PLÉIADES
TAYLORITE, sulfate double de potassium et d'ammonium [(AzlI*.K)*O.SO^J naturel, se rencontre dans les dépôts de guano.
TCHETVERT, mesure de capacité employée en Russie pour les matières sèches, vaut 209 lit. 72. — Le tchetvérik vaut le 8' du ichetvert, et le garnelz, le tiers du tchetvéri/i.
TECHNIQUE [du gr. Têy^vixôî), qui appartient en propre à un art ou à une science. — Les mots techniques sont les termes spéciaux dont on se sert pour indiquer les tibjcts d'une science, les instruments, les procédés, etc., d'un art quelconque.
Vers techniques. Voy. vers.
TECHNOLOGIE (du gr. te/vti, art, et Aoyo;. discours', science des arts industriels, théorie de l'industrie pratique. Cette science, de création toute moderne, se bornait d'a- Ijord à la simple explication des termes techniques [Voy. tehmi.nolocie) ; mais depuis, elle s'est étendue à la description et à la critique des procédés industriels, traçant l'histoire de leurs perfectionnements et recherchant ceux dont ils sont susceptibles. — On a essayé, à diverses époques, la classification des nombreuses industries qui composent le domaine de la technologie ; on peut les partager en trois grandes classes : i" celles qui tirent de la nature les matières premières (arts agricoles, pêche, chasse, mines, etc.); 2° celles qui préparent ces matières (métallurgie, fabrication des profluits chimiques, préparation des céréales, des plantes textiles, des laines et poils, de la soie, des plumes, des cuirs, etc.) ; 3° celles qui mettent en œuvre les matières déjà préparées (art culinaire, habillement, industrie du Intiment, ameublement, outils, instruments, machines, etc.).
Des ouvrages importants ont été publiés sur la Technologie, nous citerons : au xviii" siècle, la Description des arts et métiers, par l'Académie des Sciences (1771 et suiv.), Y Encyclopédie (pour la partie des arts et métiers] et le Dictionnaire des arts et métiers de V Encyclopédie méthodique; au xix" s., le grand Dictionnaire technologique (1822-35); les Dictionnaires technologiques de G. Crabbs (1823) et W. Buchanan (1846); les Annales des arts et manufactures d'O'Keilly (1799-1817) ; le Dictionnaire des arts et manufactures du D' Ure (1830) ; le Dictionnaire des arts et manufactures de Ch. Laboulaye (1847 et 1854) ; le Dictionnaire de l'industrie manufacturière, commerciale et agricole de Baudrimonf, Blanqui, etc. (1833-41) : les Manuels de l'Encyclopédie lioret ; le Technologiste ou Archives des progrès de l'industrie, publiés par Malepeyre et Vasserot; le Dictionnaire de technologie de Chesnel (1857) ; le Dictionnaire technologique de MM. Tolhausen et Gardissal (all.angl.-fr.) ; le Dictionnaire de l'industrie de 0. Lami. etc. On doit à M. Francœur des Eléments de technologie.
Voy. INDUSTRIE, arts et .MÉTIERS.
TECK, Tectona grandis, arbre exotique. Voy. tek.
TÉCOME, Tecoma, genre de la famille desBignoniacécs. renferme des arbres et des arbrisseaux parfois grimpants, à feuilles opposées, à ileurs jaunes ou rouges, en campanules. Le Técome vulgaire (T. radicans). plus connu sous le nom de Jasmin de Virginie, peut s'élever à une grande hauteur et couvrir les plus liantes maisons ; ses Ileurs sont grandes, de couleur rouge-cinabre. Le T. de la Chine [T. grandiflora), à Ileurs également grandes et rouge-vermillon. le T. du Cap (T. capensis], de l'Afrique méridionale, et le T. pandorée T. pandorea). de l'Australie, se cultivent aussi dans les jardins-
TECTIBRANCHES
TEINTURE
TECTIBRANCHES, 4" ordre de la classe des Mollusques gastéropodes. Ces mollusques respirent l'air par des branchies recouvertes par le manteau et sont pourvus d'une coquille mince, fragile et non symctriqne, oblique ou spirale. Leurs habitudes sont marines, et ils habitent les fonds tranquilles, vaseux ou sablonneux. Les principales familles sont celles des Sémiphyllidées, des BuUidées, etc.
