‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1535 sur 1729 · SUPERPOSITION · texte numérisé non relu

SUPERPOSITION

L'acide «ulfiireux est un des acides les plus anciennement connus ; sa composition l'ut établie par Lavoisier en 1777. liiauber le proposa dès 1659 pour la guérison de la gale.

SULFURIQUE (acide), dit autrefois Huile de vitriol [SO*H-], l'un des acides les plus énergiques et les plus importants de la Chimie. Il est bibasique. L'acide suUurique se présente sous la forme d'une huile incolore, sans odeur, d'une saveur acide c.\tromcment forte. Il a une pesanteur spécifique de 1,85. Il rougit le tournesol, noircit et désorganise la plupart des substances animales et végétales. H bout à 525». Il absorbe promptement l'humidité, et se mêle avec l'eau en s'échautfant considérablement. Quand on veut obtenir la dessiccation complète d'un courant de gaz ou d'une enceinte fermée, on n'a qu'à mettre ce gaz flu cette enceinte en rapport avec de l'acide sulfurique, qui s'empare de toute l'humidité. — On prépare l'acide sulfurique en brûlant du soufre ou des pyrites et mettant le gaz sulfureux en contact avec de la vapeur d'eau, de l'air ■et de l'acide azotique ou des vapeurs nitreuses dans des chambres en charpente garnies de plomb intérieurement {chambres de plomb] ; on concentre le produit dans des chaudières en platine, dans des vases de verre ou de porcelaine. Autrefois on fabriquait cet acide en distillant le sulfate de fer produit par l'oxydation des pyrites naturelles. L'acideoblenu par ce dernier procédé porte, dans le commerce, le nom d'acide de Noidhauseii : ou l'appelle aussi acide fumant, parce qu'il répand à l'air d'alxmdantes fumées blanches, dues à <;e qu'il renferme une certaine quantité d'anhydride [SO'l

aui produit ces vapeurs en se combinant avec l'humidité e l'air. Refroidi à 0°, l'acide fumant laisse déposer des ■cristaux A' acide pyronid fini que S*0'H-. — A la chaleur rouge, l'acide sulfurique donne de l'eau, de l'oxvgène et Ac l'anhydrifle sulfureux. Le cuivre, le mercure, le soufre lui enlèvent aussi de l'oxygène et dégagent de l'anhydride sullureux.

Lacide sulfurique est un des agents les plus fréquemment employés dans les arts : on l'utilise dans la fabrication des autres acides, de la soude artificielle, de l'alun, du chlore, dans l'affinage de l'ai'gent, la transformation de la fécule en sucre, l'ébourrage des peaux destinées au tannage, etc. L'acide fumant s'emploie généralement pour <lissoudre l'indigo : la solution ainsi obtenue est dite bleu de Saxe ou de composition. Très étendu d'eau ou d'alcool, l'acide sulfurique est employé en médecine comme rafraîchissant et hémostatique. Concentré, c'est un des poisons ■corrosifs les plus énergiques. — L'acide sulfurique se combine avec les oxydes métallinues et forme avec eux des sels acides et neutres, appelés sulfates, etc. Il existe à l'état de liberté dans les sources et rivières des environs des volcans.

L'acide sulfurique était inconnu aux anciens. Il en est fait mention, pour la première fois, dans les ouvrages de Rhasès, chimiste arabe du x« siècle. Au xni' siècle, Albert le Grand le désigna sous les noms de soufre des philosophes et d'esprit de vitriol romain. Yei-s le milieu du xv" siècle, Basde Valentin en exposa la préparation par la distillation du sulfate de fer ou vitriol. Angélus Sala reconnut, au commencement du xvu« siècle, que l'huile de vitriol se forme aussi par la combustion du soufre dans des vases humides; Lefèvre et Lémery proposèrent, quelques années après, de favoriser cette combustion en ajoutant au soufre une certaine Quantité de salpêtre; enfin, vers 1746, les Anglais Rœbuct et Garbett, mettant à exécution en grand le procédé des chimistes français, remplacèrent les ballons de verre, d'abord employés à cette préparation, par des chambres de plomb.

SULFURIQUE (amivdride), corps soHde fSO^] qui résulte de la fixation de l'oxygène sur l'anhyoride sulfureux. On prépare auj. ce corps industriellement. Dissous dans l'acide sulfurique ordinaire, en proportions variables, il sert à former des acides sulfuriques très concentrés utilisés, à la place de l'acide fumant, pour la préparation des dérivés sulfoconjugués {foy. ce mot) des substances organiques et la préparation des matières colorantes artificielles.

ÊTIIER SULFURIQUE. Voy. ÉTHER.

PERsuLFURiQUE (acide). M. Bcrlhelot a découvert, en 1878, une nouvelle combinaison oxygénée du soufre, Vanhy- <lride persulfuriarue (S*0'), auquel correspond un acide persutfurique S0*H. Sa production a été obtenue en faisant agir, pendant plusieurs heures, l'effluve électrique «ur un mélange à volumes égaux d'anhydride sulfureux et

d'oxygène. On obtient ainsi une masse blanche cristalline, analogue à l'anhydride sulfurique.

