VIGNE
terre ou d'un autre bâtiment. — On donne aussi ce nom à de pciils ccueils à fleur d'eau.
VIGILANCE (du la(. vigitare). Cette vertu a été exprimée de plusieurs manières : tantôt par un lion ou par un lièvre, parce qu'on prétend que ces animaux dorment les yeux ouverts, tantôt par un chien couché ou par une oie ; le plus souvent par un coq.
VIGILE (du lat. vigilia), terme de Liturgie, désigne la veille d'une grande solennité religieuse, comme Noël, la Toussaint, etc. L'Eglise ordonne de jeûner certains jours de vigile. — Au pluriel, le mot vigiles ne s'emploie plus que pour désigner les matines des morts. Voy. matines.
VIGINTIVIRAT, magistrature suijalterne de l'anc. Rome. Voy. le Dict. d'Hist. et de Gc'ogr.
VIGNE (du lat. vinea), Vilis, genre type de la famille des Ampélidées ou Vitées. renferme des arbrisseaux à tige ligneuse, noueuse, ordinairement lorlne. munie de vrilles en spirale et qui pousse des jols grimpants, longs et flexibles, a])\)c\iîs sarmettts; à feuilles larges, partagées en 3 ou 5 lobes et dentées irrégulièrement; à fleurs nonibreuses, disposées en grappes et naissant à la partie inférieure des jeunes rameaux : calice très petit, à 5 dents, ;» pétales demeurant cdllés par le sommet et tombant comme un capuchon, 5 étamincs; ovaire à 2 loges bi-ovulées, stigmate sessile. La Heur répand une odeur suave. Le fruit est une baie globuleuse, de couleur brun-noirâtre ou blancinnnàlre lors de sa maturité [Voy. raisin). La T. cultivée 'V. viiiifera), dont le fruit produit le vin [Voy. ce mot), est un arbrisseau de faible apparence, dont le tronc peut cependant acquérir en vieillissant une grosseur considéra!)le. Les variétés de plants de vigne sont à l'infini : les p!ants les i)lus connus et les plus recherchés en France sont : le mamillon hâtif ou raisin de St-Jean, pour les primeurs; le maurillon ou pineau de Bourgogne (qui comprend le noirien, le ganiay , le volnay, etc.); le franc-pincau, le carbonet. le malbet, le verdot, le meunier, le muscadet, le meslier blanc, etc., pour les vins ordinaires et les vins fins; le teinturier, pour donner de la couleur aux vins i)âles ; le clairet, la piquepoule, pour la force alcoolique; le chasselas, le muscat blanc, gris, 7'ouf/e, le malnga, le corinlhe, etc., dont les raisins se servent sur la table.
Parmi les espèces de Vignes autres que la Vigne cultivée, on remarque la V. à gros fruit [V. labrusca) et la V. vulpine (T. cordifob'a), qui se trouvent toutes deux en Amérique comme en Europe : feuilles en cœur et dentées; fruits comestibles de la grosseur d'une noix dans la première es|)èce; à peine de la grosseur d'un pois dans la seconde; la V. ripaire [V. riparia), à fruits très acerbes, qui se trouve sur les bords du Mississipi.
En Amérique, on chercha au xvin" siècle à acclimater les variétés européennes. Devant l'insuccès de ces tentatives, les Américains essayèrent d'utiliser leurs espèces indigènes et y réussirent. Les Vitis labrusca, V.œstivalis, V. riparia, V.rupeslris, V. rotundifolia,c[c., sont anj.,avec les nombreux hybrides obtenus par croisement, la base des vignobles américains. En France, dans la lutte entreprise contrôle Phylloxéra [Voy. ci-après maladies de la vigne), on a recours aux cépages américains soit comme producteurs directs, soit pour en faire des porte-greffes de variétés françaises. Ces cépages sont de deux sortes : lespremiers, qui appartiennent à l'espèce Vitis spstivalis (Herbemont ou Warren, Jacquez, Cunningham ou Long, Rulander, Norton's Virginia, Cynthiana), donnent des produits directs, mais ils sont rares et coûteux ; les seconds, qui appartiennent à l'espèce Vitis cordifolia ou riparia (Taylors, Clintons, Solonis, etc.), ne produisent pas de fruits ou en produisent peu , mais ils sont d excellents portegreffes et on ))eut se les procurer à bon marché. Il y a encore la Vitis labrusca, très répandue aux Etats-Unis, mais qui vient mal en Europe, et la Vilis Delaware, hybridée avec la vigne d'Europe. On a même réussi à faire des hybrides de vignes françaises et américaines dont les racines ont la résistance des ceps américains et donnent les raisins des races françaises. Voy. J. Bel, /es Maladies de la vigne et les meilb-urs cépages français et américains (18901. On trouvera dans le Dictionnaire k leur ordre alpliabélifiu^ les principaux cépages français et américains, avec leurs exigences et leurs qualités spéciales, qui sont auj. cultives en France.
