USAGE
dans la jaunisse, très albamineusc dans l'Iiydropisic, chargée de phosplialc de calcium dans le racliitismc, presque incolore clicz les hyslériqucs. sucrée chez les diabétiques.
Chimiquement luriiic est formée en grande partie d'eau tenant en suspension de Vurée, des sels à base de chaux et d'ammoniaque, des acides urique, phosphoriaue, hippurique, lactique, etc., et accidentellement de l'albumuie, un sucre fcrmcnlescible, des matières colorantes de nature bilieuse, des substances grasses, caséeuses, quelquefois purulentes.
L'urine a pour fonction de débarrasser l'économie de matières qui pourraient lui être nuisibles : elle joue, sous ce rapport, un rôle analogue à celui de la transpiration [Voy. ce mot); on a même constaté que plus celle-ci est abondante, plus la sécrétion de lurine diminue, et rcciproquemont.
Dans les Arts, l'urine sert pour dégraisser les laines, préparer 1(!S peaux, dissoudre l'indigo, pour fabriquer le sel ammoniac et l'orseillc; c'est dans l'urine que le piiospliorc a été découvert. On utilise comme engrais les eaux vannes qui proviennent des vidanges, etc.
URIQUE (acide),- acide que l'on trouve dans l'urine, les calculs urinaires, les excréments d'oiseaux, de serpents et dans le guano, etc. 11 est blanc, insipide, inodore, dur, sous forme de paillettes, plus pesant que l'eau, inaltérable à l'air, très peu solui)le dans l'eau, se combinant avec les bases solublcs pour former des iirates. On peut l'obtenir en traitant par la potasse le dépôt rougcàtre qui se forme dans l'urine qui vient de se refroidir, et en décomposant l'urate ainsi produit par l'acide chlorbydriquc. On l'extrait plus ordinairement des excréments de serpents, qui sont presque entièrement composés d'uratc d'ammonium. — Cet acide a été déccmvcrt, en 1776, par Scheele, qui l'avait d'abord appelé acide Ulliique (du gr. Xiôo;, pierre), parce qu'il l'avait extrait de calculs urinaires. 11 sert à obtenir la belle couleur pourpre appelée murexide. Voy.
l'I'nPURATES.
URNE (du lat. urna], nom donné, chez les anciens, à des vases de forme obloiigue, renflés par le milieu et rétrécis par le col, qui servaient soit à conserver les liqueurs, soit à recevoir les cendres des morts, les bulletins de vote ou les billets qu'on tirait au sort. Les urnes étaient le plus souvent de terre cuite, d'albâtre, de marbre, de porphyre, et quelquefois d'or, etc. Les urnes romaines destinées à conserver les liqueurs étaient de véritables mesures de capacité : elles contenaient la moitié de l'amphore. — L'urne était l'attribut des fleuves : on représente le dieu du fleuve appuyé sur une urne penchée, d'oîi découlent ses eaux.
En Dotanique, on donne ce nom à un organe de la fructiffcalion asexuée des Mousses.
UROCÈRES, insectes. Voy. sirex et siricides. URODÈLES (du gr. oùpi, queue, et ôf,Xo;, visible), groupe de Batraciens à corps allongé qui perdent leurs branchies, mais qui conservent leur queue pendant toute la durée de leur existence. Il comprend les genres Salamandre, Ménopome, Amphiume, Ménobranche, Protée, Sirène, etc.
URSIDÉS. Voy. URsns.
URSON, espèce de Porc-épic. Voy. éretiiizox. URSULINES, religieuses. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.
URSUS, nom latin de l'Owrs, a servi à former le mot Ursidés qui désigne une famille de Mammifères carnassiers, renfermant, outre le genre type, les genres Raton, Coati, Balisaur, Glouton, Grison, etc.
URTICA. nom latin botanique du genre Ortie. URTICACÉES. Voy. uuticées.
URTICAIRE (du lat. itrtica, ortie), dite aussi Fièvre ortiée, érui)tion cutanée semblable à celle que produit le contact de l'ortie. Elle est accidentelle ou spontanée. L'U. accidentelle est ordinairement due à l'introduction dans l'estomac de substances particulières, telles que moules, crabes, écrevisses, œufs de certains poissons, etc. L'éruption consiste en des plaques saillantes, dures, arrondies, de largeur variable, d(ï couleur rose ou pâle, disséminées par tout le corps, causant une vive démangeaison et de la chaleur. Elle dure rarement plus de 24 heures et demande tout au plus des lotions acidulées. LU- spontanée c&lyiroduitc par des causes variables, dont larthritisme est la plus importante. La dyspepsie doit aussi être incriminée. Elle est plus commnne dans l'enfan.-e et la jeunesse que dans la
vieillesse, et est caractérisée imr une éruption de plaques nombreuses. Celle alfection peut durer de 7 à 8 jours, de 2 à 5 semaines, et même de 5 à (i mois, se montrant par intervalles et parcourant successivement les diverses partics du corps. Elle est souvent très rebelle, et ne cède qu'à un régime sévère, à l'administration prolongée de boissons alcalines, eaux de Vichy, de Vais. — Les allectioiis dites Essère, Porcelaine, Uredo, Cnidosis, ne sont que des variétés de l'urticaire.
