TONIQUE
TONSILLAIRE
de tous les éléments du corps, laquelle consliluc la vie même. Aujourd'liui le mot tonicité s'emploie dans trois cas : appliqué aux tissus en général, il est synonyme d'élasticité ; appliqué au tissu musculaire (T. musculaire), il exprime l'état de demi-activité dans lequel, même pendant le repos, les muscles sont maintenus par l'influx nerveux: appliqué aux vaisseaux [T. artérielle), il exprime l'état intermédiaire entre le relàclicment et la contraction active des artères, résultant encore de l'activité nerveuse continuelle pendant la vie.
TONIQUE, se dit, en Médecine, des substances, aliments ou médicaments qui ont la faculté de rendre de la tonicité aux tissus et de la force aux organes. On distingue : les T. astringents, comme \c tannin, le cachou, le ratanhia, la gomme kino, l'alun, les acides, etc. : les T. analeptiques ou fortifiants : tels sont surtout, parmi les aliments, les viandes nMies, les vins généreux, et parmi les médicaments, les ferrugineux ; et les T. ncvrostliéniques, tels que les suljslances végétales ami-res, comme la gentiane, le houblon, le quinquina, le quassia, le simarouba, etc.
En Musique, on nomme tonique la note jMincipale ou fondamentale d'un ton, d'un mode : c'est la première note de la gamme du ton dans lequel est compose un morceau de musique ; elle donne son nom à ce ton. Voy. tos.
Accent tonique. Voy. accent.
TONKA, amande du Coumarou.
TONLIEU (du lat. teloniuni, du gr. tôXwviov, bureau du receveur d'impôt). Dans l'ancien Droit coutumier, ce mot se disait : 1° du droit seigneurial qui se payait pour les jilaccs où ion étalait dans un marché ; 2° du droit perçu sur les marchandises à l'entrée des villes.
TONNAGE, ia|)acité d'un navire calculée par le nombre do tonneaux [Voy. ce mot) qu'il peut contenir. On détermine le tonnage des navires au moyen du jaugeage. Depuis l'apjiarition des bâtiments à vapeur, on a modifié plusieurs fois les règles de jaugeage qui servent à percevoir les droits de navigation, afin de tenir compte d'une manière équitalde de l'espace occupé par la machme et le charbon.
Dans les ports, les navires payent un droit de tonnage, dit aussi droit de tonnelage, qui est proportionné à leur capacité. Ce droit est dû par le seul fait de l'entrée du navire da.is le port, sa station ne fût-elle que de quelques heures.
TONNE (orig. inc), grand tonneau, plus grand et plus renflé par le milieu que le tomieau ordinaire. Voy. tonnead
et TONNELAGE.
Tonne ou Tonneau métrique, unité de poids égale à 1 000 kilogranmies et qui représente le poids d'un mètre cube d'eau. Elle est employée dans les chemins de fer et la navigation maritime et fluviale, pour l'évaluation des poids considérables, comme le poids d'un bloc de pierre ou d'une masse de marchandises, pour le jaugeage d'un vaisseau, etc. — En Angleterre, le tonneau de mer est de 20 quintaux de 112 livres et équivaut à 1015 kilogr. En Russie, il vaut 082 kilogr. 8.
Les Marins donnent aussi le nom de tonne : 1° à une sorte de grosse bouée, en bois ou en tôle, qu'on fixe sur les écueils à l'entrée des ports et des rivières, pour en indiquer les passes ; 2" à une embarcation sans mât, en usage sur la côte de Malabar, et que l'on meut à l'aide de pagayes.
Tonne d'or, se dit d'une somme d'argent dont la valeur varie suivant les pays. La tonne d'or est de cent mille florins en Hollande; elle est de cent mille thalers en Allemagne.
TONNE, Dolium, genre de Mollusques gastéropodes, de l'ordre des Pectinibranches, famille des Cassidées ; coquille spirale, mince, ventrue et globuleuse, dont l'ouverture large et oblongue est échancrée en avant, et dont tous les tours sont recouverts de sillons -parallèles. Ces coquilles appartiennent aux régions chaudes ; elles ont des représentants fossiles dans l'étage falunien. — Tonne est aussi le nom vulgaire de diverses coquilles appartenant aux genres Volute, Trochus, Cérite, etc.
TONNEAU (de tonne), se dit, en général, de toutes sortes de vaisseaux ou futailles de bois, ronds, à deux fonds et reliés de cercles, ayant à peu près la forme de deux cônes tronqués égaux, réunis par leurs grandes bases, et servant à mettre des marchandises, comme vins, eauxde-vie, huile, miel, pruneaux, etc. Dans le Commerce des vins, on appelle spécialement tonneau une mesure plus grande que le muid et la feuillette, et plus petite que la pipe; sa capacité varie suivant les lieux. — Ou fait Leau-
coup usage depuis quelques années de tonneaux en fer ordmairement cylindriques — et quelquefois démonlaliles en deux parties, ce qui facilite les retours à vide. — On fait aussi depuis peu de temps des tonneaux en papier.
