‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1486 sur 1729 · SŒUR · texte numérisé non relu

SŒUR

SOIEIUES

du polassiuiit, en se transformant en soude caustit|ue, et réduit les ildornres métalliuues : de là son emploi pour la préparation industrielle de l'aluminium et du magnésium. On l'obtient en chaufï'ant au rouge blanc un mélange de ciiarbon et de carbonate de sodium ; cette préparation a été rendue industrielle par 11. Sic-Claire Dcville. 11 forme des combinaisons importantes, notaiiunent la soude ou hydrate de sodium, le sel commun ou chlo?'ure de sodium, le sulfure de sodium, qui sert à la préparation des eaux sulfureuses artificielles, les sels de sodium, dont les principaux sont les carbonates, le sulfate, l'azotate, le phosphate, le borate ou borax, etc. — Le sodium a été isolé, pour la première fois, en 1807, par H. Davy, au moyen de la pile volta'ique.

SŒUR (du lat. soror), celle qui est issue des mêmes pjre et mère, ou seulement de même père ou de même mère qu'une autre personne. On nomme : sœur germaine, celle qui est issue du même père et de la même mère ; sœur consanguine, celle qui est issue du même père seulement ; sœur utérine, celle qui est issue de même mère, mais non de même père; belle-sœur, la femme du frère. — La sœur hérite de ses frère ou sœur sans postérité (C. civ., art. 750-752).

Dans les premiers âges du monde, le mariage entre frère et sœur était très commun ; la civilisation le fit peu à peu disparaître. Toutefois on en voit encore fort tard des exemples en Egypte, notamment dans la famille des Ptolémées, jusqu'à l'extinction de cette dynastie. — Le mariage entre beau-frère et belle-sœur fut longtemps prohibé par nos lois : cette prohibition a été levée par la loi du 16 avril 1852.

On appelle encore sœurs les religieuses et certaines filles qui, sans être religieuses, vivent en communauté, comme les sœurs de Charité. En Religion, les sœurs prennent toujours un nouveau nom, de signification plus ou moins mystique. — On appelle : sœurs converses celles qui sont employées aux œuvres serviles dans un monastère ; sœurs lourières, celles qui ont la gard ; de la porte.

SOFA ou soPHA (de l'arabe sofl'a). En Turquie, ce mot désigne une espèce d'estrade élevée et couverte d'un lapis. C'est sur cette estrade que le grand vizir donnait autrefois ses audiences : quand il recevait les ambassadeurs, on mettait les sièges sur le sofa; c'est ce qu'on nommait accorder les honneurs du sofa. — Chez nous, un sofa est une espèce de lit de repos à dossiers ou à coussins, dont on se sert indifféremment comme de siège ou comme de lit.

SOFFITE (de l'ital. soffito), se dit en général de la surface d'un membre d'architecture qui se présente horizontalement au-dessus de nos têtes, et notamment d'un plafond ou lambris de menuiserie formé de poutres entrecroisées, avec compartiments et caissons ornés de rosaces, de peintures et de sculptures.

SOFI, titre de certains rois de Perse. Voy. sophis.

SOIE (du lat. seta), substance filamenteuse que l'on tire des cocons du Ver à soie [Voy. ver à soie). La matière fibreuse de la soie est une substance azotée, analogue à la fibrine du sang, mais qui en diffère cependant par sa composition élémentaire; aussi M. Mulder lui a donné le nom de fibrome. Pour obtenir la soie, il suffit de dévider les cjcons. Afin d'éviter que le papillon ne sorte du cocon et n ; coupe la soie avant qu'on ait eu le temps de la dévider, on a soin d'étouffer les chrysalides en les passant au four ou en les exposant à la vapeur. On connaît les usages de la soie pour la fabrication des tissus ( Voy. soieries) ; mas, avant de pouvoir être tissée, la soie du commerce (soi; marchande) subit un grand nombre de préparations iiiiettage en mains ou échcveaux, teinture, dévidage, ourdissage, pliage, cannetage, etc.). On appelle : soie grège, celle qui n'a été que tirée ou dévidée des cocons ; soie crue ou écrne, celle qui a passé au moulinage sans avoir ete debouillie; soie cuite, celle que l'on a fait préalablement bouillir |)our lui enlever la partie gommeuse dont elle est imprégnée; soie décrevséc, celle que l'on a fait bouillir dans de l'eau de savon pour la préparer au blanclnssage ou à la teinture ; soie torse ou retorse, celle qui a ete moidinée et organsinée ( Voy. moui.inage et organsin) ; soie plate, aoie floche, deux espèces de soie qui ne sont pas torses : 1 une est unie, l'autre floconneuse, etc. — On appelle bourre de soie, fleuret ou filoselle la bourre qui entoure les cocons et qui n'est bonne qu'à être cardée. Avant d être vendue, la soie doit être ramenée à un cer-

tain degré de siccité : c'est ce qui se fait dans des établissements spéciaux, dits condition des soies ( Voy. co.nuition). — Les contrées qui produisent le plus de soie sont : en Asie, la Chine, le Japon, la Perse; en Europe, la France. l'Italie, l'Espagne; en Afrique, l'Algérie.