TECTRICES (du lat. tegere, recouvrir), se dit, en Ornithologie, des plumes imbriquées qui couvrent les ailes des oiseaux dessus et dessous, protégeant l'insertion des grandes plumes implantées sur le bras et l'avant-bras. Les petites tectrices garnissent le haut de l'aile ; viennent ensuite les moyennes tectrices, au-dessous desquelles sont les grandes tectrices. — On appelle aussi tectrices les ])lumes molles qui couvrent la base de la queue dessus et dessous.
TE DEUM, cantique d'actions de grâces en usage dans l'Eglise catholique, et qui commence par ces mots Te Deum laudainus. On le chante à la fin des matines, les jours qui ne sont point simples fériés, ni dimanches du carême et d'avent. On le chante aussi exlraordinairement cl avec solennité pour rendre grâces à Dieu d'une victoire ou de quelque autre événement heureux. Le Te Deum est atlrdjué communément à St Augustin et à St Ambroise.
TÉGÉNAIRE, Tegenaria, genre d'Arachnides, de l'ordre des Aranéides, renferme une vingtaine d'espèces, dont la plus connue est V Araignée fileuse ou A. domestique, si commune dans nos habitations [Voy. ahaicnke). Elle fait sa toile dans les angles des murs en forme de toit : d'où son nom (de tegere, couvrir).
TÉGUMENT (du lat. tegnmenliim) , tout ce qui sert à couvrir, à envelopper : la peau p. ex. est le tégument du corps de l'homme et des animaux. — En Botanique, on appelle téguments de l'ovule la double enveloppe [primine et secondine) qui recouvre l'ovule; ces téguments plus ou moins modifiés deviennent les téguments de la graine.
TEIGNE, Tinea, genre d'Insectes, de l'ordre des Lépidoptères, famille des Nocturnes et type de la tribu des Tinéides. Les Teignes sont des insectes destructeurs, de 1res petite taille, à ailes étroites, à tête large et velue, à corselet ovale, et qui ont l'abdomen cylindrique, terminé ])ar un bouquet de poil chez les mâles, en pointe chez les femelles. Leurs chenilles sont glabres, de couleur jaune blanchâtre, à huit pattes; elles vivent et se métamorphosent dans des fourreaux fusiformes, fixes ou portatifs, de la couleur des substances dont elles se nourrissent : Réaumur donnait le nom de Teignes vraies à celles qui se fabriquent des fourreaux mobiles, et celui de Fausses Teignes à colles dont les fourreaux sont immobiles. Ce sont ces chenilles qui détruisent les étoffes de laine, les pelleteries, les meubles en crin, les lits de plumes, les animaux empaillés, les grains, etc. Parmi les espèces les plus redoutables il faut signaler : la 7'. des tapisseries {T. tapezella) ou T. bédeaude à tête blanche, longue de 0 m. 008, à ailes brunes à la base et d'un blanc jaunâtre pour le reste, à corps brun et à tête blanche; la f. des pelleteries [T. pellionella), d'un gris argenté; la T. des draps [T. sarcitella) ou T. fripière, à ailes blanchâtres; la T. à front jaune [T. flavifrontella], qui détruit les collections d'insectes ; la T. du crin ( T. crinella) ; la T. des grains (T. granella), d'un gris brunâtre et dont la chenille, dite Fausse Teigne des blés, porte le dégât dans nos greniers, etc.
On appelle vulg. : T. aquatique, la larve des Pbryganes ; T. des charbons, celle des Cassides; T. de la cire, une espèce de Gallerie; T. des cuirs, la larve du Grambe; T. des faucons, celle du Ricin; T. du lis, celle du Criocère, etc.
