SOUCHET
prend pour sujet le sujet de la première proposition et pour attribut l'attribut de la dernière. Voici un exemple de sorite souvent cité; c'est le raisonnement que Montaigne, d'après Plutanjue, prête au renard de Tliracc qui sonde la glace : « Ce qui fait du bruit se remue; ce qui se remue n'est pas gelé; ce qui n'est pas gelé est liquide ; ce qui est liquide plie sous le faix; donc cette eau, qui fait du bruit, plie sous le faix » (Essais, ii, 12).
SORROCHE, fièvre passagère qui atteint les nouveaux venus dans les hautes régions du Pérou et de la Bolivie. SORT [du lat. sors). Ce mot signifie proprement les cliances diverses du hasard. L'usage d'abandonner au sort la décision que l'on doit pren(h'e remonte à la plus haute antiquité : dans l'Ancien Testament on voit les Israélites s'en remettre au sort pour le choix des victimes, pour le partage de la Terre sainte, etc. Les Franks faisaient usage du sort pour partager le butin, et au moyen à^c, des juges ignorants eurent souvent recours à ce procède singulier pour vider les contestations. Auj. on n'a guère recours au sort que pour égaliser les chances, comme pour partager les lots d'une succession, pour tirer la loterie, etc. Les Païens nommaient sorts une espèce de divination qui avait lieu soit au moyen des dés sur lesquels étaient
f raves des caractères ou des mots dont on allait chercher explication dans des tables faites exprès; soit en ouvrant au hasard un livre et interprétant le premier passage que le sort faisait rencontrer; les livres usités dans ces occasions étaient surtout Homère ou Virgile : de là les expressions : sorts homériques, sorts virgilieiis. Plus tard on substitua les livres saints aux poèmes pa'iens, et il y eut les sorts des Saints. Le concile d'Agde, en 506, condamna cette superstition.
On nommait encore sort ou sortilège un maléfice qu'un sorcier jetait sur quelqu'un ou sur quelque chose, au moyen de paroles, de caractères cabalistiques ou de drogues. Le sort ainsijelé pouvait être levé, moyennant finance, par le sorcier qui l'avait jeté, ou par un sorcier plus puissant.
SORTILÈGE, maléfice. Voy. sonr et sorcellerie.
SOSTENUTO, terme italien employé en Musique pour indiquer si dans l'exécution les sons floivcnt être soutenus.
SOTADIQUES (vers). Voy. axacycliqdes (vers).
SOTHIS, nom que donnaient les Egyptiens à l'étoile Sirius. Voy. c.vmcule.
Période sotliiaque ou Cycle caniculaire. Voy. année.
SOTIE ou sottise, pièce satirique qui appartient à la comédie française du moyen âge et qui est comme une sorte de mélange de la farce et de la moralité : elle se distingue surtout des autres pièces de l'époque par de grossières personnalités. Les acteurs de ces pièces formaient des confréries, connues sous le nom d'Enfants sans souci, de liasochiens, etc. Le chef de la troupe prenait le nom de Prince des sots; le personnage principal avait celui de Mère-sotte. Parmi les soties les plus i'ameuses on cite surtout le Vieux Monde, le Nouveau Monde, attribué à Jean Bouchet, et le Jeu du Prince des sots : cette derrière, dont l'auteur est Pierre Gringoire, nest qu'une longue satire dirigée contre le pape Jules II, alors en guerre avec Louis XII. Elle fut jouée aux Halles de Paris le mardi gras de l'an 1511. Soumises à la censure sous François P% les soties perdirent bientôt de leur intérêt et elles disparurent avec les farces au commencement du xvii= siècle. — Les soties imprimées ou manuscrites sont d'une grande rareté.
SOTTO VOCE, expression italienne qui signifie sousvoix, et qu'on emploie, en Musique, pour signifier à demivoix, à demi-jeu.
SOU ou SOL (du lat. solidus, entier), petite monnaie de cuivre qui était la 20" partie de l'ancienne livre d'argent, et qui se subdivisait en deniers : on distinguait le sou tournois, qui valait 12 deniers, et le sou parisis, qui valait 15 deniers. Le sou actuel est le 20" du franc et vaut 5 centimes. — Il y eut, sous les rois des deux premières ''n^ j*' ^^^ *"."* '''"'' *î"' ^^ divisaient orij^inairement en 40 deniers d'argent, mais dont la valeur a souvent varié (loy. soLiDus); on les nomma depuis florins. Il y eut aussi des sous d'or de 12 deniers.
SOUBASSEMENT (de sous et hase), partie inférieure dune construction, espèce de piédestal continu, sur lequel semble porter tout l'édifice.
