‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1685 sur 1729 · VOCABLE · texte numérisé non relu

VOCABLE

VI" siècle, et la basilique de Sle-Sophie à Constantinople, ou 627. Au vu" siècle, le poète Fortunat fait déjà un grand élege des vi(res de la catliédrale de Paris; au vui°, les Anglais cuvoyèrent chercher des vitres en France pour orner les fenêtres des églises de Cantorhéry et d'\ork. Enfin, au xn', on voit Suger orner l'église de St-Denis de belles vitres magnifiquement peintes, et attachées avec du plomb. Dans le xiv", la plupart des maisons particulières ne recevaient encore le jour que par des ouvertures défendues des injures de l'air à l'aide de volets de bois et de quelques carreaux ch corne, en papier ou eu canevas. On n'employait le verre qu'avec ime très gi-anile économie, et les vitraux, ornés le plus souvent de peintures, étaient un objet de luxe réservé pour les églises et les habitations des grands seigneurs.

Vitre chinoise, nom marchand d'une espèce de Placuna, coquillage transparent que les Chinois emploient en guise de vitre. Voy. placuxe.

VITRÉ (du lat. vitreus). Corps vitré. Humeur vitrée. Voy. Œ»..

Eleclricilé vitrée, Fluide vitré. Voy. électricité.

VITRIFIABLE ou vitrescible, se dit de ce qui est susceptible d'être ciiangé en verre. Tous les silicates sont vilri-

VITRIFICATION, opération qui consiste à transformer en verre les substances vitrifiables.

VITRINE, se dit dans le même sons que Verrière et se prend aussi jwur Montre (de boutique).

VITRINE, Vitrina, Helicolimax, genre de Mollusques gastéropodes, de l'ordre des Pulmonés, qui forme la transition entre les Hélices et les Limaces. La V. transparente {V. peUucidd), dont la coquille est mince et transparente comme le verre, se trouve en Europe. Les pays chauds fournissent d'assez grandes espèces,

VITRIOL (de l'ital. vitriiiolo), nom donné par les anciens cliimistcs aux sels appelés mpuvA'Ymi sulfates [Voy. ce mot), sans doute à cause de leur aspect vitreux. Le V. blanc ou de Goslar est le sulfate de zinc; le V. bleu ou de Chypre, le sulfate de cuivre ; le V. vert ou 7nariial, le sulfate de fer; le F. ammoniacal, le sulfate d'ammonium ; le V. calcaire, le sulfate de calcium, etc. — L'huile de vitriol est Vacide sulfurique. Voy. sul-

FURIOUE.

VITTEL (Vosges), eau minérale. Voy. eaux minérales.

VITULAIRE (fièvre), affection particulière aux vaches qui viennent de mettre bas, ou qui sont sur le point de mettre bas. C'est une maladie grave, dont le traitement est encore incertain, et qui semble s'attaquer de préférence aux bètcs en bon état d'entretien.

VIVACE (du lat. viva.r). En Botanique, on nomme plantes vivaces celles qui vivent au moins trois ans, soit que leurs tiges soient persistantes (arbres et arbustes), soit qu'elles en poussent de nouvelles chaque année (lis, dahlias, asperges, etc.). On les oppose aux plantes annuelles et bisannuelles.

VIVANDIER, VIVANDIÈRE (<le l'ital. vivandière, du lat. vivanda, vivres), marchands qui suivent l'armée pour y vendre des vivres et des boissons. Le terme a disparu de la langue militaire officielle, il est remplacé par celui de canlinier; autrefois les vivandières aux armées portaient un uniforme, qu'on a supprimé. Les cantiniers, de même que tout le personnel qu'ils emploient à la suite des armées en campagne, sont soumis à tous les règlements de police de la itrévcMé et sont justiciables du conseil de guerre.

VIVANEAU ou vivANET, nom vulgaire du genre Mésoprion. Voy. ce mot.

VIVE, Trachi)ms, genre de Poissons acanthoptérygiens, de l'ordre des Squamoderines, renferme des poissons de mer, famille des Percoïdes, ainsi nommés, dit-on, parce qu'ils subsistent longtemps hors de l'eau. La Vive commune [T. draco], vulg. Dragon de mer, ne diffère des Perches que parce qu'elle est plus longue et plus mince. Sa taille est celle du maquereau. Les épines de ses opercules et de sa première nageoire sont redoutables. On la trouve dans le sable sur les rivages de la Méditerranée : sa chair est délicate. Les autres espèces sont la V. à taches noires [T. araneus], la V. à tête rayonnée(T. radiatus], la V. vipère ou Doidcroc ( T. vipera) : cette dernière se trouve sur les côtes de la Manche.

FORCE VIVE. Voy. PniSSANCE.