Tonneau de mer, mesure pour le jaugeage des navires. Elle avait été fixée, par l'ordonnance de 1681, à une contenance de 42 pieds cubes (l'°«,44), évaluée à un poids de 20 quintaux, ou 2 000 livres (env. 979 kilogr.). C'est d'après cette mesure que l'on a calculé longtemps la capacité des bâtiments de commerce ( Voy. tonnage et tonne] ; mais auj. le tonneau officiel est à peu près le double au tonneau commercial : sa contenance a été fixée à 2 m. c. 85 (100 pieds cubes anglais). — Le tonneau sert à régler le fret des marchandises (Code de comm., art. 280).
TONNEAU (jED de). Il sc composc d'uue machine de bois, ronde ou carrée, à peu près de la hauteur d'un tonneau, et percée ai> dessus de plusieurs ouvertures dans lesquelles on cherche à jeter de loin des palets de cuivre, pour gagner un certain nombre de points.
TONNELAGE, se dit pour tonnage. Voy. ce mot.
On nomme niarc/tandises de tonnelage les marchandises liquides qui se mettent dans des futailles, ou les marchandises sèches qu'on encaisse dans des tonneaux, comme la cassonade, les drogues, etc.
TONNELLE. Outre les berceaux de verdure, on appelle ainsi un engin prohibé, peu en usage aujourd'hui; c'est un filet de deux pièces que l'on tendait en angle pour capturer les perdrix.
TONNELLERIE, tonnelier. L'industrie du tonnelier consiste dans la fabrication des tonneaux, barils, futailles, muids, cuves, cuviers, seaux, baquets, barattes, etc., et, en général, de toute espèce de vaisseaux formés de bandes de bois qu'on nomme douves, et qui sont reliées entre elles par des cercles en bois ou en fer. Les douves sont plus étroites sur la surface interne que sur celle du dehors, pour que leur juxtaposition soit plus facile et plus solide. Pour monter un tonneau, l'ouvrier commence par amoindrir la largeur des douves à leurs deux extrémités : cette opération difficile se fait au moyen d'une grosse varlope dite colombe; il assemble ensuite les douves ainsi préparées au moyen d'un cercle en fer à vis qui les maintient pendant qu'il place à l'un des bouts deux cercles en bois : d exécute la même opération à l'autre extrémité, après avoir fait prendre aux douves la courbure nécessaire en brûlant quelques copeaux dans l'intérieur; puis, à l'aide d'un ralx)t armé dune petite scie et d'une jilaque de fer
aui porte sur le bout des douves, il pratique une rainure, 'lie jable, qui doit recevoir le fond de la pièce. Il perce ensuite la bonde, que ferme un bouchon de bois, et relie soigneusement la l^utaille. Dans ces dernières années on a imaginé des machines-outils qui réalisent rapidement les quatre opérations principales du montage d un tonneau. Avec ces machines 10 ouvriers peuvent fabriquer 120 barriques d'un hectolitre en une journée.
TONNERRE (du lat. tonitru), bruit produit par la foudre; il est toujours précédé par l'éclair. Le tonnerre présente une sorte de roulement dû à des réflexions sur les nuages ou sur le sol ; on ne l'entend guère qu'à une vingtaine de kilomètres au plus, tandis que l'éclair s'aperçoit à une distance bien plus grande (Voy. éclair de chaleur). Dans le langage vulgaire, tonnerre est synonyme de foudre [Voy. foudre et paraton->erre) . On doit à Arago une excellente Notice sîir le tonnerre. Pour les autres ouvrages traitant du tonnerre, voy. orage.
Les Armuriers donnent le nom de tonnerre à l'endroit du canon d'un pistolet ou d'un fusil où se met la charge : cette partie de l'arme est renforcée de manière à résister aux efforts considérables auxquels elle est soumise.
TONOMÈTRE (du gr. t6voî. ton, et [lérpov, mesure), série de diapasons échelonnés de 8 en 8 vibrations. Pour trouver le nombre de vibrations d'une note, on cherche les deux diapasons qui s'en rapprochent le plus au-dessus et au-dessous, et en comptant le nombre des battements qu'ils donnent avec cette note, on obtient le nombre cherché. Cette méthode est due à Scheibler.
TONSILLAIRE (du lat. lonsillse, amygdales), ce qui a rapport aux amygdales. On appelle : artère tonsillaire, une artère qui se dislril)ue à la langue et aux amygdales: angine tonsillaire, Vamygdalite [Voy. ce mot). — Le sécateur de Fahnestock, dont on se sert pour la résection des amygdales, est quelquefois appelé tonsillitome.
