SORITE
l'homme est la mesure de toutes enose*. el ce qui lui paraît vrai, est vrai »; « rien n'est vrai », répondait Gorfjias, formule au fond identique à la précédente, quoiqu'elle semble opposée. Les sophistes de second ordre, Hippias, Euthydème, etc., exagérèrent encore ces tendances sceptiques. De plus, leur avidité (ils exigeaient de leurs auditeurs un salaire souvent considérai)le \ leur insupportable vanité, les attaques qu'ils dirigeaient «-onti-e l'antique constitution de la Famille et de la religion grecques, les rendirent otiieux au j)ouple. Socrate en réalité les comijaitil, et clierclia à ruiner leur scepticisme en leur opposant les principes d'une morale et d'une politicjue bien plus élevées (voy. les dialogues de Platon intitulés o Protagoras » et « Gorgias »). Mais il garda leurs procédés de discussion, leur méthode d'exposition parfois subtile et captieuse. C'est ce qui le lit prendre jiar la foule pour un sophiste et fut la principale cause de sa condamnation. — Voy. au Dict. d'Hist. et de Grogr. la biographie des sophistes. Voy. aussi E. Zeller, Philosophie des Grecs, trad. Boutroux, t. I.
SOPHISTICATION (de ao3i!7Tixô;, trompeur), synonyme de Falsification. Voy. ce mot.
SOPHISTIQUE, art d'envelopper l'adversaire avec lequel on discute dans une trame de raisonnements artificieux, plus subtils que solides. Ce mot vient des sopliistes, qui passent pour les premiers inventeurs de ces condamnables liabilelés.
SOPHORA, genre de la famille des Papilionacées et type de la tribu des Sophorées, renferme des arbres d'un hl-au port qui s'élèvent à 15 ou 20 m. : feuilles d'un vert foncé; Heurs en grappes axillaires ou terminales, blanches ou jaunes et très nombreuses; le fruit est une gousse charnue et pendante, renfermant des semences noires et luisantes semblables au haricot. Le Sophora est originaire de la Chine et a été importé en France en 1747. Le S. dtt Japon a un bois compact, jaune et uni, propre à l'ébénislerie; ses corolles donnent une teinture jaune; ses feuilles sont purgatives. — La tribu des Sophorées renferme les genres Sophora, Myroxylon, Cercis ou Gaiîiier. Edwardsia, etc.
SOPHROSYNE, 154" petite planète, trouvée le 27 sept. 1875. jiar H. Luther, à Bilk près Dûsseldorf. Voy. planètks.
SOPORATIF, sopoRiFÈRE ou SOPORIFIQUE (du lat. sopor, sommeir, qui produit le sommeil. Voy. narcotiques.
SOPRANO, mot italien qui s'emploie, en Musique, pour désigner la plus aiguë des quatre principales catégories de voix humaines. Le soprano porte, en France, le nom de dessus (Voy. ce mot). Les voix de soprani sont celles des femmes, des enfants et des castrais. On les écrivait autrefois en clef A'ttt \" ligne, maintenant on se sert plus ordinairement de la clef de sol. — On appelle viei%o soprano une voix qui tient à la fois du soprano et du contralto.
SORA, espèce de Hérisson. Voy. ériccie.
SORBE ou corme, fruit du Sorbier. Voy. ce mot.
SORBET (en esp. sorbete, en ital. sorbetto, de l'arabe chorba, venant de la même racine que sirop], boisson à demi glacée qui a pour l)ase des jus ae fruits et de sucre, eldaiis laquelle on fait entrer une liqueur telle que le rhum, le marasquin, etc. — On api^elle sorbetière, et par corruption sabotière, le vase dans lequel on prépare les sorbets.
SORBIER, Sorbus, genre de la famille des Rosacées, section des Pomacées, renferme des arbres et des arbrisseaux qu'on cultive surtout pour l'ornement des bosquets et des jardins. Leur feuillage est touffu, léger, d'un beau vert ; au printemps, ils produisent de belles fleurs blanches en larges bouquets, auxquels succèdent des fruits en paquets et semblables à de petites pommes d'un rouge de feu, qui restent sur l'arbre une partie de l'hiver. — Le S. des oiseaux (S. auctiparia) est peu élevé et d'une médiocre grosseur. Cet arbre est commun dans nos bois, où il vit pendant des siècles. Son bois, dur, compact et rougeàtre, est propre à l'ébénisterie et au tour. Le sorbier jouait un rôle important dans les mystères religieux des Druides; on trouve encore sur les montagnes du nord de l'Ecosse, où étaient leurs temples, de grands ceifles de pierres entourés de vieux sorbiers. Dans quelques endroits de la Suisse on répand le fruit du sorbier sur les tombeaux. — Le S. cormier [S. domestica] a le tronc plus élevé; il donne des fruits appelés sorbes ou comtes, qui sont plus gros, d'un rouge jaunâtre, et assez semblables à de petites poires d'un goût acerbe : mûris sur la paille, ils deviennent
mangeables; on en extrait une espèce de cidre, appelé corme.