VIVERRA, nom latin générique de la Civette, a formé le mot Viverridés, qui désigne une famille de Mammifères.

de l'ordre des Carnassiers, comprenant les genres Civette, Genêt te. Mangouste, etc.

ViyiANITE, piiosphate de fer naturel [SFeO.P^O^.SH^O] en cristaux bleus clinorhombiques ou en masses terreuses, se trouve cristallisé en Cornouailies et en Bavière.

VIVIER (du lat. vivarium), bassin entouré de murs en terre ou en maçonnerie, rempli d'eau et destiné à conserver du poisson d'eau douce. Le plus souvent on le remplit d'eau courante : des grilles en bois ou en fer laissent un

[lassage ouvert à l'eau, en même temps qu'elles empêchent e poisson de s'échapper. Quelquefois les viviers sont simplement de grands bassins d'eaux dormantes, — Chez nous, on y élève surtout des brochets, des truites, des carpes, des anguilles. On ne doit pas mettre les brochets et les truites avesdes poissons d'espèces trop faibles, qu'ils pourraient détruire ou inauiéter. On jette dans le vivier les restes de la cuisine, oes légumes cuits ou crus; aux approches des fortes gelées, on y jette de l'orge, du seigle, du blé ou autres graines. Pour prendre le poisson quand on en a besoin, on se sert de la trouble et de la seine, — Les Romains déployaient beaucoup de luxe dans leurs viviers. Voy. PISCINE, AQUARICM et PISCICULTURE,

VIVIPARE (du lat, viviparus), nom donné, en Zoologie, aux animaux qui mettent bas hnirs ])clits vivants, par opposition aux ovipares, qui pondent dos œufs : les Mammifères, certains Reptiles (Vipère) et Poissons (Requin), sont vivipares,

VIVISECTION, nom donné aux opérations faites sur l'animal vivant dans un but physiologique, pour mieux observer les phénomènes de la vie. C'est par la vivisection que se sont constituées la Physiologie et la Pathologie expérimentales, auxquelles l'art de guérir est redevable de tant de conquêtes. Les souffrances imposées aux animaux (souffrances bien souvent mitigées ou supprimées par une anestbésie partielle ou totale) sont donc largement compensées par les connaissances acquises dans le but de si)ulager l'homme malade.

VIVRES (du lat, vivere). Dans le langage militaire, on comprend sous ce nom tout ce qui sert à la subsistance du soldat : farines, pain, riz, viandes, salaisons, légumes secs, sel, vin, eau-de-vie, café. — De tout temps, l'approvisionnement des vivres a fixé l'attention des généraux et a souvent influé sur l'issue des campagnes; toutefois les armées du premier empire ont su fréquemment soulfrir de la faim au milieu des périodes les plus glorieuses pour nos armes. En France, les premiers règlements pour la fourniture des vivres aux armées remontent à Philippe le Bel, en 13H. En 1470, Louis XI créa deux commis-généraux des vivres. Sous le règne de Henri III (1574) apparaissent les premiers fournisseurs généraux ou munilionnaires [Voy. ce mol), entrepreneurs chargés delà fourniture des vivres aux armées, dont quelques-uns, surtout pendant les grandes guerres de l'Empire, acquirent des fortunes scandaleuses. Depuis la Restauration, c'est le corps de l'intendance qui est chargé de pourvoir à la subsistance des troupes, de passer les marchés pour la fourniture des vivres, d'assurer leur transport en temps voulu et leur distribution aux lieux désignés par le commandement,

VIZIR, nom donné, chez les turcs, à de hauts fonctionnaires, Voy. ce mot au Dict. d'Ilist. et de Gcogr.

VLADIKA, titre du chef des Monténégrins,

VOCABLE (du lat, vocabulum), se dit de tous les mots qui composent une langue. Ce terme, fort employé jadis, puis abandonné, a été repris récemment : il désigne particulièrement les substantifs.

Dans la Religion, le mot vocable a été adopté pour désigner le nom du saint sous le patronage duquel est une église. On dit }), ex, : Cette église est sous le vocable de Sf-Jean.

VOCABLES. Helmholtz a montré, dans ses études sur le timbre, q^ue pour former une voyelle il suffit d'ajouter au son principal produit par les cordes vocales une ou plusieurs notes accessoires, qui restent indépendantes de la hauteur du son produit, \oici le tableau de ces vocables [la^ étant le la du diapason normal) :

Ou

Slbs

Sl'bi

Ai

ré^

sol-

Slhs

Eu

fa^

réo

soL

VOCABLLAIRE

VUILE

VOCABULAIRE ;du lat. vocabularium], nomenclature lies mois dune langue, sans explications détaillées, et en particulier recueil de mots ou termes qui appartiennent à une science ou à un art. Voy. dictioxnairk.

