VERRE
l'huile de lin et à de l'essence de térébenthine. Les enduits qui recouvrent les loties cirées, les cuù-s vernis, les chaussures vernies, sont, ainsi que le mastic hydrofuge, des vernis gi-as. Consulter le Traité théorique et pratique sur l'art de faire les vernis de Tripier-Deveaux (4845).
Vernis Martin. Voy. copai..
En Botani(jue. on appelle vulgairement : Arbre au vernis ou Vernis du Canada, l'espèce de Badamier avec laquelle on fait la laque {Voy. cadamiek et laque); V. de la Chine, ou V.du Japon, le Rluis vernix: le Faux Vernis du Jajwn est l'Ailante glanduleux. On cultive le V. de la Chine et le V. du Japon dans les ijarcs et les jardins, comme arbres d'ornement.
VERNONIE (de Will. Vernon, botaniste), Vemonia, genre de la famille des Composées, type de la tribu des Vernoniacées, renferme des arbres, des arbrisseaux et des herbes à feuilles alternes, souvent glanduleuses ; à fleui"s pourpres, roses ou blanches, en capitules à inflorescences diverses, souvent scorpioïdes. Ce genre ne renferme pas moins de 375 espèces. Les plus connues sont la Vernonie de Netv-York et la V. élevée, qu'on cultive comme plantes d'ornement, ainsi que la V. anthelniinthique ou Calageri, dont les graines donnent une poudre qui jouit de propriétés vermifuges. — La tribu des Vernoniacées renferme les genres Ethulia, Helerocoma, Vemonia, etc.
VÉROLE (petite). Voy. variole.
Petite vérole volante. Voy. varicelle.
VÉRON ou vairon, nom vulgaire d'une espèce d'Able, le Leuciscus phoxinus.
VÉRONIQUE (de Ste Véronique, à cause de ses vertus médicales), F<'ro«/6'a, genre de la famille des Scrofularinées, type de la tribu des Véronicées, renferme des plantes herbacées ou frutescentes, à feuilles opposées ou verlicillées ; à fleurs bleues ou blanches : calice persistant, à 4 ou 5 divisions; corolle en roue à 4 IoIxîs soudée aux deux élamiiies ; le fruit est une capsule comprimée à 2 valves et à '2 loges contenant plusieurs semences. Les espèces en sont très nombreuses. Les seules employées sont : la V- bccabunga ou beccabunga, vulg. Cresson de cheval, qui croît sur les lx)rds des étangs et des ruisseaux : fleurs bleues, en grappes simples, axillaires; le suc de cette plante est antiscorbulique, d'une saveur acre, un peu amère; la V. officinale [V. officinalis), vulg. Thé d'Europe, k fleurs d'un bleu pâle, qui croît dans les bois montueux : son infusion tliéiforme procure une boisson légèrement diurétique, un peu tonique ; la V- petit chêne {V. chainsedrys), commune dans les prés, le long des haies : fleurs bleues en longue grappe latérale ; son infusion jouit des mêmes propriétés que celle de la Véronique officinale. Parmi les Véroniques esoliqucs cultivées comme plantes d'ornement, on remarque la V. speciosa, originaire du Japon, à fleurs bleues, et la V. salicifolia, à fleurs d'un bleu clair. — On a fait de la Véronique le svmbolc de la fidélité.
Véronique femelle ou Velvotte, noms vulgaires d'une espèce de binaire (Linaria spuria) ; — V. des jardiniers : c'est l'Amourette fleur de coucou ou Lyclinide des prés.
VERRAT (du lat. verres), le Cochon mâle.
VERRE (du lat. vitrum), se dit en général de tout corps transparent qui est aigre, cassant, sonore à la température ordinaire, et qui se ramollit et fond à une forte chaleur. Dans l'Industrie, on restreint la dénomination de veire aux composés de silicium, de potassium ou de sodium, et de calcium ou de plomb, donnant par la fusion une masse amorphe et transparente et qui ne se dissout ni dans l'eau ni dans les acides. Les propriétés et les usages du verre varient suivant la nature de ses parties constituantes. On distingue : le vo're commun, dont on fait les bouteilles, et qu'on fabrique avec du sable ferrugineux, des cendres ou des soudes brutes, de l'argile jaune et des tessons de bouteilles; le vetTe à vitre et à glaces, qui se fait avec du sable blanc, du carbonate de sodium ou du sulfate de sodium, des rognures de verre blanc, un peu de craie ou de chaux et d'oxyde de manganèse ( Voy. vitre) ; le cristal ordinaire et le verre à gobeleterie de Bohème (dit aussi cristal de Bohême], destinés aux vases à boire, flacons, cornues, vases d'ornement, qu'on fait avec les mêmes matières, mais en remplaçant le carbonate de potassium par du carbonate de sodium ( Voy. cristal) ; le crown-glass, avec lequel on fait les lunettes de spectacle, les lentilles grossissantes et les instruments d'optique, et qui s'obtient avec un mélange semblable ( Voy. crowx-class) ; le flint-glass, pour lunettes achromatiques, qu'on obtient
en mêlant du sable blanc, du carbonate de potassium purifié, du minium, un peu de nitre et de Eorax; le strass, avec lequel on imite les pierres précieuses, et qui se fait avec du cristal de roche et du sable blanc, du carbonate de potassium pur, du minium, un peu de borax et d'acide arsénieux.