L'acide persulfurique se forme en petite quantité au pôle positif d'un voltamètre dans lequel on électrolyse l'eau acidulée par l'acide sulfurique. L'électrolyse des dissolutions des bisulfates alcalins donne les persulfates. Se transformant facilement en sulfates, avec perte d'oxygène, ces sels sont des oxydants énergiques.

SULGAN, Mammifère rongeur. Voy. lagomïs.

SULPiCIENS. congrégation. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

SULTAN, l'empereur des Turcs. Voy. ce mot au bict. d'Hist. et de Géogr.

Poule sultane, loy. poule.

SUMAC, Rhus, genre de la famille des Térébinlhacées- Anacardiacées, renferme des arbustes, des arbrisseaux et des arbres, à feuilles alternes, tantôt simples, tantôt ternées ou ailées; à fleure très petites, disposées en grappes ou en panicules : calice à 4-6 divisions ; 4-6 pétales, 4-10 étamines : ovaire uniloculaire, uniovulé, chargé de 5 styles ; baie ou drupe renfermant une ou plusieurs graines. — On ne possède en Europe que le S. fustet [H. colinus), qui se cultive dans nos parcs st>us le nom d'arbre à perruque ( Voy. fustet), et le S. des corroyeurs, dit aussi Vinaigrier [H. coriaria) : ce dernier est un arbrisseau velu, de 2 à 5 m., à fleurs prinlanières, d'un blanc verdâtre, et à l3aies rouges. Cette plante croit en buisson dans les lieux secs et pierrienx du midi de l'Europe. On s'en sert |K)ur tanner les peaux de chèvre, dont on fait le niariK|uin. On teint en jaune avec l'écorce des tiges, et en brun avec celle des racines. Les baies ont une saveur acide assez agréable. — Parmi les espèces exotiques, on remai-que : le S. de Virginie [H. tuphinus), vulg. S. amarante, bel arbre de 5 à 6 m., dont le bois est saline et marbré de jaune et de vert, disposés par zones; à fleurs en grappes rougeàlres. et à baies rouges et velues d'une saveur acide ; il découle de l'écorce incisée de l'arbre une résine aliondante; le S.

Îllabre (R. glabrum] et le S. copal (/{. copalUnum), égaeinent originaires de l'Amérique septentrionale : le Sumac copal donne une résine jaune et trans|iarenle, le copal d'Amérique, dont on fait un vernis [Voy. copal): le S. vernis {R. vernix), vulg. Vernis du Japon, qui s'élève à la hauteur de 15 à 20 m. ; on le trouve au Japon et dans l'Amérique du Nord ; il se multiplie très facilement et pousse très vite : aussi l'eraploie-t-on à orner les bosquets : malheureusement il exhale une odeur désagréable; il en découle un suc blanc qui se noircit à l'air, et qui est employé comme vernis par les Japonais : on retire de l'huile de ses semences; le S. vénéneux [R. toxicodendron], ipii, dans l'Amérique du îiord, grimpe comme le lierre autour des plus grands arbres ; le suc de celte plante est vénéneux : il protluit des ampoules, des pustules, qui quelquefois s'étendent sur tout le corjis; le S. cirier [R. succedaneum), arbre dont les semences fournissent une huile épaisse dont on fait des bougies au Japon. En Chine cl au Japon, les R. semialata et japouica piqués par des pucerons donnent des galles de Chine.

SUPÈRE (du lat. superus], se dit en Botanique : 1° du calice quand il s'insère au-dessus de l'ovaire ; 2° de l'ovaire, lorsqu'il est libre dans l'intérieur de la fleur, etc. On oppose ce mot à infère.

SUPERFICIE (du lat. superficies), en Géométrie. Voy.

SURFACE. AIRE, CtC.

On appelle droit de superficie le droit sur les constructions élevées sur un terrain dont on n'est pas propriétaire.

SUPÉRIEUR Jdu lat. superior), celui qui a la principale autorité dans une comnuinauté, un couvent, un séminaire, etc. — Pour les maisons de femmes, on dit la supérieure, la mère supérieure.

SUPERLATIF (du lat. superlativus]. En Grammaire, le superlatif est le degré de comparaison qui exprime la qualité portée à un très haut degré (S. absolu] ou au plus haut tlegré [S. relatif). — Dans les langues anciennes, le superlatif était, comme le comparatif, exprimé le plus souvent {)ar un changement dans la terminaison de 1 adjectif. Voy. COMPARAISON (DEGRÉS DE).

SUPERPOSITION (du lat. «uper/>o«{/H>), action de poser une surface, une ligne sur une autre, de manière qu elles coïncident : en Géométrie, la superposition est quelquefois un moyen de démonstration. — En Géolc^ie, ce mot désigne l'ordre dans lequel se succèdent les terrains qui

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