‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1527 sur 1729 · SUCCESSORAL · texte numérisé non relu

SUCCESSORAL

SUCRE

irrégulière : les droits que la loi accorde aux enfants naturels légalement reconnus, sur les biens «le leurs père et mère décèdes, et réciproquement à ceux-ci sur les successions de leurs enfants naturels; les droits du conjoint survivant sur les biens de son conjoint mort sans parents et sans enfants naturels ; et ceux de l'Etat, à défaut de conjoint.

On accepte une succession expressément ou tacitement, purement et simplement, ou bien sous bénéfice d'inventaire. Nul n'est tenu d accepter une succession qui lui est échue: mais la renonciation ne se présume pas : elle doit être expresse. Le Code civil détermine les elfels de l'acceptation, les actes d'où elle résulte; il détermine la forme et les etfets de la renonciation, ceux du bénéfice d'inventaire et les obligations de l'héritier bénéficiaire, le mode d'administrer les successions vacantes; la forme et les effets du partage et des rapports, et ce qui est relatif au payement des dettes, etc.

Parmi les ouvrages sur ce sujet, consulter surtout les Traités des successions de C. Ûemolombc; F. Laurent; A. M. Demante; Aubrv et Rau.

Chez tous les peuples civilisés, le droit de succéder a été reconnu, comme étant la première conséquence du droit de propriété, et comme donnant une satisfaction légitime à l'amour inné des parents pour leurs enfants; mais le mode d'exercice de ce droit a varié selon les temps et les lieux : tantôt la faculté de tester a été accordée, tantôt elle a été refusée ou restreinte; tantôt le partage s'est fait également entre tous les enfants, tantôt on n'y a admis que les enfants mâles : souvent même tous les biens ont été réservés à l'aîné seul; tantôt on a permis les substitutions, les majorats [Voy. ces mots), tantôt on les a interdits. Gans a donné une savante Histoire du droit de succession (Berlin. 1821). — De nos jours, le droit même de succéder a été mis en question : les disciples de St-Simon et divers autres utopistes ont proposé de réserver toutes les successions à l'Etat, loy.

IIÉRÊDITÉ et SOCIALISME.

SUCCESSORAL (RETRArr). Voy. retrait.

SUCCIN (du lat. succinum). Voy. ambre jaune.

SUCCINATES, sels formés par l'acide succinique [Voy. ce mot ci-après).

SUCCINIQUE (acide), acide organique, solide, incolore, cristallisé, volatil, qu'on extrait du succin par la distillation. On l'obtient aussi par l'action de l'acide azotique sur les corps gras et sur la cire, ainsi que par la fermentation de l'acide malique. L'acide succinique est bibasique, comme l'acide oxalique dont il est l'homologue supérieur, et a pour formule (CH*.CO*H)* : il donne donc des succinates acides et des succinates neutres à 2 atomes de métal, et de même deux séries d'éther. Cet acide peut donner des composés de substitution avec les halogènes, p. ex. l'acide dibromosuccinique (CHBrCO-H)*. — Cet acide était déjà connu des alchimistes. Il est employé en médecine comme antispasmodique. Les chimistes l'emploient quelquefois dans l'analyse, |K)ur séparer le fer du manganèse.

SUCCIN ITE, variété jaune-miel de Grossulaire [Voy. ce mot).

SUCCION (du lat. auclum, de sugere), action de sucer ou d'attirer un fluide dans sa bouche en y faisant le vide à l'aide d'une forte aspiration. C'est par ce procédé, appliqué instinctivement, que l'enfant tire le lait du sein de sa nourrice. Les ventouses [Voy. ce mot) sont une espèce de succion artificielle.

SUCCOTRIN, variété d'Aloès, de Soccotora. Voy. aloès.

SUCCUBE (c.-à-d. couché dessous], nom donné, dans les croyances superstitieuses du moyen âge, à des démons qui tourmentent les gens pendant leur sommeil : on opposait les succubes aux incubes. Voy. cauchemar.

SUCCURSALE (du lat. succursatis,de succursus,a.iàe), se dit. en général, de tout établissement subordonné à un autre, et créé pour suppléer à l'insuffisance du premier, comme les succursales de la Banque de France, de la Caisse d'épargne, dti Mont-de-piété, etc. — Succursale s'entend plus particulièrement d'une église dans laquelle on fait le service paroissial pour la commodité des habitants trop éloignés de la paroisse ou trop nombreux. Les succursales sont confiées à des desservants. Voy. curé.

SUCCUSSION (du lat. succussio), mode d'exploration employé par Hippocrale pour s'assurer de l'existence des épanchements dans la poitrine. Il consiste à saisir par les épaules le malade place sur son séant, et à imprimer une

ecousse au tronc, pour écouter si l'on entend la fluctuation

I d'un liquide. Il est nécessaire pour que ce bruit se produise

qu'il y ait, outre le liquide, de l'air ou des gaz dans la

cavité pleurale : c'est donc un signcd' hydro-pneumo-lhorax.

SUCEPIN. plante parasite. Foi/, moxotrope.

SUCET (de sucer], nom vulgaire de plusieurs poissons, tels que le Rémora [Echcneis], la petite Lamproie de n- \icre (Petrotnyzon Planeri], le Cyprin sucet [Catostomus succti), etc., dont les lèvres sont propres à la succion.

SUCEURS, nom donné par Cuvier à une famille de Poissons chondroptérygiens, plus connus aujourd'hui sous le nom de Cyclostomes. Voy. ce mot.