La Vigne craint également la trop grande chaleur et le trop grand froid : ses limites naturelles sont comprises
entre 30" et .^0° de latitude. Elle demande un sol léger et graveleux ; elle se plaît surtout sur les coteaux découverts et exposés au midi. La France est le pays où elle réussit le mieux. — La Vigne se reproduit par semis et plus souvent par marcottes ou provins, et par boutures : elle se prête aussi facilement à la greffe. Elle pousse avec rapidité et vit plusieurs siècles; les vignes les plus vieilles sont celles qui donnent les produits les meilleurs et les plus abondants. Les vignes qui fournissent les raisins de table se cultivent sur treilles, en espaliers ou en berceaux; les autres viennent en plein champ : pour empêcher les fruits de loucher la terre, on soutient les ceps avec des échalas [Voy. ce mot), ou bien, ce qui a lieu surtout dans le Midi, on les fait monter sur des arbres que l'on élête (culture en hautains). La Vigne demande des labours et des binages fréquents ; en outre, on la soumet successivement aux opérations de la taille, de Vcbourgconnement, du retroussage, etc. On doit redouter pour elle les gelées du printemps, qui détruisent les fleurs; la coulure, elfet des pluies, qui emporte les grains déjà formés.
Le bois de la Vigne est très dur ; son grain est fin et susceptible d'un beau poli ; on l'emploie à des ouvrages de tour et il se conserve pendant des siècles. On a fait des ouvrages de sculpture avec des troncs de vigne qui avaient atteint des proportions considérables : la statue de Diane à Ephèse était faite d'un seul tronc de vigne; les portes de Ravenne sont, dit-on, de bois de vigne, et les planches en ont 3 m. de long sur 0 m. 40 de large. Les souches sont excellentes pour le chaulfage. Chez les Romains, un bâton fait de cep de vigne était l'attribut des centurions.
L'époque à laquelle remontent la connaissance et la culture de la Vigne se perd dans l'obscurité des premiers siècles. La Bible attribue cette découverte à Noé; les Egyptiens en font honneur à Osiris, les Grecs à Baccluis. Les Phéniciens en introduisirent la culture dans tout le bassin de la Méditerranée. Numa fut le premier roi de Bome qui permit l'usage du vin. La vigne était déjà cultivée dans la plupart de nos départements méridionaux, lorsque Domitien la fit arracher dans toutes les Gaules. Les Gaulois n'eurent la liberté de la replanter que sous l'empereur Probus, au m" siècle. Au commencement du v^ s., la vigne avait gagné les coteaux du Rhône, de la Saône, le territoire de Dijon, les rives du Cher, de la Marne et de la Moselle. Depuis, elle a été transportée et multipliée dans toutes les contrées du globe où elle peut croître.
Maladies de la Vigne. La vigne a été atteinte depuis un demi-siècle par un certain nombre de maladies gi-aves qui ont fait craindre un moment pour le sort de cette culture. Vers 1845-1850 une première maladie, VOïdiuni, a fait son apparition, en Angleterre d'abord, puis en France et dans toute l'Europe. On est arrivé à combattre ce redoutable champignon par le soufrage. Un peu plus tard, vers 1868-187(), le Phylloxéra s'est montré en France; c'est un Insecte voisin des Pucerons, qui attaque les racines de la Vigne ; il se multiplie avec une eifrayante rapidité, aussi s'est-il répandu presque partout. On l'a combattu assez heureusement à l'aide de différents procédés : 1» la submersion, 2" les injections dans le sol de sulfure de carbone ou de sulfocarbonates. Mais c'est surtout par la vulgarisation des ceps américains, sur lesquels on a greffé les vignes françaises, que les vignobles du midi de la France ont pu se reconstituer. Une maladie nouvelle, très grave, a fait son apparition vers 1878 dans les cultures méridionales, le Mildew, dû à un champignon, le Pei-onospora viticola. Il s'est répandu partout et a achevé l'œuvre commencée par le Phylloxéra. Un remède d'une efficacité actuellement bien démontrée, le sulfate de cuivre, permet auj. de ne plus redouter ce parasite. La bouillie bordelaise n'est autre chose que du sulfate de cuivre additionné de chaux. Consulter Viala, les Maladies de la Vigne (1893).
On nomme vulg. : Vigne blanche, la Bryone dioïque et la Clématite; V. de Judée. V. sauvage, la Morelle douce amère; V. du Nord, le Houblon; V. éléphante, le Cisse glauque; V. vierge, divers arbrisseaux sarmenteux dont les feuilles ressemblent à celles de la vigne : le Cissus quinquefolia, espèce du genre Ampélopsis [Voy. cisse), le Bignonia radicans, etc.
VIGNE sest dit aussi, par extension, des maisons de plaisance aux environs de Rome et autres villes d'Italie, qu on appelle auj. de préférence villas.