La chenille du mûrier n'est point la seule qui produise de la soie ; d'autres espèces du genre Bombyx en fournissent également. Certaines guêpes, certaines araignées produisent des substances analogues, mais dont on ne saurait l'aire usage. Le by.ssus de certaines coquilles a aussi de l'analogie avec la soie. Enfin on fabrique auj. industriellement une soie artificielle qui présente des qualités de souplesse et de résistance et une aptitude particulière à fixer les matières colorantes.

On appelle : soie d'Orient, le duvet qui entoure les semences de certaines Asclépiades et avec lequel on a fait des étoffes fort légères; soie végétale, des matières textiles exotiques qui ont la finesse et le brillant de la soie : on les tire de divers végétaux, tels que la Pille ou Agave, le Phormium tenax, le Chanvre de Manille, etc. ; on en fait des étoffes d'une grande finesse, des filets, des cordages, etc. — On appelle quelquefois soie minérale l'Amiante.

En Zoologie, on appelle soie : 1° les poils durs et raides qui croissent sur le corps de certains quadrupèdes, comme le porc et le sanglier; 2° la partie la plus effilée du suçoir de certains insectes; — en IJolanique, les poils raides qui garnissent le sommet des enveloppes florales de certaines Graminées, etc.

SOIE ou soYON, maladie du porc caractérisée par l'enfoncement de poils raides dans un point de l'encolure le long de la trachée, et la mortification de la peau au point de sa dépression. Le traitement consiste en une cautérisation ou une extirpation de la partie rentrée de la peau, pour prévenir la tuméfaction gangreneuse du cou. — Le mot soie était employé aussi autrefois pour désigner l'affection connue actuellement sous le nom de charbon [Voy. ce mot).

SOIERIES, tissus de soie. On distingue ces tissus en unis et en façonnés. Les unis sont opérés par le croisement des fils de chaîne et de trame, et s'exécutent avec des métiers de 2 à 8 lisses; ils comprennent : 1" le taffetas [gros de Naples, de Totcrs, d'Orléans, d'Afrique, florence, foulard, pou de soie, crêpe, marceline, etc.), qui sert à la fabrication des robes, mantilles et chapeaux de dames, doublures des gilets, cravates, parapluies, rideaux, reliures, etc. ; 2° le salin, dont la chaîne apparaît à l'endroit comme une peau unie : on en fait des robes et chapeaux de femme, des gilets, cravates, etc. ; 3" le sergé, dont la côte est en biais [levantine, Virginie, batavia, etc.) : on en fait des robes et surtout des doublures. — Les façonnés comprennent les étoffes brochées [hrocarl, brocatelle, lampas, damas, etc.), qui servent pour meubles, tentures, ornements d'église, etc.; les velours de toute sorte, les crêpes de Chine, etc. — La soie combinée avec la laine, le coton et le fil fournit encore un grand nombre de tissus variés, popelines, peluches, gazes, etc.

Les pays où l'on fabrique le plus de soieries sont : la France, à Lyon, Sl-Etieniie, St-Amand, Avignon, Tours, Nîmes, etc. ; l'Italie, dans la Lombardie (Milan, Bergame, Brescia, Vicence), le pays de Gênes, le duché de Parme, la Toscane, les Deux-Siciles ; la Suisse, surtout à Bàle; en Asie, la Turquie, la Perse, l'Inde et la Chine.

Les Chinois paraissent s'être livrés à la fabrication des soieries dès la plus haute antiquité. De la Chine cette industrie passa dans l'Inde, en Perse, en Pbénicie et en Grèce : déjà du temps de Pline, les habitants de Cos s'y livraient avec succès. Cependant le commerce des soieries ne prit d'importance dans l'empire romain qu'au temps de Justinien : il se répandit alors dans toute la Grèce, surtout dans le Péloponèse, qui prit le nom de Morée, à cause des nombreux mûriers qu'on y avait plantés pour l'alimentation des vers à soie. Il fut introduit en Sicile à l'époque des croisades, et en France au xV siècle, ainsi que la culture du mûrier. Les premières fabriques de Lyon datent de 146(5; vinrent ensuite celles de Tours (1470), puis d'Avignon, Mmes, etc. — Pendant longtemps les étolfes de soie furent le privilège des grands et des hommes les plus opulents : les premiers bas de soie fabriqués en France furent portés, dit-on, par Henri II. L'usage de ces étoffes n'a commencé à être à la portée de tous que depuis lin-

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