Suceurs, dits aussi Aphaniptères et Siphonaptères, ordre ou famille d'Insectes aptères qui ne renferme que le genre Puce. Voy. ce mot et diptères.

SUÇOIR, nom donné à la bouche de divers poissons (Sucet) et insectes (Puce, Cigale, etc.).

scçoiRs. organes qui se développent sur les racines des plantes parasites, et à l'aide desquels ils puisent les matières nutritives dans les végétaux aux déj)ens desquels ils vivent.

SUCRAGE DES VINS. Le sucrage s'applique surtout aux vendanges pauvres en sucre, comme il arrive dans le centre, le nord et l'est de la France, quand les conditions climatériques sont défectueuses. En élevant de quelques degrés la force alcoolique d'un vin, le sucrage rend ce vin moins facilement altérable et de meilleure conservation ; il enlève la verdeur et augmente la valeur marchande. Pour le sucrage on donne la préférence au saccharose ou sucre cristallisé; on emploie aussi de la cassonade de canne à sucre, et divers glucoses (sucre de fécule, de maïs, etc.) qui laissent parfois au vin un goût particulier.

La loi du 27 mai 1887 accorde une réduction de 50 |X)ur 100 sur les droits pour le sucre de vendange, jusfju'à concurrence de 20 kg. pour 3 hectolitres de vendange.

SÙCRASE ou invertine, diastase qui transforme le sucre de canne non assimilable, en glucose et lévulose, qui servent directement à la nutrition. Les cellules de l'intestin grêle produisent de la sucrase; elle apparaît aussi dans les plantes renfermant des réserves de saccharose (betterave, canne à sucre), au moment où s'opèrent la floraison et la fructification. Les levures qui font fermenter le sucre de canne sécrètent également de la sucrase ; il en est de même des moisissures.

SUCRATERIE, nom donné à une industrie récemment créée, qui. utilisant des procédés plus parfaits d'extraction du sucre, permet de retirer des mélasses les dernières traces de sucre cristallisable qu'elles renferment.

SUCRATES, synonyme de saccharate ( Voy. ce mot et sccre).

SUCRE (du lat. saccharum], mot employé dans le langage vulgaire pour désigner une substance ayant une saveur sucrée. En Chimie, on désigne sous le nom de sucres des corps ayant pour formule générale (C1I*0)° et se rangeant dans le groupe des hydrates de carbone. Ces corps, qui sont à la fois alcool et aldéhyde ou acétone, se distinguent en glucoses et saccharoses. Les glucoses ont la propriété de fermenter directement au contact de la levure de bière ; les saccharoses, pour fermenter, doivent au préalable être dédoublés en deux glucoses et peuvent donc être considérés comme les éthers glucosiques du glucose. Fischer, qui a réalisé la synthèse des sucres, désigne sous le nom de monose, biose, triose,...hexose, les sucres contenant 1,2,.., 6 atomes d'oxygène ; il a montré qu'on pouvait passer d'un sucre à un sucre plus élevé en employant des méthodes générales de synthèse.

A. GLUCOSES C*ll*-0®. Les principaux glucoses sont les glucoses vrais (dextrogyre. levogyre et inactir, qui sont des aldéhydes alcools ou aldoses. et les fructoses (dextrogjTe, levogyre et inactif], qui sont des alcools acétones ou cetoses.

1° GLUCOSE ou SUCRE DE RAisix, se rencoutre dans les raisins, les groseilles et en général dans tous les fruits sucrés de nos climats qui présentent en même temps une saveur acide. Sous l'action des acides étendus, le sucre ordinaire, la fécule et la cellulose se transforment également en glucose [sucre de fécule, d'amidon, de bois] ; on en trouve dans le foie de la plupart des animaux et dans l'urine des diabétiques [sucre de diabète), dans le miel, etc. Le glucose cristallise en grains mamelonnés, qui se groupent comme des tètes de chou-fleur. Sa saveur est fraîche et bien moins sucrée que celle <lu sucre ordinaire ; elle est aussi moins soluble dans l'eau. Le glucose est

SUCRE

SUCRE

dextrogyre, mais on connaît également un glucose lévo-

fryrc et un glucose inactif. Pour le préparer industrielement, on transforme l'amidon ou la fécule en glucoso à chaud par l'acide sulfurique. Le glucose, étant aldéhyde, a des propriétés réductrices très énergiques qui le distinguent du sucre ordinaire : chaulfée avec un mélange de sulfate de cuivre, de carbonate de potassium et de crème de tartre (liqueur de Fehling), elle donne un précipité d'oxyde cuivreux. Le glucose possède également la fonction alcool et peut donner des éthers qu'on appelle des glucosides et par oxydation un acide, l'acide saccharique.

2» FRUCTOSE ou LÉVULOSE. Il accompaguc le glucose dans les fruits, et forme la partie mcristallisable du miel. En chautTant du sucre de canne avec un acide étendu, on obtient un mélange de glucose et de fructose (sucre interverti), d'où on peut retirer le fructose. Ce sucre est lévogyre et cristallise en longues aiguilles brillantes. On connaît également un fructose dextrogyre et un fructose inactif.

B. SACCHAROSES C**H**0". Lcs saccharoses ou bioses sont caractérisés par leur dédoublement, sous l'influence des acides ou des ferments, en deux hexoses pouvant fermenter. Les principaux saccharoses sont le sucre ordinaire, le lactose ou sucre de lait, et le sucre d'amidon ou mallose.

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