‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1720 sur 1729 · PHASES · texte numérisé non relu

PHASES

lion (le la gélose qui fait prise à 40*'. Les cultures du coccobacille de la peste sont caractéristiques dans ces milieux et, inoculées aux petits animaux de laboratoire, tels que les souris, les rats, les cobayes, elles les l'ont mourir avec des symptômes qui rappellent ceux de la peste humaine. Cela n'a rien d'étonnant, si l'on pense que dans les pays où la peste est endémique, comme le Thibet, la Chine centrale, il est de notion vulgaire que toute épidérnie de peste humaine est précédée dune épidémie sévissant sur les rats qui meurent en grand nombre. Chez les ratstrouvés morts dans les rues au début d'une épidémie de peste, on Imuve le microbe de Ycrsin. L'élude que l'on a faite de la question a montré que les rats doivent jouer un rôle très important dans la propagation de la |)este. Aussitôt que la peste frappe dans une ville les rats d'un quartier, on s'en aperçoit au nombre de cadavres de rats pestiférés qui jonchent les rues, et à la fuite éperdue des survivants à qui leur instinct fait abandonner le quartier infecté. Parmi ces tuyards il y a forcément des piîstilérés en incubation qui portent la maladie plus loin, et l'épidémie fait tache d'huile. Voici jwur la propagation pir voie tcrrit.nne. Pour la propagation par voie niarilime, on se rend compte de sa facilité i|uand on songe que tout bateau est toujours habité par des rats. Avec les progrès de la navigation à vapeur les dangers du transport de la peste par les rais ont augmenté : autrefois lorsqu'un vaisseau à voile quittait l'Ex- Irème-Orient, loyer éternel de peste, pour l'Europe, s'il |K>rtait des rats pestiférés à son bord, ceux-ci avaient le temps de mourir tous avant l'atterrissage du vaisseau dans un port européen. Il n'en est plus de même aujourd'hui. Par le canal de Suez un bateau à vapeur est vile rendu en Europe : les derniers rats qui ont été infectés ne sont pas encore morts et peuvent répandre la maladie parmi leurs congénères do la terre ferme. La conlagion de rat à rat se fait très piobalilement par l'intermédiaire des puces qui. pHïsant d'un animal malade â un animal sain, inoL-ulent à ce dernier le microbe qu'elles ont pris au premier, exactement comme on pourrait le faire avec une lancette. Des expériences ont vérilié l'exactitude de celle hypothèse. Mais comment la peste se trnnsmet-elle du rongeur à l'homme'? Ici les puces doivent jouer un moindre rôle : il paraîtrait que ce ne sont pas les mêmes espèces de puces qui parasitent le rat et l'homme. Il est plus probable que le rai répandant des coccobacilies de Versiu partout autour de lui, par le pus de ses ganglions, ses excréments, son mucus nasal, son cadavre, l'homme s'infecte par des plaies qui permettent aux microbes pesteux d'envahir l'organisme ou encore par inhalation. Il est, par exemple, certain que les indigènes des pays chauds qui vont les pieds nus ont le plus souvent les premiei"s ganglions pris aux aines, ce qui indique que l'infection s'est faite aux membres inférieurs. La connaissance de l'agent étiologique de la peste a permis d'en mieux étudier les formes cliniques et de rattacher à la peste des cas moriiides fort dissemblables. On décrit actuellement : la forme bulxtnique. la plus commune, qui se manifeste extérieurement par des bubons, ganglions grossis et faisant saillie sous la peau; la forme intestinale, très insidieuse: la forme seplicemique, la plus grave : comme son nom rindi(|ue, on y trouve le microbe dans le sang, tandis que. dans la forme bubonique, on ne le trouve que dans lesbuljons: la forme pneumonique, qui ressemble absolument comme symptômes à une pneumonie franche ordinaire, et qui est la forme la plus contagieuse, car rexpcctoration des malades rend la diffusion du microbe facile. *

Yersin, après avoir découvert le microliedelapeste, voulut le faire servir à préparer un sérum *péciliquc. Il inocula à des chevaux des microbes pesteux, et, après bien des efforts, il put essayer son sérum sur 23 pestiférés chinois dans un hôpital cie Missionnaires en Chine. Il faut lire dans les Anna/es de l'Institut Pasteur le mémoire où Yersin décrit la nuit d'angoisses passée à surveiller les malades. Enfin « avec laube du jour parut resj>oir du succès ». Les 23 (chinois étaient condamnés avant l'inoculation du sérum. Il n'en mourut que deux. Le sérum anlipestcux a depuis entx)re maintes fois fait ses preuves cl il est entré dans le domaine de la pratique.

