‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1583 sur 1729 · THÈME · texte numérisé non relu

THÈME

lieu de se lever comme cliez nous, s'abaissait quand la roprésentalioii commençait, et disparaissait dans une ouverture ménagée entre la scène et Torchestre. Le premier tliéàlre romain en pierre fut celui de Pompée (66 av. J.-C). On a les ruines bien conservées de ceux de Marcellus à Rome, d'Orange et d'Arles, en France. [Voy. amphithéâtre, oDÉox, crRQiE.) Les tbéàtrcs romains étaient en général plus grands que ceux des Grecs (celui de Pompée contenait 40 000 places',. — Les théâtres mo<lernes dilTèrent beaucoup de ceux de l'antiquité par leur étendue et par leur disposition. Ce sont des salles couvertes et éclairées par des lumières artificielles ; leur système de construction ne remonte pas au delà du xvi= siècle. En Es|jague, ils étaient carrés justju'à la lin tlu xvui' sijcle. Paris |)ossède : le Théâtre-Français, VOpéra, V Opéra-Comique, VOdéon,

aui sont subventionnés par l'Etat, et des théâtres indépenants nombreux {Vaudeville, Variétés, Gynniasc, Porte- St-Mar lin . Palais- Royal , Ambigu, Gai té, etc.). Dans les départements, on cite les théâtres de Bordeaux, Lyon, Marseille, Rouen, le Havre, Tours, etc. A l'étranger, on remarque la Scala de Milan, la Fenice de Venise, la Monnaie de Bruxelles, les théâtres de Bayreulh, Munich, Berlin, Carlsrulie, \' Alexandrine de St-Pétersbourg, les théâtres de Covcnt-Garden, Drury-Lane, Haymarket, etc., à Londres. Quant à Yart théâtral ou arl dramatique, voy. les art. TRAGÉDIE, COMÉDIE, DRAME, SPECTACLES, clc. Consulter sur ce sujet : D"' Gow, Minerva, 1890 ; Recueil de législation théâtrale. Imprimerie nat., 1888; Sturmhofel, Scène der Allen und Rûhne der Jseuzeit, Berlin, 1889; les divers cours de littérature ancienne et moderne [Patin, Schlegel, Drunetière, etc.); Petit de Julleville, Histoire du théâtre en France, 1885; Léris, Dictionnaire des théâtres de Paris, 1765; le Théâtre des Grecs du P. Brunoy; le Théâtre des Latins de T. B. Levée et Duval ; les Chefs-d'œuvre des théâtres étrangers de MM. Aignan, Andrieux, Barantc ; les Annales du théâtre de MM. Noël et Stoullig; le Répertoiredu Théâtre français; V Histoire universelle des théâtres de Desfonlaincs (1779-81) et celle de Royer(1868); A. Pougin, Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre, 1885; Perrot et Clùpiez, Histoire de l'art dans l'antiquité (en cours de publication). Théâtre-Français ou Comédie-Française. L'origine du Théâtre-Français lemontc à l'acquisition que les confrères de la Passion firent, en 1548 du terrain où s'élevait l'ancien hôtel de Bourgogne, rue Mauconseil. Dès 1650, Molière fonda une troupe de comédiens ambulants, auxquels Louis XIV concéda le théâtre du Petit-Bourbon, près de St-Germain-l'Auxcrrois ; en 1660, ils allèrent au Palais- Royal; en 1680 fut fondée la Société de la Comédie- Française, par la fusion des deux troupes existantes. Son théâtre fut rue des Fossés-de-^'esles (auj. rue Mazarine), en face la rue Guénégaud ; en 1687, ils s'établirent rue des Fossés-Saint-Germain (auj. rue de l'Ancienne- Comédie), en face du café Procope, puis aux Tuileries en 1770, à l'Odéon (1782) qui fut brûlé en 1799, et enfin, 11 prairial an vu, rue Richelieu, au théâtre des Variétés aOT?/saH/es, Théâtre-Français actuel. La Comédie- Française fut organisée par le décret de St-Cloud (28 nivôse an xi), l'acte de société passé à Paris le 22 germinal an xii, et le décret de Moscou (15 oct. 1812). les ordonn. de 1816 et 1822, les décrets des 27 avril 1850, 19nov. 1859. La Société s'administre elle-même par les soins d'un comité sous la surveillance d'un agent du gouvernement appelé administrateur général. L'Odéon, dit Second Théâtre- Français, partage avec le Théâtre-Français le monopole du répertoire classique.

Les principaux acteurs qui ont illustré la Comédie-Française sont : au xvii* siècle, les deux Michel, Baron, Brécourt, Lagrange, la Béjart, la Champmeslé, Raymond- Poisson ; au xvni"=, Armand, les deux Quinault-Desfresnc, Granval, Préville, Lekain. Mlles Ducios, Adrienne Lecouvreur. Clairon, Duinesnil, Sainval ; au xix°, Monvel, Dugazon, Grandmesnil, Talma, Lafond, Samson, Régnier, Mlles Vestris, Duchesnois, Georges, Mars, Rachel, les deux Brnhan, Samary, Favart.

