‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 17 sur 1729 · ACÉTATE · texte numérisé non relu

ACÉTATE

ACCUSATION (<iu lat. accusation Dans notre Droit crïrniiiil. <i> nuit ne sappliaue «ju'à la poursuite clun urime; sil >"agil ilun simple délit, la lui se sert du mot prévention. — Dans toute accusation, il faut distinguer : l'inculpation, qui comprend la dénonciation du crime et l'instruction: la prétention, déclaration du juge d'instruction qui renvoie ou non l'aifaire à la chambre des mises en accusation: la mise en accusation, résultant d'un arrêt de celte chambre qui renvoie le prévenu devant la cour d'assises. A la suite de la mise en accusation, le procureur général dresse Vacte d'accusation. Les formalités à remplir à l'égard des accusés sont déterminées par le Code d'instruction criminelle, notamment aux articles 217 et suiv.. et par le décret du 6 juillet 1810. L'accusé une fois "acquitté ne peut plus être repris ni accusé à raison du même fait (art. 560.

A Athènes, dans les différends entre particuliers, la personne lésée pouvait seule accuser ; mais pour les délits qui concernaient l'Etal, chacun en avait le droit. On portait ces accusations devant le Sénat ou devant le peuple, qui. après un premier jugement, les renvoyait aux tribunaux. L'accusateur s'engageait par serment à soutenir l'accusation : s'il s'en désistait, ou s'il n'obtenait pas la 5' partie des sulfi-ages. il était condamné à une amende de 1 000 drachmes : s'il triomphait, il avait le tiers des biens confisqués au coupable. Celui qui ne pouvait convaincre d'im|)iéte un citoyen qu'il avait accusé était condamné à mort. — .\ Rome, tout citoyen avait droit d'en accuser un autre. On remettait au préteur l'acte d'accusation ; le jugement avait lieu le 30". quelquefois le 10" jour après l'accusation. L'abus de ce droit donna naissance aux délateurs {Voy. ce mot). — La Constitution de 1791 créa un accusateur public, magistrat chargé de poursuivre, au nom de la sotiété. les personnes prévenues [de crime; il fut d'abord nommé par le roi. puis, à partir de 1795, par l'assemblée électorale. Hn 1799. il fut remplacé par le procureur de la République. Voy. jnxrsTÉBE public et PBOccRErn.

ACÈNE du gr. ixatva), mesure de longueur dans l'anc. Grèce et l'Asie, valait 10 pieds grecs (5"", 08).

ACÉPHALES (du gr. àxÉjaÀo;, sans tête) ou lamellibranches, 5° classe de l'embranchement des Mollusrjues. Ces animaux sont dé|)ourvus de tête et manquent des organes de la vision, de la préhension et de l'audition. Ils ont un cœur formé d'un seul ventricule, un système nerveux composé de quelques ganglions épars, un tube digestif complet terminé par une bouche et un anus distincts. Ces organes sont renfermés dans une large expansion charnue appelée manteau et divisée en "2 grandes lames paires: sur les bords du manteau sont les branchies, oignes respiratoires, com|K>sés de 2 feuillets minces régulièrement striés; souvent du manteau sortent 2 tubes plus ou moins longs nommés siphon, l'un est le siphon branchial et l'autre le siphon anal. — L'animal est protégé par une coquille calcaire bivalve. Il adhère à chaque valve par un ou plusieiu's muscles qui laissent sur la ccKjuille vide les traces dites impressions musculaires. Le manteau laisse souvent aussi une trace linéaire plus ou moins sinueuse appelée impression palléale. L'occlusion des valves est déterminée par la contraction des muscles d'attache, et leur écartement, par l'elfet d'un //j/awff h/ corné élastique, placé à leur point de jonction. — La coquille est équivalve ou inéquivalve, équilatérale ou inéquilatérale. symétrique ou irrégulière. Le point où commence la valve et qui présente d'ordinaire une saillie recourbée, a reçu le nom de crochet. En arrière du crochet existe souvent une dépression appelée lunule. En avant est une autre dépression plus allongée, ord. recouverte par le ligament corné, et qu'on appelle Vécusson, la suture ou le corselet. Le lx)rd de la valve opixjsé au crochet porte le nom de labre. Enfin, les deux valves sont le plus souvent réunies par une sorte d'engrenage appelé charnière, et composé à chaque valve d'un certain nombre de dents et d'un certain nombre de fossettes dans les((uelles pénètrent les dents de la valve opposée : ces dents sont dites cardinales, quand elles sont sous le crochet : latérales, quand elles en sont séparée?. — Les Acéphales se divisent en 5 ordres : 1° les Orthoconques sinupalléales; 2° les Orthoconques intégropalléales ; 3" les Pleuroconqttes.

ACKl'UALEs. Voy. MONSTRES.

AcÊi'iiAiKs. hérétiques. Voy. le Dict. d'Hist etdeGéogr.

ACÉPHALOCYSTES. Voy. htdatides.

