VIOLETTE
et pctliccllos qui rallaclient le fruit à la vi^nc). La rafle augmente l'acidilé et rastringenee du inoùl. En liourgoguc, on égrap|Kî plus ou moins suivant la maturité des raisins. Dans le Midi, au contraire, où les vins ont une tendance à manquer d'acidit»> et de tannin, l'égrappagc ne se fait pas. Celte opih-ation s'ell'octuc à l'aide de procédés spéciaux (trident, trémie, châssis, maciiine, etc.). Le cuvage et la fermentation se font dans des cuves en bois, ou quelquefois en maçomierie; dans le Midi on emploie souvent de farauds foudres. Le raisin apportant avec lui ses levures, a fermentation s'établit rapidement : il est important que la températin-e ne soit pas trop élevée, afin d'éviter le développement d'une foule de germes de maladie. 11 y a intérêt en outre à ce que la cuve soit fermée autant que possible : pendant la fermentation, en ell'et, il se forme une couche plus ou moins épaisse de grappes, pellicules, raisins, soulevée par l'aciilc carbonique, et que l'on nomme le chapeau. Si ce chapeau est en contact avec l'oxygène de l'air, il s'y développe rapiilement beaucoup de Mycoderma aceti (Voy. vinaigre), et le vin devient acide. Dans certaines régions on met dans les cuves des claies pour diviser le chapeau et le maintenir au sein du liquide, aiin d'obtenir la dissolution complète de la matière colorante du raisin : c'est une excellente pratique. Quand la fermentation a cessé d'être tumultueuse, on procède au soutirage ou décuvage, ilcstiiié à séparer le vin fin ou vin de mèregoutte, des ratles, pellicules, etc. Il faut, autant que possible, pendant le décuvage, éviter le contact de l'air. Lors- Îu'on a soutiré le vin de mère-goutte, on extrait, à l'aide un p7'essoir iVoy. ce mot), tout le vin que renferme le marc. On ootient ainsi le vin de presse, qui ne doit être mélangé qu'avec prudence au vin (in, car il peut lui communiquer un goût de ralle désagréable. Ce mélange ne se fait pas pour les vins de prix. Le ?na}'c pressé et lavé sert à préparer la piquette [Voy. piquette).
Durée et conservation des vins. Après le décuvage, le vin est mis dans des tonneaux : le sucre qui a échappé à la fermentation tumultueuse en éprouve une seconde et se transforme peu à peu en alcool ; en même temps le tartre et les matières en suspension se déposent. Pour le clarifier on le colle et on procède à des soutirages [Voy. collage, soctihage). Les dillérents vins ne se conservent pas également ; les vins peu alcooliques ou peu acides se détériorent facilement. On retarde la détérioration des vins, en les mettant dans des caves bien fraîches ; on la combat encore par divers procédés, tels que le méchage ou soufrage, Vouillage, le mutage, le vinage, le plâtrage, le chauffage, etc. [Voy. ces mots et plus haut viss (maladies des)].
VIOL (du lat. violare, violer). Ce crime était puni de mort chez la plupart des peuples anciens, notamment chez les Athéniens et les Romains. En France, un édit de François I", les ordonnances de Blois et d'Orléans, l'ordonnance de Henri 11 de 1567, celle île Louis XV, de 1750, prononçaient la même peine. Aujourd'hui le viol est i)uni des travaux forcés; la durée de la peine varie suivant la gravité des circonstances (C. pén., art. 352-33).
VIOLA, nom latin botanique du genre Violette.
VIOLACÉES ou VIOLARIÉES (du g. type Viola), famille de plantes Dicotylédones dialypétales à ovaire supêre, renferme des herbes et quelquefois des arbrisseaux, à feuilles ordinairement alternes, simples, pétiolées, entières ; à fleurs axillaires, solitaires ou à disposition variée, pédonculées : corolle à 5 pétales alternes, avec les folioles du calice, 5 étamines ; ovaire libre, uniloculaire ; le fruit est une capsule coriace, uniloculaire, trivalve. — La famille des Violacées forme deux tribus : les Violées (genres Viola, lonidium, Noisettia) et les Alsodinées (g. Atsodeia, Teirathylucium, etc.).
yiOLANE, minéral d'un violet foncé, dont la forme est voisine de celle du pyroxène,forméd'un silicate daluminium di! cdcium,de magnésium et de sodinin. Il est intimement mélangé de trémolite,ce qui rend sa composition incertaine; on le trouve à St-Marcel (Piémont).
VIOLANILINE, base qui se produit dans la préparation de la rosanilme ; elle est employée comme matière colorante pour teindre en violet.
VIOLARIÉES. Voy violacées.
VIOLAT (de violette). Le sirop violât est du sirop fait avec des violettes.