L'iiistoire du Théâtre français a été écrite par les frères Parfaict (1734-49). Voy. Bonnassies, /a Comé</<e-/'>a«ça/«e, histoire administrative, 1874; ?>o\i\ncs, Almanach des spectacles (1875-1891), et la Comédie- Française de 1825 à 1894; Lucas, Histoire j)hilosophique et littéraire du Théâtre français, 1843. — En France, depuis le l" juillet 1864, la liberté des théâtres est presque complète ( Voy. cex-

scbe). Consulter Hallays-Dabot. Histoire delà Censure théâtrale en France, et les ouvrages indiqués au mot censure.

THÉBAIOE, titre d'un poème en douze chants, où Slace raconte la lutte fameuse d'Etéocle contre son frère Polynice, la prise de Thèbes et la mort des deux frères.

Le sujet de la Thébaïde a été bien souvent mis au théâtre : rappelons les Sept Chefs devant Thèbes d'Eschyle, les Phéniciennes d'Euripide et de Sénèqne, la Thébaïde de Rotrou, les Frères ennemis de Racine, etc.

THÉBAINE, alcaloïde trouvé dans Vopium; extrait Ihébaïque est synonyme d'extrait d'opium.

THÉCIDÉE, Thecidea. genrQ de Brachiopodes, de l'ordre des Cirrhidés et i\y>c de la famille des Thécididées ou Thécidées : coquifle irrégulière, de conlexlure perforée, à deux valves très inégales : la grande, généralement fixée

f)ar le crochet, présente une aréa j)er forée; à l'intérieur, a petite valve oITre une seule apophyse creusée de 2 à 6 smus latéraux. Les Thécidées rivent aujourd'hui dans les mers très profondes; elles ont des représentants fossiles depuis l'étage bajocien.

THÉINE, alcaloïde, identique avec la caféine. Voy. thé

et CAFÉ.

THÉISME (du gr. 0eôç, Dieu), doctrine qui admet l'existence d'un Dieu [Voy. dieu). On nomme théistes les philosophes qui la professent. Le théisme s'oppose à l'athéisme, et le déisme à la croyance en, une religion révélée. Voy. déisme.

THÉLÉPHORÉES (du genre type Thelejyhora), famille de Champignons Basidiomycètes, dont le caractère essentiel est d'avoir l'hyménium lisse.

THELPHUSk ou telphuse, Telphusa, genre de Crustacés, de l'ordre des Décapodes brachyures, famille des Catoméfopes, renferme des espèces de Craljcs qui font leur séjour habituel dans les rivières, ce qui les avait d'abord fait appeler Po/awio/^/t?/es. La T. fluyialile, longue de Om. 07, se trouve dans le midi de l'Italie, en Grèce, en Egypte, en Syrie, et habite les ruisseaux, les rivières, se tenant sous les pierres. Sa chair est estimée.

THÉLYGONE, Thelygonum, genre de la famille des Urticées, a été établi pour une seule espèce, le T. charnu [T. cynoa-ambe), qui habite les crevasses des rochers de la Méditerranée : tige herbacée, succulente, qui se ramifie et

aui s'étale en divers sens; feuilles ovales et charnues; eurs monoïques ; fruits globuleux, secs, couverts d'une poussière blanche, composée de cristaux d'oxalate de calcium.

THÉLYPHONES, Thelyphoni, groupe d'Arachnides, de l'ordre des Scorpionides, renferme des espèces à queue filiforme et dépourvue d'aiguillon; les principales sont le T. géant, du Mexique, et le T. à queue, des Indes orientales. On doute que ces scorpions soient venimeux.

THÈIWE (du gr. Sf,[ia:, se dit en général de tout sujet, matière ou proposition que l'on entreprend de prouver ou d'éclaircir. Ainsi, dans un sermon, on donne le nom de thème au texte de l'Ecriture qui sert de début au prédicateur et auquel il rapporte tout son discours.

En Grammaire, on entend par thème : l" soit le radical primitif de tout mot qui se décline ou se conjugue, soit, et spécialement en grec, le présent du verbe, parce que c'est le premier temps qu'on pose pour en tirer les autres; 2" les morceaux qu'on donne aux écoliers à traduire de la langue qu'ils savent dans celles qu'ils apprennent : en ce sens, on oppose le thème à la version. La nécessité de ce genre d'exercices pour bien apprendre une langue est incontestée, et il a été com|K)se, pour y former les écoliers dans chaque langue, de nombreux recueils et des traités didactiaues ; tels sont les Conseils jjour faire un thème latin ae GofTaux, les Méthodes pour les thèmes grecs d'Alexandre et de Longueville, le Cours raisonné de thèmes anglais de Suiers, etc.; maij la question de savoir s'il faut commencer l'étude des langues par l'exercice du thème ou par celui de la version partage les Grammairiens.

En Musique, on appelle thème le motif principal d'un morceau; lorsqu'il est développé au moyen de variations, il prend le nom de thème varié.

En Astrologie, on nommait thème céleste, ou simplement thème, la position où se trouvent les astres au moment de la naissance de quelqu'un et par rapport au lieu où il est né, position d'après laquelle on tirait l'horoscope. Voy. ce mot.

Dans l'empire d'Orient, on a donné le nom de thème au corps de troupes chargé de la garde d'une province, et, dans la suite, à la province elle-même.

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