‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1501 sur 1729 · SOURDINE · texte numérisé non relu

SOURDINE

SOUQUENILLE (orig. inc). ospèco dt- surtout fort long, fait (le i;ros>fi toile, apjpclé d'ahonl soyqunnie, qu'on donnait auFrefois aux cochers et aux palefreniers jiour s'en servir quand ils pansaient leurs chevaux. Ce mot ne s'emploie plus guère qu'en mauvaise pari, pour désigner un vêtement déla1)ré.

SOUQUER, se dit, en termes de Marine, pour raidir un cordage ou un amarrage quelconque, et plus généralemetit indi(pie un ell'ort quelconque.

SOURBASSIS ou sounnAsris, soie de Perse dune grande finesse et d'une excellente qualité.

SOURCE (de sourdre, du lat. stn-gcre), endroit où \m cours d'eau sort de terre. Si le cours d'eau est considélahie, il donne naissance à un ruissemi ou à une rivière; s'il est peu abondant, c'est une simple fontaine. Les sources sont dues aux infiltrations des eaux pluviales dans le sol : ces eaux, pénétrant au travers des roches perméables ou des fissures des roches calcaires, s'enfoncent dans la terre jusqu'à ce qu'elles rencontrent une couche imperméable qui les arrête. Elles coulent alors à sa surface en filets d'abord très minces, mais qui vont en grossissant peu à peu, comme elles le feraient à la surface même de la terre, en suivant toutes les décli-vités souterraines; puis, quand elles arrivent au point où celte couche est interrompue soit par dislocation, soit par érosion, elles s'échappent du sol : c'est j)our cette raison guc les sources sont plus abondantes dans les pays de vallées et dans les pays à sous-sol argileux, où la superficie est formée par un terrain meuble ou de gravier. Ou appelle eau de source, eau de roihc, l'eau recueillie h l'endroit même où elle sort de terre, et qui a conservé toute sa fraîcheur et sa limpidité. Les eaux de certaines sources sont fortement chargées de sels, qu'elles empruntent aux roches au milieu desquelles elles coulent dans le sein de la terre : ce sont les eaux minérales ( Voy. ce mot). D'autres sources sont chaudes, ce qui tient à la grande profondeur où elles sont descendues, avant de remonter à la surface du sol ; d'autres sont jaillissantes, soit parce qiie leurs eaux proviennent d'un niveau supérieur à celui d'où elles sourdent, soit parce que leurs eaux, émettant des vapcui-s au contact de matières volcaniques souterraines, subissent de la part de ces vapeurs une pression qui les lance à une grande hauteur : c'est ce dernier cas qui se présente dans les geijsers [Voy. ce mot). Les puits artésiens sont des sources jaillissantes artificielles de la première espèce. Les sources sont dites tenij)oraires quand elles ne coulent qu'à la suite des temps pluvieux. Elles sont permanenlcH quand elles coulent toute l'année sans éprouver de variations sensibles. Les sources intennittentes sont celles qui coulent et s'arrêtent alternativement à des inlervalles plus ou moins égaux. Voy. fontaines intermittentes.

Au moyen âge, certains individus prétendaient découvrir les sources à l'aide d'une baguette de coudrier qu'ils faisaient tourner entre leurs doigts : on les nommait sourciers ou hydroscopes (Voy. baguette DiviXATOinE). De nos jours quelques personnes, par ex. l'abbé Paramelle,se sont fait une véritable célébrité par leur habileté dans ce genre de découvertes : seulement leurs recherches étaient basées, non sur la divination, mais bien sur un examen plus ou moins approfondi de la constitution géologique de chaque pays.

Il existe non seulement des sources d'eau, soït pure, soit minérale, mais encore des sources de naphte, de pétrole, de gaz, etc. Elles donnent lieu à des exploitations ou à des applications importantes.

SOURCIL (du lat. supercilimn), éminence arquée et garnie de poils, qui s'élève au-dessus de chaque œil. L'extrémité interne du sourcil porte le nom de (été, et l'externe celui de queue. Les sourcils ont jwur base l'arcade orbitaire de l'os frontal, qui prend le nom d'arcade sourcilière.

SOURD, sotiRD-MUET (du lat. surdus). La surdité est une abolition plus ou moins complète du sens de l'ouie : elle est ou congénitale ou accidentelle. La surdi-mutité est la privation simultanée de l'cuïe et de la parole ; chez le sourd-muet, le mutisme est l'effet de la, surdité [Voy. muet), parce qu'ils ne peuvent par l'exemple et l'imitation apprendre a parler. Autrefois abandonnes à eux-mêmes, les sourds-muets vivaient isolés, sans culture intellectuelle, dans un état voisin de l'imbécillité. Auj., au moven du langage mimique, inventé par l'abbé de l'Epée (1712-17891, les sourds-muets ne sont plus isolés. On est même par-

venu, à l'aide de certains procédés, à leur faire articuler des sons. Ils lisent, ils écrivent et leur développement intellectuel peut être complet. — La surdité peut provenir d'une conformation imparfaite de l'organe auditif, d'un obstacle mécanique qui s'oppose au libre accès des sons, d'une otite aiguë ou chronique, d'une paralysie du nerf auditif. Eu un mot, la surdité peut résulter d'obstacles à la transmission ou à la perception des sons, résultant de vices de conformation ou de maladie soit de l'appareil de transmission (conduit auditif, tympan, osselets de la caisse, etc.), soit de l'appareil de perception (labyrinthe, cerveau). — Pour les sourds-muets, on a cherché à suppléer, par une éducation particulière, aux organes

