SUEUR
multiplia rapidement. Gonzalès de Velosa y établit les première!; sucreries. En 1(54'), les Anglais commencèrent à la Uariiade la culture de la canne ; les Français débutèrent à St-Ciiristoplie en 1644, et à la Guadeloupe en 1648. — En 1747, Marcgrair découvrit le sucre dans la i)ellerave; le baron Koppi et Acliard de Berlin essayèrent les premiers, en 1787, d'exploiter en jo'and cette (lécouverte; mais on n'y réussit qu'en 1810, en France : c'est à Benjamin Delessert et à Tliiéry qu'on doit les |)remicrs succès en ce genre. Napoléon î""" encouragea celte fabrication de tout son pouvoir, notamment par le décret du 15 janvier 1812. L'art de raffiner le sucre est attribué aux Arabes. — Sous le règne de Henri IV, le sucre était encore si rare en France, qu'on le vendait à l'once cliez les pharmaciens. Aujourd'hui il est devenu un objet de première nécessité.
La législation sur les sucres a fréquemment varié. La loi du 7 mai 1864 établit l'égalité des sucres de toute origine devant rim|)ôt et par suite la concurrence de tous les sucres bruts sur le marclié français, l'adoption de deux taxes correspondant à deux séries de types, l'admission temporaire en franchise des sucres non ral'finés destinés à l'exportation après le raflinagc, l'adoption des trois classifications de rendement an raffinage, etc.
IL SUCRE DE LAIT OU LACTOSE, matière sucrée contenue dans le lait des mammifères. On l'en extrait en évaporant le petit-lait par la chaleur; elle s'y dépose alors en cristaux blancs, durs, craquant sous la dent, et d'une texture feuilletée. Le lactose est moins soluijle dans l'eau que le sucre ordinaire, et ne donne pas de sirop; coimme les gommes, il donne de l'acide mncique quand on les traite par l'acide nitrique. Les acides dilués transforment le lactose en glucose et galactose susceptibles de fermenter; dans certaines circonstances, cet effet se j)roduit dans le lait : ainsi les peuplades nomades de l'Asie préparent une Iwisson enivrante avec le lait de leurs juments {Voy. kocmiss). Au contact de l'air et en présence du caséum, le lactose se convertit en acide lactique. — 11 est déjà fait mention du sucre de lait en 1619, par l'Italien Barlolctli, qui le désigne sous le noiu de inaniic ou nitre du sénim au lait.
III. sncRE d'amidon ou maltose, matière sucrée qu'on obtient en soumettant la fécule à l'action des acides faibles ou de l'orge germée. On le prépare en grand en faisant bouillir dans une bassine de l'eau additionnée d'un peu d'acide sulfurique, dans laquelle on fait couler peu à peu la fécule, délayée dans l'eau. On sature ensuite l'acide par de la craie, ou filtre pour séjwrer le sulfate de calcium, on évapore rapidement le liquide, puis on y ajoute successivement du sang de bœuf et du noir animal pour le clarifier et le décolorer. On concentre ensuite le sirop par la cuisson, et on le coule dans des rafraîchissoirs, où il se prend en une masse blanche. Le sucre de fécule sert â la fabrication de l'cau-de-vio, dite eau-de-vie de ponunes de terre ou de fécule. On en ajoute à la bière, au cidre, au vin, pour les rendre plus spiritueux par la fermentation. Kirchhoff découvrit en 1811 la transformation de la fécule par l'acide sulfurique en une matière sucrée fermentescible. Le D"" Jovine avait déjà reconnu, en 1785, que l'orge germée pouvait subir cette transformation ; Payen et Persoz parvinrent, en 1853, à extraire de l'orge germée le principe qui détermine ce phénomène, la diastase. Voy. ce mot et maltose.
Outre ces sucres il existe des hoxatrioses qui se dédoublent en 5 glucoses ; ce sont : le raf^nose, qui existe dans les mélasses de betterave; le mélézitose, extrait de la manne de mélèze ; le tréhalose, ou sucre de la manne de tréhala, etc. A cette liste déjà complexe des sucres, nous devons ajouter une liste de corps rangés pratiquement sous le nom générique de sucre :
Sucre candi : c'est le sucre ordinaire cristallisé.
Sucre de canne. Voy. sucke ordinaire.
Sucre de champignons. Voy. mannite.
Sucre de chiffons ou de bois. La cellulose se transforme, sous l'action de l'acide sulfurique concentré, en dextrine, puis en glucose. Ce sucre a été découvert par Braconnot en 1819.
Sucre de diabète, glucose qu'on trouve dans Inrine des individus attaqués du diabète. L'urine de ces malades est limpide, presque incolore et n'a point d'odeur ; elle est susceptible d éprouver la fermentation alcoolique.
Sucre d'érable. Voy. sucre ordinaire.
Sucre de fécule, synonyme de Sucre d'amidon.
Sucre de gélatine. Voy. glvcocolle.