URTICATION (du lat. urtica), irritation superliciellc de la peau produite par le contact des orties ou d'autres corps appelés pour cette raison urticants. Beaucoup de chenilles des genres Dombyx, Liparis, Lithosic, ont le corps garni de poils très urticants. Du temps de Dioscoride on employait en Espagne ces chenilles ])our faire des sinapismes. L'Alucite des céréales peut déterminer, chez les gens (pii battent le blé, des démangeaisons cuisantes et une inllammaliou générale de toutes les parties exposées â l'air. De même encore les Actinies et les Méduses font éprouver, lorsqu'on les touche dans certaines circonstances, une sensation brûlante duc à la pénétration dans la peaud'une foule de petits organes urticants, soies raides que l'animal peut i)rojetcr à une petite distance. Quelquefois même, dans les pays chauds, les piqûres de certains de ces animaux [Galères ou Physalies, Vélclles cl Porpites) peuvent donner lieu à des accidents généraux analogues à ceux qui suivent la piqûre des serpents venimeux.
En Médecine, on appelle urlicntion une sorte de flagellation faite avec des orties fraîches, dans l'intention de déterminer une excitation locale à la peau : on la pratique surtout pour provocjuer ou ramener une éruption qui fait défaut, dans la rougeole, p. ex. S'il en résultait une inflammation trop vive, on aurait recours aux onctions huileuses.
URTICÉES ou URTICACÉES (du g-typc Urtica, Ortie), famille de plantes Dicotylédones apétales à ovaire supère, souvent restreinte par plusieurs botanistes, renferme des herbes, des arbrisseaux et des arbres, la plupart originaires des pays chauds : feuilles opposées ou alternes, à stipules pétiolaires ; fleurs en paniculcs ou en épis. Genres principaux : Unica (Ortie), Parietaria (Pariétaire), etc. — On a rattaché à cette famille les Arlocarpées, les Cannabinées, les Moréacées et les Ulmacées.
URUBU, Urubus, espèce du genre Catharle établie pour des Vautours d'Amérique, qui ont le corps entièrement noir en dessus et tache de jaune en dessous. Us sont communs dans l'Amérique du Sud, où on les respecte parce qu'ils purgent les rues des villes des immondices qui peuvent s'y trouver.
URUS, nom latin de V Aurochs, applique par quelquesuns au Thur, animal aujourd'hui perdu
US (du lat. usus). Ce mot, qui se joint presque toujours à coutumes, signilic les anciens usages, la pratique qu'on a coutume de suivre de longue main en quehjuc pays, en quelque lieu, louchant certaines matières. Voy. usage.
En Droit maritime, on entend parî<s et coutumes delà mer les maximes, lois et usages qui servaient autrefois de base à la législation maritime. Ces us et coutumes, qui sont basés sur les lois rhodiennes et les rôles dOleron, sont divisés en trois règlements, faits : le 1", par Eléonore de Guyenne, et augmenté par Richard Cœur-de-Lion ; le 2", postérieur à 1288, par des marchands de l'île de Golhiand; et le 5°, par les députés des villes hanséaliques, en 1597.
USAGE (du lat. usus). C'est, en termes de .lurisprudence, le droit de se servir des biens d'autriii sans toucher à leur substance et sans en percevoir les fruits au delà de ce qu'il faut pour les besoins personnels de Vusager et ceux de sa famille. L'usage dilfèrc de ['usufruit en ce
aue celui qui n'a que l'usage d'une chose ne doit se servir e cette chose que pour son utilité personnelle, sans pouvoir ni la louer, ni la céder gratuitement à un autre, même pour le simple usage, ni vendre les fruits superflus, comme le peut l'usufruitier. — Le droit d'usage jicul èlvc établi par acte entre vifs ou de dernière volonté, à titre gratuit ou onéreux. L'exercice de ce droit se règle par le titre ; à défaut de titre, il est réglé par la loi : on iie peut en user sans donner caution et sans faire des étals et inventaires des choses soumises à Vusage (C. civ., art. 625-656).
Usages locaux, règles établies dans certains lieux pour l'exécution des conventions et qui, sans être déterminées par la loi, sont adoptées par tout le monde. « Ce qui est ambigu s'interprète par ce qui est d'usage » (C civ..
