‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1540 sur 1729 · SYLLOGISME · texte numérisé non relu

SYLLOGISME

gers; son bois est reclierche pour l'ébénistcrie, pour la fabrication des bois de fusil, des violons, etc.

On appelle Fflua; Sycomore l'Azédaracb {Melia Azederack).

SYCONE (du gr. auxwv, figuier), nom donné par Mirbel au fniit du Figuier ( Voy. ce mot) et aux fruits analogues, tels que ceux des Dorstenia.

SYCOPHANTEfdugr. auxoœàvTT^;), synonyme de calomniateur, délateur. Le mot sycophante signifie proprement dénonciateur de figues : les Atliéniens ayant défendu par une loi d'exporter les figues de l'Attiaue, et une forte récompense étant accordée à ceux qui révélaient les infractions à la loi, desliommes pervers abusèrent souvent de ce prétexte pour accuser des innocents : de sorte qu'insensiblement le mot sycophante devint synonyme de faux délateur.

SYCOSE (du gr. aû/iwa'.^), Sycosis, maladie de la peau, qui s'attaque exclusivement aux parties du visage où croît la barbe, est caractérisée par de petites pustules acuminées qui s'agglomèrent comme les pépins de la figue : elle est plus connue auj. sous le nom de mentagre [Voy. ce mot). — Virus sycosique. Voy. homéopathie.

SYÉNITE (de Syène, v. d'Egypte), rocbe éruptive granitoïde composée essentiellement de feldspath orthose et d'amphibole hornblende, et pouvant contenir comme éléments accessoires du mica noir, du pyroxène, du zircon Isyénite zirconienne), de la néphélme [syénite tiépfiéliniquc ou éléolithique). Ces deux dernières variétés, très dévdoppées en Norvège, contiennent un très grand nombre de minéraux dans la composition desquels entrent les terres rares. Quant aux syénites normales, on les rencontre surtout en Bretagne, aans les Vosges, en Saxe, etc. La roche de Syène, dont sont faits la plupart des monuments de l'ancienne Egypte, n'est pas une véritable syénite, car elle contient du quartz et doit être considérée comme un granité syénitique.

SYLLABAIRE (de syllabe), petit livre élémentaire à l'usage des enfants. On s'en sert pour leur apprendre à épeler. Voy. llctihe.

SYLLABE (du lat. syllaba, du gr. ajÀT^aê-r)), terme de Grammaire, iiésigne une voyelle seule ou jointe à d'autres lettres, consonnes ou voyelles, qui se prononcent par une seule émission de voix. — On distingue les mots en monosyllabes, dissyllabes, trissyllabes, polysyllabes, selon le nombre des syllabes dont ils se composent.

SYLLABIQUE, qui forme une syllabe ou se compose de syllabes. Voy. acgment, écritcre, vers, etc.

SYLLABUS. On comprend sous ce nom une série de 80 propositions annexées par Pie IX à son encyclique du 8 décembre 1864. Ces propositions, relatives à divers points lie philosophie, de morale et de droit public, rappellent certaines opinions et doctrines condamnées dans plusieurs lettres, brefs et encycliques, de 1846 à 1864.

SYLLEPSE (du gr. (j'j>»XTj(|it;), figure de Grammaire par laquelle on fait accorder un mot avec celui auquel il correspond dans la pensée, plutôt qu'avec celui auquel il se rapporte grammaticalement. On (listingue la S. du nombre, la S. du genre et la S. de la personne. Voici un exemple de syllepse de la première espèce, empruntée ïaHenriaae:

Tout le peuple au-devant court eu foule avec joie; Ils bénissent le chef que Madrid leur envoie.

On appelle encore syllepse une figure ou plutôt une faute de style par laquelle un même mot est pris en deux sens diflérents dans la même phrase, comme dans cet exemple : « Galatée est pour Corydon plus douce que le miel du mont llymette ». Dans ces vers de VAndromaque de Racine :

Vaincu, chargé de fers, «le regrets consumé, Brûlé de plus de feux que je n'eu allumai,

brûlé est pris à la fois au propre et au figuré.

SYLLIS, genre d'Annélides, de l'ordre des Chétopodes dorsihranches, famille des Néréididécs, établi d'abord pour une espèce de la mer Rouge, la S. monilaire, long ver à nombreux anneaux, qui paraît se muljiplier par segmentation spontanée.

