‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 19 sur 1729 · ACIER · texte numérisé non relu

ACIER

dos ravons d'où résulte la formation des imag^es persiste, mais là dispersion est détruite seusiblement ; le foyer des ravons rouges vient coïncider avec celui des rayons bleus, par exemple. On produit un acliromalisme plus parfait en associant trois lentilles, une biconvexe en crown et deux concaves en Ilint. On peut naturellement employer dans des cas spéciaux des substances dilférentes. mais jouissant de propriétés analogues. — L'œil est sensiblement acbroinati(|He. — Newton avait cru insoluble le problème de l'acbromatisme ; mais Hall en 1753. et, après lui, J. Dclloiid. prouvèrent son erreur en construisant les premiers des lunettes acbromatitnics.

ACHROMATOPSIE (du gr. à priv., ypwjia. couleur, et ô'-j/'.;. vue . al)sence ou diminution du sens des couleurs ou sens ciiromatique. Voy. dai-tomsve.

ACHROODEXTRINE. Vou. dextrixe.

ACIOASPIS. genre de Trilobite, caractérisé par de grandes jwtinle^ au céplialotborax, aux plèvres et au pygidium. Silurien su|)érieur.

ACIDE (du lat. acidiis), corps qui jouit de la propriété de se combiner avec une base pour former un sel. Les acides solubles dans l'eau sont caractérisés par une saveur aigre et par la propriété qu'ils possèdent de rougir le tournesol bleu. Dans les idées de Lavoisier, tous les acides renfermaient de l'oxygène (d'où le nom qui a été donné à loxygèiie [loy. ce mot]) : cet élément entre en effet dans la comjKJsilion du plus grand nombre: mais on sait auj. nue Ibydrogène forme aussi des acides en s'unissant à un clément ou à un groupe d'éléments. Les acides se divisent ilonc en ^4. hydrogénés ou hydracides, et .4. oxygénés ou oxacides. Ces derniers se sulxlivisent, en outre, en A. hydratés et en A. anhydres, c.-à-d. avec ou sans eau. Actuellement les liydracides et les acides bydralés, c.-à-d. tous ceux qui renlermcnt de rbydrogène. comptent seuls parmi les acides ; les autres doivent être considérés comme des corps à part, appelés Anhydrides. Voy. ce mot.

On distingue encore : les .4. minéraux, fournis par le règne minéral: les A. métalliques, formés par l'oxygène et un métal; les .4. organiques, qui renferment du carl)one, et sont obtenus avec les substances organiques; les A. gras, extraits des corps gras; les .4. pyrogénés, produits par l'action de la cbaleur sur les matières organiques.

Dans la nomenclature proposée par Guyton deJIorveau et Lavoisier, les acides minéraux oxvgénés se désignent par un adjectif formé du nom des éléments unis à l'oxygène, et terminé en eux ou en ique (acide sulfureux, acide phospborique). Si l'acide est formé par de Ibydrogène et ne renferme pas d'oxygène, on fait suivre le nom de l'élément de la terminaison hydrique (acide clilorbydrique). Dans les oxacides, la terminaison ique correspond toujours à un acide qui renferme plus d'oxygène que l'acide dont le nom se termine en eux : ainsi l'acide sulfurique est plus oxygéné que l'acide sulfureux. — Les acides dont le nom se termine en eux forment des sels dont le nom finit en ife : les acides dont le nom se termine en ique donnent dc-i sels dont le. nom liiiit en ate : ainsi l'acide sulfureux priMluit les sulfites, l'acide sulfurique les sulfates, etc.

Les acides organiques, qui sont infiniment plus nombreux que les acides minéraux, et qui renferment tous du carbone et de l'bydrogène, la plupart de l'oxygène, quelques-uns aussi de l'azote, n'ont point de nomenclature régulière.

Los acides proprement dits [hydracides et acides hydratés) renferment toujours 1,2, 3,... atomes d'hvdrogène. rcmplaçables par un métal ou un radical d'alcool. On les nomme acides mono-, bi-, Iribasiques, etc., suivant

que i. 2. 3 atomes d'bydrogène peuvent être remplacés

Jiar 1. 2, 3,... atomes d'un métal monovalent tel que le (K)tassium et l'argent, ou, d'une façon plus générale, par un radical monovalent R'. Les composés ainsi formés sont les sels de ces acides, .\insi l'acide nitrique (AzO'lI est monobasique et donne les nitrates (AzO^'R': l'acide sulfurique (SO*)H« est bibasique et donne les sulfates (SO*)R'*, l'acide phospborique [PliO*)IP est tribasique et donne des phosphates (PhO*)R'3.

Plusieurs acides sont employés en médecine : tels sont nolamment les acides sulfurique, azotique, chlorhydrique, phosphorique, tarlrique, citrique, oxalique et acétique. Etendus de beaucoup d'eau et donnes sous forme de boisson acidulé, ils diminuent la cbaleur et l'irritation, ce qui leur a valu le nom de rafraîchissants, tempérants, antiphlogistiques.

