‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1553 sur 1729 · TALION · texte numérisé non relu

TALION

qui consiste à inciser la vessie afin d'extraire les calculs qui y sont renfermés. On arrive à la vessie soit par le périnée, soit par Vhypogastre, soit enfin par la face postérieure de la vessie : ce qui fait qu'on distingue la taille en périnéale ou sous-pubienne, mjpogastrique ou suspuoienne, et recto-vésicale. — La lailte périnéale, connue de tout temps, se pratique de diverses manières. On distingue : 1° le petit appareil, dit aussi méthode de Celse, de Guy de Cnauliac : cette méthode, qui ne réclame qu'un petit nombre d'instruments, consiste à faire saillir le calcul à gauche du raplié périnéal et à pratiquer une incision sur cette saillie ; 2° le grand appareil, imaginé en i5!20 par Jean des Romains : dans cette méthode, on divise, sur la ligne médiane, le canal de l'urèthrc, la prostate et le col vésical; 3° la M. latérale, inventée en 1727 par Foubert et Thomas, dans laquelle, on divise la face Ultérieure de la vessie sur la ganclie ; 4» la M. latéralisée, perfectionnement de la précédente, dû à Jacques de Beaulieu et complété par Clieselden et le frère Côme; 5» la M. bilatérale, due à Dupuylren, et qui consiste dans une incision du périnée commençant à droite entre l'anus et l'ischion, et se terminant à gauche au jM)int correspondant; 0° la M. prérectale, de Nélaton ; 7° la M. quadrilatérale, de Vidal de Cassis ; 8° la Lithotritie périnéale de Guyon, etc. — La taille hypogastrique, imaginée au xvi' siècle par Franco, est pratiquée surtout quand le calcul est volumineux. On ouvre la vessie à sa paroi antéro-'supérieure, sans intéresser le péritoine, dans l'espace libre situé derrière la ligne blanche et les muscles droits de l'abdomen. — La taille i^ecto-vésicale de Sanson atteint la vessie par le rectum, au moyen d'une incision qui, après avoir fendu le sphincter externe de l'anus, pénètre dans le viscère, soit par son col, soit par son lias-fond

L'opération de la taille était connue des anciens et elle s'est conservée jusqu'à nos jours ; mais son usage est fort restreint depuis l'emploi de la lithotritie [Voy. ce mol); on y recourt cependant lorsque des calculs trop volumineux ou trop durs ne permettent pas de réussir par le broiement.

Taille. Eu Arboriculture, c'est une opération par laquelle on i-oupe une partie des branches ou jets d'un arbre, pour donner à cet arbre une certaine disposition, ou pour lui faire porter de plus beaux fruits. Sous le rapjwrt de la forme, on taille les arbres fruitiers en espalier, en contre-espalier, en quenouille, en jfyraniiae, etc. ; on taille les arbres d'ornement, les arbrisseaux et les arbustes en haies, en charmilles, en Ixjrdures, en boule, etc. Sous le rapport de la protluction, il faut, dans la taille, tenir compte surtout des branches à feuilles et des branches à fleurs et à fruits. C'est en hiver que se fait la taille des arbres. Cette matière est traitée dans tous les ouvrages d'Arboriculture. Voy. ce mol.

Dans la Gravure, on appelle : taille-douce une gravure faite au burin seul, et sans eau-forte, sur une planciie en cuivre ou en acier; taille de bois, celle qui est faite sur une planche de bois [Voy. gravure). On nomme aussi taille-douce l'estampe qui est tirée sur une gravure en taille-douce. — On appelle proprement : tailles, les hachures faites par le burin ; contre-tailles, celles que l'on emploie en second pour donner un ton plus vigoureux aux gravures. La contre-taille coupe toujours la taille, soit à angle droit, soit à angle aigu. Dans les draperies, l'usage est de placer la contre-taille en losange; lorsqu'on représente de la pierre unie, elle coupe carrément la taille. — Un décret du 22 mars 1862 a étendu aux imprimeurs en taille-douce les règlements auxquels sont soumis les imprimeurs typographes

En Musique, on donnait autrefois d'une façon générale le nom de tailles aux diftérentcs voix d'hommes, la hautetaille correspondant au ténor élevé, la taille intermédiaire entre le ténor et le baryton, enfin la basse-taille servant encore aujourd'hui à désigner les registres plus graves.

TAILLEUR. Ce mot désigne divers artisans dont la profession est de tailler une substance quelconque : tels sont les tailleurs de pierres, de limes, de diamants, de cristal, de monnaie, etc. ; mais on appelle exclusivement tailleur, en prenant ce mot seul, le tailleur d'habits.