TEiGXE. En Médecine, on a longtemps confondu sous ce nom ditférentes alléctions du cuir chevelu. Depuis il a été reconnu que cette maladie, bien que son siège le plus ordinaire soit à la tète, peut affecter également toutes les parties du tégument où se trouve le système pileux. Les nombreuses variétés de la teigne ont été rapportées au porrigo, à Vimpetigo, aux dartres, etc. ; on en a proposé diverses classifications, sur lesquelles les médecins ne paraissent point d'accord. Aujourd'hui on distingue généralement quatre espèces principales de teigne, savoir : 1° la T. faveuse, T. vraie, T. jaune, Favus disséminé (Porrigo favosa), caractérisée par des incrustations jaunâtres plus ou moins épaisses, en forme de godet : elle est pro-
duite par un champignon microscopique, VAchorion Schœnleinii, dont l'existence a été démontrée d'une manière évidente par IJazin et Lemaire ; 2° la T. tonsurante, ou Herpès tonsurant, qui se manifeste par la destruction du cheveu à 1 millimètre du follicule et n'offre pas d'éruption à l'œil nu : elle est due à un autre parasite, le Trichophyton tonsurans; 5° la T. pelade ou Alopécie [Voy. ce mot) ; 4" la T. granulée ou Impétigo du cuir chevelu : ces deux dernières ne paraissent pas dues à un parasite. — La malpropreté, la misère, une nourriture insuffisante et le séjour dans des habitations malsaines et iTial aérées sont les causes ordinaires de la teigne : elle atteint surtout les enfants et les vieillards, dont l'organisation est plus faible. Lorsqu'elle est récente, les soins de propreté suffisent quelquefois pour la faire disparaître; mais lorsqu'elle est invétérée, le traitement est long et difficile. On recourait autrefois à un traitement barbare, celui de la calotte, nui consistait à recouvrir la tête d'une calotte de toile enduite de poix, puis à l'arracher violemment pour enlever à la fois l'épiderme et les cheveux. Aujourd'hui, après avoir coupé les cheveux, on fait tomber les croûtes à l'aide de cataplasmes émollients; après quoi, on nettoie la peau à l'aide de lotions huileuses et savonneuses, et de pommades alcalines. Puis on procède à l'épilation et on enduit la région malade avec une pommade soufrée.
Chez le cheval et le bœuf, la teigne tonsurante s'observe fréquemment, surtout dans les agglomérations : étables nombreuses, dépôts de remonte, écuries régimentaircs, etc. Dans l'armée, les épizooties d'herpès tonsurant sont rigoureusement combattues. On emploie surtout auj. la tonte, suivie de badigeonnages à la teinture d'iode ou au sublimé. — Chez les autres animaux domestiques, moutons, chèvres, porcs, etc., l'herpès tonsurant est rare; par contre, on peut trouver assez souvent, chez le chien, la, teigne faveuse.
TEILLAGE ou tillage (de teille ou tille, nom de l'écorce du chanvre, du lat. tilia), opération qui consiste à rompre les brins du lin et du chanvre, à séparer de l'écorce les cbènevottes, et à réduire cette écorce en filasse, pour la convertir ensuite en fil. Le teillage à la main se fait ordinairement à la campagne, par des femmes qui se livrent à ce travail tout en gardant les animaux au pâturage. On se sert aussi de broyeuses mues à bras d'homme, le moulin flaînand en France et en Belgique, le brisoir en Allemagne. Une machine très ingénieuse, la leilleuse-peigneuse, a été imaginée récemment par M. Cardon, de Lille.