ACIDIMÉTRIE. Pour déterminer la teneur en acide d'une liqueur, on emploie généralement des solutions alcjjines titrées et on note le volume de ces solutions nécessaire pour saturer un volume ou un poids connu de la liqueur à essayer. On reconnaît que la saturation est atteinte à l'aide du papier ou de la teinture de tournesol, ou de tout autre réactif analogue. Les solutions alcalines titrées généralement employées sont les alcalis, les carbonates, le borax, etc.

ACIDITÉ ou ACESCEXCE, maladie des vins et du cidre. Voy. VIS et CIDRE.

ACIER (du b.-lat. aciarium: d'acies, tranchant), substance métallique formée de fer pur uni à une très petite quantité de carbone (moins de 1 p. 400 et exceptionnellement 1,5 p. 100); il renferme en outre du manganèse et du silicium. Ce qui distingue 1 acier du fer à peu près exempt de carbone ou fer doux, c'est la propriété qu'il possède de durcir par la trempe. Lorsque, après l'avoir fait* rougir, on le refroidit brusquement en le plongeant dans un liquide froid (huiles ou graisses, eau, dissolutions de sel marin, acides étendus), l'acier devient très élastique, moins dense, moins ductile, plus dur et très cassant à froid : dans cet état, on l'appelle acier trempé. En réchaulTant l'acier trempé jusqu'au moment où sa surface se colore, c.-à-d. en deçà du point où il a subi la trempe, et le laissant ensuite refroioir lentement, on pratique l'opération du recuit, opération qui a pour objet de doiuier à l'acier des degrés de dureté et d'élasticité variables, appropriés au genre de fabrication auquel on le destine. Les couleurs que prend l'acier quand on le recuit permettent d'apprécier le moment où il est arrivé au degré de dureté nécessaire pour l'usage auquel on le destine. L'acier s'aimante plus difficilement que le fer, mais une fois aimanté, il conserve l'aimantation, ce qui le distingue du fer doux. L'acier est susceptible de recevoir par le poli un très bel éclat ; il s'applique, dans l'industrie, à mille usages qui varient selon sa qualité.

D'après leur mode de préparation, les aciers se distinguaient autrefois en : A. de cémentation, dit aussi A. de poule; A. de forge, obtenu par l'affinage partiel de la fonte, et A. fondu, provenant de la fusion des aciers précédents. L'acier de cémentation s'obtenait en chauffant des barres de fer au milieu d'un cément formé de charbon, de suie et de cendres. L'acier de forge s'obtenait par le convertisseur Be- semer (du nom de son inventeur). Il se préparait en soumettant, dans une cornue de forte tôle (convertisseur) garnie de briques réfractaires, la fonte fondue à un vif courant d'air. Actuellement l'acier est obtenu par deux procédés bien distincts : le procédé Ressemer, déjà décrit, et surtout le procédé Martin, qui consiste à décarburer la fonte par addition de fer, de façon à pouvoir obtenir des aciers de composition variable. Cette opération s'effectue sur la sole d'un four à réverbère chauffe parle système de récupération de la chaleur de Siemens. Ce procédé est destiné à remplacer le Ressemer, parce qu'il permet d'obtenir des aciers ayant des propriétés voulues et de préparer les grandes pièces.

On peut ranger les aciers dans les 6 classes suivantes, fondées sur leur composition et leur résistance à la brisure : 4° Acier extra-doux ou fer fondu. Cet acier renferme très peu de carbone, 0,13 à 0,18 pour 100, et du manganèse, mais doit être exempt de silicium, de soufre. Ces l'ers fondus sont destinés à remplacer les fers puddlés de Suède. Ils peuvent se souder directement ; 2° Acier très doux, contenant de 0,3 à 0,5 pour 100 de carbone et de 0,5 à 0,1 jwnr 100 de manganèse ; 3" Acier doux ordinaire, contenant de 0,5 à 0,7 pour 100 de carbone; 4" Acier dur, contenant de 0,65 à 0,80 pour 100 de carbone ; 5» Acier très dur, contenant de 0,8 à 1 pour 100 de carbone et du manganèse dans la proport, de 1 pour 100; 6» Acier extra-dur, contenant de 1,25 à 1,50 pour 100 de carbone. Ces aciers peuvent également contenir du manganèse, et l'on range dans cette classe les aciers au chrome et au tungstène.

Ces 6 classes d'aciers renferment du manganèse, et ce métal concourt, comme le carbone, à donner à un acier ses propriétés de rigidité et d'élasticité. Les teneurs en carbone données plus haut devront diminuer jK)ur une même classe si la teneur en manganèse vient à augmenter. On emploie une de ces classes d'aciers suivant l'usage auquel est destiné ce métal. La marine emploie les aciers des deux premières classes pour faire les tôles destinées à la construction des navires et les grandes pièces des machines. L'artillerie emploie des aciers doux martelés pour les frettes des canons,

ACIÉRAGE

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