‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1651 sur 1729 · V.VRIOLE · texte numérisé non relu

V.VRIOLE

devient négative) ou par un minimum (si la (lérivéc, d'abord ncgalivc. devient positive), etc.

Dans le Calcul des variations, le mot variation prend un sens autre : les variations sont des accroissements inliniment petits attribués aux variables et aux fonctions; l'élude des liens entre ces variations fournit le moven de résoudre certains problèmes inlcrcssanls et difGcifes de maximum et de mmimum. où il s'agit, non plus de trouver certaines valeurs d'une variable, mais la forme même de certaines fonctions. Tel est, p. ex., le problème des lignes géodésiqucs : Etant donnés une surface et deux points sur cette surface, trouver la ligne la plus courte, tracée sur la surface, qui aille d'un point à l'autre. Tel est encore le problème des surfaces minima : Etant donné un certain contour fermé (non situé dans un plan , trouver la surface qui, limitée à ce contour, ait l'aire la plus petite possible : ce dernier problème se résout pratiquement en réalisant le contour, p. ex., avec du fd de fer et en le trempant dans de l'eau de savon, ou mieux dans un liquide composé d'eau, de glycérine et de savon. Si l'on retire le cadre de 111 de fer. le liquide s'y dispose suivant une lame mince qui le remplit et qui affecte, à très peu près, la forme de la surface clierchée. Considéré au point de vue matbémalique, le problème, où interviennent les parties les plus élevées de l'analyse, offre un intérêt considérable. Euler et Lagrangc sont les inventeurs du calcul des variations.

En Marine, la variation est l'angle qui existe entre la direction du nord vrai et la direction du nord indiquée par le com|>as : la déclinaison est l'angle entre la direction du nord vrai et celle du nord magnétique donnée par une boussole dans un lieu libre de fer: la déviation csl l'angle enlre la direction du nord magnétique et celle du non! du compas, dont l'aiguille est déviée de la première direction par l'altraction des pièces de fer voisines.

En Musique, on appelle variations un procédé de composition qui consiste, étant donné un Ibèmc ou motif, à le reproduire un certain nombre de fois sans en altérer le fond, mais en lui donnant toujours une apparence nouvelle, au moyen de broderies, syncopes et autres arliliccs. Les grands maîtres allemands, de Bacli à Beethoven, ont |)articulièrement cultivé ce genre. Souvent l'andante. principalement celui des sonates ou sympbonies classiques, est écrit en forme de variation. On donne par extension le nom de variations ou thèmes variés à de petites pièces comjwsées généralement sur un air connu.

VARICE (du lai. varix ., dilatation permanente des veines, avec altération de leur tissu. Au début il y a simple dilatation des veines, ensuite elles deviennent flcxucuses, serpentines; plus tard elles sont déformées, épaissies (varices ampullaires). Les varices ont l'apparence d une tumeur bleuâtre, indolente, sans pulsation, cédant à la pression du doigt, reparaissant dès que l'on cesse la compression. On les oljservc surtout dans les veines superficielles des jamlxîs, chez les personnes qui |K)rtent des jarretières trop serrées, chez ceux que leur profession oblige à rester longtemps delwut, ou qui sont exposés au froid ou à l'humidité ; chez les femmes enceintes, etc. Quelquefois les varices s'enllamment, s'ulcèrent , se rompent et donnent lieu à une hémorragie, ou bien elles sont suivies de troubles tropliiques, eczéma, amincissement de la peau et ulcères dits variqueux. Le plus souvent les varices sont incurables : le seul moyen à leur opposer est la compression méthodique et constante, au moven d'un bandage roulé, d'un bas lacé, ou mieux d'un Iws élastique. La ligature des varices n'est pas exempte de danger, et leiu" incision ou leur extirpation n'a donne que de médiocres résultats.

Varice anévrismale, tumeur qui survient à la suite de la double lésion d'une artère et d'une veine correspondante, lorsque le sang, passant de l'artère dans la veine, en distend les parois.

En Conchyliologie, on donne le nom de varices aux bourrelets ou renflements intérieurs du labre de certaines coquilles univalves. Le genre Variijère ne diffère du genre Ifatice que par la présence de semblables bourrelets.

VARICELLE, dite aussi Variolette et Petite Vérole volante, est une fièvre cruptive contagieuse très bénigne et tout à fait distincte de la variole et de la varioloïde. Elle est caractérisée par une éruption de petites pustules disséminées par toute la surface du corps, et qui offrent quelque analogie avec celles de la variole : elles en diffèrent

surtout en ce qu'elles ne sont pas ombiliqnées. La varicelle débute par un mouvement fébrile : réniption, quelle que soit sa forme, ne dure guère plus de dix joui*s et ne laisse aucune trace. Le traitement doit être tout à fait expectant.

