‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 177 sur 1729 · BIERE · texte numérisé non relu

BIERE

L'ensemble reçoit le nom <lc télé de bielle et est dispose pour recevoir un graissage continu.

BIEN (du lat. bcne). Pour l'homme, le bien consiste dans l'accomplissement de la (in qui réjxmd à sa nature, c.-à-d. à ses penchants primitifs et à ses facultés : p. ex., la science est un bien, parce que nous avons le désir inné de connaître et les facultés intellectuelles qui peuvent satisfaire ce désir [Voy. destinée). Pour les autres êtres, le bien consiste également dans l'accomplissement de la fin qui répond à leur nature, c.-à-tl. à leurs propriétés, ou à leur organisation, ou à leurs instincts [Voy. ordre, lois), a un point de vue plus élevé, rx)mme l'homme et tous les autres êtres tieinient de Dieu leur constitution et par conséquent leur destinée, le bien universel apparaît comme 1 accomplissement de ce que Dieu a conçu et voulu en créant le monde. — L'homme peut réaliser le bien de trois manières, par sentiment, par intérêt ou par devoir [Voy. motifs) : dans le premier cas, il satisfait instinctivement ses penchants; dans le second, il cherche avec réflexion la plus grande satisfaction possible de ses penchants ou le plaisir qui en est la suite; dans le troisième, avant de prendre une détermination, il se demande si l'action qu'il examine est bonne ou mauvaise, et juge ensuite (juil y a pour lui obligation morale de la faire ou de ne pas la faire, parce que c'est, poiu" tout être intelligent et libre, un devoir, une loi, de conformer sa conduite à l'idée du bien [Voy. devoir). De là résulte le bien moral : il consiste dans la conformité des résolutions d'un être raisonnable à la loi morale que lui impose sa raison. Lors même que l'action accomplie à la suite de cette résolution aurait pour son auteur quelques fâcheuses conséquences, il n'en aurait pas moins la satisfaction du devoir obéi, qui est la plus haute satisfaction que puisse connaître l'homme. Ainsi le véritable bonheur se trouve dans l'accomplissement du bien.

Un grand nombre de théories diverses ont été émises sur la nature du bien : 1° Le système égoïste ne reconnaît qu'un seul motif d'action, l'amour de soi, et fait consister le bien soit dans la plus grande satisfaction possible de nos penchants, comme Hobbes, La Rochefoucauld, Bentham, Fourier, Stuart Mill; soit dans le plaisir nui résulte de cette satisfaction, comme Epicure, etc. i" Le système sentimental ramène le bien à la satisfaction d'un penchant désintéressé, qui est la sympathie, pour Adam Smith; la bienveillance, pour Cumberland et Shaftesbury; le sentiment moral, pour llutchcson et J.-J. Rousseau; l'amour de Dieu, pour les mystiques. 3° Le système rationnel, tout en faisant au sentiment et à l'intérêt leur

Cart légitime, les subordonne au devoir, et donne pour ase à la morale la conception rationnelle du bien. Les principaux défenseurs de ce système sont : dans l'antiquité, Platon et les Stoïciens: dans les temps modernes, Malebranchc et Kant, ce dernier avec une austérité parfois excessive. — Voy. Stuart Mill, l'Utilitarisme; Malebranche, Traité de morale; Kant, Critiqua de la liaison jn-atique \ et Théodore Jouffroy, Cours de Droit naturel, où les divers systèmes sur le bien sont excellemment résumés.

Voy. MORALE.

BIENFAISANCE (du lat. beneficentia, dispositbn à conférer des bienfaits), vertu qui consiste à obliger les autres hommes par des services ou par des libéralités. Cicéron en fait le complément de la justice dans son traité Des devoirs. Sénèque lui a consacré un ouvrage entier. Des bienfaits. Auj., dans l'énumération des devoirs, on comprend la bienfaisance dans la charité. Voy. ce mot.

Bienfaisance publique. L'exercice public de la bi(infaisance, qui avait cté déjà l'objet d'une ordonnance de François I" en 1536, d'un édit de Henri II en 1547, fut organisé sur de nouvelles bases par la loi du 7 frimaire an V, 3 ni créa les bureaux de bienfaisance : les ordonnances u 31 octobre 1821 et du 6 juin 1850 ont complété cette organisation. La Constitution de 1848 a substitué au mot de Bienfaisance publiqiie celui A' Assistance, et a fait de l'assistance un devoir à l'Etat [Voy. assistance). — Voy. de Gérando, De la Bienfaisance publique (1839) ; M. Tailhand. Histoire de la Bienfaisance publique (1848).

