‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 225 sur 1729 · CADAVRE · texte numérisé non relu

CADAVRE

CACHOU, Terra japoiiica, extrait ])rcpari> dans los Indes orientales av( c le bois, les reuillcs et les fruits <le l'Acacia cateclm ; il a une saveur astrinf^enle, suivie d'un arrièrc-goùl surré assez agréable. Le cadiou contient beaucoup d'un tannin particulier, l'acide cac/nilaniiique ; il se dissout presque complètement dans l'eau bouillante, dans l'alcool et dans le vinaigre. On distingvie le C. de Pigu et le. C. du Bengale, en petits pains cubiques de couleur brunâtre, et le C. brun, en gros pains de 35 à 40 kilogr. On falsifie souvent le cachou en le mélang(>anl avec une terre noirâtre, fraude qui a pu contribuer à le faire passer pour une terre ; on découvre facilement la supercherie en faisant fondre le tout. — Los Indiens se servent du cachou pour la teinture et le taimagc des peaux; on l'emploie en kuropc dans les fabriques d'indiennes et les teintureries. — Il colore en brun le coton et la laine ; et, en y associant des mordants, on obtient une grande variété de teintes. — Les médecins le prescrivent comme tonique et comme astringent. Mêlé avec du sucre, de l'ambre, de la cannelle, ou avec des essences de menthe, de rose ou de fleur d'oranger, il constitue une pâte qui parfume l'haleine ; les fumeurs y recourent pour dissiper l'odeur que laisse le tabac.

CACHUCHA, danse espagnole qui s'exécute sur un air gracieux et vif, et qui s'accompagne de gestes passionnés. Elle fut introduite à l'Opéra de Taris en 1856, par Fanny Elssler.

CACIQUE (mot caraïbe), nom sous lequel les Me^cains et les Péruviens désignent leurs chefs.

CACIQUE, oiseau. Foi/, cassique.

CACOCHYIME, cacochvmie (dugr. xaxôyufioç, -Iol), mot de l'ancienne médecine, par lequel on désignait autrefois les malades alleintsde cacochymie (xax6s, mauvais, et yujxôî, humeur), c.-à-d. d'altération des humeui-s (sang, pituite, bile, atrabile).

CACOOYLE (du gr. xaic(5î, mauvais, et d'un autre élément douteux signifiant sans doute odeur), substance d'abord obtenue à l'état de mélange avec son oxyde par Culet dans sa Liqueur fumante ou Alcarsine, puis isolée et étudiée en ISW par Bunsen. On lui donne encore le nom de dimélhylarsine, qui indique sa composition AsfClP)*. Il se produit toutes les fois qu'on chauife un acétate avec de l'acide arsénieux : son odeur permet de reconnaître la présence de l'acide acétique dans un sel. C'est un liquide incolore très réfrangible et inllammable, (l'une odeur insuppoi'abli>; il bouta 71°, et forme, avec le soufre, le brome, le cyanogène, des composés crislallisablcs i)our la plupart.

CACOGRAPHIE (du gi-.x«xoYpa!p£a,orthographc vicieuse), recueil de mots et de phrases où les règles de l'orlliographeet de la grammaire ont été violées à dessein, et que le maître fait corriger par ses élèves. Celte méthode d'enseigner l'orthographe, imaginée en 1811 par Le Tellier, a eu un moment de vogue ; elle a été justement proscrite parce qu'elle habituait l'œil de l'élève à des formes vicieuses.

CACCLET, panier à dossier garni de coussins par lequel on remplace la selle, dans les Pyrenées en particulier; — siège pliant emplové dans l'armée pour transporter les blessés au moyen des animaux de bât; chaque bât reçoit deux cacolets.

CACOPHONIE (du gr. xaxoawv'a), rencontre vicieuse de syllabes qui se heurtent ; répétition des mêmes syllabes, des mêmes consonances, frappant désagréablement l'oreille, comme dans ce vers de Voltaire [Nanine, III, 8) :

Non, il n'est rien que Aamue n'honore;

— L'hiatus, ou rencontre de deux voyelles, forme aussi une espèce de cacopl onie.

En Musique, réunion de sons discordants ou faux.

CACOXÈNE, var. de dufréxite.

CACTÉES, CACTUS. Les Cactées constituent une famille de plantes Dicotylédones dialypétales à ovaire infère, composée d'un très grand nombre de plantes charnues affectant les formes les plus bizarres, n'offrant en guise de feuilles que des écailles, des aiguillons ou même des poils; à fleurs hermaphrodites : calice adhérent à l'ovaire, corolle à pétales nombreux, étamines sans nombre, ovaire uniloculaire polyspermc: à fruits pulpeux et charnus. Ces plantes, la plupart originaires des pays chauds, ne sont guère cultivées que comme plantes d'ornement ; quelaues-unes cependant, le Figuier de Jiarbarie p. ex., donnent des fruits comestibles. C'est sur les Nopals qu'on élève l'insecte qui donne U cochenille ( Voy. ce mot) . — . Quant au genre Cactus,

qui a donné son nom à toute la famille, il n'a plus d'existence £cienlili(pie. Les Iwtanistes modernes l'ont réparti en un grand nombre de genres, dont les principaux sfjnt les suivants : Cierge [Ce7-cus), Echinocactus, Kchinopsisy Epiphylluni, Matnillaire, Melocaclus, l'ilocereus, Ha- (juette [Opuntia], etc. Voy. ces mots.

