SYMÉTRIE
La valeur de la syllogistique comme méthodologie générale de l'esprit et des siences a été fort contestée à partir du xvc* siècle, par Ramus, Bacon, Descartes et Locke. Bacon, qui entreprend de renouveler les sciences par la pliilosopliie de la nature, déclare auc « le syllogisme n'c^t d'aucun usage pour inventer ou vérifier les principes des sciences » ; Descartes se plaint que a les instructions de la logiijue scr^•ent plutôt à expliquer à autrui les choses qu'on sait, qu'à les apprendre » ; Malebranche exprime le regret que « la logique d'Arislote détourne l'esprit de l'attention qu'il devrait apporter aux sujets qu'il examine ». De nos jours, Sluart Mill n'a pas craint d'affii-mer que le raisonnement syll(^stique n est qu'une conclusion tautologique ou une pétition de principe. Ce qui est vrai, c'est que la logique formelle ne nous garantit que l'accord de l'esprit avec lui-mùme, et, sans nous découvrir des horizons nouveaux, nous donne le moyen de démontrer et d'expliquer les vérités dont on est déjà en possession, et d'en tirer des applications perpétuelles. La logique déductive est par là même utile et nécessaire à toutes les sciences, mais elle ne dispense pas celles-ci de l'usage, de l'invention et du perfectionnement de leurs procédés plus spéciaux, comme l'analyse et la synthèse en mathématiques, l'observation et l'expérimentation en physique. — Consulter : Janet et Séailles, les Problèmes et les écoles, t. III, chap. v; St Mill. Philos, de Hamilton. chap. xxi; J. Lachelicr. De natura syllogismi: Liard, les Logiciens anglais contemporains; Brochard, Hevue philos., t. XIII.
SYLPHES. SYLPHIDES, nom qu'on a cru longtemps dérivé du latin sylvanus. svlvain, mais qui n'est que le mot germanique Elfe, lequel a le même sens. Ce sont des génies aériens des deux sexes dans la mythologie Scandinave.
Voy. CÉME.
SYLVAINS l'du lat. sylvanus). Sylvicolae. Ce nom, que les anciens donnaient aux divinités des bois, a été appliqué par les Ornithologistes à un groupe d'oiseaux qui vivent dans les bois. Vieillot en a fait un ordre où il réunit les Passereaux de Cuvier, ses Grimpeurs et une partie de ses Gallinacés (Pigeons). Sylvain est aussi le nom vulgaire de plusieurs Papillons des genres Nymphale et Satyre,
SYLVANE, svL VANITE, tellurure d'or et d'argent naturel (Au.Ag)Te-, en cristaux prismatiques ou aciculaires du système clinorhombique, souvent entre-croisés dans un même plan, d'où le nom de tellure graphique ; la couleur est tl'un blanc d'argent. On le trouve dans les trachytes de Transylvanie.
SYLVES ou siLVES (du lat. sylva, forêt), nom que quelques auteurs latins ont donné à des recueils de pièces de poésies détachées et de genres divers : c'est ce que nous appellerions mélanges. Nous possédons en ce genre les Sylves de Stace. — Bacon a intitulé Sylva sylvarum un recueil de faits d'histoire naturelle et d'expériences de toutes sortes.
SYLVIA, nom latin scientifique de la Fauvette, a servi à former le mot Sylviadés, nom donné par les Ornithologistes à divers groupes de Passereaux dentirosires qui tous ont pour type la Fauvette (Voy. bec-fis). — On l'étend à tous les oiseaux chanteurs qui égayent nos forêts durant la belle saison.
SYLVICOLE (du lat. sylva, forêt, et colère, habiter), Sylvicola, le Figuier de Buffon, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux, très voisin des Roitelets et des Mésanges, renferme un grand nombre d'espèces, toutes propres à l'Amérique, et dont le ramage est assez agréable.
SYLVICULTURE, science qui a pimr objet la culture et l'entretien des lx)is. Il ne faut pas confondre la sylviculture propr. dite, qui embrasse les grands bois et les forêts, cl l'arboriculture, qui est limitée aux pépinières et aux plantations isolées ou de peu d'étendue, l oy. arbobiccl-
TCRE et FORÊTS.
SYLVIE, Sylvia, ou Anémone de» bois, espèce d'Anémone [Voy. axémoxe). — Voy. aussi stlvia.
SYLVINE. chlorure de potassium naturel [KCl], en cristaux cubiques ou en masses cristallines ressemblant beaucoup au sel gemme; se trouve abondamment dans les mines de Stassfurl (Prusse) ; s'est rencontré quelquefois u Vésuve.