Il est un autre mode de défense que la sérothérapie riinire les maladies infectieuses, c'est la vawination. c'està-dire l'iiioculatioii volontaire d'une maladie très faible (jui protège contre la forme gi'ave du mal. On préparc un vaccin posliMix : ■ ■> ->•"• <l<< microbes pesteux mis hors

d'état de nuire et qui, inoculés à un homme, l'empêchenl de contracter la peste. Le vaccin donne une immunité plus durable que le sérum : mais il n'agit qu'au bout de plusieurs jours, il faut que l'organisnTe ait le temps d'élaborer son contrepoison : tandis qu'avec le sérum on inocule an malade un contrejioison tout fait, élabore par l'organisme d'un cheval, et qui agit de suite. De sorte que la conduite à tenir est la suivante : j)our un malade il ne faut avoir recours qu'au sérum qui agit de suite. Mais comme mesure préventive, il faut s'inoculer en même temps le sérum, qui protège de suite, et le vaccin, qui ne protégera qu'au boii< de plusieurs jours, mais pour longtemps.

Les mesures d'ordre général à prendre contre la peste, sont, d'après ce que nous savons : la destruction des rongeurs (cales de bateaux), la surveillance des marchandises provenant de pays pestiférés, et qui ont pu être contaminées par des rats; l'isolement des pestiférés et de leur entourage, la surveillance médicale des passagers de navires reconnus infectés; l'emploi préventif du sérum et dn vaccin.

PÉTROGRAPHIE ou Pétrologie. Étude des roches qm constituent l'écorce terrestre, au point de vue de leur texture, de leur structure, de leur composition chimique et minéralogique, de leur mode de formation et de leur origine.

PÉTROLES. L origine des pétroles est encore très discutée. D'après llunt et Engler, le pétrole résulterait de la décomposition des plantes et des animaux marins ; on y rencontre en effet de la cholesiérine. qui est évidemment d'origine animale ; ces mêmes auteurs admettent d'ailleurs que les pétroles peuvent aussi avoir une origine végélaleberlhelot, Moissan et Mendelejeff attribuent l'origine des pétroles à l'action de l'eau sur les carbures métnlliques ; la production du pétrole serait due d ms ce cas à un phénomène continu se produisant encore de nos jours, et la source des pétroles serait inépuisable. Les principaux gisements de pétrole se trouvent en Russie et en Amérique: les districts pélrolifères de Pcnsylvanie voient leur rendement diminuer, tandis que les rendements des territoires de Bakou, de Grosnv, de Tschéleken, ne vont qu'en augmentant. Les pétroles russes sont composés de carbures cycliques, tandis que les pétroles d'Amérique sont formé» de carbures gras.

PHARISAÏSME. Habitude des Pharisiens. Les Pharisiens formaient chez les anciens Israélites tout un parti opposé aux Saducéens, fidèles et stricts observateurs de la loi. A l'observation de la loi les Pharisiens joignaient un grand nombre d'autres pratiques et une ferveur très gnmde pour la religion et les préceptes des Ecritures. Les Pharisiens, après la destruction de Jérusalem en 70, exercèrent sur leurs coreligionnaires une influence hostile aux étrangers.

PHASES. Gibbs donne de la phase (mot introduit en chimie' la définition suivante : ' Dans l'étude des différentes masses homogènes qui peuvent être obtenues aveé un même groupe de substances constituantes, il est commoile d'avoir un terme qui vise seulement la composition el l'état thermodynamique de chaque masse, ;ibstraelion faite de sa grandeur et de sa forme. On appellera de semblables masses, envisagées seulement au point de vue de leurs différences de comjwsition et d'étal, des phases différentes de la matière considérée, en envisageant toutes les masses qui diffèrent seulement par la grandeur et la forme comme des exemples d'une même phase ». Deux cristaux de glace sont deux exemples d'une même phase ; le svsième constitué par des cristaux de glace, de l'eau liquide et de la vapeur d'eau contient trois phases.

La loi des phases permet de prévoir quel sera pour un svsième donne le nombre jiossible do variations indépenduntes, quel sera le degré de liberté du système. Ce degré de liberté n'est fonction que du nombre (rj de ses phases et du nombre (h) des constituants indépendamment variables du système. Ce nombre n exprime le nombre de variations chimiques différentes que l'on peut faire subir au système sans porter atteinte à l'étal d'équilibre ; il représente la différence entre le nombre [m] des substances différentes intéressées dans l'équilibre et le nombre [q] des réactions chimiques qui interviennenl. Dans le système constitué par le mélange fondu de chlorure de potassium, KCl, et de bromure de sodium, NaBr, nous pouvons avoir les quatre sels suivants: KCl, >'aCl, KBr, NaBr. Le nombre des substances présentes est de 4

FIIEIXANDRÈNE

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