Jusqu'en 1(555, les marchands tailleurs et les pour-

fmnticrs formaient deux communautés distinctes; elles urent alors l'éunies et reçurent de nouveaux statuts le 22 mai 16(M). Aujourd'hui la profession de tailleur comprend : 1» les coupeurs, dont la seule industrie est de

couper le drap d'un vêtement d'après les mesures prises par le maître tailleur; 2° les ouvriers tailleurs, qui confectionnent les vêtements, et qui ont chacun leur spécialité, les uns ne faisant que des habits, les autres des pantalons ou des gilets, quelques-uns les poignards ou réparations aux halùts qui ne vont pas suffisamment bien ; 5° les jnarckands tailleurs, qui vendent les habits tout faits ou qui les font faire sur mesure. — Le métier de tailleur s'est élevé, de nos jours, entre les mains des Staul), des Ilumann, des Dlain, des Bretonville, des Renard, etc., au rang d'un art véritable.

TAILLE-VENT, voile qui remplace la grande voile dans les lougres, chasse-marées et plusieurs bateaux de pêche, quand le vent souflle bon frais. Elle est de grandeur moyenne, et se place près du grand mût. — De nouvelles locomotives, adoptées sur certaines lignes de chemins de fer, portent sur leur face antérieure une sorte de carène destinée à fendre l'air et par suite à diminuer le frottement. De telles locomotives sont dites locomotives taille-vent.

TAILLIS, Ixjis dont les arbres les plus vieux n'ont pas encore 36 ans, et que l'on met en coupe réglée tous les 9 ou 10 ans. De 40 à 75 ans, on les nomme haut-taillis ou galis; au delà, ils prennent la dénomination de hautefutaie. Voy. BOIS et coupk.

TAILLOIR. Voy. abaque.

TAIN (p. étain), couche fort mince formée d'un amalgame d'étain et de mercure, qu'on applique derrière les miroirs et les glaces, pour y former la surface réfléchissante.

TAÏRA, Mammifère carnassier. Voy. grisox.

TAISSON (du lat. taxas), nom vulgaire du Blaireau. Voy. ce mot.

TALAPOIN, prêtre du royaume de Siam et du Pégu r ce sont des espèces de moines mendiants. — C'est aussi le nom vulgaire d'une espèce de Guenon, le Cercopithecus melarhinas.

TALARO, monnaie d'argent de Venise, oui n'a guère cours que dans les échelles du Levant, et «ont la valeur varie entre 4 et 5 fr.

TALC (mot arabe), silicate hydraté de magnésium

t5Mg0.4SiO*-|-ll*0]. Ce minéral se rencontre en lames lexagonales qui paraissent orthorhombiques, avec un clivage très facile et d'aspect nacré, ou en masses lamellaires. Il est d'un blanc d'argent par réflexion, blanc-verdàtre par transparence. C'est le minéral le plus tendre; il est onctueux au toucher, flexible mais non élastique, presque complètement infusible. Les plus belles lames viennent du Tyrol, du St-Gotliard, de Sibérie ; il fait partie intégrante de quelques roches, comme la protoginc du Mont Blanc et les talcschistes. — On appelle quelquefois improprement talc le mica en grandes lames, qui est plus dur et élastique. La poudre dite de talc est de la stéatite [Voy. ce mol). Le talc endurci ou margarodile {Voy. ce mol) est un mica.

TALCITE. Voy. stéaschiste.

TALENT (du lat. talentum). Ce mot servait chez les anciens à désigner à la fois un poids pour les métaux et une somme ou monnaie de compte. 11 y avait plusieurs sortes de talents. Le T. attique, d'argent, renfermait, comme jjoids, 60 mines ou 6 000 drachmes, et pesait 26 kilogr. HS. Comme monnaie, il valait un peu plus de 5 500 fr. (5 560 fr. 90). Il y avait aussi des talents attiques d'or : ils valaient 10 talents d'argent, et répondaient à 55 609 fr. de notre monnaie. Le T. d'Egine oa de Corinthc valait 100 mines ou 10 000 drachmes. Le T. cuboïque était un peu moindre que le talent atti(jue. — Le T. mosaïque des Hébreux était le poids de 1 eau contenue dans un pied cube (28 kilogi-. env.). Le 7'. babylonien valait, comme poids, 50 kilogr. 837, et, comme monnaie, 6 416 fr.

TALÈVE, genre d'Echassiers macrodactyles. Voy. poule

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