TOiNSILI.tS
TOPOGRiVPHIE
TONSILLES. Voy. amygdales.
TONSURE (ilu laL tonsura], se dit et de la couronne que loa fait sur la tête aux clercs, sous-diacres, prôtrcs, etc., en leur rasant une partie des cheveux, et de la cérémonie religieuse par laquelle on donne la tonsure : c'est le premier degré de la cléricature; il est antérieur aux ordres. La tonsure est donnée par l'évêque; l'âge auquel on peut la recevoir varie selon les diocèses; généralement on ne peut être tonsuré avant 14 ans. Tous les ecclésiastiques, séculiers et réguliers, doivent porter la tonsure. A mesura que l'ecclésiastique avance dans les ordres, sa tonsure devient plus large ; celle des prêtres est la plus grande de toutes : d'après le rituel romain, la tonsure du prêtre doit avoir 8 centimètres de diamètre; celle du diacre, 6; celle du sous-diacre, 4,5; celle du minoré, 4; celle du simple tonsuré, 3,5; la tonsure du pape occupe presque toute la partie antérieure de la tête. — On distinguait jadis : la T. romaine ou de St-Pierre, partielle et circulaire : c'est celle qui auj. est généralement adoptée ; la T. grecaue, qui s'étendait sur toute la tête, et la T. de St- Paitt ou T. écossaise, qui allait d'une oreille à l'autre sur le devant de la tête.
Dans l'origine, c'était une marque d'humiliation ou même d'infamie (|ue d'avoir la tête tondue ou rasée. Chez les Franks on rasait les princes incapables de succéder au trône. Voy. chevelure.
TONTE (de tondre). Tonte des animaux domestiques. Elle n'a pas seulement pour objet la récolte du poil ou de la laine [Voy. toison), c'est aussi une opération utile au point de vue hygiénique. On tond certains chiens au poil long et frisé, les chevaux au printemps pour les débarrasser de leur robe d'hiver, les bœufs de travail ou à l'engrais qu'il serait trop long de panser. Pour ces derniers, comme pour les chevaux, l'opération se fait assez rapidemont à l'aide d'une tondeuse mécanique.
Tonte des arbres. Voy. élagage.
TONTINE (de l'inventeur Lor. Tonti], association financière par laquelle plusieurs personnes mettent en commun un fonds destiné à être réparti, à une époque déterminée, entre les survivants, avec la part des décodés et les intérêts accumulés. — On étend quelquefois le nom de to7itine à toute opération financière basée sur la durée de la vie humaine, telles que rentes viagères, remboursement sous forme d'annuités viagères de rentes perpétuelles, assurances en cas de mort.
Tontines de l'Etat. Les Etats ont eu souvent recours aux tontines pour faciliter l'emprunt des sommes dont ils avaient besoin, en ollrant aux prêteurs des chances de bénéfices considérables en cas de survie. La première application en fut essayée en France, en 1653, par Mazarin, dont l'édit, du reste, ne put être exécuté, le parlement ayant refusé de l'enregistrer : l'idée en avait été suggérée au cardinal par le Najxjlitain Lorenzo Tonti. En 1689, Louis XIV ouvrit une tontine de 1 400000 livres de rentes, qui ne finit qu'en 1726; huit ou neuf autres suivirent jusqu'en 1 759 ; mais, ce mode d'emprunt ayant été jugé trop onéreux pour l'Etat, il fut interdit pour l'avenir par une déclaration du 21 nov. 1765 et par un arrêt du conseil de 1770. L'établissement des tontines par l'Etat a été égalemont fait à plusieurs reprises en Angleterre, de 1692 à
Tontines privées. Les deux plus célèbres qui aient été fondées en France au xvm" siècle sont la Compagnie royale d'assurances, autorisée le 5 novembre 1787, et la Caisse Lafarge, dont le projet avait été repoussé par Louis XVI, et qui ne fut ouverte qu'en 1791. Ces entreprises eurent, dans le principe, un grand succès; mais, établies sur dos calculs erronés, elles amenèrent les plus tristes déceptions ; leur situation devint tellement déplorable qu'un décret du 25 mars 1809 les mit en gérance, et défendit à l'avenir l'établissement d'aucune tontine sans l'autorisation préalable du gouvernement. Ce ne fut qu'en 1810 qu'une compa;;:7iie de ce genre osa s'adresser de nouveau à la confiance du public {Voy. assurances) ; depuis, un grand nombre d'associations tontiniores se sont formées en France, en Angleterre et en Allemagne ; quelques-unes seulement offrent toutes les garanties désirables. Les tontines ont été soumises, en France, à la surveillance de l'Etat par l'ordonnance du 12 juin 1842 et le décret du 16 janvier 1854.