— La varicelle règne quelquefois épidémiquement. et attaque surtout les enfants. Les adversaires de la vaccine l'ont signalée comme une variole légitime et comme une preuve de l'ineflicacité de la vaccine ; ses partisans l'ont regardée, avec plus de raison, comme due à un principe contagieux distinct de celui de la variole, car on peut voir prendre la variole mi individu qui vient d'être atteint de varicelle, et on peut aussi le vacciner.

VARIÉTÉ (du lat. varietas). Dans les Arts, la variété est, avec Vunité, une des conditions du beau : elle empêche que l'unité ne toml^e dans l'uniformité.

En Histoire naturelle, on donne le nom de variété à toute modification de Vespèce due à l'influence du sol, du climat, de la nourriture, de la culture, etc., ainsi qu'aux collections d'individus d'une même espèce qui, bien que capables de se perpétuer entre eux, offrent des caractères particuliers. Cette modification, purement accidentelle, ne porte guère que sur la grandeur, la forme, la couleur; elle peut devenir héréditaire et durer longtemps, mais le plus souvent elle ne se conserve pas par la génération et revient au type de l'espèce. L'homme a su multiplier dans les plantes et même dans les animaux le nombre des variétés. Voy. espèce et race.

Variétés se dit de certains recueils qui contiennent des morceaux sur différents sujets, ainsi que d'une division des journaux dans laquelle on place les articles dont le sujet n'est pas directement relatif à l'objet principal du journal.

— C'est aussi le nom d'un théâtre de Paris, fondé en 1779, où l'on jouait d'abord les genres les plus divers : comédie, tragédie, opéra-comique, mais qui depuis prit pour spécialité les petites comédies, les vaudevilles et les revues. Depuis 1864. c.-à-d. depuis la liberté des théâtres, les Variétés ont représenté plusieurs grands opéras bouffes, notamment la Belle Hélène, la Grande-biichcsse. etc. C'est plutôt auj. un théâtre de comédie bouffe, dans le genre du Palais-Royal.

VARIETUR (xe), expression latine signifiant : afin qu'il n'y soit rien changé, s'emploie, au Palais, en parlant des précautions que la justice prend pour prévenir les changements qu'on jwurrait apporter au.x actes et pièces de toutes sortes. Voy. parafe.

VARIOLAIRE, Variolaria, genre de la famille des Lichens, renferme des espèces qui croissent sur les pierres et l'écorce des arbres.

VARIOLE (du lat. variola, de varias, tacheté), dite aussi, mais improprement. Petite Vérole, fièvre éruptive contagieuse, produite par un virus particulier, dit virus rariolique, et caractérisée par une éruption générale de pustules déprimées à leur centre, remplies d'un liquide d'alwrd transparent, puis trouble et purulent, et qui, après s'être desséchées, laissent dans la place qu'elles occupaient une dépression plus ou moins durable.

La variole olfre dans son développement 5 période* distinctes : Vincubation, pendant laquelle le sujet, bien que subissant déjà l'influence du virus, conserve les apparences de la santé; V invasion, caractérisée par des lassitudes, des douleurs de reins, des maux de têlc, des nausées, des vomissements, une irritation des muqueuses, des mouvements fébriles; l'éruption, qui survient vere le 5* jour de l'invasion; la suppuration, qui commence du 7° au 8' jour, et que caractérise un reiioublcmeiit de fièvre [F. secondaire ou de suppuration] ; enfin la dessiccation, qui a lieu du 15° au 10° jour. — Dans la variole discrète ou bénigne, les pustules sont rares; dans la variole confluente, qui est extrêmement grave, elles sont très rapprochées, surtout à la face : la peau est tuméfiée et les paupières ne peuvent s'écarter: la fièvre est intense, il y a délire ou assoupissement; une salivation aliondante se déclare; enfin survient un gonflement considérable des mains et des pieds. La dessiccation commence ordinairement par la face. Dans les cas les plus heureux il se forme une sorte de vaste croûte brunâtre, qui tomlx; du 5" au 6' jour, et qui est remplacée par des écailles qui se renouvellent plusieurs fois: mais te plus souvent les pustules s'ulcèrent, et ces ulcérations, altérant l'épaisseur du derme, laissent après elles des cicatrices difformes. Si la maladie doit avoir une issue funeste, il n'y a ni dessiccation, ni lormalion de croûtes; les pustules s'affaissent rapidement,

iUG

VAWOLITE

YASELLNE

par l'effet de la résorption du pus ; il survient une prostration complète des forces et un ensemble de symptômes adynamiques qui deviennent promptement mortels. La variole confluente emporte quelquefois le tiers de ceux qui en sont atteints. On appelle variole noire ou hémorragique une espèce maligne dont les pustules contiennent du sang' exlravasé et qui est des plus graves.

