves du Vésuve, dans les micaschistes du Grœnland, etc.

SODIUM ou XATKicM [Na= 25), corps simple métallique

contenu dans le sel marin à l'état de chlorure. C'est un

métal blanc comme l'argent, mou, fusible à 'J5',6. Il

s'oxyde pi'omplement à l'air, ce qui oblige de le consen'er

I dans l'huile de naphte. Il décompose l'eau à la manière

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