‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 187 sur 1729 · BLASON · texte numérisé non relu

BLASON

relies. C'est elle qui fait la mialité supérieure des herbages du i)ays de Bray (Seine-Iiiferieure).

BLANCHE. C'est, en Musique, le nom d'une valeur équivalant à la moitié d'une ronde, ou deux hoires, quatre croches, etc. Elle s'écrit ainsi : p. Autrefois on l'appelait minime.

ni ANCHE-QUEUE, Hom vulg. de l'oiseau appelé aussi Jeanle-Blanc. Voy. ce mot.

Bi.ANciiK-HAiE, nom vulg. de ï Etourneau militaire.

BLANCHET, un des noms vulgaires du Muguet des enfants [Voy. ce mot).

BLANCHET, sorte de chausse à fdtrer [Voy. filtre).

En Typographie, on appelle blanchets des morceaux de soie et de drap fin qui, placés dans le tympan de la presse à bras ou sur le cyhndrc de la presse mécanique, servent à amortir le foulage.

BLANCHIMENT, opération qui a pour but de détruire certaines matières qui colorent les étoffes ou d'autres objets. — Les anciens peuples avaient déjà poussé fort loin l'art du blanchiment : leurs procédés reposaient sur l'emploi de l'urine nutréliée, des alcalis, des cendres, des terres argileuses, aes vapeurs d'acide sulfureux et sur l'exposition des étoffes à l'air et au soleil. Ce dernier procède était resté le seul appliqué aux toiles de chanvre, de lin et de co/om, lorsque BerthoUet, au commencement de ce siècle, (it adopter le procédé suivant, plus expcditif, fondé sur l'emploi des chlorures décolorants ou hy|jochlorites : on laisse tremper les toiles dans de l'eau chaude pour enlever toutes les parties solubles; on les dégorge par un moyen mécanique quelconque; on les fait bouillir dans une lessive de soude; on les rince, et on les fait séjourner pendant quelques heures dans un bain de ciilorure (le chaux [Voy. chlorures décolorants). Après le rinçage à l'eau courante, on leur donne un bain d'eau aiguisée par un peu d'acide sulfurique ; on lave, et l'on finit par un bain de savon. — On blanchit la laine au moyen du soufrage, c.-à-d. en l'exposant humide à l'action du gaz acide sulfureux: le chlore et les alcalis attaquant la laine, il est imiiossible de les employer pour la blanchir. — On blanchit la soie en la maintenant dans des dissolutions bouillantes de savon [Voy. décrecsageI ; on y parvient aussi par le soufrage. — Pour blanchir 1 ivoire jauni, r n le brosse avec de la pierre ponce calcinée et délayée dans l'eau, puis on le renferme encore humide sous une cloche de verre qu'on expose journellement au soleil. — On blanchit la cire jaune en la réduisant en rubans minces qu'on expose au soleil et à la fraîcheur des nuits, sur des châssis en toile. La cire se blanchit plus promptement dans le gaz oxygène pur. On peut aussi la faire fondre, y verser une petite quantité d'acide sulfurique, puis y ajouter quelques fragments de salpêtre, en agitant le tout avec une spatule de bois.

BLANCHISSAGE ou linge. Il comprend 8 opérations : 1° trempage, simple imbibition d'eau froide; 2" essangeage, hvage fait aussi à leau froide pour enlever le plus gros de la malpropreté ; 3° coulage ou lessivage, qui consiste à faire passer à travers le linge une dissolution alcaline de soude ou de potasse, le plus souvent des cendres [Voy. lessive) ; 4° savonnage, dans le but d'enlever les taches qui auraient résisté aux opérations précédentes ; 5» rinçage, pour enlever l'eau de savon ; 6° âgouttage ; 7° séchage ; 8° pliage et repassage. — On substitue avec succès au mode ordinaire de blanchissage, qui est fort pénible, le blanchissage à la vapeur. Cette méthode de blanchissage n'était encore appliquée qu'au blanchiment du coton écru, lorsque Chantai imagina le premier qu'on pourrait s'en servir pour le blanchissage du linge. Curaudau perfectionna le procédé indiqué par Chaptal, et le recommanda au public dans un Essai sur le blanchissage à la vapeur (Paris, 1806).

^ Quand il s'agit de linge souillé par des déjections cholériques ou tj-phoïaues, le blanchissage ne suffit plus pour le rendre inoffensir : en outre, dans ce cas la pratique de l'essangeage est une cause manifeste de la propagation des maladies; il faut donc désinfecter préalablement le linge ; le procédé le plus efficace consiste à le passer à l'étuve [Voy. déslnfectio.n) . — Le blanchissage du linge infecté n'est pas sans inconvénient pour ceux qui le pratiquent. En temps d'épidémie les blanchisseuses sont souvent atteintes.

