‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1573 sur 1729 · TÉRATOLOGIE · texte numérisé non relu

TÉRATOLOGIE

TENTE (du b.-lat. lenla, loilc tendue), espèce de pavillon lait de grosse toile, et que l'on dresse en pleine compagne pour se mettre à l'abri du soleil et des injures du temps. Les anciens patriarches vivaient sous la lente : c'est encore la seule liahilation des peuples nomades. — Kn Marine, les tentes sont de grosses couvertures que l'on tend à 3 ou 4 mètres au-dessus des ponts supérieurs des navires. Les embarcations légères ont une toile tendue à 1 m. 50 au-dessus des bancs : on la nomme tente de nage ou faude.

Les armées grecques et romaines menaient des tentes à leur suite et les dressaient toutes les lois qu'elles établissaient leurs camps. Cet usage se perdit au moyen âge, parce qu'alors les armées ne tenaient guère la campagne pendant l'hiver. Louis XIV fit reprendre la tente à ses troupes. Sous la Révolution et sous l'Empire, la rapidité des mouvements stratégiques ne permit point de s'en servir, et les soldats firent usage du cantonnement dans les lieux habités ou du bivouac en plein air. Les guerres d'Afrique amenèrent l'usage de faire porter à chaque homme une petite tente en toile, dite tenle-abri, sul lisante pour protéger le haut du corps pendant le bivouac. Après 1870 on a supprimé cet engin qui alourdissait la charge du fantassin et présentait d'autres inconvénients; il y a cependant maintenant une tendance à revenir à cet usage. — Pour les camps de quelque durée on fait usage de tentes en toile (pour 12 ou 8 hommes) que fournit l'intendance; on utilise aussi les tentes dans les ambulances de campagne.

En Chirurgie, on donne le nom de tentes à de petils faisceaux ou rouleaux de charpie un peu durs, de lorme cylindrique ou conique, et liés au milieu par un fil que l'on introduit dans les ulcères profonds ou dont on se sert pour dilater une ouverture ou un canal.

Tente du cervelet, large repli de la dure-mère tendu entre le cerveau et le cervelet.

Tente, lilet de pèche. Voy. étekte.

TÉNTHRÈDE (du gr. xsvBpTjSwv), Tenlhredo, genre d'Insectes, de l'ordre des Hyménoptères térébrants, famille <les Porte-Scie et type de la trihu des Tcnthrédiniens : corps court et cylindrique, mandibules fortes et aplaties, mâchoires munies de palpes à 6 articles, antennes assez courtes, abdomen peu distinct du thorax; tarière dentelée en forme de scie chez les femelles. Leurs larves ressemblent aux chenilles des Lépidoptères, ce qui leur a valu le nom de Fansses-Chenilles. — A la tribu des Tenlhrédiuicns appartiennent les genres Tenthrède, Cépkiis, Lophyre, Néniate, Hylototne, Cimbex, etc.

TENTURE (du lat. tcntura), se dit d'un certain nombre de pièces de tapisserie de même facture, do même dessin, ou dont les dessins font suite l'un à l'autre : il se dit aussi de tout ce qui sert à tapisser un appartement, une église, etc. — Ce mot désigne le plus souvent les pièces d'étolfe de deuil qui sont tendues, lors d'un convoi ou d'un service, dans l'intérieur et à l'extérieur de l'église, ainsi qu'à la maison mortuaire.

TENUE DES LIVRES, art de régler la comjjtabililé d'un négociant et de présenter l'hisioire écrite de toutes ses opérations. On distingue : la T. des livres en partie simple, manière de tenir les livres qui consiste à ne mentionner, dans chaque article, que celui qui doit ou à qui l'on doit; et la T. des livres en partie double, qui consiste à reconnaître à la fois un débiteur et un créancier dans la rédaction d'un article quelconque, soit de recette, soit de dépense ; cette deuxième méthode a été inventée par les Italiens. Dans la tenue des livres en partie double, 0 1 joint aux comptes des débiteurs et des créanciers parliculiers, sous le nom de marchandises gé7iérales, traites et remises, profits et pertes, etc., des comptes généraux oui font le contrôle perpétuel des comptes particuliers, et dont les résultats indiquent, par un calcul sur et facile, les bénéfices ou les pertes du négociant. A l'aide d'une l)onnc tenue de livres, un commerçant doit pouvoir toujours et facilement : l" remonter aux transactions antérieures pour les comparer aux transactions présentes ou rectirier les erreurs ; '2° connaître sa position avec ses débiteurs ou ses créanciers; 3° apprécier sa propre situation. — Voy. : Trémery, le Teneur de livres; L'Epine, la Tenue des livres en jmrtie double ; E. Degrange, Tenue des livres; Goujon et Sardou, Cours complet de tenue des livres; Taeaiile, Comptabilité commerciale; Le Pelletier, Comptabilité apprise sans maître; Malmanche (Mlle IL), Tenue des livres, etc.

