‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1494 sur 1729 · SONGE · texte numérisé non relu

SONGE

nores font leurs vibrations en tempségaux, on dit qu'ils sont à l'unisson. En général on appelle intervalle musical le rapport du nombre des vibrations du son le plus aigu à celui du son le plus grave [Voy. intervalle). L'intensité du sou dépend de l'amplitude des vibrations du corps sonore. On nomme harmoniques d'un son tous ceux dont les nombres de vibralions sont des multiples entiers du premier. Les musiciens appellent sons harfiioniques ou sons flûtes, des sons l'ort doux qu'on tire des mstrumenls à cordes en posant légèrement le doigt sur certaines divisions de la corde et qui sont précisément des harmoniques du son que rendrait la corde en vibrant dans son entier. Ln son est toujours accompagné d'un ccrlain nombre de ses harmoniques, d'où résulte son caractère musical particulier ou timbre. — Lorsque deux sons présentent des battements dont le nombre est supérieur à 52 par seconde, on entend un son grave appelé son résultant.

Sons bouchés. Voy. cor.

SON (du lat. summum, le dessus [de la farine], c.-à-d. la partie la plus légère), Furfur. On nomme ainsi l'écorce OU enveloppe des graines des céréales, lorsqu'elle en a étéséparée par la moulure. On distingue 4 espèces de son d'après leur grosseur : le gros son. le petit son, les recoupes et les remoulages. La farine est plus ou moins pure, plus ou moins blanche, selon qu'on en extrait plus ou moins de son : la farine bien blutée doit fournir en son 10 p. 100 environ de son poids. On appelle : son gras, celui dans lequel il reste beaucoup de farine ; son maigre ou sec, celui qui est séparé de toute la farine. — Le son sert à nourrir les chevaux, les bestiaux et les volailles. C'est pour les premiers un aliment saùi et rafraîchissant, mais qui a iMîfoin d'être mêlé à d'autres aliments échaulTants. — En Médecine, on emploie l'eau de son comme émoUient, en lavements, en cataplasmes, en bains.

Son ou Taches de rousseur. Voy. éphélides.

SONATE (de l'ital. sonata), composition instrumentale formée de l'ensemble de plusieui's moix-eaux de caractères diilérents, généralement au nombre de 5 ou 4. Depuis Haydn, un allegro, un menuet ou scherzo, un andante ou adagio ou un finale est souvent formé de presto ou de i-ondo. La sonate s'écrit soit |)our un seul instrument, soit pour deux, l'un pouvant n'avoir qu'un rôle d'accompagnement; lorsqu'elle comporte plus de deux parties, elle prend le nom de trio. Tous les grands maîtres classiques ont laissé des sonates célèbres; rappelons seulement les noms de Bach, Haydn, Mozart. Beethoven, etc.

SONCHUS, nom latin botanique du genre Laiteron.

SONDE. SONDAGE (de sonder, du lat. subuudare).

En Marine, on appelle sonde un instrument qui consiste en un plomb attaché à une corde, et dont on se sert à la mer ou dans les rivières pour connaître la profondeur de l'eau ou la qualité du fond. Cette ligne est graduée de iirasse en brasse jwr des nœuds qui aident à en calculer la Irjugueur. lie plomb, de forme conique, est creusé à la partie iniérieure, afin de recevoir un morceau de suif destiné à rap|)orler des échantillons de la nature du fond. Le plomb pour les jKîtiles sondes servant habituellement à l'arrivée sur rade, et appelées sondes à la main ou courantes, pèse environ de 5 à 4 kilogr. Outre le plomb de sonde, on emploie aussi au sondage des bouées de sonde, des lances de sonde et des sondes mécaniques ou bathomètres : tel est p. ex. le sondeur Lecoéntre, qui, au moment où il touche au fond, marque la hauteur du fond au moyen d'une aiguille qui jwrcourt un cercle divisé. On peut avec la sonde marine atteindre d'énormes profondeurs : le long des côtes du Japon, dans la dépression dite des Kouriles, la sonde a indique une profondeur de 8513 mètres. En pleine mer, la sonde atteint rarement le fond. Dans certains parages, au contraire, tels que la Manche, les indications tie la sonde font connaître sur la carte le lieu où l'on est. La manœuvre du sondage dans les mers profondes a été rendue facile grâce à l'appareil imaginé par sir William Thomson. Au lieu de se servir d'une corde de chanvre, on emploie un lil d'acier, dit corde de piano, et navant pas plus de 0 m. 001 de diamètre, mais fort solide et pouvant supporter, sans se rompre, une charge de 140 kilogr. Ce lil n'offre aucune résistance à l'eau ; il ne peut être entraîné par les courants, et lorsqu'il est alourdi à son extrémité par un poids de 25 kilogr. environ, il s'enfonce verticalement. Ce poids n'est plus une masse de plomb, c'est un tube de métal autour duquel sont disposées des rondelles de fonte mobile

