‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 240 sur 1729 · CAMPAGNE · texte numérisé non relu

CAMPAGNE

exilaient une odeur suave : ainsi les Chinois mêlent souvent au thé, afin de le parfumer, les pétale» du G. sasatiqua, dont les ileurs ont de la ressemblance avec celles du thé.

CAMELOT du b.-Iat. camelotum, de camelus, chameau), étotïe non croisée, mais forte et solide, qu'on fabriquait dans le Levant avec le poil du chameau, ou celui des chèvres du pays. Maintenant le camelot est une étolTe pure laine, ou mêlée de laine ou de poil de chèvre et d'un peu de soie, qu'on fabrique à Amiens, à Roubaix, à Bruxelles et en Angfleterre. En Italie, on fabrique beaucoup de camelots de soie. Le bouracan [Voy. ce mot) est une espèce de camelot commun. — Dans le Commerce, on appelle camelote les objets de pacotille qu'on fabrique en masse et qui, comme le camelot, ont plus d'apparence que de valeur réelle.

CAMEMBERT, sorte de fromage fabriqué surtout en Normandie : il se fait avec un lait légèrement écrémé, et subit une préparation très soignée. Son peu d'odeur, sa saveur douce, sa consistance moelleuse en font un des fromafces les plus appréciés.

CAMERA, mot italien oui veut dire c/iamtrc. Voy. mpsique.

CAMÉRALISTIQUE (au latin camerarius, camérier). En Allemagne, on a appelé Sciences camérales ou C'améralislique l'ensemble des connaissances nécessaires pour gouverner les finances d'un Etat. 11 y a eu à Heidelberg une école célèbre où l'on enseignait le droit caméral : il y avait des chaires pour le même enseignement à Halle, à Francfort et aussi à Milan en Italie.

CAMÉRIER (du latin camerarius], nom d'une dignité ecclésiastique et dune dignité séculière. Les G. ecclésiastiques sont des prélats de la cour de Rome attachés à la personne du pape et chargés de ses aumônes, du soin de l'argenterie, des jovaux, des reliquaires, etc.

Pour les Gamériers séculiers, voy. chambrier.

Archicamérier ou Archichamhellan, un des grands dignitaires de l'ancien Empire d'Allemagne. L'électeur de Brandebourg était archicamérier-né de l'Empire; il {xirtait le sceptre dans les marches impériales. Yoy. chambellan.

CAMÉRISIER ou camécerisier ^c.-à-d. petit cerisier], Xylosteum. section du genre Lonicera, comprend tous les chèvrefeuilles dont les rameaux ne sont pas sannenteux.

Voy. CHÈVREFEUILLE.

CAMÉRISTE (de l'italien caméra, chambre], nom qu'on donne aux femmes de chambre des dames de qualité en Italie, en Espagne et en Portugal. A Madrid la camarera mayor et à Lisbonne la camareira maior, ou première camériste, a la première charge du palais; c'est la surintendante de la maison royale.

CAMERLINGUE, nom donné, dans l'anc. Empire d'Allema.;ne et encore auj. à Rome, au dignitaire charge de l'admiiiiïlralion des finances. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

CAMILLA, 107' petite planète, trouvée le 17 nov. 1868 par l'ogson, à Madras. Voy. planètes.

CAMION, voiture de roulage à A roues très basses et très solides et qui sert à transporter dans les villes les marchandises d'un grand poids ou d'un volume considérable : — petit chariot sur lequel, dans les chantiers de construction, les ouvriers traînent les pierres de taille ; — épingles de la plus petite dimension ; — vase en fer dans lequel les peintres délaient la peinture.

CAMISADE (du lat. camisa ou camisia, chemise), nom donné, en général, à toute ruse de guerre qui a pour objet de surprendre l'ennemi pendant la nuit, soit parce que l'ennemi est alors surpris en chemise; soit plutôt parce qu'autrefois, pour amortir l'éclat des armures, les assaillants revêtaient leur chemise par-dessus leurs armes. La prise de Pontoise. en lil9, fut une camisade; la bataille de Pavic, en 1525, commença par une camisade. La surprise de Crémone, en 1702. par le prince Eugène fut une camisade.

