‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1661 sur 1729 · VERGER · texte numérisé non relu

VERGER

V^RLION

— On nomme aussi verges : 1° des aiguilles ou broches en usage dans la fabrique du velours; '2* des Ixnçuettes de bois que les Tisserands font passer entre les lils de la chaîne.

En Botanique, on nomme vulg. Verge de Jacob, l'Asphodèle jaune ; V. d'or, plusieurs plantes de la famille des Composées, et notamment la Solidage [Solidago l'irga aî(rea] : c'est une plante à liges hautes, un peu rougéàlres, presaue glabres : à feuilles ovales ou lancéolées, entières ou dentées ; à fleurs jaunes, en grappes : elle est commune dans nos bois, et recherchée des Ijcstiaux; elle fait partie des vuhiéraircs suisses. La V.d'or du Canada, cultivée dans les jardins, fournit une bonne laque jaune. On distingue encore la V. d'or immortelle, la y. d'or odorante et la V. d'or élevée. La Verge à berger est le Dipsacus pilosus.

VERGER idu lat. viridarium], lieu clos planté d'arbres fruitiei-s en plein vent. La place des arbres dans le verger doit être déterminée suivant leur nature : les noyers, placés du coté du vent dominant, servent d'abri ' aux autres arbres ; viennent ensuite les poiriers, puis les jwmmiers, les cerisiers, les abricotiers, et enfin les pruniers, tous placés [Mir espèces en lignes droites et parallèles. Les noyers, appelés à parvenir à la plus haute taille, doivent être plantes à environ 20 m. l'un de l'autre: il suffit : de 15 m. entre les poiriei"s et les jxjmmiers: de 10 m. entre les cerisiei-s, les abricotiers; de 8 m. entre les pruniers. Le sol du verger peut être cultivé en pâturage ou en prairie; on peut encore y cultiver avec avantage des céréales, et de préférence des plantes qui exigent des binages d'été, comme les pommes de terre, les haricots, le maïs, etc.

Au moyen âge, beaucoup d'ouvrages mystiques ou autres ont été intitules le Verger ou Vergier : p. es., le Vergieicéleste.

VERGERETTE ou a-ergerolle, plante de la famille des Composées. Voy. érigérox.

VERGETTE, t. de Blason, petite vcrce, pièce héraldique: c'est un pal diminue des deux tiers de sa largeur s'il est seul, et plus encore s'il y en a plusieurs.

VERGETURES (de vergettes), taches violacées, sanguines, ressemblant à celles que laissent les cou|)s de verges, qui se manifestent à la peau dans certaines alfections scorbutiques ou fébriles, etc.

VERGEliRES (de verge). Les fabricants de papier appellent ainsi les fils de laiton attachés en long sur la forme pour soutenir la pâte. — On doimc aussi ce nom à la marque ou raie que ces fils laissent sur le papier; le papier est aloi*s dit vergé. Voy. papier.

VERGLAS (de verre et de glace), couche mince de glace qui recouvre le sol, et qui se produit lorsque après des gelées intenses il survient une pluie fine et trop peu abondante pour réchaulfer la terre. L'eau gèle alore au fur et à mesure qu'elle tombe. Il arrive aussi parfois que la pluie est formée de gouttes d'eau à l'état do sitrfiision ; en rencontrant le sol, ces gouttes passent immédiatement à létal de glace. Celle forme particulière, heureusement rare, de verglas cause de très grands dégâts, les branches d'arbres se recouvrant d'une couche très épaisse de glace qui détermine leur rupture.

VERGOBRET, magistrat des Gaulois. Voy. le Dict. d'Uixt. et de Gcogr.

VERGUES (du lat. virga, par le provençal vergna), grandes pièces de bois longues, arrondies, plus grosses au milieu qu'aux extrémités, et placées horizontalement et à diverses hauteurs sur leurs mâts respectifs. Elles scnenl à porter les voiles et à en étendre le côté supérieur : c'est sur la vergue qu'on serre la voile lorsqu'elle ne doit plus rester tendue. Les vergues sont en bois de sapin, d'un seul morceau ou d'assemblage. On les distingue par le nom des voiles qu'elles portent. — Deux vaisseaux sont dits vergue à vergue lorsque, étant placés l'un à côté de l'autre, leurs basses vergues, dépassant en longueur la largeur du bàlimenl, se prolongent réciproquement audessus de leurs ponts.