SOUBRESAUT (de l'espagn. sobresallo), mouvement Ijrusque et mopiné, résullant de la brusque contraction
d'un muscle sans intervention de la volonté : c'est un symptôme qui se rencontre fréquemment dans les affections cérébrales. — Le soubresaut épigaslrique consiste dans des secousses convulsives de l'estomac, qui ne peut ni admettre de nouvelles substances, ni expulser celles qu'il contient.
En parlant d'un cheval, soubresaut s'entend d'un saut inopiné et à contresens.
SOUBRETTE (orig. inc), suivante de comédie. Les soubrettes de Molière, si l'on peut appeler de ce nom les Dorine, les Martine, les Nicollc, etc., sont les génies familiers de la maison; elles ont le propos leste et caustique, mais le bon sens du peuple et le dévoûment du fidèle domestique. Avec Regnard, Marivaux et les autres auteurs comiques du xviii° siècle, les soubrettes deviennent plus rusées «t moins honnêtes : ce sont de fines mouches à l'œil mutin, qui mettent volontiers leurs lx)ns offices aux gages des soupirants généreux et qui s'entendent presque toujours avec les valets, au détriment de leurs maîtres réciproques. De nos jours, Augusline Brolian a été parfaite dans ce rôle difficile.
SOUBREVESTE (de l'espagn. sobre, par-dessus, et de veste), sorte de justaucorps sans manches, que jjortaient autrefois les mousquetaires.
SOU BUSE ou RUSERAI, oiseau. Voy. busard.
SOUCHE (orig. inc). On nomme ainsi vulgairement la tronc des arbres ou cette partie du tronc qui reste dans la terre après que l'arbre a été coupé. Pour les botanistes, la souche est la prolongation souterraine de l'axe de la plante ou le corps de la racine ; c'est souvent aussi le rhiictne [Voy. ce mot).
SOUCHE. En terme de Généalogie, c'est le personnage du-
3uel descend une famille, une race : Bobert le Fort, duc e France, est la souche des Capétiens; Bolxirt de Clermonl, 0° fils de St Louis, celle de la maison de Bourbon. — En Droit, on nomme partage par souche un mode particulier de partage d'une succession. Supposons qu'une personne meure, laissant comme héritiers : 1» un fils; 2° trois petits-enfants, nés d'un autre fils prédécédé. Le partage de la succession ne se fera pas par parts égales entre ces quatre personnes : les biens héréditaires sont divisés en deux moitiés, attribuées, l'une au fils survivant, l'autre collectivement aux trois enfants du fils prédécédé, lesquels se la partageront entre eux par parts égales (C. civ., art. 745) ; en somme, les trois petits enfants réunis n'auront pas plus que leur oncle, parce qu'ils ne représentent, comme lui, qu'une seule souche. Voy. partage
et SUCCESSION.
On appelle encore souche : i" la partie du corps d'une cheminée qui sort du toit et s'élève au-dessus du comble; 2° la partie qui reste des feuilles d'un registre lorsqu'on les a coupées en zigzag, de sorte qu'en rapprochant la partie coupée et détachée du registre de celle qui y est restée, on reconnaisse si elles se correspondent exactement.
SOUCHET, Anas spattda, section du genre Canard, caractérisée par un bec long dont la mandibule supérieure, ployée en demi-cylindre, est élargie à son extrémité en forme de spatule. Le Souchet a la tête et le cou verts, la poitrine blanche, le ventre roux, le dos brun (!t les ailes variées de blanc, de cendré, de vert et de brun. Il est triste et sauvage, et vit de vermisseaux qu'il recueille dans la vase, au bord des ruisseaux. Sa chair est (h'iicate, et son plumage recherché. C'est un oiseau migrateur : on le trouve en France de novembre en avril. — Quelques ornithologistes rapprochent de ce genre le Ridenne [A. strepera), dit aussi Cliipeau et Rousseau.
SOUCHET, tlyperus, genre type de la famille des Cypéracées et de la tribu des Cypérées, renferme des plantes herbacées vivaces, qui habitent les marais et le bord des eaux, dans les pays chauds. Le S. long [C. longus) s'élève à plus de 1 m. sur une tige droite, presque nue. triangulaire : racines longues, traçantes et répandant, quand elles sont sèches, une odeur assez agréable ; fleurs réunies en ombelle terminale fort ample, chargée d'épiilets grêles et roussàtres. Cette plante est utile dans les terrains en talus, pour prévenir les éboulements. Ses racines passent pour stomachiques ; les parfumeurs les font entrer, réduites en poudre, dans la composition de leurs aromates. Le S. comestible [C. esculentus) a des fleurs blanches et des racines tuberculeuses : ses tubercules ont une saveur sucrée, assez semblable à celle de la noisette; on les