‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1672 sur 1729 · VIGIE · texte numérisé non relu

VIGIE

phénomènes alors inexpliqués. On fait le vide soit sous le récipient de la machine pneimmtiquc (Voy. re mot], soit dans le tube barométrifpie [ride barométrique ou de Torricelli), soit en faisant absorber sous une cloche de l'acide carljonique par de la chaux caustique, du gaz ammoniac, etc. Le vide artificiel est toujours imparfait : cependant avec les machines actuelles, connue la trompe à mercure, la pression de l'air qui reste dans le récipient arrive à être pratiquement inappréciable. On sait que le son ne peut se propa^rer dans le vide ; l'électricité ne passe lias dans le vide parfait. On emploie le vide pour évaporer les liquides, poiu- pn>duire la congélalion artificielle: on a cherché à l'appliquer à la conservation des matières alimentaires.

Vide {Corde à). C'est, dans les instruments à manche, le son que rend normalement ime corde sans qu'on en change lintonation en la pressant sous le doigt.

VIDIEN. En Anatomic, on nomme conduits vidiens ou ptérygoïdiens deux petits canaux creusés à la base de l'apophyse plérygoïde du sphénoide : ils ont été découverts par Vidus-Vidius, médecin de Florence.

VIOIMUS, mot latin qui signifie nous avons vu, se disait autrefois, en style de Pratique, pour exprimer qu'un acte avait été collationné.

VIDUITÉ, synonyme de Veuvage. Voy. ce mot.

VIE (du lat. vitai. Eu Histoire naturelle, la Vie, considérée dans ses formes, ses conditions et ses actes, est la propriété commune de tous les êtres qui composent le Hègne organique (Végétaux et Animauxi et les distingue des corps bruts qui constituent le Règne inorganique (Minéraux). Voici ses principaux caractères : 1° le corps de tout être vivant est un organisme composé de parties solides et de parties liquides ( Voy. organisation ) ; 2" il est le siège d'un double mouvement de composition et de décomposition, nommé tourbillon vital, en vertu duquel il s'assimile des molécules étrangères par intussusceplion et il rend au monde extérieur une partie de sa matière constitutive ( Voy. nctrition) ; 5° il procède d'un corps semblable à lui, de telle sorte que la vie se transmet par une succession non interrompue d'individus qui naissent les uns des autres et qui possèdent un ensemble de caractères communs [ Voy. génération, espèce) ; 4' il acquiert ueu à peu une forme générale déterminée, qui varie selon l'espèce, et, lorsqu'il l'a complètement acquise, il entre dans un déclin qui se termine par la mort ; il passe ainsi dans son existence par certaines phases successives qui constituent son évolution; 5" les fonctions f\m manifestent la vie font diviser les êtres vivants en deux grandes classes, les Végétaux, qui ne possèdent que la nutrition et la génération, c.-à-tl. la vie végétative, et les Animaux, qui possèdent (le plus la sensation et la locomotion, c.-à-d. la vie animale ou vie de relation ( Voy. âme, aniwal. cerveau, encéphale) ; l'étude de ces fonctions constitue la Physiologie, c.-à-d. la science de la vie.

Considérée dans le principe auquel on rattache les fonctions qui la manifestent, la Vie a reçu des définitious différentes selon les points de vue auxquels les auteui*s se sont placés : Stalil la définit : la conservation du mélange corruptible dont notre corps est formé; Bichat : l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort; Cuvier : la faculté qu'ont certaines combinaisons corporelles de durer pendant un temps déterminé, en altérant sans cesse, dans leur composition, une partie des substances environnantes, et en rendant aux éléments une portion de leur propre substance ; Dugès : l'activité spéciale des êtres organisés; H. Martin : une faculté propre de développement et de changement intime, par laquelle certains corps, pendant un temps dont le maximum dépend de leur nature, gardent cei-taines propriétés spécifiques et leur individualité, înalgré la perte et le renouvellement successif de la matière dont ils se composent, et parcourent des phases régulières qui appartiennent à leur espèce. — Pour l'appréciation de ces différentes définitions, nous renvoyons à l'exposition et à la critique que nous avons données ailleurs des trois systèmes sur le principe de la vie. Animisme, Organicisme, Vilalisme. Voy. ces mots.

Consulter : Aristote, De l'âme; Descartes, V Homme; Slahl, Theoria medica; Bichat, Recherches physiotogigues sur la vie et la mort ; Cuvier, Règne animal, t. l: Is. Geoffroy St-llilaire, Histoire naturelle, t. II, \'^ p. ; les Traités de physiologie de Dugès, P. Bé-

I rard.ctc. ; Ampère, JE*«ai«»r la philosophie des sciences; H. Martin, Philosophie spiritualiste de la Nature; F. Papillon. La Sature et la Vie; Cl. Bernard, Leçons professées au Collège de France, etc.