SYLVIQUE (acide), nom donné à un acide résineux ' 'virait de la colophane, laquelle renferme encore de l'acide pimariquc et de l'acide pinique. Les auteurs ne sont (las
encore d'accord sur la nature et la formule de cet acide. Il a été étudié surtout par Unverdorben et Laurent.
SYMBIOSE, association avec bénéfice réciproque de deux êtres dilférenls; un pareil consortium existe j)our l'Algue et le Cliampignon dans un Lichen.
SYMBLÉPHAROSE (du gr. oûv, ensemble, et ^XÉsapov. paupière , adhérence contre nature des paupières, particubèrcment de la paupière supérieure avec le globe de l'œil
SYMBOLE (du gr. crjjiêoXov), figure ou image qui sert à désigner quelque chose, soit par le moyen du dessin, de la peinture ou de la sculpture, soit 'avec le secours d'expressions figurées : c'est une représentation des choses morales par des choses sensibles. Le Chien est le svmbolc de la fidélité : la Colombe, de la simplicité ; le Renard, de la ruse: le Caméléon, de la versatilité; le Lion, de la valeur ; le Pélican, de l'amour paternel ; le Laurier, de U nctoire : le Lis, de la majesté ; la Girouette, la Roue ou U Boule, de l'inconstance, etc.
Les Médaillistes apnellent particulièrement symboles certaines marques emblématiques, certains atlrihuls propres à quelque personne ou à quelque divinité : le Trident est le symbole de Neptune; le Paon, celui de Junon; une ligure appuvée sur une Urne représente un fleuve. Les provinces, les villes ont aussi leurs symboles sur des médailles : le symbole de Paris est un vaisseau. Voy.
HÉDAILLE.
Les symboles sont d'un usage perpétuel dans les religions, surtout dans celles de l'Egypte, de l'Inde et des anciens Grecs. L'étude de ces symboles et de leur signification est importante pour la connaissance de la Mvtliologie, et elle a reçu en Allemagne le nom de Symbolique. On a sur ce sujet un ouvrage capital de Crcuzer, traduit par M. Guigniaut sous le titre de lieligions de [antiquité [Voy. vythologif.). A l'imitation de cet ouvrage, Mone a donné la Symbolique du Nord; Ba-lir, la Symbolique du culte mosaïque, la S. des confessions chrétiennes, etc.
Dans la Religion chrétienne, on entend par symboles : 1" les signes extérieurs des sacrements ; 2° le formulaire de la foi chrétienne : en ce dernier sens, l'Eglise a 4 symboles :
1° Le S. des Apôtres ou Credo, qui renferme les principaux points de la doctrine enseignée par les Apôtres:
2» Le S. de Jiicée, formulé au concile de Nicee en 323, qui proclame surtout contre Arius la doctrine catholique sur la divinité de Jésus-Christ;
.3" Le S. de Constantinople, rédigé au concile de celle ville en 581 : il ne fait qu'ajouter à celui de Nicée ce qui regarde la procession du St-Espril :
4° Le S. de St Athanase, extrait des écrits de ce docteur et renfermant la doctrine qu'il défendit contre les Ariens : ce symbole a été mentionné pour la première fois au concile d'Âutun. en 670.
Pour les symlx)les particuliers des cultes réformés,
voy. CONFESSION.
SYMBOLIQUE. Voy. stmbole.
SYME.TOROTORO, oiseau. Voy. martix-pêcheur.
SYMÉTRIE (du lat. symetria. du gr. a-j\i\iE-zai3.), proportion qu'ont entre elles, sous le rapport de la grandeur et de la figure, les diverses parties d'un même sujet. C'est une des conditions de la beauté (Voy. proportion; Voy. aussi contr-aste). Ce mot s'emploie surtout dans les arts : en Architecture, la sjinétrie est l'exacte correspondance des parties similaires qui se répètent d'un côté comme de l'autre d'un édifice, u'un local, soit pour la dimension, soit pour la composition des masses, soit enfin pour la distribution des détails : si, p. ex., il y a 4 colonnes, 4 fenêtres d'un côté, il faut, pour la symétrie, qu'il y en ait aussi 4 de l'autre. La nature offre partout aes exemples de symétrie, aussi bien parmi les êtres inanimés (plantes, cristaux, etc.) que parmi les êtres animés : l'homme et la plupart des animaux sont composés d'organes placés symétriquement par rapport à un plan vertical.
Dans les ouvrages d'esprit, il existe aussi une sorte de su mé trie, mais moins rigoureuse. On entend par symétrie au style toute correspondance des mots et des membres d'une phrase entre eux ou même de plusieurs phrases entre elles.
En Musimie, on appelle symétrie la correspondance des mernbres d une phrase entre eux ou des phrases entre elles suivant un ordre plus ou moins régulier.