Note tenue, note soutenue pendant un certain nombre de mesures ou de temps.

TÉNUI ROSTRES (du lat. tenuis, mince, et rostrum, bec), famille d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux déodactyles, renferme des espèces qui ont le bec long, étroit, sans échancrure et souvent flexible. Elle comprend les genres Sittelle, Colibri, Grimpereau, Huppe, etc

TENURE. En Droit féodal, ce mot se disait et de l'étendue d'un fief, et de sa mouvance ou le la manière dont il était tenu ou possédé. On distinguait en général la T. féodale, pour les fiefs nobles, et la T. de roture, pour les fiefs roturiers; et en particulier la T. par hommage, la T. par parage, par aumône, par bourgage, etc. Voy. mouvance.

TÉOCALLIS, sorte de pyramide mexicaine. Voy. ce mol au Die t. d'Hist. et de Géogr.

TÉORBE ou THÉORUE, instrument de Musique à cordes, que l'on pinçait avec les doigts, était assez semblable au luth, mais plus grand, et avait deux têtes ou manches, l'un pour les cordes qui se doigtaient sur le manche, l'autre pour les grosses cordes qui servaient pour les basses et qui se pinçaient à vide {Voy. luth). Dans les accompagnements, le léorbe jouait à peu près le rôK; que remplit aujourd'hui le violoncelle. — Cet instrument fut inventé au commencement du xvi" siècle, soit par un Italien du nom de Teorba ou Tiiorba, que d'autres appellent Rarlclla, soit par un Français nommé llotteman. C'était l'instrument favori des dames au temps île Louis XIV.

TÉPHRITE (du gr. Te'tppa, cendre), roche éruplive analogue à la phonolithe, mais dans laquelle les microlithes d'orthose font défaut.

TÉPHRITE (du gr. TÉçpa, cendre ; à cause de leur couleur), Tephritis, genre d'Insectes, de l'ordre des Di|)tères, famille des Athéricères, tribu des Muscides, renferme de petites mouches à ailes latérales, qu'elles remuent continuellement. Les femelles ont le corps terminé par un tuyau écailleux qui leur sert à introduire leurs œufs dans diverses substances : d'où leur nom vulgaire de Mouches à queue. Chaque espèce habite une plante particulière; les principales sont : le T. du chardon, d'un noir luisant, avec l'écusson et les pattes jaunes; le T. cornu, qui attaque les scabieuses : il est gris; le T. de la bardane, d'un vert jaunâtre, avec des poils gris, etc.

TÉPHROÏTE, var.manganésifère dePérje/o<[2MnO.SiO-]. Voy. PÉniDOT.

TÉPHROSIE, Tephrosia, genre de la famille des Papilionacées, tribu des Lotées, détaché du genre Galéga, renferme des plantes qui doivent leur nom au duvet soyeux qui donne à toutes leurs parties une teinte cendrée. La T. tinctoriale est le Galéga officinal ; la T. vénéneuse, le Galéga soyeux ou Bois à enivrer. Voy. galéga.

TÉRATOLOGIE (du gr. TÉpaî, TÉpatOî, monstre, et Tvôyoî, discours), partie de la Physiologie générale qui traite des diverses monstruosités de l'organisation des animaux et des végétaux, et qui en recherche les causes et les lois {Voy. monstre). La tératologie est devenue auj. une branche importante de l'Embryologie, en raison de ce fait que beaucoup de malformations sont dues uniquement à la persistance de stades embryonnaires normalement transitoires et restés définitifs dans les cas en question. — Isid. Geoffroy St-liilaire a donné un Traité de tératologie animale (1832-36) ; Moquin-Tandon, les Eléments de tératologie végétale (4841). Consulter aussi les ouvrages de M. Daresle sur la Tératologie animale.

Quant aux malformations des minéraux, consulter Baiidrimont, Recherches sur la structure et la Tératologie des corps cristallisés (1847).

A côté des monstruosités naturelles, il faut placer les monstres imaginaires, qui doivent naissance aux superstitions populaires, aux fictions des poètes, des romanciers et des voyageurs, en un mot à ce uesoin du merveilleux si naturel à l'homme : au nombre de ces derniers, on peut citer, outre le Béhémolh et le Léviathan de l'Ecriture, les Harpyies, les Sirènes, la Chimère, la Gorgone, les Satijres, les Centaures, Pégase, l'Hippogriffe, etc., et, dans un ordre moins relevé, les « oysons bridez, lièvres cornuz, canes bastées, boucs volants, cerfs lymonniers et autres telles peintures, dit Rabelais [ProL, liv. I). contrefaites à plaisir pour exciter le momie à rire ». Voy. sur ce sujet Berger de Xivrey, Traditions téralo-

TERATOPIUS

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