HYPNOTISME
SUGILLATION (du lat. sugillatio). On appelle ainsi les taches qui surviennent à la "peau dans certaines maladies, notamment dans les maladies scorbutiques. On a aussi appliqué cette dénomination aux ecchymoses provenant de causes internes, ainsi qu'aux lividités cadavériques, c'està-dire taches violacées qui se forment sur les cadavres par 1 affîux du sang dans les parties les plus basses du corps.
SUICIDE (du lat. sui, de soi, et de la désinence cide, par assimilation à homicide, parricide, etc.). Le suicide, dont l'amour de la vie éloigne naturellement l'homme, peut naître des causes les plus différentes : ce qui ne permet pas de l'apprécier toujours de la même manière. Il peut être, comme chez Judas l'Iscariote, une peine que le criminel s'inflige à lui-même, ou, comme chez Caton et
Brutus, l'efTet du désespoir d'une grande âme, ou, comme chez les veuves de l'Inde, un acte de dévoûment ou plutôt le résultat de la tyrannie de l'usage, ou enfin, comme chez Chatterton et dans le roman de Werther, le fruit d'une imagination déréglée ; le plus souvent il est imputable à la folie. — Les Moralistes ont vivement discuté sur le suicide : Platon, dans le Phédon, le condamne comme l'acte d'un lâche qui déserte son poste ; Sénéque et la plupart des stoïciens l'exaltent comme un acte héroïque ;J.-J. Rousseau, dans deux des plus belles lettres de VHéloïse, a exposé les principaux arguments présentés pour le suicide et contre lui. On doit condamner le suicide a trois points de vue : 1" le suicide, comme l'a fort bien démontré Kant, est une violation du devoir qu'a l'homme de se conserver, par cela seul qu'il est une personne morale et qu'il n'a sur lui-même aucun droit; 2" le suicide est une transgression de notre devoir envers les autres hommes, en ce sens que nous pouvons toujours, quelque misérable que soit notre position, rendre quelque service à autrui; 3° le suicide est une violation de notre devoir envers Dieu, en ce sens que nous abandonnons le poste qu'il nous a confié dans le monde. C'est pourquoi la religion chrétienne condamne sévèrement le suicide comme un acte de révolte contre la volonté divine, et refuse h celui
?ui s'en est rendu coupable la sépulture en terre sainte. 1 fut même un temps où la législation punissait sévèrement les suicidés : leur corps était traversé d'un pieu, ou traîné sur la claie; leurs biens étaient confisqués, leur mémoire flétrie : ces peines posthumes sont avec raison épargnées aujourd'hui aux suicidés. Les Anciens se bornaient à leur assigner une place à part dans le Tartare et à les livrer à leurs regrets :
Proxima deinde tenent maïsti loca qui silii letum Insontes perperere manu, etc. (Virg., jEii., liv. vi.)
Voir, outre les auteurs cités ci-dessus : la dissertation De morte volutitaria de Robeck, qui se tua après l'avoir écrite; les Réflexions sur le suicide de Mme de Staël; les Entretiens sur le suicide de l'abbé Guillon; la Manie du suicide de J. Tissot; le Traité du suicide du D"^ L. Bertrand (1856), et les travaux des D" Falret, Cazauvieilh, Brière de Boismont, etc. — App. Buonafede a donné l'Histoire du suicide (Lucques, l'761, trad. en fr.,1841), et Staeudlin, V Histoire des opinions sur le suicide (Gott., 1824). — La plus récente appréciation du suicide, au point de vue philosophique et moral, est celle qu'a donnée, dans un esprit modéré et élevé, M. Francisque Bouillier.
SUIE (orig. inc), produit charbonneux provenant de la combustion incomplète des matières organiques et que la fumée dépose en couches luisantes à l'intérieur des cheminées. La suie contient : 1» du charbon très divisé et formant environ le tiers de son poids; 2" des huiles empyreumatiques {l'asboline de Braconnot et la pyrétine acide), des sels, etc. [Voy. fumée). La suie sert dans la teinture : elle donne une couleur fauve très solide; elle sert aussi dans la peinture : elle entre dans la composition du bistre et du noir de fumée [Voy. ces mots). On en fait divers usages dans l'industrie, et l'on peut l'utiliser comme engrais dans les terres humides : on lui attribue la propriété de détruire les mousses et autres plantes qui infestent les prairies marécageuses. On peut à l'aide d'une solution de suie dans l'eau conserver les substances animales et leur donner la saveur de la viande fumée, propriété due à la présence dans la suie d'une faible quantité de créosote. Enfin, en Médecine, on a recommandé la suie contre les vers, les dartres, la teigne, etc.
Les anciens chimistes nommaient suies des oxydes et des métaux volatilisés dans les cheminées des fourneaux de fusion ou de grillage. Ainsi ils avaient la suie arsenicale, la suie de zinc ou tulhie, etc.
SUIF (du lat. sébum ou sevum), terme général sous lequel on désigne les graisses fondues des animaux ruminants, dont l'industrie fait usage pour la fabrication des chandelles et des bougies stéariques. Les suifs sont composés de carbone, d'oxygène et d'hydrogène combinés en proportions variables. Us contiennent les mêmes principes que toutes les graisses, c.-à-d. l'oléine et la stéarine, plus, en petite quantité, une substance volatile (valérine, butvrine, etc.), qui donne au suif du mouton et à celui au bouc l'odeur qui les caractérise. Le mouton fournit environ 2 kilogr. d'un suif sec et très blanc; le bœuf, 26 kilogr.