PALUDISME
PALACHÉITE. Sulfate de fer et de magnésium hydraté, iSO',2MgO.Fc*0^,15ll*0. Petits cristaux clinorhombiques, rouge brique, trouvés à la mine Redington, Knoxville, Californie.
PALAQUIUM. Genre qui diffère essentiellement des Isonandra ; ce sont les producteurs principaux de Guttaperclia. Les principales espèces sont le Palaquium Gulta (appelé autrefois Isonandra Giitla), le Palaquium oblonf/ifoliitm, borneense. Treubii, etc.
PALÉARCTIQUE. La région paléarctique comprend l'Europe avec le Nord de l'Afrique jusqu'au Sahara, le Nord cl le centre de l'Asie jusqu'au Japon et à rilimalaya, et constitue une province biologique bien caractérisée. Kn géologie le continent paléarctique, formé à l'époque précambrienno, comprenait un ensemble de terres circompolaires limitées au sud par la chaîne Huronienne.
PALÉOCRYSTIQUE. La mer paléocrystique est la mer qui avoisine la banquise boréale ; on lui donne ce nom dans l'hypothèse que la glace de cette banquise atteignant une épaisseur considérable d'une quarantaine de mètres, pourrait être de la glace fossile provenant d'une période géologique antérieure à la nôtre.
PALTREUBINE. Substance de composition C^H^^O, retirée par MM. Yungfleisch et Leroux des feuilles de Palaquin Treubii.
PALUDISiVIE. Ces dernières années ont vu s'accomplir de belles recherches sur l'ètiologie du paludisme. La 1™ découverte, base de toutes les recherches faites depuis, est celle du microbe du paludisme, faite en 1880 à l'hôpital militaire de Constantiiie par Lavcran. Il découvrit dans le sang des malades, au moment des accès de fièvre, un parasite polymorphe qui diffère de la plupart des microbes qui causent les maladies infectieuses, en ce qu'il est un animal appartenant à l'embranchement des protozoaires, tandis que les microbes ck la diphtérie, de la tuberculose, de la fiiivre typho'ide, par exemple, sont des bactéries, se rattachant au règne végétal.
Laveran, après avoir découvert ce microbe, qu'il appela hématozoaire [ou animal parasite du sang], rechercha comment cet hématozoaire pénètre dans l'organisme de l'homme. Il ne put le retrouver ni dans l'air ni dans l'eau, c'est alors qu'il émit l'hypothèse, en 1884, que les moustiques, toujours abondants dans les lieux palustres, devaient servir à inoculer le paludisme.
S'inspirant de l'hypothèse de Laveran, un médecin de l'armée des Indes, Ronald Ross, rechercha ce que devenaient les hématozoaires contenus dans le sang sucé par les moustiques chez des malades au moment des accès. Il lit donc de nombreuses et patientes dissections d'estomacs de moustiques, et ses travaux, complétés par ceux de Grassi, et d'autres savants, prouvèrent que les hématozoaires subissent une série de transformations dans le corps des moustiques, qui peuvent ensuite les rèinoculer à des hommes saius.
Ce dernier point a été démontré d'une façon irréfutable par la mémorable expérience de Patrick Manson, de FiOndres. Ce savant se fil envoyer de Rome, par la malle lies Indes, des moustiques ayant sucé le sang de malades paludéens. Un certain nombre de ces moustiques étant arrivés bien vivants à Londres, il leur fit piquer son propre (ils, le h' Thornburn Manson, qui n'avait jamais eu les lièvres. Quelques jours après, Thornburn Manson avait un accès typique de fièvre qui se reproduisit deux jours après (fièvre tierce) exactement comme la fièvre présentée par les malades italiens piqués à Rome par les moustiques. Cette fièvre était marquée par la présence d'hématozoaires dans le sang, cédait à la quinine, et provoqua des rechutes du même type : ce sont les caractères du paludisme. C'étaient donc bien les Moustiques qui avaient transporté les hématozoaires des hommes malades aux hommes sains. Ces expériences, répétées à volonté par un grand nombre de savants, dans tous les pavs du monde, sont bien élablios et indiscutables.
Nous allons maintenant envisager ces faits eu détail, étudiant d'abord l'histoire de l'hématozoaire à travers le corps de l'homme, puis à travers le corps du moustique. Nous renvoyons au mot Moustique pour l'histoire sommaire de ces diptères. Nous nous contentons d'indiquer ici qu'un seul genre de moustiques, le genre Anophèles à l'exclusion des autres, est capable de véhiculer le parasite du yjaludismc.
