SOUFRE
En Marine, on nomme soufflage un revêtement en planches appliqué extériouremcnt sur la carène d'un navire, pour préserver celle-ci du choc ou du contact de tout ce qui pourrait l'endommager.
SOUFFLANTES (machines). Yo\j. soufflet.
SOUFFLARDS. Yoij. slffioni.
SOUFFLE. Dans l'auscultation [Voy. ce mot), on distingue deux espèces de bruits dits de souffle : 1° ceux qui sont perçus par l'auscultation des vaisseaux artériels et surtout du cœur : ils indiquent, dans les artères, de l'anémie ou un anévrysme; dans le cœur, une lésion des valvules ; "2" ceux qui sont perçus dans les bronches : ils sont dus à un cliaiigement d'état du tissu pulmonaire qui est plus condensé, ou à l'interposition d'un liquide, comme dans la pleurésie. On appelle souffle amphorique celui qui résulte de la pénétration de l'air dans une excavation pulmonaire ou dans la plèvre.
SOUFFLÉ, mets léger dont la pâte renfle beaucoup, et que l'on fait au four de campagne. On sert souvent les soufflés dans de petites caisses en papier. On fait aussi des soufflés de purée de volailles, de gibier, etc.
SOUFFLERIE, l'ensemble des soufflets d'un orgue, ou le local dans lequel est placé l'appareil de la soufflerie, et où se tient le souffleur qui fait mouvoir les soufflets de l'orgue. — Il se dit encore de l'ensemble des soufflets d'une fabrique, d'une forge, d'une usine, etc., des pompes de compression destinées à renouveler l'air dans les hôpitaux, les salles de théâtre, etc. Voy. soufflet et ventilateur.
SOUFFLET, instrument destiné à projeter l'air avec force. Le soufflet ordinaire est une espèce de pompe à air aspirante et foulante. Il se compose de deux plaques de bois séparées par une large bordure de cuir, munies à l'extrémité inférieure d'un tube métallique ; la placjue inférieure est percée d'un trou qui en dedans est recouvert d'une peau mobile. Si on écarte les deux plaques, l'air s'introduit dans l'intérieur du soufflet par le trou de la plaque inférieure; si on les rapproche ensuite, l'air, cherchant une issue, comprime la peau contre l'ouverture par laquelle il est entré, et s'échappe avec force par le tube. I^cs grands soufflets de forge ne difTèrent de nos soufflets d'appartement que par le volume : ils sont mus par des mécanismes divers.
On appelle machines soufflantes des machines qui servent à lancer l'air destiné à alimenter les feux et fourneaux métallurgiques : elles reçoivent de leur forme et de leur destination les noms de trompes, de soufflets pyramidaux, de machines soufflantes à piston, etc. : elles sont ordinairement mues par la vapeur [Voy. ventilateur). — Cagniard de la Tour a appliqué avec succès la vis d'Archimèdc aux machines soufflantes. Voy. cagniardelle.
Soufflet, coup appliqué par la main sur la joue. Le soufflet n'était nullement considéré comme un outrage dans l'antiquité. On s'en servait dans certaines cérémonies civiles comme moyen de reconnaissance. Dans le culte catholique, il entre dans le sacrement de la confirmation. Aujourd'hui le soufflet est regardé comme avilissant pour celui qui le reçoit.
SOUFFLEURS, nom commun sous lequel on désigne les Cétacés munis d'évents, à l'aide desquels ils rejettent sous forme de jets l'eau qu'ils avalent en nageant. Voy. évent et cétacés.
SOUFFLURE (de souffler), nom donné aux cavités qui se forment dans certains métaux coulés et qui proviennent du dégagement de gaz au moment du refroidissement.
SOUFRAGE, action de soufrer, c.-à-d. d'imprégner de soufre les allumettes, les étofl"es qu'on veut blanchir, etc. Pour soufrer les allumettes, il suffit d'en plonger l'extrémité dans du soufre en fusion. Pour soufrer les étolTes, on les suspend dans des salles hermétiquement fermées, dites soufroirs, dans lesquelles sont disposés des réchauds allumés, sur lesquels on a répandu de la fleur de soufre.
On emploie aussi avec succès le soufrage pour arrêter les progrès de l'oïdium de la vigne, du blanc des arbres fruitiers, etc. On se sert pour cela de soufflets ou de houppes en laines disposées à cet effet : il faut avoir soin de procéder à l'opération par un temps un peu humide, pour que le soufre s'attache mieux aux feuilles.
Soufrage des vins, opération consistant à faire brûler du soufre dans les tonneaux et les récipients destinés à conserver les vins. Le soufrage est destiné à empêcher le développement dès moisissures dans les futailles : la com-
bustion du soufre enlève l'oxygène de l'air dos tonneaux cl donne de l'acide sulfureux agissant comme antiseptique. En général, on emploie des mèches [Voy. ce mot) en toile enduites de soufre. Aussi cette opération prend-elle quelquefois le nom de méchage. On dit aussi mutage.