ACÉRACÉES ou ACÉRI.NÉES (du lat. acer, érable], famille

de plantes Dicotvlédones à ovaire supere, renferme des arbres élevés, à feuilles opposées, simples: à fleurs jaune verdàtre, en corvmbes ou en grappes ; corolle de 5 à 9 pétales ; 7 à 12 étamines. ovaires à 2 ou 5 loges ; fruit en samare ou capsule. — Elle formait autrefois 2 sections, ayant pour types les genres Erable et Marronnier : la 1'' seule a été conservée, sous le nom d'Acérinées (genres Acer et Segiindiutn]. Pour la 2", voy. hippocastanées.

ACERDÈSE (du gr. ixcoof,;, sans valeur), sesquioxyde de manganèse hydraté naturel (Mn*0"'.H*0) en cristaux orthorhombiques d'un gris métallique foncé, le plus souvent striés, à poussière d'un brun rougeâtre presque noire ; se rencontre parfois à l'état fibreux. C'est un des plus abondants parmi les minerais du manganèse ; elle est peu estimée à cause de sa faible teneur en oxygène.

ACERES (du gr. ixiçiuii, sans corne), nom donné à des Mollusques, à des Araclmides, à des Insectes, dépourvus de tentacules.

ACERINA, poisson. Voy. grémille.

ACÉRINÉES. Voy. acéracées.

ACESCENCE du lat. acescere, devenir acide), maladie du cidre et ilu vin. Voy. cu)Re et vix.

ACETABULARIA, algue classée d'abord parmi les Zoopbytes, mais qu'on a reconnue depuis appartenir au règne végétal : c'est une plante qui ressemble à un petit Agaric vert, ayant un disque en ombelle un peu concave : d'où son nom.

ACÉTABULE (du lat. acelabulum, mesure dont les Romains se servaient pour quelques liquides, tire son nom du vase où l'on mettait le vinaigre [acetum) ; c'était la moitié de Vhémine (0 lit. 067).

ACÉTABULIFÈRES, un des 2 ordres de la classe des Mollusfjues céphalojwdes, sont aiiJsi nommés à cause des ventouses qui garnissent leurs expansions céphaliques : on les appelle aussi Di'ftra/ic/jj'ai/x, jwrce qu'ils n'ont qu'iuie paire de branchies. Voy. céphalopodes.

ACÉTAL, produit de l'oxydation de l'alcool, se forme dans la préparation de l'aldéhyde. Liquide éthéré, d'odeur suave.se transformant en acide'acétique sous l'influence des oxvdanis. Ce corps peut être considéré comme une combinaison de l'aldéliyde et de l'éther. A été découvert par Dœbereiner. qui l'a retrouvé dans le vin vieux.

ACÉTATES, sels de l'acide acétique. Voici les principaux :

Acétate d'alumine. On l'obtient par double décomposition, au moyen de l'alun et de l'acétate de plomb, préalablement dissous dans l'eau. Il sert de mordant dans l'impression des toiles.

.Acétate d'ammoniaque. On l'obtient en traitant l'acide acétique par l'ammoniaque. On l'emploie en thérapeutique comme sudorifique sous le nom d'Esprit de Mindererus.

.Acétates de cuivre. L'.A. neutre, vulg. Vert distillé. Vert cristallisé. Cristaux de Véuus, se présente en prismes rhomboïdaux obliques légèrement efflorescents et d'un vert foncé. Il s'obtient en dissolvant dans du vinaigre distillé r.4. basique ou Sous-.Acétate, vulg. Verdet ou Vertde-gris, qui renferme les mêmes éléments, plus une certaine quantité d'oxyde de cuivre. Ce dernier acétate se prépare en grand au moyen de lames minces de cuivre, empilées avec du marc de raisin qu'on a laissé s'aigrir : le métal est oxydé par l'air, et l'oxyde formé s'unit à l'acide acétique contenu dans le marc. Le sous-acétate de cuivre est presque insoluble dans l'eau, mais très soluble dans le vinaigre et dans les autres acides. — Ces deux acétates s'emploient comme couleurs vertes dans la peinture à l'huile, et comme mordants dans la teinture en noir sur laine: on en fait aussi des liqueurs, nommées Vert d'eau. Vert préparé, qui servent au lavis des plans. Ils sont très vénéneux : toutes les fois que des liqueurs ou des mets mêlés de vinaigre se refroidissent et séjournent dans des vases de cuivre, ils se chargent d'acétate de cuivre, et acquièrent ainsi des propriétés délétères. Il ne faut pas confondre le sous-acétate de cuivre avec le vert-de-gris qui se forme à la surface des ustensiles de cuivre, des statues de bronze, des pièces de monnaie, par la seule action de l'air humide ; ce vert-de-gris n'est qu'un sous-carbonate de cuivre. Les anciens connaissaient le sous-acétate de cuivre; ils l'employaient comme couleur et comme médicament, et le préparaient comme nous.

.Acétate de fer. liqueur brun foncé , incristallisable, qu'on obtient en mettant en digestion du vinaigre de Wn ou de l'acide pyroligneux distillé avec des rognures de fer.

Page 1