‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1650 sur 1729 · VARIATION · texte numérisé non relu

VARIATION

sitt^ on ne saurait se servir des procédés employés pour les gaz (jui ne se liquclient point aux températures ordinaires; il faut opérer à une température élevée, de manière que toute la substance soumise à l'expérience soit réduite en vapeur. Le problème a un intérêt spécial pour les chimistes; on le résout par des procédés soit exacts mais un peu compliqués (app. de Dumas et d'Hoffmann), soit un peu moins précis, mais d'une application rapide et commocle (appareil de Mayer).

Vapeur a eau. La vapeur d'eau est contenue en quantités variables dans l'air atmosphérique. Quand la température de l'air vient à l)aissor, la vapeur se condense en gouttelettes très fines qui constituent les brouillards ou les nuages. — La vapeur qui existe dans l'atmospiière est le résultat de Vévapoi'ation considérable qui s'opère spontanément il la surlace des eaux, par l'action combinée de la chaleur solaire et des vents. Cette production s'effectue lentement; mais lorsque la vapeur se forme brusquement au sein d'un liquide par l'application de la chaleur, ou par la diminution de la pression, le liquide entre dans un mouvement tumultueux, connu sous le nom à'ébulliiion. — La force d'expansion de la vapeur d'eau est très considérable : à la température de 100" et sous la pression d'une atmosphère, le volume de la vapeur d'eau est 4698 fois le volume de l'eau. La force d'expansion de la vapeur a été mise à profit comme force motrice, et a reçu les applications les plus importantes dans les arts, l'industrie, la navigation, etc.

[Voy. MACllI.NE À VAPECn, LOCOMOTIVE, BATEAU À VAPEBR).

On mesure la force de tension de la vapeur par le nombre A' atmosphères auxquels elle peut faire cquiiiljrc; on appelle cheval-vapeur l'unité employée pour évaluer la puissance des machines. Voy. atmosphère et cheval- VAPEna.

On met encore à profit la chaleur de la vapeur pour le chauffage [Voy. baixs et calorifère), pour le blanchissage du linge [Voy. blanchissage), pour la cuisson des aliments et la stérilisation de certains objets contaminés {Voy. ac- TOCi.AVEj, pour le traitement de certaines maladies ( Ko?/. BAINS DE VAPECRJ, etc. ; enfin, on a tenté d'employer la vapeur pour éteindre les incendies.

VAPEURS. En Médecine, on donnait autrefois le nom de vapeur* à diverses affections nerveuses d'un caractère assez vague, que l'on attribuait à la formation de certains gaz ou vapeurs. L'hypocondrie et l'hystérie sont, parmi les maladies nerveuses, celles qui ont reçu plus particulièrement le nom de vapeurs, parce que les malades, surtout dans les attaques d hystérie, disent éprouver la sensation d'une boule qui remonterait du bas-ventre au gosier, boule qu'on a supposée être composée d'air, de gaz ou de vapeurs. Les vapeurs sont un mal particulier aux femmes du monde.

Vapeurs de rate, nom donné autrefois à l'affection connue aujourd'hui sous le nom de Spleen.

VAPORISATION (de vajmn'serj, se dit, en Physique, du passage d'un corps de l'état liquide à l'état de vapeur. On distingue Vévaporation, qui est une vaporisation lente à la surface du liquide, et Vébullition, qui est une vaporisation rapide avec formation de bulles dans l'intérieur du liquide et sur les parois du vase [Voy. ces mots). — Voy.

aussi CALORlMÉTUIE et CHALEUR LATENTE.

VAQUOIS ou BAQUois, nom vulgaire du Pandanus.

VARAIGNE, nom donné, dans les marais salants, à l'ouverture par laquelle on introduit l'eau de la mer dans le premier réservoir, appelé jas.

VARAIRE, un des noms vulgaires du Vératre.

VARAN (de l'arabe ouaral), Varanus, genre de Reptiles, de l'ordre des Sauriens, type de la famille des Varaniens, détachée de celle des Lacertiens ; taille grande et élancée ; tête en forme de pyramide triangulaire, recouverte de plaques polygonales ; cou allongé et arrondi, avec un pli en avant de la poitrine; queue très développée, triangulaire. Ces animaux sont pour la plupart aquatiques. Le y. à deux bandes, ainsi nommé à cause du double ruban jaune qu'il porte de ciiaque côté du cou jusqu'à l'œil, se trouve à Java, dans les îles Philippines et aux Moluques [Voy. MoxiTOR et sauvegarde). — La famille des Varaniens comprend, outre le genre type, le genre Héloderme.