SOUFRE (du lat. sulfur), corps simple (S = 3'2), soUdc, de couleur jaune, sans saveur et sans odeur, d'une pesanteur spécifique double environ de celle de l'eau. Le frottement lui communique une légère odeur et le rend électrique ; serré dans la main, un bâton de soufre fait entendre un petit craquement, qui est dû à ce qu'il se brise intérieurement par suite de l'inégale dilatation de ses parties. Le soufre revêt des formes crislalUnes qui appartiennent à deux systèmes différents : refroidi lentement, il cristallise en aiguilles ayant la forme de prismes obli(iues à bases rhombes; dissous dans du sulfure de carbone, il offre des octaèdres allongés à bases rhoml>cs. Le soufre fond vers 110^ et forme un liquide de couleur citrine; si on le chaulfe jusqu'à 220°, il s épaissit de plus en plus, de manière à perdre entièrement sa fluidité; si, dans cet état, on le refroidit subitement par l'immersion dans l'eau, il reste moUf transparent et d'une couleur rouge ; il est alors assez ductile pour qu'on puisse le tirer en tils aussi fins qu'un cheveu; mais peu à neu il reprend au bout de quelques jours la forme cristalline et devient jaune et cassant. Le soufre entre en ébuUition vers 400°, et se réduit en vapeurs de couleur orangée, qui se condensent, par le contact d'un corps froid, sous la forme d'une poussière appelée fleur de soufre. 11 prend feu dans l'air à la température de 150° environ, produit alors une flamme bleuâtre, et répand des vapeurs sulfocantes. Le soufre est insoluble dans l'eau, fort peu soluble dans l'alcool, mais il se dissout dans les corps gras; son meilleur dissolvant est le sulfure de carbone, qui permet de l'associer à diverses substances, entre autres au caoutchouc. — Le soufre s'unit directement à froid ou à chaud au chlore, au brome, à l'oxygène, à l'arsenic, au charbon et à la plupart des métaux. Ses composés oxygénés principaux sont Y anhydride sulfureux [SO^J et l'anhydride suifurique [SO^], le premier gazeux, le second solide ; à ce dernier correspond l'acide suifurique, que l'on obtient indirectement et qui contient en outre de l'hydrogène.
Le soufre se présente dans la nature sous différents états ; on le trouve dans la plupart des terrains qui constituent l'écorce du globe. Il est surtout abondant auprès des volcans en activité. Les environs des A'olcans sont souvent imprégnés de soufre jusqu'à des profondeurs de 10 m. et au delà ; les cratères des volcans éteints laissent aussi fréquemment échapper des courants de gaz sulfureux : on leur donne alors le nom de solfatares [Voy. ce mot). Le soufre entre dans la composition des pyrites, des galènes et des blendes, qu'on exploite pour les métaux qu'elles renferment. Uni à l'oxygène et aux bases, il forme le gypse ou plâtre [sulfate de chaux] et divers autres sulfates. Enfin, il est contenu dans beaucoup de plantes, comme le raifort, les radis, le cresson, le cocnléaria, les navets, le sénevé, les oignons, et particulièrement dans certaines matières animales, comme les œufs, la fibre musculaire, le lait caille, la laine, les cheveux, les poils, les crins, la matière cérébrale, etc.
Le soufre est l'objet d'une immense consommation, notamment pour la fabrication des allumettes, de la poudre à canon et de la plupart des poudres d'artifice. On s'en sert souvent pour sceller le fer dans la pierre. Les modeleurs et les graveurs se servent du soufre fondu pour prendre des empreintes de médailles. En incori)orant le soufre au caoutchouc, on obtient le caoutchouc vulcanisé, qui sert auj. à une foule d'usages [Voy. caoutchouc). Les médecins emploient depuis fort longtemps le soufre pour combattre les maladies de la peau, notamment la gale : il entre dans une multitude de préparations, pastilles de soufre, pommade soufrée, cérat soufré, etc. ; on employait autrefois sous le nom de baume de soufre anisé une solution de soufre dans l'essence d'anis. La fleur de soufre est le meilleur remède contre l'oïdium de la vigne.
Le soufre est connu de toute antiquité ; ce n'est foutefois que depuis Lavoisier qu'on a reconnu qu'il doit être rangé parmi les corps simples. — Les anciens chimistes désignaient sous le nom de soufre toutes les substances inflammables : le soufre, selon eux, entrait même comme
[irincipe dans tous ces corps. On appelait : foie de soufre a combinaison d'un alcali fixe et du soufre; crème de
SOUFRIERE