‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1679 sur 1729 · VIOLIER · texte numérisé non relu

VIOLIER

VIPÈKE

( V. paluslris] ; la V. des montagnes ( V. moniana) , à fleurs solitaires dun bleu pâle: la V.à feuilles laciniées [V.pinnata\ la V. nummulaire [Y. nummularia], la V. à deux fleurs [V. biflora], à corolle jaune, qui se trouvent dans les Alpes et les Pyrénées; la V. de liouen {V. rholoma-

?ensis\ à fleurs violettes, à feuilles velues, hérissées: la '. tricolore, plus connue sous le nom de Pensée [Voy. ce mot).

La Violette a été de tout temps Temblème de la modestie, de la pudeur et de l'innocence. Dans beaucoup de pays on en décore le cercueil dos jeunes vierges. Dans le Langage <lcs fleurs, la V. blanche peint l'innocence: la V. jaune, la lieautc passée: la V. double, l'amitié rccipi*oque; le bouquet de violettes entourées de feuilles, l'amour caché.

On donne vulgairement le nom de Violette, à cause de leur couleur, à diverses espèces de Giroflées, de Juliennes et même d'ŒillcIs. On appelle : V. de la Chandeleur, la Perce-Neige ; Y. marine, une espèce de Campnule ; Y. du Pérou, la BcUe-de-Nuit: Y. vomitive. l'Ionidium, etc.

On nomme : Grosse Yiolelte longue, une variété de Figue fort peu estimée; Y. hâtive, une variété de Pèche qui vient au mois de septembre ; Y. tardive, une autre variété qui vient au mois d'octobre : Y. ordinaire, une variété de Pomme plus longue que plate ; Y. glacée, une autre variété plus estimée.

VIOLIER, nom vulgaire des Giroflées. Yoy. ce mot.

VIOLINE, alcaloïde contenu dans la violette; il a de l'analogie avec Véniétine. Yoy. ce mot.

VIOLON (de l'ital. violone), instrument de musique comjwsé, d'une façon générale, d'une |)Ctitc l)0Îte en Ijois de forme ovale étranglée vers le milieu, munie d'un manche, et sur laquelle sont tendues 4 cordes. Ces cordes sont fixées par le bas à une pièce de bois appelée queue, et par le haut à des chevilles adaptées au manche et destinées à leur donner le degré de tension voulue. Un petit morceau de liois dit chevalet sert à les élever au-dessus de la partie supérieure de la Ixjîte ou table d'harmonie. Enlin on donne les noms : de touche à une petite (ilanchette d'ébènc parlant du manche et contre laquelle es doigts viennent presser les cordes pour en modifier les intonations, de dos au fond de la Iwîle, A'éclisses aux côtés, et A'àme à une espèce de petit tasseau en bois placé à l'intérieur sous le chevalet et destiné à maintenir et à faire communiquer entre elles les diverses parties de l'inslrumenl. La boîte sonore n'a d'autres ouvertures que les 2 /y placés a droite et à gauche sur la table d'harmonie. Le violon est monté de 4 cordes accordées de quinte en quinte et dont la 1"^ porte le nom de chanterelle: il se joue généralement à l'aide d'un archet, jiarfois aussi à la façon d'une guitare. C'est l'instrument le plus important de l'orchestre : éminemment flexible, il se prête à tous les genres d'expression, à toutes les formes d'exécution, à toutes les sortes d'elfets. La musique du violon s'écrit sur la clef de sol. seconde ligne ; son étendue est de plus de 4 octaves ; il n'est presque aucun trait qu'il n'exécute avec aisance. On donne par extension le nom de violon à l'exécutant qui joue de cet instrument dans un orchestre.

Dans l'Industrie, on donne vulgairement le nom de violon : 1° à un outil du Treillageur : c'est une espèce de louret à main, dans lequel est placé un foret qu'on fait mouvoir par le moyen d'un archet ; — 2" à un ustensile de Cha|ielier, composé de plusieurs cordes tendues, et servant, comme l'arçon, à battre les matières destinées au feutrage ; — 3* à une longue galée sans coulisse qui, dans les Imprimeries, sert aux metteurs en pages.

Dans la Marine, on nomme violons des bordais épais, placés de chaque côté du beaupré, |)our le mamtenir, et qui sont découpés en forme de violons.

VIOLONCELLE (de l'ital. violoncello), dit aussi Basse, instrument de Musique à archet, qui correspond à peu près à l'ancienne basse de viole, mais qui, comme l'alto, n'a

3UC 4 cordes (2 cordes fdées et 2 cordes de boyau) accorées de quinte en quinte en partant de I'm^ au-dessous de la portée (clef de fa). Le violoncelle est exactement un violon de dimensions beaucoup plus considérables; l'exécutant joue assis, l'instrument placé verticalement entre les jambes : il constitue la basse du quatuor à cordes et se note en clef de fa, en clef A'tit 4° et même en clef de sol lorsqu'il V a lieu. Le violoncelle, inventé à la fin du xvn" siècle, n'a été définitivement substitué à la basse de corde qu'au commencement du xvui* siècle.

