BOUILLABAISSE
tLfTusion inattendue, sous l'influence du pessimisme de Schopenliaucr et de son disciple Hartmann, et des progrès de la tliéosophie [Voy. ce mol). — Voy. Taine, youveaux essais de critique: E.Renan, youvelles études d'histoire religieuse : Augustin Chaboseau, la Philosophie bouddhique, 1891.
BOUDIN (du lat. botulus], espèce de eliarcuteric. On distingue le D. noir, fait avec du sang de porc, de veau ou de mouton, et assaisonné de graisse, d'cpices et de sel; et le li. blanc, fait avec des viandes blanches (veau, volailles rôties), hachées el pilécs avec de la mie de pain, du lait, des œufs et des fines herbes. Tous deux sont renfermés dans des intestins préparés pour cet usage.
liessort à boudin. Voy. ressort.
BOUDJOU. monnaie des indigènes de l'Algérie, est en argent, et vaut 1 fr. 86 de France. Le rebia boudjou, quart de Iwudjou, vaut 47 c. ; le ternin boudjou, 8° de boudjou, 24 c. ; le zoudi boudjou, ou double boudjou, 3 fr. 7'2.
BOUE 'orig. celtique). La boue des champs n'est autre que la terre délayée par l'eau des pluies. — La boue des chemins et des routes se compose de la poudre des pierres qui sont broyées par les cliaiTeltes, et des excréments des chevaux et des bestiaux qui y passent continuellement; elle peut être à la fois un amendement, parce qu'elle contient du sable propre à diviser les ten*es fortes, et un engrais, parce qu'elle contient beaucoup de matières végétales ou animales décomposées. — La boue des villes doit être considérée comme un e.\cellent engrais, car ce sont les matières végétales et animales qui en forment la masse. La boue de Paris a cela de particulier qu'elle contient une très forte dose do fer, qui provient de l'usure des fers de chevaux, du cercle des roues, etc. ; aussi, lorsqu'on lève les pavés, les trouve-t-on d'un noir d'encre : c'est ce qui rend cette boue si tachante. La boue des grandes villes, employée comme engi-ais, contribue beaucoup à la fertilité des jardms maraîchers qui les entourent.
Boues minérales, limons que l'on trouve près de certaines sources minérales, et qui, imprégnés des mêmes sels, participent aux mêmes propriétés. On y trouve fort souvent des sulfliydrates, provenant de la "réaction des matières organiques sur les sulfates existants dans l'eau minérale. La médecine fait usage de quelques-unes de ces boues, notamment de celles de St-Amand ^Nord), de BagnèresHic-Luchon 'Haute-Garonne), de Barbotan (Gers), etc.
BOUÉE du b.-lat. boja), tout corps flottant destiné : à marquer à la surface de la mer le lieu où a été jetée une ancre; à signaler im écueil, un danger quelconque, la direction d'un chenal ou d'une passe difficile; ou, enfin, à aider à sauver les hommes toml)és à la mer : dans ce dernier cas, on l'appelle bouée de sauvetage. Les Iwuées sont ou en liège, en tonnes vides, en trjle, ou bien encore en fagots : on les peint quelquefois de couleurs vives, ou bien on les surmonte d'un pavillon pendant le jour, d'un fanal pendant la nuit. On leur donne aussi le nom iVamarques, de tonnes et de balises. — On connaît sous le nom de pyramide oscillante ou de balises à la Logan une bouée conique, qui a l'avantasre de conserver toujours sa position verticale, sans pouvoir être submerç:ée.
BoiKE ÉLECTRiQCE. On a cherché à profiter de la salure de l'eau de mer pour faire fonctionner des piles vollaïques flottantes, analogues à des bouées, et dont le courant serait utilisé pour l'éclairage électrique de ces l)ouées. Cette application de l'électricité est due à M. Duchemin.
BOUFFES (de l'ital. buffa, bouffon), nom qu'on donne aux chanteurs de l'Opéra italien. Les Bouffes vmrent jouer pour la première fois en France en 1752. En 1789, ils eurent un théâtre particulier, appelé d'abord Théâtre de Monsieur, puis Théâtre Favart, et enfin Théâtre des Italiens. — On appelle, en Italie, opéra buffa ou bouffon ce que nous nommons en France opéra-comique, non que les sujets en soient toujours plaisants, mais parce quon les oppose, en Italie, aux opéras sérieux [opéra séria', et, en France, aux grands opéras où le récitatif remplace le dialogue parlé. — Certains théâtres de Paris portent aussi le nom de Bouffes.
BOUFFISSURE (de bouffir, pour bouffer\ se dit, en Médecine, de toute intumescence, molle et sans rougeur, provenant d'une infiltration de sang, de sérosité ou de gaz dans le tissu coUulaire sous-cutané. Les contusions, l'em- .
physème traumalique, certaines hydropisies peuvent donner lieu à une bouffissure plus ou m'oins étenchie.