On sait aujourd iuii qu'on peut prévenir ces terribles accidents au moyen de la vaccine [Voy. ce mot). Quant au traitement curatif, il est expectant et se borne à la diète et à l'emploi de boissons délayantes tièdes : la chambre doit être maintenue à une douce température et suffisamment aérée. Dans les cas intenses, irréguliers ou compliqués, on prescrira l'opium contre les accidents nerveux, contre la fièvre le sulfate de quinine ; il faut insister sur les dérivatifs, faire des onctions fréquentes avec un liquide chloruré, laver doucement les yeux, la bouche, les oreilles, les narines avec une décoction émolliente ou de l'eau de laitue. Quelques médecins (Bretonneau, Serres) ont conseillé de cautériser les pustules : c'est ce qu'on appelle la méthode ectrotique. — Le D"^ Chauffard, en 1870, a préconisé l'usage interne et externe de l'acide phénique.

La variole est quelquefois sporadique, mais le plus souvent épidémiquc ; elle est contagieuse : les varioleux doivent être isolés jusqu'à la chute complète des croûtes, qui sont le véhicule le plus actif de la contagion, et qui se conservent indéfiniment dans les chambres, les vêtements, les couvertures. On doit donc, après la guérison du malade, faire désinfecter vêtements, literie, locaux. Chaque jour, pendant le traitement, les poussières balayées doivent être briilées et non pas jetées à l'extérieur, oîi, emportées par les vents, elles deviennent des agents de dissémination de la maladie. La variole n'attaque ordinairement l'homme qu'une seule fois dans le cours de la vie. Le microbe de la variole n'est pas encore connu.

Le médecin arabe Rhazès, qui vivait au x° siècle, est le premier qui parle de la variole; mais, depuis, elle a fait de terribles ravages en Europe jusqu'à la découverte de la vaccine.

VARiotE, Laies, genre de Poissons acanthoplérygiens, de l'ordre des Squamodcrmes, famille des Percoïdes, qui habite les pays chauds. La V. du Nil atteint les dimensions du tiion. On trouve, en France, des Varioles fossiles.

VARIOLITE, roche formée de globules à structure radiée, de la grosseur d'un pois, constitués par des microlithes fibreux d'oligoclase englobant des grains fins de pyroxène et des lamelles d'amphibole, et réunis eux-mêmes par une pâte amorphe. Les variolites sont très abondantes dans les llautes-Alpes et se trouvent fréquemment, en cailloux roulés à surface mamelonnée, dans les alluvions de la Durance.

VARIOLOIDE (de variole et du gr. sISoi;, forme), se dit de toutes les maladies qui peuvent être produites par l'infection variolique, avec éruptions offrant une ou plusieurs pustules ombiliquées, mais sans fièvre secondaire. C'est le plus souvent une variole modifiée par la vaccine. La varioloïdc peut, par contagion, engendrer une variole.

VARIORUM, mol latin qui se dit par abréviation pour cum notis variorum scriptorum (avec les notes de divers commentateurs), s'emploie en parlant des classiques imprimés avec notes en divers pays, surtout en Hollande, pendant le xvii» et le xvni® siècle.

VARIQUEUX, se dit, en Médecine, de ce qui est affecté de varices. Une veine variqueuse est une veine distendue par des varices ; une tumeur variqueuse, un ulcère variqueux, une tumeur ou un ulcère entretenu par des varices.

Anévrisme variqueux. Voy. anévrisme et varice.

VARLET, terme féodal. Voy. vai.et.

VARLOPE (orig. inc), sorte de rabot très long dont les Menuisiers se servent pour unir et polir le bois. On distingue la grande et la petite vai-lope, la demi-varlope, dont le fer est un peu arrondi, pour dégrossir l'ouvrage, la varlope onglée ou à onglet, etc.

VARRE (orig. inc), harpon dentelé, avec lequel on jirend les tortues à la mer.

VASCULAIRE ou vasccleux (du lat. vasculum, petit vase), ce qui est relatif aux vaisseaux. — En Anatomie, ce mot se dit surtout de ce qui a rapport aux vaisseaux sanguins. On donne à l'ensemble des vaisseaux sanguins le nom de système vasculaire, et on distingue : 1» un système artériel ou vasculaire à sang rouge ; 2° un système veineux ou vasculaire à sang noir. — En Botanique, on

donne les noms : de tissu vasculaire à tout tissu composé d'un certain nombre de tubes et de vaisseaux; de plantes vasculaires aux plantes qui offrent un tissu vasculaire : on les oppose aux plantes cellulaires.