VOCAL (du lat. vocalis\ ce qui a rapport à la voix. En Anatoraie. on appelle cordes vocales les li<;aments inférieurs de la glotte. Voy. ce mot.

Musique vocaU, musique écrite pour la voix humaine : on l'oppose à la musique instrumentale. Voy. mcsioce.

VOCALISATION. C'est, dans l'art du chant, l'action de vocaliser. On donne dune façon générale le nom de vocalise à tout trait de virtuosité s'eiécutant sur une seule voyelle sans articulation de syllabe. On appelle encore vocalises des exercices ou études destinés à assouplir la voix.

VOCATIF. Voy. cas.

VOCATION ;du lat. vocatio. appel). Ce mot, dont la signification ordinaire est celle de penchant prononcé pour une carrière, jiour le commerce par exemple, pour le barreau, etc., s'emploie aussi, dans le sens religieux, pour désigner ce mouvement, cette voix intérieure par laquelle Dieu nous invite d'une manière toute spéciale à la pratique de son culte. — La Vocation d'Abraham, q\i\ fait époque dans la Chronologie, fut le choix que Dieu fit de ce patriarche pour être le père des croyants. La Vocation des Gentils est la grâce que Dieu leur" a faite en les appelant à la connaissance de l'Evangile.

VOCHYSIÉES ou vochïsiacées (du g. -type Vochysia), famille de plantes Dicotylédones dialj-pétales à ovaire su-

Fère, se compose d'arbres et d'arbrisseaux résineux de Amérique du Sud, à feuilles entières, opposées ou verticillées, munies de stipules ; à fleurs solitaires irrégulières à 5 étamines, une seule fertile, en grappes ou en cymes terminales; à fruits capsulaires, coriaces ou ligneux. — Genres principaux : Vochysia, Lozania, Erisma, etc.

VŒU (du lat. votiim], promesse faite à Dieu, par laquelle on s'engage formellement ou conditionnellement, sous peine de péché mortel ou de sacrilège, à une œuvre qu'on croit lui être agréable, et qui n'est pas d'obligation. L'usage des vœux remonte à la plus haute antiquité : on sait que la mort (ou, selon quelques-uns. la réclusion) de la fdle de Jephté et l'immolation du fils d'Idoménée furent le résultat de vœux aussi imprudents que barbares. On a de Juvénal une belle satire Sur les vœux {Sat. x). — Vœu se. dit aussi de l'ofTrande promise. Voy. ex-voto.

Chez les anciens, on appelait : boucliers votifs, des boucliers que l'on appendait dans les temples pour l'accomplissement d'un vœu ; jeux votifs, des jeux qu'on célébrait dans le même but. — Nous appelons messe votive celle qui est dite dans une intention particulière, comme pour les malades, les vovageurs, etc.

Vœux monastiques. Ils sont ordinairement au nombre de trois : vœux de chasteté, de pau\Teté et d'obéissance. On en attribue l'institution à St Basile, vers le milieu du IV* siècle. On distingue les vœux simples, qu'on fait en particulier et sans aucune solennité, et les vœux solennels, qu'on fait dans l'Eglise, soit en entrant dans les ordres sacrés, soit en faisant profession dans les ordres religieux.

Avant 1789, les vœux monastiques étaient ordinairement perpétuels. L'Assemblée constituante, par la loi du 13 février nOO, prononça l'abolition de toute espèce de vœux; ils furent rétablis par le décret du i8 fé\Tier 1809, mais avec certaines restrictions : la loi civile ne reconnaît de vœux que dans les congrégations religieuses autorisées par l'Etat, et qu'après l'âge de 16 ans accomplis. Jusqu'à 21 ans, leur durée ne peut dépasser 1 an ; passé cet âge, l'engagement peut être porté à 5 ans. — Les vœux perpétuels, que la loi civile ne reconnaît plus, obligent cependant en conscience ceux qui les ont prononcés.

VOIE (du lat. via). Ce mot se dit surtout des grandes routes construites par les Romains, et qui menaient de Rome jusqu'aux extrémités de l'empire. Les voies romaines étaient remai-quables par leur beauté et leur solidité : quelques-unes offraient jusqu'à quatre couches de dalles, reposant sur un lit épais de cailloux, liées entre elles avec un ciment très dur, et soutenues latéralement par des marges en pierres. Outre les colonnes milliaires, qui marquaient les distances, on y trouvait, de dix en dix pas, des pierres carrées pour s'asseoir ou pour monter à cheval. Les plus célèbres sont les voies Appienne. Aurélienne, Flaminienne, Domitienne, etc. Voy. chaussées

et BOUTES.

Voie publique. Voy. vorare.

