‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 200 sur 1729 · BOUDDHISME · texte numérisé non relu

BOUDDHISME

moules qui leur donnent à peu près leur forme extérieure, y compris los tourillons. Les canons sont coulés pleins,

tuis forés. Les mortiers sont coules creux, ou à noyau. — a fonte a été employée dès le milieu du xvn» siècle pour la fabrication des grosses pièces destinées à la Marine et à la défense des c«')tes. Les bouches à feu en fonte, coulées creuses sans tourillons, sont tubées et frcltées en acier, pour parer au manque de solidité du métal. — Les pièces en acier, dont l'invention remonte seulement au commencement du XIX* siècle, sont auj. presque exclusivement employées. Elles sont coulées pleines, martelées, puis forces et tournées. Les tubes ainsi obtenus par l'industrie privée sont livrés à l'établissement militaire de Bourges qui les cercle d'acier et termine la bouche à feu. La fermeture de culasse est fabriquée à part et ajustée lorsque la pièce est terminée.

BoucHES-EN-FLiTE, famille de Poissons acanthoptérygiens, de l'ordre des Squamodermes, renferme les genres Centrisque et Fistulaire [l'oy. ces deux mots).

BOUCHÉES, en termes de Cuisine, petit vol-au-vent garni de volaille ou d'un salpicon {loy. ce mot)

BOUCHER, BOUCHERIE (de bouc et non de bouche). Le boucher achète, fait abattre et prépare les bestiaux pour en débiter la chair. Le lieu où ce débit s'exerce est appelé étal par les bouchers, et boucherie par les acheteurs. Les bouchers ne vendent ord. que du bœuf, du veau et du mouton. Il existe cependant aussi des boucheries de cheval, qui tendent à se multiplier [Voy. abattoir et viaxde). — Avant 1789, les bouchers de Paris formaient une corporation avant ses droits et ses privilèges. La loi du 17 mars 1*791 ajant proclamé la linerté de toutes les industries, les anciens bouchers, ruinés par la concurrence, fermèrent leurs étaux, et il en résulta un grand désordre dans le commerce de la boucherie. Pour y mettre un terme, le décret du 8 vendém. an xi rétablit le syndicat de la boucherie avec le système des cautionnements ; et, comme le nombre des étaux paraissait trop considérable, un autre décret (8 févr. 1811) ordonna le rachat et la suppression des étaux existants jusqu'à réduction du nombre des bouchers à 300. Cet état de choses se maintint jusqu'en 1825. A celte époque, le nombre des étaux était déjà réduit à 370, lorsqu'une ordonnance du 12 janvier de cette année proclama une seconde fois la libre concurrence. Sous ce régime, 142 nouveaux étaux s'élevèrent; mais, en 1829, en présence d'un grand nombre de faillites, une nouvelle ordonnance (18 octobre) fixa le nombre des étaux à 400, et rétablit le syndicat et les cautionnements. Le 25 mars 1830 parut une ordonnance en 301 articles qui devint le

liberté qui existait déjà dans le reste de la France. — Les bouchers de Paris avaient, à Poissy, une caisse commune, dite Caisse de Poissy, dont l'objet était de faciliter leurs payements aux divers marchands de bestiaux. Cette caisse, fondée en 1733, réorganisée en 1811 , a été également supnrimée en 1858. — Consulter : Bizet, Du Commerce de la boucherie et de la charcuterie (1847); E. Millon, De la liberté du commerce de la boucherie (1851), etc.

BOUCHON (de boucher). La plupart des bouchons de bouteille se font en liège; leur fabrication occupe un ouvrier spécial, nommé bouchounier. Le bouchonnier coupe le liège en bandes , puis en morceaux quadrangulaires dont cnacun est destiné à faire un bouchon. A cet effet, on le travaille avec un tranchet d'acier très dur, qui enlève les angles du liège, et lui donne une forme de cylindre légèrenient conique. Depuis peu on a imaginé des machines ingénieuses qui exécutent ce travail avec plus de rapidité que la main de l'homme. — On distingue, suivant la qualité du liège, les bouchons fins, demi-fins et ordinaires. Pour être de bonne qualité, les bouchons doivent être élastiques, bien arrondis et bien unis, secs, sonnants et sans défaut. Pour les bouteilles de vin de Champagne, d'eau de Seltz, etc., on soumet le bouchon déjà fabriqué à une très forte pression, et on l'introduit dans la bouteille avant qu'il ait pu reprendre son volume naturel. On fabrique des bouchons à Marseille, Mézières, Paris, Montpellier, Bordeaux, Bayonne, Cette, Lyon, Nice, Nérac, et aussi à Gênes, Livourne, Naples, Barcelone, etc. On en exporte une grande quantité dans le nord de l'Europe. Voy. LIÈGE.

BOUCHON (JEO on). Voy. PALET.