Bureaux de bienfaisance. Ces établissements sont charges de distribuer des secours à domicile : les fonctions des membres qui les composent sont gratuites ; ils peuvent se faire aider par des commissaires et des dames de charité. Les caisses de ces bureaux sont alimentées soit par les revenus de biens qui leur appartiennent, soit par les

droits établis sur les spectacles, bals, concerts fdroit dCB l>auvres), soit enfin par les dons et legs particuliers.

BIENHEUREUX. On nomme ainsi dans le style religieux : 1° ceux qui jouissent dans le ciel de la félicité éternelle, et 2», d une façon particulière, ceux que l'Eglise reconnaît, par un acte solennel qui précède la canonisation, avoir été admis par Dieu à jouir de la béatitude éternelle.

Voy. BÉATIFICATION.

BIENS. Un donne ce nom, en Droit, à tout fce que l'homme peut posséder. Le Code civ. (^art. 516) divise tous les DÎens en Meubles et Immeubles. On appelle B. corporels ceux qui ont une existence matérielle; B. incorporels, les droits, qui sont forcément par euxmêmes immatériels, tels que servitudes, créances, usufruits, etc. En outre, on distingue, au point de vue du mariage : li. communs, B. dotaux, B. paraphernaux, etc.

iVoy. COMMUNAUTÉ, DOT, PARAPHERNAUX, ctc). — On appelle Hens-fonds tous les biens immeubles, tels que les fonds de terre, les vignes, les bois, les édifices, etc. ; on appelle Biens communaux ceux à la propriété ou au produit desquels tous les habitants d'une commune ont un droit acquis. — On a appelé, depuis la Révolution. Biens nationaux ceux qui étaient devenus la propriété de la nation, par l'elfet de la suppression des ordres religieux, de la confiscation des. biens des émigrés, etc. Ces biens, que f'Etal mit en vente, furent longtemps frappés de défaveur. L'indemnité d'un milliard accordée en 1825 aux émigrés leur rendit leur valeur en donnant aux acheteurs toute sécurité.

BIENSÉANCES oratoires. Voy. mœurs.

BIENVEILLANCE (du lat. benevolentia], disposition constante à manifester des intentions favorables, à être agréable, à rendre service [Voy. affection). Elle fait <le l'homme un être sociable, parce qu'elle est le principe des qualités propres au bien de la société. C'est pour cette raison que Cumberland a essayé d'en faire le fondement de la morale.

BIÈRE (de l'ail. Bier), boisson fermentée préparée avec l'orge, et servant à l'alimentation, en Allemagne, en Angleterre et en général dans tous les pays qui ne produisent pas de vins. Sa fabrication comprend trois opérations principales : le maltage, le brassage et la fermentation. Le maltage consiste à faire germer l'orge: il a pour but de faire développer dans le grain une diastase spéciale, qui a la propriété de saccharifier l'amidon, et à laquelle oa a donné le nom à'amylase [Voy. amylase). Pour effectuer le maltage, on fait ramollir les grains d'orge dans l'eau pendant deux ou trois jours; puis on les étend en couche mince, à la température de 14 à 15", sur un plancher, où ils ne tardent pas à germer. Pour rendre cette germination régulière, on remue fréquemment à la pelle le tas de grains. Cette opération doit être faite avec précaution, de façon à ne pas briser les radicules ou la plumule germinative. Le malteur reconnaît que la germination est suffisante à la longueur de cette plumule : au fur et à mesure qu'elle s'accroît, la quantité A'amylase augmente dans le grain. Le maltage a donc une importance considérable en brasserie; suivant qu'une orge sera plus ou moins maltée, elle pourra donner naissance à des bières plus ou moins alcooliques. Lorsque le germe atteint une longueur convenable, qui égale ei\ général celle du grain, on procède au touraillage, opération destinée à arrêter la germination. Pour cela, on expose, pendant 48 heures, l'orge germée à un courant d'air sec, que l'on chauffe lentement d'abord, plus fortement ensuite, de façon à ne pas détruire l'amylase. Pour rendre la dessiccation uniforme, on remue plusieurs fois la masse à la pelle et on élève peu à peu la température jusqu'à environ 50». Vers la fin de l'opération, on donne un coup de feu destiné à caraméliser partiellement les couches extérieures du grain, surtout si l'on veut produire une bière brune. Le fourneau dans lequel s'effectue cette opération s'appelle touraille; les plumules desséchées portent le nom de touraillons; le grain débarrassé des touraillons, et renfermant entre autres éléments l'amidon et l'amylase, se nomme malt.

Après avoir réduit le malt en farine grossière, on passe au brassage; cette opération a pour but de saccharifier l'amidon, c.-à-d. de le transformer en sucre formentescible fmaltose) et dextrine [Voy. maltose). Pour cela, on ajoute au malt de l'eau à 75», de façon que le mélange atteigne la température de 56» environ dans la cuve de

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