‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1665 sur 1729 · VERROU · texte numérisé non relu

VERROU

matières premières. Quant à la France, elle conserva, même à l'époque de l'invasion, les procédés qu'elle avait reçus des Romains; elle multiplia les fabriques au xV siècle, et s'appliqua àjoindre l'élégance des formes à la qualité des proauils; elie perfectionna l'art de tailler le verre et de graver à la roue sur la surface; les œuvres les plus délicates de ce genre furent exécutées sous Louis XVl. Enfin, de nos jours, les découvertes de la chimie ont permis de réaliser de nouveaux progrès sous le rapport du goût aussi bien que de l'induslric. — Consulter Julia-Fontenelle, Manuel du verrier (collection Roret) ; Burly , Chefsd'œuvre des arls industriels; Peligot. le Verre, etc.

La densité des verres varie, avec leur composition, de 2,4 à 3,3 ; celle du verre à vitre est d'environ 2,6 ; du verre à bouteilles, de 2,7 ; du crown-glass, de 2,5 ; du cristal, de 2,9 à 5,3. Plus un verre est dur et infusiblc, moins il est altérable par l'action des agents atmosphériques et chimiques; cependant aucun ne résiste à l'action de l'acide fluorhydrique : aussi est-ce avec cet acide qu'on grave sur le verre. Les verres trop alcalins s'altèrent peu à peu par l'humidité de l'air, en perdant leur éclat et leur poli ; un grand excès d'alcali rend le verre entièrement soluble dans l'eau (Foy. verre soujbi.e). Une semblable altération se manifeste sur les vitres des vieilles maisons et, en général, des endroits humides et habituellement chauds, comme les écuries, où l'on voit souvent le verre se dépolir et s'écailler. On observe les mômes effets sur les verres antiques qu'on trouve dans les ruines et les tombeaux.

Les verres colorés ou verres de couleur sont des verres teints par de petites quantités d'oxydes métalliques fondus dans la pâte : les blancs s'oblieiment avec l'acide stannique ou l'arseniate de plomb ; les bleus, avec l'oxyde de cobalt; \cs pourpres, violets et carmins, avec le pourpre de Cassius, le protoxyde de cuivre, le peroxyde de manganèse; les rouges elles bruns, avec le sesquioxyde de fer; les verts, avec le deutoxyde de cuivre, le sesquioxyde de chrome, ou avec un mélange d'oxyde de cobalt, d'oxyde d'antimoine et de chlorure d'argent; les jaunes, avec l'oxyde d'uranium, le chromate de plomb, certaines combinaisons d'argent, des mélanges d'acide antimonieux et d'oxyde de plomb ; les noirs et les gris, avec les oxydes de manganèse, de cobalt et de fer, etc. C'est avec ces sortes de verres colorés qu'on fabrique les vitraux des églises, et qu'on peint sur verre [Voy. ci-après). Les émaux sont aussi des verres colorés. Voy. émail.

Fabrication et travail du verre. On réduit en poudre fine et on mêle les matériaux qui doivent composer le verre; puis le mélange, dit composition, est soumis à l'action du feu dans des creusets d'une argile très réfractaire disposés symétriquement dans des fours dits de Siemens. On introduit auj.,dans le bassin, des fours modernes dits à bassin, dont la production est beaucoup plus puissante avec économie de main-d'œuvre, plus grande régularité de travail et facilites plus grandes pour l'ouvrier. Lorsque la masse est parfaitement fondue et la vitrification complète, on cueille, à l'extrémité d'une canne ou tube de fer, une petite quantité de verre que l'on souffle en cylindre : on donne ensuite au verre ainsi soufflé diverses façons qui varient selon la destination du verre. La fonte du verre se faisait autrefois au bois, mais avec les fours Siemens on se sert exclusivement de houille ou de coke. Pendant la fusion il surnage souvent à la surface du creuset des impuretés que les verriers appellent fiel ou sel de verre : ce sont des sulfates et des chlorures provenant des alcalis impurs qui entrent dans la fabrication du verre. — Pour plus de détails, voy. vitre, glaces, bouteille, cristal, etc.

PEiNTDRE SUR VERRE. Ellc sc pratique en peignant le verre avec des couleurs fusibles, qui ne sont elles-mêmes que des matières vitreuses (Voy. verres colorés). Pour faire adhérer ces couleurs sur le verre, on les mêle préalablement avec des fondants, tels que le borax et le silicate de plomb; on broie les couleurs sur une plaque de verre avec l'essence de térébenthine, et on les applique sur la vitre au moyen d'un pinceau ; les verres ainsi peints sont soumis à la cuisson dans un fourneau à réverbère, où ils s'amollissent sans se fondre.