TEINTURE (du lat. tinctura). Ce mot se dit à la fois et de l'art de teindre, c.-à-d. de fixer à la surface des tissus et des fibres textiles des particules colorantes, et de toute liqueur propre à teindre. On nomme teinturier celui qui exerce l'art de teindre. — Les couleurs tinctoriales sont fournies par des matières végétales, animales ou minérales. Parmi les premières, nous citerons : pour les rouges, l'alizarine, le carthame, l'orcanète, l'orseille, la santaline, les matières rouges du bois de Brésil et du bois de Fernambouc, ainsi que l'hématoxyline du bois de Campêchc, etc. ; pour les jaunes, le quercitron, le morin, la gaude, le curcuma, lasarrette, la graine d'Avignon, la genestrolle, le fustet, le safran, etc. ; pour les bleus, le tournesol bleu et l'indigo (les couleurs végétales vertes sont peu employées à cause de leur instabilité). Parmi les secondes, les plus usitées sont : le carmin ou cochenille, la gomme ou résine laque et la murcxide, substance identique à la pourpre des anciens et que l'on obtient |)ar l'action successive de l'acide nitrique et de l'ammoniaque sur l'acide urique. Les substances colorantes que l'on tire du règne minéral sont trop nombreuses pour être citées ici; nous indiquerons seulement : pour les rouges, le cinabre ou vermillon et le minium; pour les orangés, le sulfure d'antimoine et le réalgar; ])Our les jaunes, l'orpiment, l'or mussif, le sulfure de cadmium et le chromate de ])iomb ; pour les verts, les verts de Scheele et de Schweinfurt ou de Saxe ; pour les bleus, le bleu d'azur ou smalt, le bleu Thenard. les bleus verdâtres dits verdets, le bleu de Prusse et le bleu de Paris; pour les violets, l'or et le platine qui, très divisés, donnent de belles couleurs violettes sur le verre et la porcelaine. Quant aux nombreuses matières colorantes dérivées du goudron de houille, nous renvoyons le lecteur à l'article spécial qui leur a été consacré ci-après. Voy. aussi les traités spéciaux de Chevreul et de M. Schutzenbcrger sur la Teinture, le Traité de chimie industrielle de M. Girardin, l'article matières colorantes dans le Diction-
TEINTURE
TELEGRAPflE
imite (les arts et manufactures du D' Ure, l'art, teinture du Dictionnaire de Latm, etc.
Avant de recevoir les couleurs, les tissus subissent diverses opérations préparatoires : le lin, le chanvre et le colon sont soumis au blanchiment; la laine, au désuintage; la soie, au décreusage. — Si les matières colorantes sont solubles dans l'eau, on commence par les faire dissoudre dans une cuve remplie d'eau chaude, en ayant soin de les y tenir renfermées dans un sac ; puis on plonge dans le bain d'eau ainsi colorée les matières textiles préalablement mordancées, c.-à-d. imprégnées d'un mordant [Voy. ce mot), et on les y laisse séjourner mi temps plus ou moins long, à chauà ou à froid; après quoi, on les lave à plusieurs reprises pour exprimer l'excès de teinture [Voy. aussi késeuves et noNCEANTs). — Si les matières colorantes sont insolubles, les procédés sont beaucoup plus compliqués, et exigent la connaissance des réactions et décompositions chimiques. Ainsi, pour l'indigo, si la teinture a été obtenue par l'acide sulfurique [bleu de Saxe), on précipite l'indigo par un alcali; si elle a été obtenue par les alcalis [bleu de cuve], on le précipite par un acide; pour la teinture écarlate par la laque, il faut saturer l'acide sulfuriijue par du carbonate de sodium ou de la chaux éteinte. D'autres teintures, le bleu Raymond p. ex., exigent de doubles décompositions dans les^juelles on fait réagir le sulfate de peroxyde de fer et le tartre rouge avec le lerrocyanure de potassium, etc. — Pour fixer certaines couleurs peu solides, il est nécessaire de donner préalablement aux tissus une autre teinture : ainsi les noirs ne sont bon teint qu'autant qu'ils recouvrent un bleu foncé : c'est ce qu'on appelle doinier un pied. Enlin on peut aviver certaines couleurs ternes ou foncées en les trempant dans une dissolution saline appropriée.