BLANCHISSERIE, établissement destiné à blanchir les toiles [Voy. blaschijient) . — On nomme plus spécialement

buanderies, de huée (lessive), les établissements destinés au blanchissage du linge de corps et de ménage. — Les lavoirs publics intéressent l'hygiène au point de vue des

[irécautions à prendre pour le lavage et le transport des inges contaminés par nés malades atteints d'affections contagieuses. La désinfection préalable et l'enveloppement des linges préviennent les accidents. En outre, les bateauxlavoirs établis sur les rivières exposent à la contamination des eaux de consommation. On doit donc sinon les supprimer, au moins les éloigner en aval des villes quand il s'agit de grands cours d'eau. L'enquête faite sur le choléra de 1884 a montré que l'épidémie s'était souvent propagée par le lavage, en amont de certaines localités, de linges provenant de cholériques.

BLANQUE. Voy. loterie.

BLANQUET ou blanchet. On désigne sous ce nom : 1" une maladie de l'olivier : les jeunes plants y sont particulièrement sujets; 2° une maladie de la vigne : elle frappe surtout les ceps plantés sur défrichement de chêne ; cette dernière se nomme aussi pourridié [Voy. ce mot).

BLANQUETTE, espèce de raisin dont la feuille est recouverte d'un duvet blanc et cotonneux. En Gascogne et dans le Bas-Languedoc, on en fait un vin blanc, doux et spiritueux , qu'on nomme aussi blanquette : on estime surtout la B. de Limoux (Aude). — On appelle encore : blanquette ou blanquet une poire d'été qui a la peau blanclie; blanquette ou blanchette, une espèce diAnsérine, une variété de Figuier et la salade appelée aussi Mâche [Valerianella olitoria).

En Cuisine, la blanquette est faite de viandes blanches, telles que veau, agneau, poulet, découpées en petites lames et liées avec la sauce allemande.

BLANUS, reptile saurien. Voy. a.mphisbê.ne.

BLAPS (du gr. ^^'ki.T.^:(^i, nuire), Blaps, genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères hétéromères, famille des Mc'lasomes, se tient dans les parties obscures, sales et humides des habitations. Ces insectes sont noirs, et répandent au toucher une odeur désagréable. Ils n'ont pas d'ailes pour la plupart, mais ils courent avec beaucoup de vitesse. Le B. porte-malheur [B. mortisaga), qu'on trouve dans tout le nord de l'Europe, passait pour être de mauvais augure.

BLASON, ou art héraldique, science qui a pour objet la connaissance et l'explication des armoiries. On fait dériver le mot blason de l'allem. blasen, sonner du cor, parce que ceux qui se présentaient aux lices des tournois annonçaient leur venue par le son du cor, et qu'ensuite les hérauts blasonnaient, c.-à-d. décrivaient à haute voix les armoiries de chacun des concurrents. — Les principaux éléments de la science du blason consistent dans la connaissance de Vécu, des émaux, des pièces et des meubles. Vécu, ou champ sur lequel sont placées les armoiries, représente l'ancien bouclier; sa forme, variable suivant les pays, est le plus souvent, en France, celle d'un rectangle posé droit, et terminé, au milieu de sa ligne inférieure, par une pointe peu saillante. On y distingue le haut ou chef, le milieu ou centre, et le bas ou pointe; il se divise en 4 partitions, savoir : le parti, formé par une ligne perpendiculaire divisant l'écu; le coupé, formé par une ligne horizontale; le tranché, par une hgne diagonale de droite à gauche; et le taillé, par une ligne diagonale de gauche à droite. — Les émaux sont le nom collectif donné aux métaux, couleurs ou fourrures qui colorent l'écu. Il y a 2 métaux, l'or et V argent; 6 couleurs: l'azur (bleu), le gueules (rouge), le stnople (vert), le sable (noir) , l'orangé, et le pourpre (violet) ; et 2 fourrures, ïhermine et le vair (fourrure de couleur blanc et azur). — Les pièces, dites pièces honorables, ou figures héraldiques, sont au nombre de 19, telles que : le chef, la fasce, le. pal, la croix, la bande, la barre, le chevron, le sautoir, le pairie, etc. [Voy. ces mots). — Les ?neubles sont les ornements intérieurs de l'écu. Ce sont des ligures naturelles, ou artificielles, telles que figures d'hommes ou d'animaux, plantes, maisons, tours, châteaux, instruments de guerre ou de métiers, besants, tourteaux, billettes, alérions, merlettes, canettes, étoiles, croissants, croisettes, molettes d'éperons, etc. Outre ces ornements intérieurs qui meublent le champ de l'écu, il y a encore les ornements extérieurs qui 1 entourent, tels que les casques et couronnes, les lambrequins, les supports et tenants, les insignes et ordres de chevalerie, etc. — Pour plus de détails, voy. les Traités de blason, du P. Ménestrier (Paris, 1682. et Lyon, 1770), de La Roque, de La Co-

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