TONTISSE, se dit, dans les fabriques de drap, de l'espèce de bourre qui résulte du tondage des draps. On fait
avec cette tontisse, réduite en poussière, des papiers de tenture dits veloutés.
TONTURE, se dit soit du poil que l'on tond sur les draps, soit des branches et des feuilles que l'on coupe, que l'on taille aux palissades, aux bordures de buis, etc., quand on les ébarbe.
En termes de Marine, la tonture est la courbure que l'on donne aux ponts des navires en en relevant un peu les extrémités. En même temps qu'elle donne plus de grâce au bâtiment, elle procure aux eaux un écoulement vers le milieu du pont.
TOPAZE (du lat. topazus], fluosilicate d'aluminium r5(Al205.SiO*)+A12F|6.SiFl*] avec substitution variable d'un atome d'oxygène à 2 de fluor. Elle cristallise en prismes orlhorhombiques, clivables parallèlement à la base et diversement terminés. La topaze est plus dure que le quartz et moins que le corindon : elle est incolore, jaune, parfois bleuâtre. Les variétés jaune de miel consliluonl une gemme assez estimée ; par la calcinalion elles prennent une couleur orangée et sont dites topazes brûlées; ces variétés viennent du Brésil. Les topazes jaunc-paille viennent de Saxe, les topazes incolores ou bleuâtres de Sibérie. Elles se trouvent en général dans les terrains granitiques; ccliiis du Brésil sont dans une argile lilhomarge. — La Pycnitc {Voy. ce mot) est une variété bacillaire de tojwze. — La Fausse Topaze est un quartz jaune.
Topaze orientale, variété de Corindon. Voy. ce mol.
La Topaze était la deuxième pierre du premier rang sur le rational du grand prêtre des Juifs. On y gravait le nom de la tribu de Siméon.
TOPAZOLITE, variété de Mélanite (Voy. ce mot).
TOPHACÉ. Voy. concrétion.
TOPHUS (du lat. tofus), ou concrétions topiiacéi:s, concrétions de phosphates calcaires ou d'uratcs qui se trouvent chez les goutleux. Voy. concrétion et goutte.
TOPINAMBOUR, llelianlhus luberosus, vulg. Crompire. Artichaut du iMiiada. Voire de tcri-e, plante alimentaire de l'Amérique méridionale, de la famille des Coinjiosées et du genre Hélianthe : tige haute de 1 m. 50 à 5 m. ; feuilles éparses, op|xisées ou ternées, très rudes au toucher; fleurs jaunes, petites, terminales; racines luborculeuscs. Les tubercules des topinambours ressemblent à des pommes de terre allongées ; leur peau est brune, leur chair blanche ; leur saveur se rapproche de celle des artichauts, leur contexture de celle de la rave.' On les mange cuits et assaisonnés de diverses manières; tous les bestiaux les recherchent avec avidité : on les donne surtout aux vaches et aux brebis, dont ils augmentent le lait. Les feuilles, vertes ou sèches, donnent un bon fourrage : les tiges fournissent des rames pour les pois et les haricots. — Le topinambour est connu en Europe depuis le milieu du xvu® siècle.
TOPIQUE (du gr. tottixôî, local). En Médecine, on appelle topique, remède topique, tout médicament local qu'on applique à l'extérieur; on distingue les T. liquides (lotions, fomentations, etc.), les T. mous ou malagmas (cataplasmes, sinapismes, emplâtres, onguents), les T. solides (moxas, cautères, sachets, etc.).
En Rhétorique, les anciens désignaient sous le nom de Topiques des traités sur les lieux communs (en grec TÔ-ot), d'où l'on tire des arguments. On a des Topiques d'Ai'istote et de Cicéron.
TOPOGRAPHIE (du gr. xoxoypacs'a), art de représenter sur un plan un terrain d'une certaine étendue avec ses formes et ses accidents ; on le nomme aussi levé des plans [Voy. ce mol). — La topographie fait partie du bagage des connaissances de tout officier, et il est nécessaire que les gradés de tout ordre puissent lire une carte et s'en servir afin de s'orienter; on l'enseigne dans les dilférentes écoles militaires et, depuis quelques années, dans les écoles normales. — Le service géographique de l'armée, qui a succédé à l'ancien dépôt de la guerre, est chargé de la centralisation du service topographique dans l'armée ; un certain nombre de brigades topographiques opèrent dans les régions dont la carte n'est pas encore dressée et dans celles pour lesquelles il y a lieu de procéder à une revision. — Il existait autrefois des ingénieurs-géographes charges spécialement de ce service ; ils ont été remplacés par les officiers du corps d' Etat-major et, depuis la suppression de ce dernier, par des officiers de toutes armos choisis en raison de leurs aptitudes. — Consulter les cours de topogi-aphie de Puissant, de Lehagre, de Mœnard.
TOPOLOGIE
if.ôl