‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 172 sur 1729 · BETTE · texte numérisé non relu

BETTE

Selon Souquet [Métrologie française^ le besant valait à cette ép<ique "20 fr. '22. — Les rois de France présentaient à la messe, le jour de leur sacre, 13 besants d'or.

BESAM. en t. de Blason, pièce ronde comme une pièce de monnaie et toujours d'or et d'argent. Le besant tourteau a même conliguration, mais il est moitié métal, moitié émail.

BESET ou BEZET. Voy. trictrac.

BESICLES, lunettes à branches qui se fixent sur les tempes. Le mot besicle paraît être une corruption de bericle, lequel vient lui-même de vericle, pierre fausse, ou du bas-latin berijllus, qui a été employé pour signifier lunette.

Voy. LUNETTES.

BÉSIGUE. Voy. besy.

BESLÉRIE de Besler, botaniste allemand), Besleria, genre de la famille des Gesnériacées, renferme des plantes herbacées vivaces qui toutes habitent les forêts de l'Amérique méridionale. La B. incarnat, la B. jaune et la B. à grandes fleurs sont cultivées dans nos serres conune plantes d'agrément.

BESOIN, en Droit. Voy. aliments et abus de confiance.

l)an> le commerce de Banque, les tireurs ou endosseurs d'une lettre de change écrivent souvent au bas : ai* besoin chez. .V..., ce qui signifie qu'en cas de non-acceptation ou de non-payement, le porteur peut se présenter chez M..., qui pavera le montant de la lettre de change. La personne ainsi désignée est appelée aussi besoin ou recommandataire.

BESTIAIRES du lat. bestiarius. bestia, bêle;, ceux

a ni, chez les anciens Romains, étaient destinés à combattre ans les cirques contre les bêtes féroces. C'étaient des prisonniers de guerre, des criminels, des esclaves coupables ou des Chrétiens. — Les bestiaires étaient distincts des gladiateurs et considérés comme une classe inférieure.

On donnait aussi le nom de Bestiaires [Bestiaria], au moven âge, à des recueils de fables ou de moralités, ainsi qu'à des poèmes didactiques, ordinairement en vers de 8 svllabes. où les bêtes figuraient comme personnages. BESTIAUX. Voy. bétail.

BESY ou BÉSIGUE JEU de). Ce jeu de cartes a beaucoup d'analogie avec la Brisque ou Mariage. Il se joue à deux et quelquefois à trois. On se sert d'un jeu de piquet, soit simple, et alors la partie se termine en 500 pomts, soit douole ou triple, et, dans ce cas, elle peut être fixée à 1000, l^OO ou 1500 points. Chaque joueur reçoit d'abord 8 caries, et. après chaque levée, il en prend ime au talon, jusqu'à entier épuisement. Le talent du joueur consiste surtout à former des mariages ou des groupes de cartes qui donnent des points : en effet, 4 as se comptent 100 points; 4 rois. 80 ; 4 reines, 60 : 4 valets. 40 ; un mariage simple ou double, 20 ou 40 points; le bésy, c.-à-tl. l'accouplement de la dame de pique et du valet de carreau, 40 (Ktinls ; le double bésy, 500. etc. De plus, le 7 d'atout vaut 10 jwints, et quelquefois l'as, le roi. la dame, le valet, valent isolément 11. 10, 4. 5 et 2 ixiints. — Le bésy est originaire du Limousin et ne s'est guère répandu à Paris et en France

Ïue depuis le commencement de ce siècle. — On ap()elle ésigue chinois un jeu analogue au bésigue ordinaire, mais qui se joue avec 4 ou t) jeux et dans lequel une carte déjà utilisée pour des points peut resservir à de nouvelles combinaisons.

BETA, nom latin botanique du genre bette. BÉTAIL, bestiaux (du lat. bestiale, nom collectif des animaux domestiques dune ferme;. On distingue : legros bétail, qui comprend les bétes chevalines (cheval, âne, mulet et les bétes bovines taureau, vache, veau, buffle, etc.) ; et le menu bétail, qui comprend les bétes ovines ou bétes à laine bélier, mouton, etc.), les bétes à poil (chè^Te, bouc, etc. et les bétes à soie (cochon, truie, etc.). On emploie encore les expressions : bétes de somme, celles qui jwrtent des fardeaux (âne. mulet, chame'au, lama) ; bétes de trait, ceUes qu'on attelle aune voiture (cheval, mulet) ; bétes iiumailles Voy. ci-après bête . etc. — Le bétail est un des éléinents nécessaires de l'agriculture : outre qu'il est indispensable pour labourer la terre et en transporter les produits, le fumier qu'on en retire est un des moyens les plus efficaces de fertiliser le sol; en outre, le bétail peut seul donner une valeur aux herbages. L'infériorité de l'açriculture française par rapport à celle de plusieui-s pays etransers. notamment de l'Angleterre, tient surtout à ce que l'on a trop longtemps négligé en France l'élève du bétail.