VASE (du lat. vasum, dans Piaule), vaisseau de forme élégante, monté sur un piédouche, à lèvres évasées, plus ou moins richement orné d'oves, de godrons, de guirlandes, quelquefois de figures de bas-relief, avec des anses sculptées : tels sont les vases en pierre, en marbre, en albâtre, en bronze, en porcelaine, en porphyre, qui ornent les jardins, les palais et les musées, etc. On juge de la beauté d'un vase par son profil, par ce qu'on appelle son galbe.

Vases antiques. On comprend sous ce nom tous ceux

3ue nous ont laissés les anciens : les uns sont simplement estinés aux usages domestiques, p. ex. les amphores, les cratères, les canthares, les dtotas, les patères, etc. ( Voy. ces mots) ; les autres sont de véritables objets d'art t tels sont les vases peints, dits d'abord vasesetrusqueSy mais pour la plupart d'origine grecque, soit corinthienne, soit italo-grecque, les uns à fond rouge, avec dessins noirs ou blancs, les autres à fond noir, avec dessins rouges ; les vases égyptiens, les vases romains, les vases murrhins, dont pajpTe Pline (xxxvii, 8) et dont la matière serait de la fluorine qui présente l'aspect du verre avec des couleurs variées, etc. — L'étude de ces vases divers est importante pour l'histoire de l'art et pour celle de la civilisation, à cause des scènes qui sont souvent peintes ou sculptées sur les parois. On peut consulter à cet égard les travaux de Lanzi [De vasi antichi), de Panofka [Des vases grecs) et ceux de Lctronne, Dubois-Maisonneuve, Millin, Raoul Rochelle, Kramer, de Witte, Lenormant, Perrot et Chipiez, Histoire de l'art dans l'antiquité, etc.

Voy. CÉRAMIQUE.

En Architecture, on appelle : vase de chaj)iteau, la masse évasée ou corbeille du chapiteau corinthien sur laquelle semblent être appliquées les feuilles et les volutes; — vase d' amortissement, un vase qui termine la décoration des façades de beaucoup d'édifices, ou qu'on emploie dans les intérieurs, soit en bas-relief, soit en ronde-bosse, audessus des portes, des cheminées, clc. ; — vase d'enfaitenient, un vase en pierre ou en plomb, qu'on place sur les poinçons de combles.

En Physique, on appelle vases communicants des vases que l'on fait communiquer par des tubes et qui servent à certaines expériences d'hydrostatique; s'ils contiennent le même liquide, la surface libre dans les deux vases est dans le même plan horizontal ; s'ils contiennent des liquides différents, les hauteurs des surfaces libres au-dessus de la surface de séparation sont en raison inverse des densités des liquides. — Le vase de Mariotte, employé pour obtenir un écoulement constant, est un vase fermé de toutes parts, portant seulement deux orifices, dont le plus bas sert à l'écoulement du liquide, et le plus haut à la rentrée de l'air. — Le vase de Tantale est une application du siphon : quand on le remplit d'eau, le siphon s'amorce et le vase se vide.

VASE (orig. germaniq.), boue déposée au fond des eaux : elle résulte de la décomposition de végétaux et d'animaux, mêlés avec les terres entraînées par les pluies. C'est un puissant engrais. Avant de l'employer, il faut la laisser se décomposer et s'imprégner de carbone en l'exposant très longtemps à l'air; on peut accélérer celte décomposition en mélangeant les vases avec de la chaux ou en les stratifiant avec de la terre végétale. La vase de mer, composée de débris d'animaux et de plantes marines, est un engrais meilleur encore.

VASELINE. La vaseline est le résidu de la distillation des pétroles d'Amérique. Lorsqu'on distille ces pétroles, on en extrait successivement les huiles légères, les huiles lampantes ou huiles de pétrole, enfin les huiles lourdes. Lorsqu'on arrête la distillation quand il reste dans la masse une certaine proportion d'huile lourde, qu'on évapore le résidu jusqu à ce qu'il ne donne plus de vapeurs acres, et enfin qu'on le décolore par des traitements à l'acide sulfurique fumant et par des filtrations sur le noir animal, on obtient un mélange d'hydrocarbures, onctueux, inodore, transparent, neutre aux réactifs, fusible aux environs de 40°, et qui est connu sous le nom de vaseline. Ce mélange est un excipient très employé aiij. en Pharmacie pour la confection des pommades ; avec elle celles-ci ne rancissent pas, comme avec les corps gras ordinaires. Les pétroles de Russie ne contiennent pas de vaseline.

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