La peinture sur verre est, croit-on, d'origine ancienne (il semble en être fait mention dans les écrits de Sidoine Apollinaire, au v« s.) ; mais elle fut surtout en honneur au moyen âge : dès le x« siècle on décora les églises, puis les palais de vitraux composés de morceaux teints dans

la masse et réunis par des filets de plomb ; le xn" et le xiii'= siècle atteignirent la perfection (vitraux des cathédrales du Mans, de Chartres, de Tours, de Bourges, de Reims, deTroyes, de la Ste-Chapelle de Paris). La Renaissance fendit à faire des tableaux, ce qui diminue l'unité d'aspect : alors se distinguèrent .Ican de Bruges, Albert Durer, Lucas de Leyde, Jean Cousin, Lepot, Leprince, Liénard Gontier, Pinaigrier. etc. Le changement de besoins et de goût fit tomber l'art du peintre-verrier avec le style gothique au xvii° siècle; l'Italie l'avait à peine pratiqué. Le xviii" siècle détruisit beaucoup de chefs-d'œuvre. De nos jours, la nécessité de restaurer les monuments gothiques en complétant ce qui n'était qu'à moitié détruit a remis en honneur l'art du verrier. Thévcnot, Didron, Bontemps, F. de Lasteyrie, de Gércnle, VioUet-le-Duc ont enseigné la voie à suivre. — Consulter : L. Batissier, Traité de la peinture sur verre (1830); Reboulleau, Manuel de la peinture sur verre; F. de Lasteyrie, Histoire de la peinture sur verre d'après les monuments (1837) ; Levy et Capronnier, Histoii-e de la peinture sur verre en Europe (1856) ; Thévenot, Essai historique sur les vitraux.

Verre d'antimoine, oxyde d'antimoine vitrifié et mêlé de soufre : on s'en sert, dans la Pharmacie, pour la préparation de l'éraétique et dans la composition des pierres de couleur.

Verre de fougère, verre dans lequel il entre des cendres de fougères : c'est cette composition qui a donné lieu à dire figurcment en poésie que le vin rit dans la fougère.

Verre de Moscovie, mica lamellaire qu'on extrait de Sibérie, et dont on s'est servi comme de vitre.

Verre soluble, verre qui se dissout dans l'eau bouillante : on le prépare en faisant fondre dans un creuset réfractaire 10 p. de potasse, 15 \^. de quartz pulvérisé et 1 p. de charbon, et laissant le mélange sur le feu jusqu'à ce que le verre soit bien fondu. On le coule alors, et on le traite par l'eau bouillante : on obtient ainsi une solution qui, appliquée sur d'autres corps, sèche rapidement au contact de 1 air, en laissant un enduit vitreux à peu près inaltérable. On se sert du verre soluble pour durcir le plâtre, pour recoller les objets en verre ou en jrorcelaine qui ne sont pas destinés à renfermer de l'eau bouillante. — Il a été découvert par Fuchs en 1818.

Papier de verre. Voy. pahier.

Verres de lunettes, syn. de lentilles [Voy. ce mot).

Verres à facettes, verres qui sont plans d'un côté, et qui, de l'autre, sont composes tle plusieurs surfaces planes, inclinées les unes aux autres. Ces verres font voir l'image des objets qu'on regarde au travers autant de fois qu'il y a de facettes.

VERRERIE, se dit de l'usine où l'on fabrique le verre [Voy. ce mot). — On appelle verrier l'ouvrier qui fait le verre, et peintre verrier celui qui fait des peintures sur verre.

VERRIÈRE. Ce mot se dit : 1° du morceau de verre à vitre qu'on met devant des châsses, des reliquaires, de^ tableaux, etc., pour les conserver : dans ce sens, ou dit aussi verrine ; — 2" d'une grande fenêtre ornée de vitraux

fieints ( Voy. vitraux) ; — 5" d'une cloclie à facettes dont es jardiniers se servent pour couvrir les plantes délicates.

VERRIN, machine-outil. Voy. vérin.

VERRINE, sorte de lampe en ve^-re dont se servent les Marins : on la suspend au-dessus du compas de route pour éclairer le timonier. — Voy. verrière.

verrixes. On connaît sous ce nom les sept discours prononcés par Cicéron contre Verres. Voy. verhês au Dicl. d'Hist. et de Géogr.

VERROTERIE. On comprend sous ce nom toutes sortes de petits ouvrages en vei~i-e de différentes couleurs et de ditférentes formes, les uns imitant des perles, les autres des grains de corail, avec un trou au milieu, et destinés à être enfilés pour former des colliers, des bracelets, des pendants d'oreille et autres ornements dont les paysannes et surtout les négresses se servent pour leur jjarure. On en envoie de grandes quantités sur les côtes de l'Afrique, où ils constituent un objet de commerce assez considérable. Les principales fabriques sont à Venise, à Paris, à Retonval et dans la Grande-Vallée (Seine-Inférieure), à St-Evroult (Orne), à Portieux (Vosges).

VERROU (jadis verrouit, du lat. veruculum], pièce de fer ou de cuivre, plate ou ronde, que l'on applique à une porte afin de pouvoir la fermer, et que l'on fait aller et venir entre deux crampons au moyen d'un bouton attaché

VEURUCARIÉES

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