3ui leur manquaient. Dès le xyi' siècle, le bénédictin Pedro e Ponce, en Espagne, le ministre \V. Ilolder, en Angleterre, essayaient d'instruire quelques jeunes sourds-muets ; J.-Pablo Donet (1(}20), Ramirez de Carion, le Portugais Rodrigue Pereira, J. Wallis, le Suisse Amman (auteur du Surdus loguens, Amsl., 1692), etc., marchèrent sur leurs traces; mais ceux dont les efforts eurent le plus fie succès furent, au xviii" siècle, le célèbre abbé de l'Epée, qui inventa V Alphabet-manuel et fonda l'Institut des sourdsmuets, et l'abbé Sicard, son successeur, qui popularisa son œuvre. Avant ces derniers on se bornait à (févelopper chez les sourds-muets le langage naturel d'action et à en faire d'excellents mimes que tout le monde pût comprendre ; l'abbé de l'Epée créa pour eux un alphabet manuel purement conventionnel, désignant chaque lettre par un signe particulier fait avec les doigts [dactylologie), mais sans exclure toutefois l'emploi des gestes naturels. De nos jours, on a imaginé d'exercer les sourds-muets à comprendre la parole par le mouvement des lèvres, et l'on est parvenu à leur faire articuler des sons, à les faire parler quoique ne s'cntendant pas eux-mêmes. Voy. mimique et PHONOMIMIQUE.

Paraii les ouvrages sur l'instruction et l'éducation des sourds-muets, nous citerons : la Véritable Manière d'instruire les soîirds-muels, par l'abbé de l'Epée (1784); Mémoire sur l'art d'instruire les sourds de naissance (1789), et Théorie des signes pour l'instruction des sourds-muets (1808), par l'abbé Sicard ; De l'éducation des sourds-muets, par de Gérando (1827); Traité philosophinue et médical de la surdi-mutilé, par le D"" Rlancliet (1853). Consulter, en outre, les Annales des sourdsmuets et des aveugles, et les écrits de MM. Bébian, Berthier (sourd-muel), Puylxinnieux, Valadc Gabel, Piroux, Mènière, Hulx^rt-Vallcroux, Guadet, etc., relatifs les uns à l'instruction des sourds-muets, les autres à leur traitement.

Institut des sourds-muets, établissement fondé à Paris, rue St- Jacques, en 1700, par l'abbé de l'Epée, et entrel^nu aujourd'hui aux frais de l'Etat. On y reçoit 100 élèves gratuits et un certain nombre d'élèves payants. Les élèves restent six ans dans l'établissement. Outre l'éducation spéciale que réclame leur état, ils reçoivent l'enseignement primaire et apprennent une profession manuelle. Cet établissement a servi de modèle à un grand nombre d'institutions analogues. On cile parmi les plus remarquables : en France, celles de Bordeaux, de Lyon, de Chambéry; à l'étranger, celles de Vienne, de Briinn, de Leipzig, de Berlin, de Milan, de Madrid cl de Barcelone, de Copenhague, de Stockholm, de Liège, de Grœ.ningue, de Bermondscy, près de Londres, d'Edimlwurg, de Claremont, de Boston et de Hartfort aux Etals-Unis, etc.

En Droit, le sourd-muet jouit d'une entière capacité; toutefois, si son infirmité le rend absolument incapable de gérer ses affaires, on l'interdit comme toute personne frappée d'imbécillité. Le sourd-muet ne peut pas tester par acte public, parce qu'il ne peut dicter ses dispositions.

En Histoire naturelle, on a donné le nom de Sourd à une espèce de Lézard du Sénégal, ainsi qu'à la Salamandre terrestre du midi de la France.

SOURDINE, petit appareil en bois, en ivoire ou en métal, qui, place sur le chevalet des instruments à archet, a pour effet d'assourdir les sons en interceptant les vibrations de la caisse. On se sert aussi de sourdines pour certains instruments à vent ; celle du cor est simplement un cône de carton percé d'un trou à sa base et que l'on place dans le pavillon; celle de la trompette consiste en un petit tube de bois que l'on place d'une façon analogue. — Les pianos ont une pédale qui fait l'office de sourdine : elle fait marcher des réglettes de bois garnies de peau qui, venant s'appliquer sous les cordes, amortissent le son. On a aussi

SOURDON

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