BOUCHOT (de bouche), znnA parc fait de pieux et de clayonnage, ouvert du côte de la côte, dont on se sert

I)our |)rendre le poisson à marée basse, et pour élever des mitres, des moules et autres coquillages. Les bouchots ont été soumis, par un arrêt du Conseil du 2 mai 1 739, à des règlements qui sont encore en vigueur.

BOUCLE (du lat. buccttla). On appelle vulg. Bouclée un Squale et une Raie qui ont le corps parsemé d'aiguillons appelés boucles. Voy. sqcale et raie.

boccle, g lossanthrax ou Charbon de la langue, maladie du porc : c'est une pustule maligne qui se développe sur la langue et y provoque la gangrène.

BOUCLEMENT, opération qui consiste à fixer au centre ou sur les côtés du bourrelet du groin du porc un fil d'archal diversement recourbé. L'animal ainsi bouclé ne

F eut que difficilement fouiller la terre et se trouve dans impossibilité d'occasionner des dégâts, même lorsqu'il est laissé en liberté.

BOUCLIER (du b.-lat. buccularius, s.-ent. clypeus, de buccula, bosse du bouclier, qui représentait souvent une tète de Méduse, la bouche ouverte), arme défensive qui se portait au bras gauche, et servait à préserver le corps des coups de l'ennemi. Les premiers boucliers furent tressés avec de l'osier, ou faits de bois léger, puis recouverts de cuir de bœuf et bordés de lames de métal. Les uns étaient ronds; d'autres longs, rectangulaires, plats ou courbés; d'autres en croissant, etc. Déjà, chez les anciens, les guerriers se plaisaient à orner leurs boucliers de figures symboliques. C'était une honte pour eux que d'abandonner son bouclier sur le champ de bataille. Les B. votifs étaient ceux que l'on consacrait dans le temple de quelque divinité; Appius Claudius fut à Rome le premier qui en consacra. On conservait religieusement à Rome un bouclier sacré, nommé ancile, qu'on disait tombé du ciel [Voy. ancile au Dict. d'Hist. et de Gcogr.). — Dans les premiers temps de la monarchie des Franks, les princes ou chefs choisis par la nation étaient élevés sur un bouclier appelé pavois, et montrés ainsi au peuple assemblé. Au temps des croisades, cette arme défensive se couvrit d'armoiries, et prit le nom A'écu [Voy. ce mot). Plus tard elle reçut celui de rondache ou rondelle, à cause de sa forme arrondie. Depuis l'invention des armes à feu, on a renoncé au bouclier. — Cf. Allou, Mémoire sur l'origine et la variété des boucliers.

BOUCLIER, Silpha, genre d'Insectes, de l'ordre des Coléo-" ptèrcs pentamères, famille des Clavicornes : élytres arrondis, convexes et relevés sur les bords, rappelant la forme d'un bouclier. La plupart sont de couleur sombre, et ne vivent que d'excréments et de corps putréfiés : tels sont : le B. thoracique, à corselet fauve et à élytres noirs ; le B. à i points, à élytres de couleur jaune clair marqués de 4 points noirs, qui détruit les chenilles des chênes et des ormes ; le B. obscur, dont la larve se nourrit des feuilles de la betterave, etc.

BOUCLIER d'oriox. Voy . orion.

BOUDDHISIME, religion de l'extrême Orient, fondée vers le 6' siècle avant notre ère par le prince indien Cakya- Mouni, dit le Bouddha ou le sage. En Métaphysique c'est un panthéisme, qui d'ailleurs est très tolérant pour le polythéisme et le fétichisme du vulgaire. En Psychologie, c'est un pessimisme : la vie est un rêve douloureux, la science est une illusion; l'homme ne peut atteindre le bonheur qu'en se dépouillant de sa personnalité terrestre, et en entrant dans le Nirvana. Mais le nirvana, est-ce le néant absolu, ou n'est-ce pas plutôt l'union de l'àme humaine avec l'àme universelle? Les diverses écoles bouddhiques et les commentateurs de la doctrine diffèrent d'avis entre eux au sujet de cette question capitale. En Morale, le Bouddha prêchait le renoncement, la mansuétude, la charité. Sa doctrine, qui renversait les barrières mises par le brahmanisme entre les castes, et qui ouwait au pauvre aussi bien qu'au brahmane les voies du salut, eut d'abord dans l'Hindoustan un prodigieux succès. Elle finit pourtant par en être expulsée par un retour triomphant du brahmanisme. Mais elle s'était déjà répandue hors de sa terre d'origine, et auj. elle est la religion la plus suivie de l'extrême Orient. Elle se divise en 2 branches principales : l'Eglise du sud, qui a ses fidèles à Ceylan, dans l'Indo- Chine et l'archipel Malais, l'Eglise du nord, dont le chef (nommé Dalaï-lama) réside dans le Thibet, et qui compte de nombreux sectateurs en Chine et au Japon. Les idées bouddhiques ont même trouvé récemment en Europe une

Page 1