VARANGUES (orig. suétf.), terme de Marine, désigne les pièces de I)ois posées en travers et par le milieu sur la contre-quille d'un bâtiment, pour en former le fond et servir de base aux membrures qui en forment les côtes. La maîtresse-varangue est celle qui se pose sur le

maitre-bau. On nomme : varangues acculées, celles qui se posent vers les extrémités de la quille ; varangues plates, celles qui sont placées vers le milieu de la quille.

VARE ou barre, Vara ou Varra, mesure de longueur dont on se sert, en Espagne et en Portugal, pour mesurer les étolfes, est un peu moins longue que notre mètre : sa longueur varie, selon les pays, de 0 m. 82 à 0 m. 90. Elle se partage en 5 palmes.

VARECH ou VAREC (de l'anglo-saxon vrac, chose rejetée par la mer), dit aussi Goémon, nom vulgaire qu'on donne, sur les côtes de l'Océan et surtout de la Manche, à toutes les Algues, et notamment aux Fucus que la mer rejette sur le rivage, et qu'on recueille soit pour fumer les terres, soit pour en extraire le brome et l'iode ou la soude. La soude brute qu'on en obtient par l'incinération, et qui est connue sous le nom de soude de varech, est un composé de plusieurs sels de sodium ou de potassium, mais où domine le seul utile, celui que recherche l'industrie, c.-à-d. le carbonate de sodium. On extrait aussi des varechs un sel impur avec lequel on falsifie le sel marin ordinaire.

Droit de varech. On appelait jadis ainsi, en Normandie, le droit qu'avait tout possesseur de fief situé sur les côtes de la mer de s'emparer de toutes les choses que l'eau jetait à terre par tourmente et fortune de mer, ou qui arrivaient assez près de terre pour qu'un homme à cheval y pût toucher avec sa lance. Voy. épaves et cris (droit de).

VARENNE (comme garenne, de l'anc. \\i.-a\\cm.uiarôn, garder, mettre en réserve), se dit d'un fond plat et marécageux, entre des coteaux, ainsi que d'un terrain considérable qui ne se fauche nijie se cultive. — On appelait autrefois ainsi une certaine étendue de pays que le roi se réservait pour la chasse.

VAREUSE (orig. inc), sorte de blouse ou de chemisette en grosse toile ou en grosse cotonnade de couleur, et que portent ordinairement les matelots. La vareuse a la forme d'une chemise ordinaire, mais elle ne descend pas plus bas que les reins.

VARI, espèce du genre Maki, famille des Lémuriens. Voy. maki.

VARIABLE (du lat. variabilis). On appelle ainsi, en Mathématiques, une grandeur susceptible de prendre soit n'importe quelle valeur, soit des valeurs assujellies à certaines conditions. Deux variables sont fonction l'une de l'autre quand, l'une prenant une valeur déterminée, l'auti-e prend parla même une valeur déterminée [Voy. fonction) — On oppose souvent le mot variable au mot constante,

3ui désigne les quantités dont les valeurs sont indépendantes e celles de la variable ou des variables. VARIANTES (de varier), terme de Philologie critique, désigne les diverses leçons d'un même texte. Dans les auteurs anciens, les variantes proviennent des erreurs des copistes, des corrections des éditeurs, commentateurs et autres, qui ont plus ou moins altéré le texte original. On a soin de recueillir et de discuter ces variantes dans les éditions savantes. — Voy. variorum.

VARIATION (du lat. variare, changer), se dit de toute espèce de changement qui peut survenir soit dans les phénomènes de la nature, par exemple dans l'état de l'atmosphère [variations atmosphériques), soit dans les opinions des hommes, surtout on matière de religion : on connaît sous le titre d'Histoite des variations de VEqlise protestante un célèbre ouvrage de controverse au à Uossuet.

En Astronomie, on appelle variations les inégalités ou perturbations qui peuvent affecter les mouvements des corps célestes. En particulier on appelle variation l'une des inégalités du mouvement de la lune, découverte par Tycho-Ijrahé et qui se manifeste principalement dans les octants; elle est due à l'attraction combinée du soleil et de la terre et a pour valeur 39' sin 2 (/ — L), l désignant la longitude moyenne de la lune et L celle du soleil.

En Mathématiques, la variation d'une fonction s'entend de la façon dont elle varie avec la variable : fpiand celleci augmente, la fonction augmente-t-ellc, dimmue-t-elle? Pour quelles valeurs passe-t-elle par un maximum, par un minimum? Dans le cas d'une fonction fix) d'une variable, ces questions se résolvent par l'examen de la dérivée f[x) : dans tout intervalle où la dérivée est positive, la fonction est croissante; dans tout intervalle où la dérivée est négative, la fonction est décroissante; si la dérivée s'annule, quand X atteint et dépasse une certaine valeur, la fonction passe par un maximum (si la dérivée, d'abord positive,

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