Sous le rapport de la qualité, la teinture se divise en deux grandes classes : 1° le grand et bon teint, qui n'emploie que les drogues donnant des couleurs solides et |)eu altérables; 2° le petit teint, qui emploie des drogues à meilleur marché, s'altérant facilement.
L'art de teindre remonte aux temps les plus anciens : il était connu des Egyptiens; ce sont les Phéniciens qui teignirent les premiers avec la pourpre et le coccus (kermès). Les laines teintes de Milet, les teintureries de Sidon et de Tyr, étaient renommées dans l'antiquité. Au moyen âge, l'art de la teinture dégénéra; il commença à se relever au xvr' et au xvii" siècle; en lt)69, Colbert donna des règlements à la profession de teinturier et lit j)ublier des documents utiles pour cette industrie ; mais elle doit ses plus notables perl'ectionncments aux récentes découvertes de la chimie : les travaux de Berthollet et de Clievreul y ont surtout contribué.
Matières colorantes artificielles. On distingue dans un classement méthodique de ces nombreuses matières colorantes : 1° celles qui dérivent de la rosaniline, 2" les composés azoïques et diazoïques, 3' les dérivés des phénols.
1° Matières colorantes dérivées de la rosaniline et de la pai'arosaniline. La pararosaniline s'obtient en chauffant avec l'acide arsénique lin mélange de paratoluidine et d'aniline. De ce corps dérivent par substitution le violet Hoffmann ou méthylrosaniline, le violet de Paris ou pentam(''lliylrosaniline, duquel dérive le vert lumière. La rosaniline se prépare en chaulfaut avec l'acide arsénique un mélange d'aniline et de toluidine qui constitue l'aniline pour ronge. Le chlorhvdrate de cette base est la fuchsine, «]ui cristallise en octaèdres d'un beau vert mordoré. A la rosaniline correspondent de nombreuses matières colorantes qui sont des sels de phenylrasaniline ; p. ex., le bleu de Lyon et le blexi lumière, qui sont des sels de triphénylrosaniline ; les sels de di- et monophénylrosaniline sont violetbleu et violet-rouge. Le noir d'aniline s'obtient en oxydant un sel d'aniline par un mélange de chlorate de potassium et de sulfure de cuivre.
2° Matières colorantes azoïques et diazoïques. Ces matières colorantes, très nombreuses, donnent toutes les teintes du rouge au violet ; on les obtient par l'action de l'acide diazosulianilique sur les aminés et les naphtols. On obtient ainsi la classe importante des orangés ou tropéolines. On connaît 4 orangés : les orangés 1 et 2 dérivent <les naphtols et teignent la laine en rouge orangé ; l'orangé n' 4 teint en jaune, et l'orangé n» 3 sert principalement comme liquide indicateur dans l'alcalimétrie; il vire au rouge par les acides et au jaune par les alcalis.
3° Matières colorantes dérivées des phénols. .\ cette classe appartiennent : l'acide picrique ou phénol trinitré, très employé jwur teindre en jaune la laine et la soie ( Voy. phé.nol) ; la coralline jaune et la coralline rouge. qui sont des mélanges d'aurine et d'acide rosolique et qui sont très employées dans la teinture en jaune et en rouge. A cette classe appartiennent également les phtaléines, ol> tenues par l'action des phénols sur l'anhyaride phtalique. La phtaléine de la résorcine est la fluorescéinc, substance soluble dans l'alcool et présentant par réflexion une fluorescence jaune-verdàtre très remarquable. La fluorescéine tétrabromée est l'éosine, dont les solutions alcalines sont d'un beau rose et qui sert à teindre en rose. \a phtaléine du phénol est employée comme indicateur; elle est incolore avec les acides et se colore en rouge par les alcalis.