Sucre de manne. Voy. maxmte.
Sucre de miel, le même que le Sucre de raisin I Voy. p. 1565, col. 2).
Sucre d'orge. Voy. sucre ordinaire.
Sucre de nomme : c'est le même que le sucre d'orge, si ce n'est qu on ajoute au sirop de sucre, avant de le couler, un peu de gelée de pommes et de l'eau de fleur d'oranger ou de l'essence de citron, pour l'aromatiser.
Sucre de Saturne : c'est V Acétate de plomb.
Sucre de sorgho, sucre d'une plante de la Chine, que M. L. de Vilmorin a signalée, en 1853, comme renfermant beaucoup de matière sucrée.
Sucre tors [Pcnide des pharmaciens], composition d'un goût délicat, faite de sucre et quelquefois de jus de réglisse, et qui est en petits bâtons tortillés. On le recommande contre les rhumes, mais on le mange le plus souvent comme pure friandise. Les sucres tors de Poissy et de Moret sont renommés.
Sucre vermifuge, mélange de deutoxyde de fer noir, de mercure et de sucre, qu'on emploie pour détruire les vers qui tourmentent les enfants.
SUCRERIE. Voy. sucre.
SUCRÉ VERT, nom d'une Iwnne espèce de Poire.
SUCRIER, oiseau d'Amérique, le même que le Guit- Guit. — Sucrier- Figuier, le Cinnyris platurus. Voy.
FIGUIER et SOUI-MANGA.
SUCRIN, variété de Melon. Voy. melon.
SUD (origine germanique). Voy. cardinaux (points).
SUOAMINA, petites vésicules transparentes, contenant une sérosité limpide : c'est une éruption qui se rencontre dans toutes les maladies où la peau est violemment troublée dans ses fonctions : on la voit surtout dans la suette miliaire, qui lui doit son nom, dans la fièvre typhoïde, la scarlatine, etc. La présence des sudamina n'aggrave pas le pronostic.
SUDORIFIQUE (du lat. sudor, sueur), qui provoque la sueur. En Médecine, on employait comme sudorifiques les stimulants aromatiques (thé, cai'é, etc.), les huiles volatiles, l'éther et les comjx)sés alcooliques, l'antimoine diaphorétique, les jpoudres de James, de Dower, la bardane, le sureau, la bourrache et particulièrement les quatre bois sudorifiques, gayac, salsepareille, squine et sassafras. Auj. on use surtout du jaborandi et de son alcaloïde la pilocarpine. Les frictions, les bains chauds, les vapeurs aqueuses ou sulfureuses, etc., sont des sudorifiques externes.
SUDORIPARES (follicules). Voy. glande et sueur.
SUESSONIEN (étage), nom donné par A. d'Orbigny à l'Eocène inférieur. Voy. ce mot.
SUETTE MILIAIRE (de sueur), lièvre éruptive contagieuse caractérisée par des sueurs alwndantes et par une éruption papulo-vésiculeuse (S. rouge] ou simplement vésiculeuse (S. blanche). Il y en a eu plusieurs épidémies en Angleterre au xv" siècle, d'où le nom de sudor anglicus ; aujourd'hui elle règne quelquefois épidémiquement en Picardie et en Bretagne. L invasion est tantôt précédée de malaise et d'anorexie, tantôt elle débute brusquement par une sueur exhalant une odeur nauséalwnde, avec céphalalgie, constriction à l'épigastre, palpitations, syncopes, soif ardente, etc. L'éruption paraît d'alx)rd à la poitrine, puis s'étend au reste du corps, sauf à la face. Si la maladie est bénigne, la desquamation commence vers le 7° jour, mais la convalescence est toujours lente et pénible, et souvent exposée à des rechutes. Dans les cas graves, le malade peut être foudroyé en quelques heures ; le plus souvent la mort arrive du 5= au 4" jour ; quelquefois la vie se prolonge jusqu'au 12° ou 14° jour. Traitements: évacuants vomitifs au début, ensuite purgatifs ; sangsues derrière les oreilles, s'il y a congestion ; contre les symptômes nerveux, antispasmodiques et révulsifs ; diète, repos, air pur et fréquemment renouvelé. Médication tonique. — Consulter D"" Foucart, de la Suette (1854).
SUEUR (du lat. sudor), produit de la transpiration cutanée, sécrété par les follicules sudoripares et se rassemblant en gouttelettes à la surface de la peau. Dans l'état sain, la sueur est ordinairement provoquée par l'exposition à une forte chaleur ou par un exercice violent : elle se présente alors sous l'aspect d'une humeur aqueuse, incolore, d'une odeur plus ou moins forte, d'une saveur salée, qui sort par les pores de la peau. Chiminuement elle est formée d'eau, d acide acétique, d'un peu de matière animale, de chlorhydrate de sodium et de potassium, d'un atome de phosphate terreux et d'oxyde de fer. — Dans beaucoup de ï..a-