j VIOLONE, ou Grande Yiole. Yoy. viole. I VIORNE, Yiburuum. genre de la famille des Caprifoliacées, tribu des Sambucées, renferment des arbrisseaux qui croissent dans les parties montueuscs des contrées tempérées : rameaux flexibles; feuilles opposées: fleurs blanches ou légèrement rosées, en corvmlxîs terminaux : baies sphériques, réunies en Iwuquets. La principale espèce, la Y. obier [Y. opulus). ou Obier propr. dit, Caillebot, croit dans les lx)is et les prés humides : bois blanc : feuilles uu pou velues en dessous, divisées en 5 lobes aigus, incisés ou dentés: fleurs blanches, réunies en une vaste ombelle plane ; le fruit est une baie globuleuse rouge, puis noirâtre, recherchée par les oiseaux. La culture a produit la variété connue sous lc»s noms de Boule-de-Neige ou de Rose de Gueldre : toutes les fleurs, devenues très grandes, sont d'une blancheur éblouissante: quelquefois les feuilles se panachent. La Y. cotonneuse [Y. lanlana). vulg. Mantiane ou Mancienne. Bardeau, est un arbrisseau de 2 à 5 mètres, à rameaux qui, dans leur jeunesse, sont couverts d'une poussière blanche et farineuse ; à feuilles blanches et cotonneuses en dessous, à fleurs blanches, à baies rouges, puis noires. Les rameaux servent à faire des liens, des paniers, des corbeilles. Les fruits sont recherchés par les oiseaux. De l'écorce des racines on obtient de la glu. La Y. tin [Y. timts) est plus connue sous le nom de Laurier-Tin. Yoy. ce mot.

La Yiorne des pauvres est la Clématite commime.

VIOULTE, niante. Yoy. ÉnïTiinoxE.

VIPÈRE, Yipera. genre de Reptiles venimeux, de l'ordre des Ophidiens et type de la famille des Vipéridés, est caractérisé par l'aljsence de fossettes derrière les narines; par des plaques écailleuses doubles sous la queue, une tête nettement séparée du corps, plus triangulaire et plus large en arrière que celle des couleu\Tes, une queue courte arrondie en cône et non aplatie en rame. La Vipère commune ( V. berus) a la tète garnie de petites écailles granulées, le museau court, et des crochets aigus, canaliculés en forme de tube ; elle est longue de 0 m. 50 à 0 m. 70 : son corps est cylindrique, d'un diamètre de 0 m. 02 à 0 m. 03 ; sa couleur est brune et roussàtrc. quelquefois d'un gris cendré, avec une raie noire sur le dos, et des taches noires sur les flancs : le dessous du corps est d'une teinte gris d'ardoise ; certains individus sont presaue noirs. Cette espèce habite l'Europe méridionale et tempérée : on la rencontre surtout dans les cantons boisés, pierreux, sur les lisières des l)ois taillis; on la trouve aux environs de Paris, dans les forêts de Montmorency et de Fontainebleau. Elle se nourrit de grenouilles, de crapauds, de taupes, elle peut jeûner pendant fort longtemps. Elle passe l'hiver dans une espèce d'engourdissement, sous des las de pierres, dans les fentes d'arbres : assez souvent on en trouve plusieurs réunies et entortillées ensemble. La Vipère porte ordinairement 12 ou 24 œufs, qui écloscnt dans le ventre de la mère : le vipereau ne vient au jour que lorsqu'il a 5 ou 6 centimètres de long. — La morsure de la Vipère, justomcnl redoutée, cause des accidents très graves, mais rarement elle produit la mort; l'action de son venin est due à un principe particulier auquel on a donné le nom à'échidnine ou vipérine. .\ussitôt après la morsure, ime douleur vive se fait sentir dans tout le membre, qui se gonfle ; puis surviennent des faiblesses, de l'angoisse, des déjections bilieuses, des sueurs froides et de la lièvre. Il faut se hâter de laver la plaie avec de l'eau simple ou mieux avec de l'eau salée : on y applique des ventouses, ou bien on la cautérise avec un acide, avec le nitrate d'argent ou un fer rouge. Il est Iwn d'appliquer une ligature circulaire audessus de la plaie pour empêcher l'absorption et la circulation du venin : on peut aspirer avec la Ijouche le venin horsde la blessure, à la condition de n'avoir pas d'écorcbures aux lèvTes ou à la langue, car le venin de la vipère est inollensif s'il est ingéré par le tube digestif. La langue de la vipère est molle et tout à fait inoffensive : c'est donc à tort que l'on a longtemps prêté à cette langue la vertu de lancer le venin, et que l'on a pris la langue de vipèj-e^ommo Temblème de la calomnie. Des expériences nombreuses ont établi aussi que le venin des vipères n'est point mortel pour ces reptiles. — L'ancienne thérapeutique tirait de la Vipère une foule de composés pharmaceutiques, tous abandonnés aujourd'hui.

Outre l'espèce commune, on distingue encore : 1^ la Yipère ammodyte [Y. annnodytes. Y. illyrica], qui a le museau prolongé par mie pointe mobile; la Y. cornue

VIPÉKIDÉS

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