Supposons que nous suivions un jeune hématozoaire au
moment où il vient d'être inoculé par la trompe d'un moustique dans un vaisseau sanguin de l'homme. Le microbe pénètre aussitôt dans un globule rouge, il mesure alors 2 millièmes de millimètre et a une forme arrondie. Ce parasite grossit rapidement, il remplit bientôt le globule rouge (7 millièmes de millimètie de diamètre) dont il ne reste bientôt plus rien. A ce moment l'hématozoaire se divise tout simplement en 8 à '25 parties dont chacune est un jeune hématozoaire. Un certain nombre de ces jeunes hématozoaires vont infectei de nouveaux globules rouges d'une façon identique à celleque nous venons de décrire, pour devenir chacun un gros hématozoaire qui se divisera lui-même en un certain nombre de jeunes hématozoaires, et ce cycle pourra se reproduire indélinimenl. Le moment où les hématozoaires, tous du même âge, se divisent en même temps, correspond chez le malade à l'accès de fièvre.
D'autre part, un certain nombre déjeunes hématozoaires, après avoir pénétré dans des globules rouges, et avoir grossi, au lieu de se segmenter, prennent la forme de croissants. Ces croissants sont les formes sexuées du parasite, les uns sont mâles, les autres femelles. On ne les distingue les uns des autres qu'à des détails de structure que nous ne pouvons pas exposer ici.
Jamais les éléments mâles ne fécondent les éléments femelles dans le sang de l'homme. Ce sont les recherches de Ross et de Grassi qui ont montré que la fécondation ne se produit qu'en dehors de vaisseaux elque cette fécondation n'aboutit à la formation de petits germes que dans l'estomac d'un seul genre de Moustinues, le genre Anophèles. En résumé, nous voyons que clans le sang de l'homme, les hématozoaires se développent de deux façons : ou bien ils aboutissent à une simple division sans phénomènes sexuels, division se produisant toutes les 24 heures dans la fièvre quotidienne, toutes les 48 heures dans la fièvre tierce, toutes les 72 heures dans la fièvre quarte. Ou bleu ils donnent des formes variées qui n'évolueront que dans l'estomac de certains Moustiques — où nous allons les étudier maintenant.
Si l'on recherche au microscope ce que devient le sang d'un malade sucé par un Anophèle, on voit que les globules rouges arrivés dans l'estomac du moustique y sont digérés assez rapidement, ainsi que les formes du parasite qui ne sont pas sexuées, c'est-à-dire toutes celles qui se divisent, tandis que l'on peut suivre les transformations que subissent les croissants. [Is perdent la forme qui leur a valu leur nom, ils s'arrondissent, et l'on voit de petits éléments micioscopiques très mobiles et allongés comme de petits vers qui sortent des croissants mâles. Laveran, qui a vu le premier ces formes comme d'ailleurs toutes les autres formes de l'hématozoaire décrites jusqu'ici, leur a donné le nom de llagelles, à cause de leur mouvement en couj) de fouet. Ces flagelles se dirigent vers les éléments femelles dans lesquels ils pénètrent. L'élément femelle fécondé, jusque-là immobile, montre une certaine activité ; il se meut dans l'estomac du mouslicjue jusqu'à ce qu'il ait atteint les parois dans lesquelles il s'enfonce. Là il grossit, s'entoure dune membrane à double contour. Désormais cet élément s'appelle un zygote, nom que lui a donné Ronald Ross. Ce zygote devient très gros, on le voit à l'œil nu sur l'estomac d'un moustique. Dans l'intérieur du zygote se forment finalement de petits germes, que l'on appelle des sporozoïtes, qui sont très mobiles, car à travers la cavité générale, qui entoure le tube digestif du moustique, ils arrivent aux glandes salivaires de V Anophèle. 11 s écoule environ dix jours depuis le moment où le Moustique a sucé les hématozoaires avec le sang, et celui où il les a dans la salive. S'il pique un homme sain à ce moment, il lui inocule, avec sa salive, des sporozo'ites, qui, introduits dans un vaisseau sanguin de l'homme, vont pénétrer dans des globules rouges.
Nous voici revenus au point d'où nous étions partis : un jeune hématozoaire a infecté un globule rouge; il va recommencer les deux sortes de cycles que nous venons de décrire.
Nous savons donc que l'hématozoaire du Paludisme a une évolution très compliquée. Il peut se multiplier indéfiniment dans le corps de l'individu qu'il a infecté, et n'entre dans l'organisme d'un autre individu que par l'intermédiaire des Anophèles dans l'estomac desquels il présente des phénomènes sexuels. Ainsi s'explique d'ailleuis que l'on ne prend les fièvres qu'en été et en automne, et