En Histoire, Vie se prend pour Biographie : c'est en ce sens qu'on dit les Vies de Plutarque, de Cornélius Xépos; les Vies des saints, de Godescard; les Vies des peintres, de Vasari, etc. Voy. biographie, saints, etc.

Vie humaine. Pour sa durée moyenne, ses divisions, etc., voy. iiOHXE, âge, naiss.vsce, mortalité.

VIEILLE ou VIEILLE DE MER, uom vulgaiic des poissons du genre Labre. Voy. ce mot.

VIEILLESSE (de vieil, dérivé lui-même du hi. vetuhts) , dernière période de la vie humaine, qui commence ordinairement vers l'âge de 60 ans et qui se termine par la mort. Elle est caractérisée par la diminution progressive des facultés physiques et morales : on peut y distinguer trois degrés d'affaiblissement : le déclin ou le 7-etour, la caducité et la décrépitude. Les maladies de la vieillesse sont nombreuses et généralement incurables : les plus fréquentes sont l'asthme, le catarrhe pulmonaire, les lésions organiques du cœur, les affections de la vessie, la goulte, les rhumatismes, l'apoplexie, la paralysie et l'hydropisie. L'absence de toute sorte d'excès, un exercice modéré et régulier, une nourriture sulistanlielle et légère, l'usage modéré de vins généreux, sont les moyens les plus propres à prévenir les incommodités de la vieillesse et à en prolonger la durée {Voy. longévité). — On peut lire sur les compensations qu'offre cette période de l'existence le Traité de la vieillesse (de Senectutc] de Cicéron et celui de Mme Lambert. Voy. aussi Réveillé-Parise, Traité de la Vieillesse (1855).

Caisse des retraites pour la vieillesse. Voy. retraite.

VIELLE (du lat. vitclla], instrument à cordes qui se joue au moyen de touches et d'une roue-archet qu'on tourne avec une petite manivelle. Les touches, pressées en dessous du clavier par les doigts de la main gauche, portent l'une des cordes sur la roue qui la fait résonner du grave à l'aigu, selon que l'action des touches lui enlève plus ou moins de sa longueur. Une corde appelée bourdon, qui sonne toujoui-s la même note, sert d'accompagnement. — La vielle était connue des anciens et c'est à tort que J.-J. Rousseau en fait honneur à Gui d'Arezzo. Elle fut surtout en vogue au moyen âge. Aujourd'hui c'est linstriunent favori des petits Savoyards.

On donne quelquefois le nom de vielle organisée aux orgues à cylindre ou orgues de Rarbarie.

VIERGE (du lat. virgo). Ce mot se dit par excellence de la mère du Sauveur : la Vierge, la Sainte Vierge. Voy. virginité.

En Astronomie, on donne ce nom à l'un des signes et à une des constellations du zodiaque. Le signe est le 6' à partir du Bélier : le soleil y entre le 25 août, et en sort le '22 septembre. La constellation est placée entre le Lion et la Balance; elle se compose d'une étoile de 1" grandeur, l'Epi de la Vierge, 1 de 2*. 5 de 5«, 10 de 4», 24 de 5*. Sou ascension droite movenne est 15 h. 20 m., sa déclinaison 5". — Les mythologues ne sont pas d'accord sur la divinité à laquelle cette constellation est consacrée. Les uns veulent y voir Astrée, les autres Cérès, d'autres Erigone, fille d'ïcarius.

On appelle : métaux vierges, ceux qui se trouvent dans le sein de la terre purs et sans mélange, ou à peu près purs ; l'argent vierge est l'argent pur industriel ; — cire vierge, la cire brute (Voy. cire); — huile vierge, la première huile qui sort des olives {Voy. huile); — miel vierge, le miel qui découle directement du gâteau de miel, sans l'aide de la chaleur; — parchemin vierge, le parchemin qui est fait de la peau des petits agneaux ou chevreaux mort-nés: — blanc vierge, le blanc de champignon (Voy. chaupig.non de couche) qui n'a pas encore fructifié, etc.

Vigne vierge, arbrisseau sarmenteux. loi/, vigxe.

VIERGES (les ONZE MILLE], l'oy. iiisuLE au Dicl. d'Hist. et de Géogr.

VIÉTCHÉ, assemblée chez les Russes. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

VIF-ARGENT, nom vulgaire du Mercure; il a été ainsi nommé parce qu'il a la "couleur de l'argent et qu'il est d'une mobilité extrême. Voy. mercure.

VIGIE, matelot qui veille [vigilat^ (lendant le jour au haut des mats d'un navire pour signaler l'apparition de la

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