qu'un mécanisme particulier décroche quand l'aftpareil

touche le fond, de telle sorte qu'on peut les aliandonncr et

qu'il suffit de remonter à bord le tube sondeur, dont le

poids est peu considérable. Ce tube porte, à son orifice

inférieur, des soupapes qui restent ouvertes pendant la

I descente, mais qui se ferment lorsque les rondelles de

i fonte abandonnent l'appareil : elles empêchent alors le sable

! et la vase qui se sont introduits dans l'appareil d'en

; sortir, et permettent à l'observateur de recueillir ainsi,

; avec ime grande facilité, des échantilllons du fond de la

I mer. I^e fil d'acier est enroulé sur une bobine munie d'un

appareil qui enregistre chacun de ses tours et indique à

tout instant la profondeur. On obtient facilement une

vitesse de déroulement de 175 m. par minute, ce qui

permet d'atteindre en 20 minutes un fond de 5500 m.

Cet appareil a rendu facile le relèvement du relief des

mers, si nécessaire à connaître pour les tracés des câbles

télégraphiques; il est précieux aussi pour les naturalistes

qui étudient la distribution de la vie dans les abîmes de

l'océan.

On appelle : sonde de pompe, la tige en fer graduée, plongée verticalement dans la partie la plus basse du navire, et senant à indiquer la quantité d'eau qu'il fait; sonde de pêche, un morceau de plomb que les pêcheurs amarrent à Ihaim d'une ligne pour le faire couler et iniliquer la profondeur de l'eau.

Le sondage à travei-s le sol est d'une application fréquente dans l'exploitation des mines, pour le percement des puits artésiens, la recherche des eaux minérales, etc. ; mais eu ce sens on dit plutôt forage [Voy. ce mot et

PCITS).

En Chinirgie, on appelle sonde tout instrument que l'on introduit soit dans la cavité de certains organes, pour découvrir la cause cachée de quelque mal, soit dans le trajet des plaies, des fistules, pour en reconnaître l'état, ou en évacuer les liquides. Il se dit particulièrement des tubes cylindriques que Ion introduit dans la vessie, et que l'on nomme aussi algalies. On appelle cathétérisme l'art qui consiste à se servir de ces sondes ( Voy. ce mot et litiiotritie). — Les sondes varient de forme, de grandeur, suivant leur destination : on les fait en métal ou en gomme élastique. On appelle : S. brisée, une grande sonde d'acier, droite, et composée de deux parties qui se joignent au moyen d'une vis : elle sert à explorer les plaies pénétrantes; elle sert aussi d'aiguille à séton; S. cannelée, une tige d'acier ou d'argent, droite, mousse à l'une de ses extrémités, terminée à l'autre par mie plaque fendue et munie dans toute sa longueur d'une cannelure : elle sert à guider la pointe des instruments tranchants au milieu des organes; S. de Belloc, une sonde courbe à ressort qui sert pour le tamponnement des fosses nasales, la ligature des pohpes, etc. 11 y a encore : la S. à dard, pour la cystotomie; la S. d'Anel, pour sonder les points lacrymaux, etc.

SONGE (du lat. somniiim). Le songe se distingue du 7-évc, en ce que les idées y sont bien suivies, qu'il a toute l'apparence de la réalité et qu'on se le rappelle dans son entier, tandis que le rêve est plus décousu et fugitif: on nomme songes et non rêves ces conceptions poétiques qui jouent un si grand rôle dans les épopées et les tragédies classiques, comme le songe d'Agamemnon, d'Homère, et le songe d'Athalie, de Racine.

De tout temps on a vu dans les songes quelque chose de prophétique : la Bible attribue cette vertu au songe de Jacob, à ceux de Pharaon et de ses grands officiers, que Joseph réussit à interpréter, à celui de Nabuchodonosor qu'expliqua Daniel, etc. Dans l'hisloire profane, on cite le songe d'Alexandre à l'égard de Cassandre, celui de Calpurnie sur la mort de César, de Brutus aux champs de Philippes. C'était chez les Egyptiens, chez les Juifs et les Chaldéens un art révéré que celui de deviner les songes; les Grecs ont aussi cultivé cet art, qu'ils appelaient onéirocritie ( Voy. ce mot) : Aristote et Artcmidorc ont écrit Srtr les songes. Plusieurs divinités. Hercule, Amphiaraùs, Sérapis, rendaient leurs oracles en songe. Aujourd'hui encore trop de personnes accordent foi aux prétendues révélations des somnambules magnétiques. — Les conciles ont condamné l'interprétation des songes. Notre législation défend également de faire profession de deviner ou d'expliquer les songes (C. pén., art. 479, § 7). — Voy. Leunclavius. De significatis insomniorum ; l'abbé J. Richard, Théorie des songes; Formey, Essai sur les songes;

SOiMCA

Page 1