‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1495 sur 1729 · SOPHISTES · texte numérisé non relu

SOPHISTES

Piorquin, Mémoire sur les songes (Montpellier, 1859) ; hurdach, Traité de physiologie, etc. Voy. rêve, sommeil,

SnMSAMBCl.ISME.

La Fal)le faisait des Songes les enfants du Sommeil et lie la Nuit : elle distinguait des Songes vrais et des Songes faux, les premiers sortant des Enfers par une porte de corne et les seconds par une porte d'ivoire.

SON ICA, terme du jeu de bassette. Il se dit d'une carte fpii vient en gain ou en jierte le plus tôt quelle puisse venir pour faire perdre ou gagner.

SONICÉPHALE, insecte. Voy. viullette.

SONNA ou SUNNA (c.-à-d. frfldt7io«), recueil qui contient l(>s traditions de la religion maliométaiic : c'est un supplément au Coran. Voy. sunnites au Dict. d'Hist. cl de Géogr.

SONNERIE, son de plusieurs cloches qui se font entendre soit ensemble, soit successivement. Quelques sonneries d'église forment une sorte de musique qui a son charme : on les nomme carillons ( Voy. ce mot) . — Sonnerie se dit aiKsi : 1» de l'assemblage des rouages et des mouvements qui servent à faire sonner une pendule, une montre; 2» de l'appareil électrique qui fait mouvoir un timbre. Voy. ce mot.

Dans l'Armée, sonnerie se dit des airs destinés à être joués sur la trompette ou le clairon, pour indiquer les diverses parties du service militaire, surtout dans la cavalerie : les principales sonneries sont la générale, le réveil, le boute-selle, Vappel, la retraite, la charge. — Dans la Marine, sonner le quart, c'est avertir la partie de l'équipage qui est couchée de se lever pour venir faire le quart; sonner pour la pompe, c'est avertir les gens du quart de pomper.

SONNET (de l'ital. sonetto), petit poème de 14 vers, partagés en deux quatrains sur doux rimes, et en deux tercets qui sont divisés par le sens, comme doivent l'être aussi les deux quatrains. Le sonnet n'admet ni vers faibles, ni exjiressions impropres, et l'idée qui le termine doit | avoir quelque chose de piquant et de relevé. Aussi ce petit j poème otfre-t-il de grandes difficultés, ce qui a fait dire à Boileau :

Un sonnet sans défaut vaut seul un long poème.

(Art j}oét., II, 94.)

Pétrai-quc est regardé comme l'inventeur du sonnet, bien que plusieurs critiques prétendent qu'il en emprunta l'idée à nos trouvères provençaux. Sous François I'"', cp genre de (joésie fut introduit en France par Mellin de Saint-Gelais, J. du Bellay, l'onlus de Thiard et Ronsard, dont quelques sonnets sont admirables : en 1631, on vit la cour et la ville partagées en deux camps à l'occasion du sonnet de Benscrade sur Job et de celui de Voiture sur Uranie. Parmi les écrivains qui se sont distingués dans ce genre, on cite, outre les "poètes déjà noinmés, Desbarreaux, Fontencllc, Malleville, etc. A l'étranger, le sonnet fut cultivé, après Pétrarque, par le Tasse, Camoëns, Shakespeare, Spenscr, etc. Au xviii» siècle, le soiniet tomi)a dans le discrédit. De nos jours, Alfred de Musset, Ste-Beuve, Soulary, Lcconte de Liste, de llérédia, en France, Wordsworth en Angleterre, etc., l'ont remis en honneur.

On appelle sonnet réflexe un sonnet double, dont la seconde moitié n'est que la première renversée, c.-à-d. offre avec les mêmes rimes que dans la première, d'abord les deux tercets, puis les deux quatrains. — On doit à M.L.deVeyrièresune3/onog^?'ap/Me du so«ne<, Paris,187'2.

SONNETTE (de sonner). Outre son acception commune, ce mot désigne, en Mécanique, une machine dont on se sert pour enfoncer des pilotis et des pieux. La sonnette prie le mouton et sert à le lever et à le laisser retomber.

Voy. MOUTON.

SONNEZ, terme dont on se sert au jeu de dés, particulièrement au trictrac, lorsque le coup de dés amène les deux six. Ce mot s'écrivait jadis sanne : on le fait venir de seni, nom latin du nombre six.

SONOMÈTRE (du lai. sonus, son, et du gr. uétoov, mesure), appareil destiné à étudier les lois des vibrations des cordes. On appelle spécialement ainsi un appareil com- IMse de plusieurs cordes parallèles supportées par des chevalets moi)iles; l'une de ces cordes est invariable. On lait varier la gi-osseur, la longueur, la nature, la tension des autres jusqu à établir avec la première ma intervalle connu.

SOPHA. Voy. SOFA.