BOUFFON (de bouffer, enfler ses joues pour exciter l'hilarité), personnage de théâtre dont 1 emploi est de faire rire. Tels étaient, chez les anciens, le Maccus et le liucco des atellanes ou le Morus de Plante, et, au moven à'^c, certains personnages de nos farces et de nos so'ties, ancêtres de Tabarin, de G. Gorju, de Gauthier Garguille, de Bobèche, de Galimafré et de Jocrisse: tels sont les personnages de la comédie italienne. Polichinelle, Arlequin, Pierrot, etc., qui ont donné naissance aux Bouffes [Voy. ce mot) ; tels sont enfin le gracioso espagnol et le clown anglais. — A côté de ces bouffons de la scène, il faut placer les fous de profession qu'entretenaient jadis les grands et les riches. Il y en avait Acp chez les Grecs, qui les appelaient acopoî. et chez les Romains, qui 1rs nommaient fatui: mais c'est surtout au moyen âge qu'ils furent le plus à la mode. Ces bouffons à gages étaient le plus souvent des nains difformes qui s'habillaient d'une façon burlesque : les grelots el la marotte étaient les accessoires obligés de leur costume. On leur accordait une grande liberté de parole, dont quelques-uns savaient se servir pour faire passer les vérités les plus hardies. Parmi ces derniers, l'histoire a conservé le nom de Triboulet, fou de François I", et de TAngély, fou de Louis XIV.
BOUGIE (de Bougie, v. d'Algérie, où l'on faisait autrefois un grand commerce de cire). La bougie, destinée, comme la chandelle, à l'éclairage, n'en diffère que par la matière : on sait qu'elle est de cire, tandis que la chandelle est faite en suif. On distingue deux sortes de bougies : la B. filée, dont la mèche, composée de longs liL de coton, n'est couverte que d'une couche fort mince de cire : telle est la bougie tlont sont faits les rats-de-cave et les allumettes; et la B. de table, véritable chandelle de cire, qui sert à l'éclairage : on fabrique celle-ci soit danj des moules [B. coulée, moulée], soit en versant, à l'aide d'une cuiller, sur des mèches suspendues, plusieurs couches de cire fondue, qu'on polit ensuite en les roulant, molles encore, sur une table de noyer poli ou de marbre [B. à la cuiller]. — Les Romains ont connu les chandelles de cire (cerei). Les Orientaux en ont fait usage de tout temps : c'est à eux que les Vénitiens les empruntèrent au VIII' siècle, pour les répandre ensuite en Europe. Auj. la bougie de cire, dont le prix est fort élevé, est généralement remplacée par des B. sléariques, dont le prix est beaucoup plus accessible et qui ne sont en réalité que des chandelles formées avec les acides gras provenant de la saponification du suif [Voy. stéakixe). On fabrique aussi avec du blanc de baleine des B. diaphanes, remarquables à la fois par leur transparence, par leur blancheur, et par l'éclat de la lumière qu'elles produisent. En général, la cire éclaire mieux que le suif: le pouvoir éclairant de la cire étant représenté par 100, celui de l'acide stéarique est de 84, tandis que celui du suif n'est que de 80. En outre, dans les bougies, les mèches sont tressées et imprégnées d'acide borique ou d'un borate, ce qui épargne la peine de les moucher : en effet, à mesure que la bougie brûle, la mèche se courbe légèrement sous le poids de la perle d'acide borique fondu, de sorte que l'extrémité va se consumer dans le blanc de la flamme.
Vorii CIERGE.
En Chirurgie, on nomme bougies des baguettes flexibles, fabriquées soit avec des banddettes de toiles roulées et empreintes de couches successives d'huile siccative, lie résine ou d'emplâtres, soit avec du caoutchouc. On les emploie comme des sondes \w\xt dilater l'urèthrc. ou pour y introduire des substances médicamenteuses: mais elles âififèrent des sondes en ce qu'elles sont pleines, tandis que les sondes sont creuses. — L'invention de cet instrument est disputée entre Aldereto, médecin portugais, et son élève Amatns, qui le décrivit le premier en 1554. Il a été perfectionné par le médecin français Pickel.
BOUGRAINE. plante. Voy. bcgraxe
BOUGRAN (de bouc], sorte de toile forte et gommée, dont les tailleurs se servent |iour garnir certaines parties d'un habit; ils la mettent entre deux épaisseurs d'étoffe, afin de les tenir plus fermes.
BOUILLABAISSE, sorte de potage au poisson, dans lequel on fait entrer le turbot, le roujet, la dorade, le mulet, le bar, la sole, etc., et accessoirement des écrevisses et de la langouste, qu'on assaisonne avec du sel el du poivre, de l'oignon, de Vail, du citron, du safran, des