En Anatomie, voies est synonjTme de canaux : c'est en ce sens qu'on dit les voies aériennes, digestives, urinaires, etc. loy. canal.

En (Chimie, le mot voie s'emploie pour indiquer la manière de faire une opération : on distingue ,1a voie sèche, qui consiste à soumettre les substances à 1 action du feu, et la voie humide, qui consiste à les traiter j)ar les dissolvants liquides.

En Jurisprudence, on appelle : voies de droit, le recours à la justice suivant les formes légales : voies de fait, les actes de violence, les mauvais traitements, les coups donnés à quelqu'un, et, en particulier, tout acte par lequel on s'empare violemment d'une chose. Les voies de fait exercées contre les personnes sont poursuivies correctionnellement ou criminellement, selon leur gravité (C. pén., art. 209-12 et 228-33).

En Métrologie, la voie était une tuiité de l'ancien système français des poids et mesures qui servait au mesurage du bois de chauffage. Elle se décomposait en 50 pieds cubes, et équivalait à 1 stère 92. Deux voies faisaient une corde. — Aujourd'hui la voie de charbon est, pour le charbon de bois, un sac contenant 2 hectolitres, et, pour le charbon de terre, une quantité de 1 000 kilogr. ; pour mesurer ce dernier, on se sert de sacs pesant 40 kilogr.

Voie lactée, dite aussi Galaxie et Chemin de St-Jacques, traînée blanchâtre qu'on aperçoit dans le ciel par les nuits sereines, et qui suit à peu près un grand cercle de la sphère céleste, en se bifurquant parfois, ou en présentant des lacunes obscures. Galilée est le premier qui ait reconnu que la Voie lactée est composée d'une multitude d'étoiles, et qu'elle doit être rangée parmi les nébuleuses résolubles. Mais c'est Herschel qui a démontré que cette nébuleuse est précisément celle dont notre Soleil fait partie. M. Struve pense que les étoiles qui composent la Voie lactée forment non un disque plein, comme le voulait Herschel, mais un anneau à la circonférence duquel elles seraient massées en grand nombre, tandis que la partie vide serait occupée par notre Soleil et quelques étoiles dispersées autour de lui. Notre système stellaire ne serait de la sorte qu'une nébuleuse annulaire. Quoi qu'il en soit, on admet, d'après Herschel, que le nombre des étoiles qui composent cet anneau est de beaucoup supérieur à 50 millions, et que ses dimensions sont telles, qu'il faut à la lumière plus de 5000 ans pour le traverser [Voy. NÉBCLErsEs). — La Fable attribue l'origine de la Voie lactée à quelques gouttes de lait qui tombèrent de la bouche d'Hercule lorsqu'il était suspendu aux mamelles de Junon.

VOILE (du lat. vélum). Au masculin, ce mot désigne cette partie du vêtement des femmes oui sert à couvrir le visage; il se dit en particulier de celui que portent les religieuses : c'est en ce dernier sens qu'on dit prendre le voile pour se faire 7'eligieuse ; la prise de voile est la cérémonie qui a lieu à cette occasion. — Voile se dit aussi, dans les cérémonies de l'Eglise, pour poêle. Voy. ce mot.

Par extension, le nom de voile a été donné à une étoffe avec laquelle on fait le voile de certaines religieuses et autres ouvrages analogues.

En Anatomie, le voile du palais est une cloison membraneuse, de forme quadrilatère, mobile et contractile, située sur le prolongement de la voûte du palais, qui sépare en partie la cavité de la bouche de celle du pharynx et circonscrit l'isthme du gosier. Son bord inférieur, libre et flottant, offre au milieu un appendice conoïde, la luette [Voy. LCETTE et staphtloraphie), et sur les côtés, deux replis en arcade, que l'on nonune les piliers. — Le voile du palais en s'abaissant et en s'élevant d'une part, d'autre part en resserrant et en dilatant l'isthme du gosier, joue un rôle important dans la déglutition cl l'exercice de U voix.

Dans la Marine, une voile est une large pièce de forte toile, destinée à recevoir l'impulsion du vent et à la transmettre au bâtiment. ■Chaque voile tire son nom du mit 2ui la porte : ainsi il y a une voile d'artimon, dite aussi rigantine, une grande voile, une voile de misaine, un grand et un petit hunier, une voile de perruche, un grand et un petit perroquet, des cacatois, des focs, des voiles d'étai, etc. ; certaines voiles supplémentaires, dont l'usage n'est pas ordinaire, ont reçu les noms particuliers de bonnettes, de civadières. etc. — La forme des voiles est quadrangulaire, trapézoïdale ou triangulaire ; les voiles suspendues à des vergues sont ordinairement carrées; U

Page 1