VIOLATION. La violation de domicile commise par tout lonctjonnairc de l'ordre administratif ou judiciaire,
tout officier de justice ou de police, tout agent de la force publique, est punie d'un emprisonnement de 6 jours à un an, et d'une amende de IG à 500 fr. Celle qui est commise par tout autre individu est punie d'un emprisonnement de 6 jours à 5 mois, et d'une amende de 16 à 200 fr. (C. pén., art. 184). — \Aviolation de sépulture est punie d'un emprisonnement de 3 mois à 1 an, et d'une amende de 16 à 200 fr. (art. 560).
VIOLE (de I ital. viola), instrument de Musique à cordes et à archet, de la forme du violon, mais plus gros. La viole était autrefois fort en usage ; on distinguait : la basse de viole, à 5 cordes correspondant aux 4 cordes du violoncelle, ut, sol, ré, la, plus le mi: ou à 6 cordes, ré, sol, ut, mi, la, ré : les Italiens l'appelaient viola da gamba, parce que, pour en jouer, on la tenait entre ses jambes; la taille de viole, qui sonnait une quarte plus haut que la précédente; la haute-contre de viole, (]ui sonnait une quarte au-dessus de la taille ; le dessus de viole, qui sonnait un ton au-dessus de la haute-contre; le pardessus de viole, ou violette, petite viole dont les dames jouaient en la tenant sur leurs genoux ; la viole bâtarde, qui ne dilférait de la basse de viole que par sa caisse, plus longue et |)lus étroite; la viole pompeuse de J.-S. liach, qui s'accordait en quinte, comme le violoncelle, avec une 5" corde à l'aigu ; enfin les violones, ou violes de grande taille, qui depuis ont été remplacées par les contrebasses, etc. Dans les orchestres on réunissait souvent plusieurs violes : leur réunion au nombre de quatre formait un jeu de violes. Lorsque l'on n'employait qu'une viole seule, c'était toujours la basse de viole : elle servait aussi à l'accompagnement de la voix. — Voy. J. Rousseau, Traité de la viole (1687), et les Méthodes de Bruni, ^Voldemar, etc.
Aujourd'hui on donne quelquefois le nom de viole [alto viola) à l'instrument plus connu sous les noms A'alto ou de quinte. Voy. alto.
Viole d'amour, sorte de viole montée de 7 cordes accordées en accord parfait de ré majeur, et portant, en outre, sous la touche et sous le chevalet, 5 ou 6 cordons de métal qui vibrent lorsqu'on joue à vide les autres cordes.
VIOLENCE (du lat. violentia). En Droit, c'est la contrainte physique ou morale exercée sur une personne pour la forcer à contracter une obligation : pour qu'il y ait violence, il faut que la contrainte soit de nature à l'aire impression sur une personne raisonnable et qu'elle puisse lui inspirer la crainte d'exposer sa personne ou sa fortune à un mal considérable et présent . La violence exercée sur la partie contractante, et môme sur son conjoint, sur ses descendants ou ses ascendants, est une cause de nullité : elle donne lieu à une action en rescision (C.civ.,art. 1 109- 1117). — Voy. révérentielle (crainte).
VIOLET (do violette) , une des couleurs primitives, occupe une des extrémités du spectre solaire. C'est, de toutes les couleurs, celle qui a le moins d'éclat. — Les rois de France portaient jadis le deuil en violet. Dans l'Eglise, le violet est la couleur particulièrement affectée aux évêques; c'est aussi, dans les offices, la couleur de l'A vent et du Carême.
En Botanique, on appelle : Violet d'été, une espèce de Giroflée, Matthiola annua; V. d'évêque, une espèce d'Agaric.
Violct-évéque, le papillon Mars ou Iris changeant.
VIOLETTE, Viola, genre type de la famille des Violacées, comprend un grand nombre d'espèces. — On remaniue surtout la F. odorante ( V. odorata), l'une des premières fleurs qui annoncent le retour du printemps. Cachée sous l'herbe, son parfum la trahit. Sa corolle est éperonnée. et renferme deux appendices issus des deux étamines antérieures ; elle est d'un bleu violet ; cependant il y en a aussi de blanches. Elle n'a point de tige : des rejets traçants parlent du collet de la rachie, ainsi que les feuilles et les fleurs. Cette espèce croît naturellement dans les prés, les bois, le long dos haies ; elle se double par la culture, et fournit de nombreuses variétés, entre autres la Violette de l'arme, dont la couleur tire sur le lilas. Les fleurs de la violette servent à faire une tisane contre le rhume et un sirop avec lequel on aromatise plusieurs médicaments; elles fournissent au teinturier une couleur bleu pourpre et au chimiste un réactif puissant, le sirop de violette : les acides font passer instantanément cette couleur au rouge, et les alcalis au vert. — Parmi les autres espèces, nous citerons : la V.de chien {V.canina],(]u\ est sans odeur; la V. des prés [V. pralensis), qui a des fleurs blanches; la F. des marais