BÈTE du lat. bestia), animal privé de raison; on op-

pose en ce sens la bête a Vhomme. — Les anciens accordaient une âme aux bî-tes, mais une âme fort inférieure à celle de l'homme, et purement ««»«// ù-e; Descartes, au contraire, a soutenu que les bêtes étaient de pures machines.

— On en revient auj. à l'opinion des anciens. Les animaux donnent dans toute leur conduite trop de marques de sensibilité et même d'intelligence pour qu'on puisse leur refuser une pensée analogue à la notre, quoique fort inférieure.

En Agronomie, on distingue : Bétes à conies, B. à laine, B. de somme, B. de trait, B. de labour, etc., tous mots qui s'expliquent d'eux-mêmes. Voy. bétail.

On appelait autrefois Bétes aumailles ou Aumailles (du lat. animalia) les bêtes à cornes et autres animaux admis à paître dans les forêts.

bêtes. En Vénerie on appelle : Bétes fauves les cerfs, les daims et les chevreuils ; B. noires les sangliers en général ; B. rouges le sanglier de un à deux ans; B. de compagnie les jeunes sangliers; B. puantes le renard, le blaireau, le putois, la martre.

On nomme vulg. : Bétes à Dieu, B. à bon Dieu, B. à Martin, les Coccinelles; — B. à feu, les Lampyres, les Taupins, les Fulgores qui répandent pendant la nuit un éclat phosphorescent ; — B. à la grande dent, le Morse ;

— B. de la mort, la Chouette, l'Effraie ; — B. noire, le Grillon, la Blatte, le Ténébrion; — B. rouges, les Leptes, etc.

bête (jeu ue l-a), jeu de cartes, le même que celui de la mouche; les termes seuls sont changés : on y dit béte pour mouche [Voy. mouche;. — La Béte ombrée {ou hombrée] n'est qu'un diminutif du jeu de l'hombre. — A ces jeux et à plusieurs autres semblables, on appelle béte la somme que l'on dépose quand on a perdu un coup, et qui reste au jeu pour être pavée à celui qui gagnera.

BÉTEL (d'un mot mdicn), Chavica belle, plante sarmenteuse des Indes orientales, appartenant au genre Piper : c'est une espèce de pt)ivre. Les Indiens forment avec ses feuilles, mêlées avec de l'arec et de la chaux vive, une préparation appelée aussi bétel, qu'ils mâchent continuellement. Le bétel est tonique et astringent; il stimule l'estomac et prévient la dysenterie, mais il gâte les dents et les fait tomber

BÉTELGEUSE, a Orion, étoile de 1" grandeur.

BÊTES. Voy. bête et bétail.

BETILLES. mousselines ou toiles de coton blanches, qui se fabriquent aux Indes orientales. On distingue : la B. simple, un peu grossière ; la B. organdi, qui a le grain rond et est très fine, et la B. tarlatane, qui est fort claire.

BÉTOINE, Betonica (des Vettones, peuple d'Espagne), plante vivace de la famille des Labiées, tribu des Stachydées. La B. officinale a des fleurs rouges ou blanches, des feuilles velues et oblongues. On cultive comme plantes d'ornement la B. du Levant, à fleurs pourpre pâle, et la B. grandiflore, à fleurs roses. — On nomme B. deau la Scrofulaire aquatique, et B. de montagne l'Arnica.

BÉTOIRE. nom donné, en Agriculture, à une sorte de puits caillouteux absorbant facilement l'eau, et dans lequel on dirige toutes les eaux dont on veut se déljarrasser.

BÉTON (orig. inc.\ mélange d'un mortier hydraulique avec des cailloux ou des pierres et des briques concassées ; il a la propriété de durcir promplement dans l'eau. Il s'enaploie pour garnir le fond d'un canal, ou j)our asseoir les fondations des constructions faites sur des terres humides. Voy. CHAUX hydraulique et ciment. — Le béton dit aggloméré peut remplacer économiquement la pierre ou la brique.

BÉTON, lait trouble et épais contenu dans les mamelles au moment de l'accouchement. Voy. colostre.

BETTE (du lat. beta'^, Beta, genre de la famille desChénopodées, tribu des Ansérinées. originaire du midi de l'Europe, renferme plusieurs plantes herbacées qui se cultivent en France. Les deux principles espèces sont la betterave [Voy. ci-après) et la B.-Poirée. — La B.-Poirée, vulg. Poirée [B. cycla], est une plante potagère; sa racine est cvlindrique, ligneuse; sa lige, droite, haute de 1 n>. env., garnie de feuilles larges et ovales; ses fleurs. i>etite« et blanchâtres. Les feuilles de la betle-poirée mêlées à l'oseille en corrigent l'acidité. Une variété de la betle-jwirée fournit des feuilles remarquables par le développement que prend leur nervure moyenne, que l'on mange en guise de cardon ; on la nomme Carde-Poirée. parce iju'elle a quelque analogie jwur le goût avec les cardons d Espagne.

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