USAGER
ITOPIE
art. I159).Voy. E. Lepcllctier, les Usages de Pa7'is. Voy.
COITCME.
USAGER, se dit, cii général, de celui au profit de qui est établi un droit d'usage, mais plus spécialement de celui qui a droit d'itsagc dans certains bois ou dans certains pacages. On distingue : les francs ttsagers, qui ne payent rien ou pres^jue rien ; les gros usagers et les menus usagers. Lusage des bois et i'orèts est réglé par le Code forestier. Le décret du 19 mai 1857 a eu pour objet d'accélérer dans les forêts de l'Etat la suppression des droits d'usage, suppression dont une loi de 1827 avait posé le principe.
USANCE. En termes de Banque, c'est le délai d'un mois qui est accordé pour le payement dune lettre de change, à celui sur qui la lettre est tirée. Dans l'origine, Vusance était le délai qu'on avait coutume de .stipuler suivant l'usage du lieu : mais, comme l'usage n'était pas partout uniforme, l'ordonnance de 1G75 régla que les usances seraient de 50 jours. Cette disposition a été confirmée par le Code de commerce, art. 152.
USEMENT. Dans l'ancien Droit français, ce mol se prenait, surtout en Bretagne, comme synonvme de coutume : c'est ainsi que l'on dit Vusement de Rohan.
USINE (du b.-lat. usina, usage des eaux). Ce mot qui fut appliqué d'abord spécialement à un établissement industriel marchant à l'aide de l'eau, se dit aujourd'hui en général de tout établissement important dans lequel s'exécutent sur une gi"ande échelle des ouvrages d'art et d'industrie, de tout établissement manufacturier où l'on emploie un plus ou moins grand nombre de machines, principalement de celles qui ont pour moteurs le feu, la vapeur et l'eau : forges, fonderies, laminoirs, verreries, etc. ; tels sont les établissements d'iiidret, de Fourchambault, de la Chaussade, etc. — Voy. Nadault de Bulfon, Des Usines sur les cours d eau ; Turgan, les Grandes Usines de France, etc.
USNÉE, Usnea, genre de la famille des Lichens, renferme des plantes qui croissent ordinairement sur le tronc des vieux arbres, et pendent en masses filamenteuses plus ou moins toulfues. On a désigne sous ce nom des espèces croissant sur les os qui sont restés longtemps exposés à l'air : on attribuait autrefois de grandes vertus à vUsnée du crâne humain, recueillie sur le crâne des pendus {Lichen saxatilis). VU. fleurie et VU. plissée s'emploient en teinture et donnent, la première, une couleur violette ; la seconde, une couleur verte. — M. Knop, en 1844, a extrait de l'usnée l'acide usnique, qui se présente sous forme de cristaux prismatiques jaunes, très fragiles.
USTiLAGINÉES (du genre-tvpe Ùstilago), famille de Champignons parasites qui se développent principalement chez les Graminées, où ils occasionnent les maladies dites carie, charbon, etc. Ces champignons se reproduisent par spores. Les spores peuvent être facilement tuées par immersion dans une solution de sulfate de cuivre à 1/2 pour 100. Le sulfatage des graines de céréales suffit en général à préserver de la carie.
USTILAGO (du lat. ustulare, brûler), genre de Champignons parasites, de la famille des Ustilaginées.
USTION (du lai. ustio), synonyme de combustion et de caxitérisation. Voy. ces mots.
USUCAPION (du lat. usucapio), terme du Droit romain, désignait l'acquisition de la propriété par la possession continuée pendant un certain temps. Elle correspondait à ce qu'on appelle auj. prescription acquisitivc, et l'on do.me encore quelquefois à la prescription de 10 à 20 ans le nom A'usucapion.
USUFRUIT (du lat. usus fructus). Le Code civil définit l'usufruit le droit de jouir des choses dont un autre a la propriété, comme le uropriélaire lui-même, mais à la charge d'en conserver la substance. Ce droit peut s'appliquer à toute espèce de biens, meubles ou immeubles. L'tisit fruit est établi par la loi, ou par la volonté de l'homme : dans le premier cas, il est dit légal; dans le deuxième, conventionnel, h'usufruit légal est celui que la loi accorde aux pères et mères sur les biens de leurs enfants pendant qu'ils sont sous leur puissance, et après la mort de leur enfant sur la part des biens de cet enfant à laquelle sont appelés les collatéraux, autres que frères ou sœurs. L'usufruitier a le droit de jouir de toute espèce de fruits, naturels, industriels ou civils, que peut produire l'objet dont il a l'usufruit. Il prend les choses dans l'état où elles se trouvent à l'époque de l'ouverture de l'usufruit. L'usufruitier conventionnel ne peut entrer en jouissance
qu'après avoir fait dresser, en présence du propriétaire, un inventaire des meubles et un état des immeubles sujets à l'usufruit, et après avoir donné caution de jouir en bon père de famille. Le Code civil (art. 578-624) détermine les droits, obligations et charges de l'usufruitier.