CADASTRE [tiu bas-latin capitastrtim, qui vient luimême de caput, tête : registre de l'impôt par tête), ensemble des ouérations par lesquelles on recherche la contenance et la valeur des propriétés immobilières, en vue d'établir l'assiette de l'impôt foncier et d'en faire la répartition.

Historique. L'antiquité classique a connu le cadastre : il est avéré que les Grecs s'en servaient. A Athènes, c'étaient les démarques qui le tenaient à jour. A Home il était également connu. .Iules César et Auguste firent dresser le cadastre général de l'empire romain : les terres y étaient classées, d'après leur rendement, en différentes catégories. La Gaule, soumise à ce régime, protesta plus d'une fois contre les vexations des fonctionnaires impériaux. Les rois barbares, lors des grandes invasions, se gardèrent bien de supprimer le cadastre : ils se bornèrent à le remanier en augmentant les impôts. L'ignorance et le désordre den temps, plus forts que leur volonté, firent peu à peu dis|)araîlre les résultats de la savante administration romaine, et le retour cà la pratique cadastrale n'eut lieu qu'au xv° siècle. En 1461 Charles VII ordonna la constitution d'un cadastre qui ne put aboutir. Sous Louis XIV, Colberl reprit le projet sans réussir davantage. L'ancien régime ne connut jamais que des cadastres partiels, comme les terriei"s féodaux, aescriptions particulières des domaines des seigneurs, l;'s pouillés ecclésiastiques, et les cadastres que certaines provinces firent dresser à leurs frais, comme le Péréquairc du Dauphiné, le Compoix de Languedoc. La Bourgogne, la Provence, l'Agenais, le Condomois, la généralité de Monlauban avaient aussi leui-s cadastres particuliers.

La suppression par l'Assemblée constituante de tout })rivilègc en matière d'impôt appelait la création d'un cadastre général. Par décret du 21 mars 1795, la Convention décida qu'il serait exécuté. Les opérations même commencèrent presque aussitôt ; mais en réalité elles ne furent menées avec activité et méthode qu'à partir de 1808 et elles ne furent terminées qu'en 1850. Ces opérations avaient compris : 1» la partie d'art qui s'exécute sous la direction d'un géomètre en chef et qui a pour but la délimitation des communes, la division du territoire communal en sections, la triangulation et le lever du plan: — 2" l'expertise ou évaluation du revenu de chaque parcelle cadastrale. Elle se fait avec le concours de propriétaires désignés par le conseil municipal, qui peut leur adjoindre un expert nommé par le préfet. L'expertise comprend la classification, le tarif des évaluations et le classement; — 5° la répartition individuelle, faite par le directeur des contributions directes pour appliquer à chaque narcelle le tarif des évaluations et former la matrice cadastrale ; — 4» les mutations, qui ont pour but de tenir constamment le cadastre à jour et qui sont faites par le contrôleur des contributions directes. Bien que relativement peu ancien, le cadastre a déjà besoin d'être refait; mais les dépenses qu'amènera ce nouveau et colossal travail le font ajourner d'année en année. — Consulter : le Recueil méthodique des lois, décrets, règlements, etc., sur le Cadastre de France (Paris, 1811); le Traité de la for^ tune publique, de MM. Macarel et Boulatignier ; le Répertoire général des contributions directes, par Lemercier de Jauvelle; le Répertoire du droit administratif, par Léon Béquet.

CADAVRE (du lat. cadaver, de cadere, tomber), corps mort [Voy. mort). — Les formalités imposées par la loi pour l'inhumation des morts, la levée des corps trouvés mort sur la voie publique ou partout ailleurs, l'autopsie ou l'ouverture des cadavres, sont énumérées soit dans le C. civ. (art. 77-98), soit dans le C. d'instr. crim. (art. 45 et 44). Voy. aussi bkcés et autopsie.

Les cadavres ou l'ébris d'animaux, vulg. appelés charognes, ont dû être l'objet de prescriptions spéciales dan.ï l'intérêt de la salubrité publique. Dans les villes, il est défendu de déposer ou de jeter des cadavres d'animaux sur la voie publique [Voy. abattoir et voirie). Dans les campagnes, les bestiaux morts doivent être enfouis dans la journée, à plus d'un mètre de profondeur, par le propriétaire et dans son terrain, ou voitures à la voirie, sous peine d'amende (C. rural de 1791, art. 15)

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