SOPHIE, 'iôl" petite planète, trouvée le 4 oct. 1885, par l'alisa, à Vienne. Voy. i-i.anètes.

SOPHIS ou sons, nom d'une secte religieuse de l'Orient et d'une dynastie persane. Voy. sopiiis au Dict. d'Hist. et de Géogr.

SOPHISME (du gr. ac5!p'.!J[ia), raisonnement faux et captieux, à l'aide duquel on cherche à tromper son adversaire, ce qui le distingue du paralogisme, qui est aussi un raisonnement faux, mais fait de bonne foi. On l'a ainsi appelé parce qu'il était la ressource des sophistes. Le sophisme se lie souvent au paradoxe. Voy. ce mot.

On compte ordinairement, en Logique, trois espèces nrincipales de sophismes : 1° les S. de déduction, savoir : l'ignorance du sujet [ignoraiio elenchi), qui prouve autre chose que ce qui est en question, et la jiétilion de principe, qui sup|)ose vrai ce qui est en question : le cercle vicieux ou diallèle rentre dans la pétition de principe; il a lieu lorsqu'on s'clTorcc de prouver une pro|X)sition par une autre qui s'appuie sur elle ; — '2° les S. d'induction, savoir : la fausse cause [non causa pro causa), qui consiste à supposer une cause imaginaire ou à prendre pour cause d'un fait ce qui l'accompagne [cum hoc, ergo propter hoc), ou ce qui le précède {post hoc, ergo propter hoc); le clénombremenl incomplet ou énumération imparfaite, qui tire une conclusion générale d'une division incomplète; Vinduf.tion défectueuse, qui érige un fait en loi par une généralisation précipitée; le sophisme de l'accident, ou juger d'une cliose par ce gui ne lui convient qu'accidentellement {fallacia accidentis), comme d'attribuer à la médecine les fautes de quelques médecins ; c'est la source d'une foule de faux jugements, de préjugés et de superstitions; enfin passer de ce qui est vrai relativement à ce qui l'est absolument [a dicto secundum quid ad dictuni simpliciter), comme faisaient les Epicuriens en attribuant la forme humaine aux dieux sur ce principe, que tout ce qui est beau est en Dieu, et que la forme humaine est la plus belle de toutes; tandis qu'elle n'est belle que par rapprt au corps et non absolument; — 3° les S. de langage, savoir : abuser de l'ambiguïté des mots, comme, dans cet exemple : L'homme pense ; or l'homme est com-

Fosc de corps et d'âme ; donc le corps pense aussi bien que âme [Voy. équivoque), ou h'icn passer du sens divisé au sens composé, et réciproquement, comme dans les jeux de mots célèbres chez les Grecs : p. ex. Electre, fille d'Agamemnon, connaissait et en même temps ne connaissait pas Oreste : car, en présence d'Oreste encore inconnu, elle sait qu'Oreste est son frère, mais elle ignore que celui qui est là est Oreste.

Pour réfuter les sophismes de déduction, il faut appliquer les règles du syllogisme; pour les sophismes d'induction, les préceptes de Bacon ; pour les sophismes de grammaire, définir les mots et en distinguer les divers sens. — IMaton a dévoilé les artifices des sophistes dans Y Euthydème et le Pi'otagoras. Après lui, Aristote, dans VOrganon, a consacré un livre entier à l'exiwsition et à la réfutation des sopiiismes (Réfutations des sophistes). La Logique de Porl-Boyal a ajouté à l'œuvre d'Aristote un excellent chapitre sur les mauvais raisonnements que l'on commet dans les discours ordinaires. — J. Bentham a donné les Sophismes des assetnblées délibérantes .

SOPHISTES. A lasuitedes révolutions qui firent succéder en Grèce la démocratie à l'aristocratie, le pouvoir passa aux hommes qui surent le mieux gagner la confiance des démocraties par leur éloquence. C'est alors que l'éloquence, morale et |)olitique, commença à être cultivée pour ellemême, et que parurent les premiers maîtres de cet art nouveau. Ils prirent le nom de sophistes parce qu'ils prétendaient posséder la science suprême : c'étaient à la fois des rhéteurs et des philosophes, puisqu'ils enseignaient en même temps à leurs disciples la forme à donner à leurs discours, et les idées éthiques ou sociales qu'ils devaient y développer. Mais, peu scrupuleux sur les moyens de persuader, ils apprenaient à leurs élèves à accommoder un discours aux goûts particuliers du peuple auquel il était destiné : et ils finirent par proclamer que le bien et le mai, la vérité et l'erreur varient suivant le point de vue auquel on se place et sont choses essentiellement relatives, et que dès lors tout est également bon ou également mauvais, également vrai et également faux. De là des formules célèbres, qui ont tant choqué dans la bouche des plus grands de ces sophistes : « tout est vrai, disait Protagoras;

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