M. Pelouze a extrait, en 1852, des baies du sorbier un sucre infermentescible, qu'il a appelé sorbine.
On nomme : Sorbier des Alpes, l'Alisier blanc: S. de Fontainebleau, l'Alisier aux larges feuilles.
SORBITE, alcool hexatomique découvert par Boussingaull. qui l'a retiré des baies du sorbier. La sorbite se présente en houppes blanches ayant pour formule ^"11**0®, solubles dans l'eau et dans l'alcool. On connaît une sorbite dextrogyre, une lévogyre et une inactive. A ces sorbites correspondent des aldéhydes alcools qui appartiennent à la classe des sucres [Voy. ce mot). Par oxyaation, les sorbites donnent de lacide saccharique [Voy. sacchariqce [acide]).
SORBONIQUE. On appelait jadis ainsi une thèse de théologie qu'on soutenait en Sorbonne |K>ur être reçu docteur : elle durait depuis 6 heures du matin jusqu'à 6 heures du soir. — On appelait sorbonisle tout gradué de la maison de Sorbonne. Voy. sorboxne au Dict. d'Hist. et de Gcogr.
SORCELLERIE, sorcier (du lat. sorliarius, qui prédit le sort ou qui jette des sorts). On appelle sorciers ceux qui, comme on l'a cm dans les temps d'ignorance, ont fait un })acte avec le diable pour opérer, par son secours, des prodiges et des maléfices, pour jeter des sorts, et qui vont au sabbat; et sorcellerie, l'œuvre d'un sorcier. Le sorcier dilVère du magicien en ce qu'il est de plus bas étage et ne fait que du mal : la dénomination de sorcier remplaça celle de magicien après le triomphe du Christianisme, qui avait proscrit la magie, comme étant l'œuvre du démon. — La croyance aux sorciers date de la plus haute antiquité ; elle a régné chez tous les peuples sous des noms différents [Voy. magie, goétie, etc.). Pendant le moven âge, les malheureux qu'on qualifiait de soiciers étaient brûlés vifs : parmi les victimes les plus déplorables de ces accusations, qui souvent n'étaient qu'un |jrélexte pour perdre ceux dont on avait juré la mort, on peut citer Jeanne d'Arc, Urbain Grandier et la maréchale d'Ancre. Quelquefois les accusés, dupes de leur imagination, se prenaient eux-mêmes pour sorciers et avouaient avoir assisté au sabbat : on explique leur illusion par les hallucinations qu'enfantait la supei'stition ou que l'on provoquait même au moyen de certaines drogues enivrantes et surtout par des phénomènes hystériques. Ce n'est qu'au xvii' siècle, en 1672, que les accusations de sorcellerie cessèrent d'être admises par les trilmnaux de France. — La croyance aux sorciers et aux sortilèges existe encore dans quelques campagnes : on donne le plus souvent la qualification de sorcier à quelque vieux berger, à quelque mendiant mal famé: mais les progrès de l'instruction rendent ce préjugé de plus en plus rare.
Parmi les nombreux écrits publiés sur la sorcellerie, on peut lire, outre ceux qui sont indiqués au mot magie, un traité De la sorcellerie, par M. Louandre (1855), et la Sorcière, par M. Miclielet.
SORCIER. |X)isson percoïde. Voy. aprox.
SORDAWALITE, silicophosphate d'aluminium, de fer et dt; magnésium, en rognons noirs et opaques, non cristallins, dans un trapp de Sordawala en Finlande.
SORE (du gr. irwpô;, amas), nom donné, en Botanique» à la réunion de fructifications qui s'observent en général sur la face inférieure de la feuille dans les Fougères. — On appelle sorédie la tache pulvérulente que forment, en se réunissant, les corpuscules reproducteurs de beaucoup de Lichens.
SOREX, nom latin de la Souris, est devenu le nom scientilique du genre Musaraigne, type des Soricidés, lune des quatre familles de l'ordre des Insectivores, et
3ui comprend les genres Musaraigne, Dcsman, Solénoon, etc.
SORGHO. On comprend sous ce nom diverses espèces de Graminées appartenant au genre Andropogon [Voy. ce mot). Le type est V Andropogon sorghum, Graminée à fruits alimentaires, très variable et très souvent cultivée. — Le Sorgho sucré [A. saccharatus], apporté de Chine par le jésuite Du Halde et auj. cultive en Provence et en .\lgérie, contient beaucoup de sucre.
SORITE (du gr. awoî-rriî), raisonnement composé d'un nombre indéterminé ae propositions, disposées de façon que l'attribut de la première devienne le sujet de la seconde, que l'attribut de la seconde devienne le sujet de la troisième, et ainsi de suite jusqu'à la couclusion, qui
SORROCHE