SYLLOGISIVIE (du gr.iTU>v'XoyiS[jLÔ;), forme tvpique de la déduction, ou ensemble de trois propositions te'lles que, les deux premières étant données, la troisième s'ensuit nécessairement. Ex. : Tous les métaux sont fusibles, or le platine est un métal, donc le platine est fusible. On dis-

tingue dans tout syllogisme trois termes : le grand tci-me (fusible), ou terme qui ex|)rime l'idée la plus générale [Voy. extension); le petit terme (platine), c.-à-d. celui qui a la plus petite extension ; et le moyen terme, qui est contenu dans l'extension du grand terme et qui contient le petit (tous les métaux). Des trois propositions, la première est appelée la majeure, parce qu'elle contient le grand terme; la seconde est dite la mineure, et toutes les lieux portent le nom de prémisses, c.-à-d. propositions envoyées en avant pour rendre possible la troisième ou conclusion. Le principe régulateur du syllogisme est : « Ce oui est vrai du genre est vrai de l'espèce, ce qui est vrai de l'espèce est vrai de l'individu ». Le mécanisme de ce raisonnement consiste donc à prouver que le grand terme est un « genre », dont le terme moyen est une « espèce », et que le petit terme est un cas ou un indiviiiu de cette espèce. Le champ d'application du raisonnement syllogistique est exactement celui des idées générales, l'analyse de leurs rapports de liaison et de dépendance, l'étude de leurs degrés de subordination et des conséquences qui en résultent. Aussi les premières recherches sur cette méthode de marche et de passage à travers les notions de l'entendement datent de Socrate et des écoles socratiques, dont l'une, surnommée école éristique, est restée célèbre par ses arguments captieux ; puis on retrouve cet art de déduire au fond de la dialectique platonicienne, et presque aussitôt la méthode logioue déductive est systématisée, codifiée dans YOrganum d Aristote, en principes et règles immuables qu'exposent les livres des « Catégories », les « Premiers et Seconds analytiques », et les « Topiques » . Il est évident, par ce qui précède, que toute la valeur démonstrative du cette méthode est subordonnée à la rigueur et à l'exactitude des genres conceptuels sur lesquels elle opère : le danger est de confondre des conceptions générales hâtives ou d'apparence évidente avec des conceptions strictement incontestables et démontrées, de sorte que le fait de déduire, qui semble au premier abord être toute la méthode, exige et suppose au contraire la soigneuse vérification et la justification des notions générales. C'est l'omission de celte vérification, la négligence de cette justification, laquelle eût été d'ailleurs souvent impossible, qui ont engendré durant toute l'antiquité et tout le moyen âge scolaslique de nombreux abus du syllogisme.

Les scolastiques, à l'exemple d'Aristote et des anciens, ont classé les différentes espèces de syllogismes en modes et en figures. Les modes du syllogisme sont les diverses manières possibles de combiner trois par trois les 4 sortes de propositions logiques, à savoir : l'universelle affirmative, « Tous les hommes sont ignorants », désignée par A ; l'universelle négative, « Nul homme n'est ignorant », E ; la particulière affirmative, « Quelques hommes sont ingénieux » I ; la particulière négative, « Quelques hommes ne sont pas ingénieux », 0. Ces combinaisons possibles a priori sont au nombre de 64. Quant à la figure du syllogisme, elle dépend de la position du moyen terme dans les deux prémisses, selon qu'il y est successivement sujet et attribut, ou attribut dans les deux, ou sujet dans les deux, ou attribut et sujet. Voici un exemple de la \" figure : « Toute passion est une habitude. Or l'égoïsme est une passion, donc l'égoïsme est une habitude. » Les 4 sortes de figures comprennent en tout 256 formes possibles de syllogismes. Mais, en éliminant les syllogismes inexacts au moyen de 8 règles (pour ces règles, voy. Rabier, Logique, p. 58), il reste 19 syllogismes concluants, exprimés en formules mnémoniques, où les voyelles indiquent la nature des propositions composantes, et dont voici un échantillon : Barbara, celarent, darii, ferio. — A côté des syllogismes simples ou catégoriques on distingue les syllogismes composés, c. -à-dire les hypothétiques et les disjonctifs. Un syllogisme hypothétique est celui où la majeure est une proposition subordonnée à une condition ; ex. : « Si la vérité est possible, il faut la rechercher. Or la vérité est possible, donc il faut la rechercher. » Un syllogisme disjonctif est celui où la majeure implique une alternative, c.-à-d. est partagée en deux membres ou plus: ex. : « Nous sommes au printemps, en été, en automne ou en hiver. Or nous ne sommes ni au j)rintemps. ni en été, ni en automne, donc c'est en hiver que nous sommes. » Toutes les autres espèces d'arguments logiques ne sont que des syllogismes imparfaits ou irréguliers ; ce sont l'enthymème, le dilemme, le sorite, l'épichérème et le prosyllogisme [Voy. ces mots).

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