VÉRICLE (du lat. vilriculus, dimin. de vitrum, verre), nom que donnent les Joailliers aux pierres fausses faites avec du ven-e.

VÉRIFICATEUR (du lat. verificare, vérifier). On appelle vérificateur celui qui est commis pour vérifier des comptes, comme les vérificateurs de l'enregistrement; pour vérilier des travaux exécutes ou régler des mémoires

d'entrepreneurs, comme les architectes vérificateurs; pour examiner si certains règlements sont observés, comme les vérificateurs des douanes, des poids et mesures, etc. : pour juger si une écriture est ^Taie ou fausse, comme les experts-vérificateurs près les tribunaux, etc.

VÉRIFICATION (du lat. verificare). — Vérification des créances. En matière de FaiUite, quand le jugement déclaratif est rendu, les créanciers doivent déposer leui"s titres entre les mains du juge-commissaire qui vérifie l'exactitude et la sincérité des créances. ]X)ur savoir si les porteurs de titres doivent êlre admis aux délibérations de la masse des créanciers (C. de comm., art. 491-503}. Voy.

.\FFIRyATI0S.

Vérification d'écritures. Lorsqu'une partie refuse de reconnaître ou désavoue son écriture ou sa signature, et dans le cas où ses ayants cause déclarent ne point les reconnaître, la vérification en est ordonnée en justice (C. civ., art. 1524). Le Co<lc de procédure (art. 193-213) détermine la forme qui doit être observée dans les vérifications d'écritures.

Vérification des pouvoirs, se dit. dans le langage parlementaire, de Icxamen qu'on fait des titres d'une personne qui fait partie d'une assemblée élective (député ou représentant du peuple, membre d'un conseil général, d'arrondissement ou municipal), avant de valider son élection.

VÉRIN ou vERRix, appareil à vis verticale, muni de manivelles et tournant dans un écrou fixé solidement à sa Itase, qui sert à soulever par sa tète des objets lourds. On l'emploie dans les chantiers de construction, dans la marine et sur les voies ferrées pour le relevage des locomotives déraillées.

VÉRITÉ (du lat. Veritas). En Métapliysique, on définit la vérité ce qui est réellement : en Ixigique. la conforjnité de la pensée avec son objet, par opposition à l'erreur; en Slorale, la conformité d'une affinnation avec la pensée, par opposition au mensonge. — La vérité a jwur caractère ['évidence et produit dans l'esprit qui la possède la certitude. — La coordination des vérités con-slitue la science. Voy. ces mots.

Une vérité est une proposition ATaie. — On nomme vérités premières des prmcipes d'évidence immédiate, nécessaires et absolus, qui servent de fondement à toutes les sciences. Tels sont : en Métaphysique, le Principe des substances : a Toute qualité suppose une substance, un être réel, dans lequel elle réside » ; le P. de causalité : « Tout ce qui commence a nécessairement une cause » ; en Logique, le P. de contradiction, qui est la base de toute démonstration : « Une chose ne peut à la fois être et ne pas être » : en Morale, le P. du bien : « Ix; bien d'un être résulte de l'accomplissement de la destinée qui corrcs|X)nd à sa nature » ; le P. du devoir : « Vouloir le bien est chose moralement obligatoire » ; le P. de mérite et de démérite : « Toute bonne action mérite une récompense; toute mauvaise action, une punition » [Voy. scn- STAXCE, CAUSALITÉ, ctc). Kant appelle les vérités premières jugements synthétiques a priori, jwrce que l'attribut énonce une idée ajoutée au sujet, non par l'expérience, qui ne donne que le conlingcnt et le relatif, mais par la raison, qui seule donne le nécessaire et l'aljsolu [Voy. jtgemext). — Quant aux axiomes des Mathématiques, les luis sont des jugements analytiques, parce que l'allribut énonce une itiée déjà contenue dans le sujet et qu'ils peuvent ainsi se résoudre dans le princi|x; de contradiction ; d'autres sont des jugements synthétiques, d'autres enfin sont de simples conditions imposées aux définitions. Voy.

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