La transparence et la blancheur sont les premières qualités du verre, et dépendent du choix des matières premières. Le verre est ordinairement très fragile ; cependant les verres non plombeux et surtout les verres de Bohême peuvent devenir assez sohdes et même assez durs pour faire feu au briquet. Tous les verres sont plus ou moins fusibles ; lorsqu'ils sont ramollis par la chaleur, ils peuvent se tirer en fils aussi fins que ceux d'un cocon de ver à soie : on a pu même en faire des étoffes. Les verres à base de sodium sont plus fusibles et plus durs que ceux à basse de potassium. L'Allemagne produit d'excellents verres peu fusibles, très précieux dans les laboratoires ; on peut obtenir des verres jouissant des mêmes propriétés en augmentant la quantité de silice ou en remplaçant une certaine quantité de soude par de la baryte. — Lorsqu'il est soumis à un refroidissement rapide, le verre devient très cassant (Icj/. LARMES KATAviQUEs). Lc vciTe peut Tccevoir la trempe industrielle dans la graisse fondue et maintenue à une température déterminée. Cette opération donne le verre dit incassable, qui peut subir des changements de température considérable, aller sur le feu, p. ex., sans se casser ; il résiste aussi à des chocs 5 ou 6 fois plus violents que n'en supporte le verre ordinaire. On fabrique ainsi des objets en cristal trempé, gobelets, carafes, soucoupes, etc. D'autre part, on diminue l'extrême fragilité du verre en le soumettant à un lent refroidissement (recuit). Les verres supportent d'autant mieux les variations de température qu ils ont été refroidis plus lentement. Exposés pendant un temps plus ou moins long à une température assez élevée, mais trop faible pour les fondre, ils perdent leur transparence et deviennent très durs ; on dit aloi-s qu'ils se dévitrifient. Voy. dévitrificatio\.
On taille et on polit le verre au moyen de roues et de meules montées sur un tour en l'air : on dégrossit d'abord les pièces avec une roue de fer et du sable mouillé ; on se sert ensuite de meules siliceuses plus ou moins fines; enfin on donne le poli avec une roue en bois et diverses matières, telles que la pierre ponce, la potée d'élain, etc. — On grave sur le verre à la pointe de diamant et au moyen de l'acide fluorhydrique ; dans ce dernier cas, on recouvre le verre d'un léger vernis de cire et de térébenthine ; on trace un dessin avec le burin, et on soumet les parties mises à nu à l'action corrosive de l'acide. On peut aussi peinth'e sur le verre. Voy. ci-après.
Historique. La découverte du verre est très ancienne : il est fait mention de ce produit en difl'érents endroits de la Bible. D'après Pline, elle serait due à des voyageurs phéniciens, qui, s'élant servis de natron pour construire un loyer sur le sable, produisirent par hasard du verre par la fusion du sable mêlée au natron. Il est plus probable que cette découverte a été amenée par les recherches qu'on a faites sur le traitement des minerais par la fusion : les gangues, en se liquéfiant, donnent des laitiers qui sont souvent de véritables verres. Il est certain que les Egyptiens connurent l'art de fondre le verre, de le mouler et de le colorer. Les Phéniciens eurent des fabriques célèbres à Tyr et à Sidon. Les Grecs moulèrent des médaillons précieux. Ensuite les Romains excellèrent dans la verrerie, comme le prouvent les nombreux spécimens que contiennent les musées (coupes, flacons, vases, objets émaillés, etc.) : on cite comme un chef-d'œuvre le vase Portland [British Muséum), à fond bleu enrichi de camées blancs. On a même trouvé des vitres à Pompéi et à Herculanum. Cet art se répandit en Gaule et en Espagne, mais il se développa surtout à Coiistantinople, d'où il passa aux Vénitiens, qui s'inspirèrent peut-être aussi des Arabes (lampes avec lettres en email suspendues dans les mosquées) et des Persans (vases et bouteilles de formes charmantes et bizarres) : leurs fabriques de la presqu'île de Murano produisirent des vases et flacons à mosaïques appelés millefiori, des pierres précieuses factices très recherchées en Asie aussi bien qu'en Europe, enfin des miroirs dont elles conservèrent longtemps le monopole (Foj/. glaces). L'Allemagne inventa les chopes et les vidrecomes ornés des émaux du blason ; cette industrie se développa surtout en Bohème, grâce à l'abondance du bois et à la pureté des