En Pharmacie, on nomme teinture la dissolution de dillerentes substances sèches, simples ou composées, soit dans l'alcool [Teinture propr. dite, T. alcoolique. Alcoolat], soit dans l'éther [T. élhérée); la couleur que prend alors le spiritueux qui sert de dissolvant est la raison du nom qu'on a donné à ce genre de préparation. Les alcoolatures sont des teintures préparées avec des plantes fraîches.
Teinture de tournesol. Voy. tocrxesol,
TEINTURIER mâle, cépage de l'Orléanais et des coteaux du Cher, donnant un vin d un rouge foncé qu'on mélange d'ordinaire aux vins un peu clairs. C'est en croisant le Teinturier avec l'Aramon que MM. Bouschet ont obtenu le Petit-Bouschet [Voy. ce mot), d'où tant de cépages sont aujourd'hui dérivés. Le Teinturier est un plant précoce.
TEK ou TECK, Tectona, arbre exotique de la famille des Verbénacées, tribu des Viticées, qui croît dans les forêts de l'Inde, dans les îles de Ceylan, de Java, de Manille, etc.. et qui s'élève à une très grande hauteur. Son tronc droit et très gros offre un bois solide, dur et serré, quoique léger ; un suc vénéneux qui circule dans ses diverses parties le met à l'abri des insectes. Ce bois, supérieur à celui du meilleur chêne, est surtout employé pour les constructions navales. Les fleurs du Tek forment d'amples panicules terminales d'un blanc grisâtre; ses feuilles assez grandes sont opposées et un peu pendantes; ses fruits sont charnus et un peu plus petits que la cerise.
TÉLAGON, Mydaus meliceps, animal Carnassier, de la famille des Mustélidés. Voy. mydas.
TÉLAMONS ou télamones. Voy. atlantes.
TÉLÉGRAPHE (du gr. tt.Xe, de loin, et yoâ'jEiv, écrire), appareil au moyen duquel on correspond à de grandes distances, à l'aide de signaux répondant à des lettres de l'alphabet, à des mots ou à des chiffres.
I. TÉLÉGRAPHE AÉRIEN. Il Tcposc sur l'emploi de la lunette d'approche combiné à certains signaux. L'appareil se compose de trois branches qui peuvent se mouvoir dans un même plan vertical , savoir : une branche principale, nommée régulateur, et deux petites branches, nommées indicateurs, disposées à chaque extrémité du régulateur. Le régulateur, fixé par son milieu à un mât qui s'élève de 4 à 5 m. au-dessus du toit, a 4 m. de long et 0 m. 30 de large ; chaque indicateur est long de 1 m. et porte à son extrémité une queue en fer, sorte de lest qui sert à l'équilibrer. Ces trois branches sont mues à l'aide de 5 cordes sans fin en laiton, de 5 poulies et de 5 pédales; les cordes communiquent, dans une chambre placée audessous du toit, avec les branches d'un autre télégraphe qui est la reproduction en petit du télégraphe extérieur; c'est ce second appareil que le guetteur manœuvre. — Le régulateur est susceptible de 4 positions : verticale, horizontale, oblique de droite à gauche, oblique de gauche à droite ; les ailes peuvent former des angles droits, aigus ou obtus; ces dilférentes positions donnent 192 combinaisons, qu'on a réunies 2 à 2, de manière à avoir un vocabulaire de 36 864 signes. — En 1846, avant l'établissement des télégraphes électriques, il existait en France 5 grandes lignes de télégraphie aérienne, qui, partant de Paris, aboutissaient à Lille, Strasbourg, Toulon, Bayonne et Brest. La distance entre les différentes stations était en moyenne de 12 kilomètres. On recevait à Paris des nouvelles : de Strasbourg (480 kil.) en 6 minutes et demie, par 44 télégraphes; de Toulon (830 kil.), en 20 minutes, par 100 télégraphes; de Brest (600 kil.), en 8 minutes, par 54 télégraphes.
11 paraît que les Chinois ont de bonne heure poussé fort loin l'art de la correspondance aérienne au moyen de