USURE (du lat. u^ura), intérêt, profit qu'on exige d'un argent ou d'une marchandise prêtée, au-dessus du taux fixé par la loi (5 pour 100 en matière civile; il n'y a plus en France, depuis la loi du 15 janvier 1886, de limitation légale du taux de l'intérêt en matière de commerce). — Dans l'origine, on appelait usure toute espèce d'intérêts, même légitimes, que produisait l'argent; l'Eglise a longtemps condamné sous le nom d'usure toute espèce de prêt à intérêt. Les économistes ont réhabilité le prêt à intérêt. Allant plus loin, ils se sont efforcés de démontrer qu'il n'y a d'usurier répréhensible que celui qui exploite la légèreté d'un jeune homme ou la fâcheuse position d'un négociant; la loi, disent-ils, favorise les abus dans le commerce au lieu de les empêcher, parce que les prêteurs honnêles s'abstiennent et que les plus hardis font l'usure d'autant plus forte qu'ils sont moins nombreux et plus exposés, comme l'a montré la pratique des juifs au moyen âge; d'ailleurs les banquiers éludent la loi en prenant une commission et des lionifications en sus de l'intérêt. — Consulter : Turgot, Mémoire sur les prêts d'argent; Benlham, Défense de l'usure. Voy. ixtéhét. — Voy. aussi moiiatiia.
Aux termes de la loi du 5 sept. 1807, art. 4 : « Tout individu qui sera prévenu de se livrer habituellement à Vusure (ce qui fait rentrer l'usure dans la catégorie des délits successifs) sera traduit devant le tribunal correctionnel, et, en ce cas, condamné à une amende qui ne pourra excéder la moitié des capitaux qu'il aura prêtés à usure i>. — A. Rendu, Chardon, Bédarride, Petit, etc., ont traité De l'usure considérée dans l'état actuel de notre législation.
USURPATION (du lat. usurpare). En Droit, l'usurpation est l'action de s'emparer par violence ou par ruse d'un bien, d'un titre, d'une dignité, qui appartient à un autre. — Le Code pénal (art. 258 et 259) punit d'un emprisonnement de 2 à 5 ans toute usurpation de fonction publique, et d'un emprisonnement de 6 mois à 2 ans l'usurpation d'un costume ou d'une décoration. — Les demandes qui ont pour objet des usurpations de terres, arbres, haies, fossés et autres clôtures, commises dans l'année, doivent être portées devant le juge de paix du lieu où est situé l'objet litigieux (C. de proc., art. 5).
UT, la 1" des notes de la gamme. Aujourd'hui on l'appelle souvent do, à l'imitation des Italiens, qui ont crée cette dénomination jx)ur la facilité de la solmisation. Les Allemands l'appellent C.
UTÉRIN, se dit, en Anatomie, de ce qui concerne l'u^^rus : artère utérine, nerfs utérins, etc.
En Droit, on appelle frères utérins, sœurs utérines, les frères ou sœurs nés de la même mère, mais non du même père : on oppose utérins à consanguins et à germains.
UTÉRUS, mot latin employé en Anatomie pour désigner l'organe du corps de la femme dans lequel se forme et vit le fœtus.
UTILITAIRES, école fondée par Bentham, au commencement du xis* siècle, qui reconnaît pour principe du bien l'utile ou Vulilifé générale. Voy. intérêt.
UTILITÉ (du lat. utilitas). En Economie politique, Vutilité d'une chose est la propriété qu'elle a de satisfaire un de nos besoins ; c'est le fondement de la valeur ( Voy. ce mol). — En Morale, voy. intérêt.
Utilité publique {Expropriation pour cause d'). Voy. expropriation. — Etablissement d'utilité publique. Voy. établisseme.nt.
UTOPIE (du gr. o-j-xô-no;, non-lieu, c.-à-d. pavs qui n'existe pas), nom donné d'alwrd à une île imaginaire, ainsi nommée à' U tope, personnage créé par Th. Morus, qui conquit cette île et y établit un gouvernement idéal. Le plan de ce gouvernement, exposé par Morus dans le 11° livre de l'ouvrage latin auquel il a donné le titre de Utopiœ libri II (1516), renferme, avec des idées excellentes, beaucoup d'institutions d'une application impossible
Par suite, on a donné le nom A'utopie à l'idéal du gouvernement parfait, à tout plan de gouvernement imaginaire dans lequel tout est parfaitement réglé pour le bonheur de chacun, comme au pays d'L'fopie. On peut ciler, en ce genre ; la République de Platon, V Atlantide de