CAMISOLE (du lat. camisa): on disait aussi chemisole au xvi" siècle. Outre le vêtement du matin oue tout le monde connaît, on appelle camisole ou gilet ae force un vêtement qui ressemble à un gilet à manches, excepté qu'il se ferme par derrière, et que les manches, prolongées au delà des mains, sont réunies et sans ouvertures. On s'en sert pour contenir les aliénés et les malades en délire. On met aussi la camisole de force à certains condamnés pour les empêcher d'attenter à leurs jours, ou de commettre des actes de violence.

CAMME. Voy. came.

CAMOMILLE (du gr. yapiaifiT.Xo'/. Anthémis, genre de la famille des Composées, tribu des Sénécionidées-Anthémidées, caractérisé par son involucre hémisphérique, ses

fleurs radiées à demi-fleurons femelles et fertiles, et son réceptacle convexe et garni de paillettes. Toutes les espèces renferment une huile volatile d'odeur agréable et de couleur azurée. La G. romaine [A. nobilis) est une plante vivace à fleurs jaunes au centre, blanches à la circonférence et d'un usage populaire comme stomachique, sudorilique. Cette plante croît dans les contrées sablonneuses de la France, ainsi que la G. des champs ou Fausse Gamotnille : mais les pharmaciens n'emploient que l'espèce cultivée, dont les capitules sont plus gros, plus pleins, et tout blancs par la transformation des fleurons en demi-fleurons. On a encore : la G.jiuante ou Maroute [A. cotula], préconisée contre l'hystérie et les fièvres intermittentes rebelles ; on s'en sert pour engourdir les essaims quand on veut retirer le miel des ruches; la G. des teinturiers [A. tincloria), vulg. Œil-de-bœuf, qui donne aux laines une teinte jaune aurore; la G. mixte [A. mixta et Ormenis], qui croît aussi dans les champs, et le Pyrcthre [Voy. pyrèthre). — On donne à tort le nom de G. ordinaire à une Matricaire, et celui de G. de Picardie à une Crucifère Voy. matricaire et camélixe.

CAMOUFLET, fourneau de mine dont la charge est calculée de façon à ne pas produire d'effet extérieur. Son but est d'agir contre une galerie eimemie pour la détruire ou la rendre inhabitable.

CAMP (pour champ], lieu où se place une armée pour y séjourner plus ou moins longtemps. La forme des camps varie nécessairement suivant la nature des lieux et la disposition du terrain. Cependant chaque peuple a toujours affecté une disposition particulière. D'après la Bible, les camps hébreux étaient rectangulaires; les Grecs et les peuples de l'Orient, comme encore auj. les Arabes, préféraient la forme circulaire ; les Romains, la forme carrée.

CAMPS ROMAINS. On distinguait les G. de marche ou de passage, que l'on construisait pour les besoins du moment, et les G. à demeure [castra stativa], qui se divisaient en G. d'été [castra wstiva]el G. d'hiver [castra hiberna]. Ces derniers, véritables forteresses, renfermaient tous les établissements d'une ville : plusieurs villes modernes leur doivent même leur origine (parex. Castres). On avait rattaché à ce genre de camps les ruines nombreuses qu'on voit encore dans plusieurs endroits de la France, et qu'on apj)elle communément camps de César : mais il est constant auj. que ces camps retranchés ont presque tous ime origine celtique et qu'ils sont antérieurs à la conquête romaine. Les Romains entouraient leurs camps d'un fossé [vallum], revêtu intérieurement d'un parapet [agger] fortifié d'une palissade : 4 portes répondaient aux 4 côtés du camp : la prétorienne, sur le devant ; la décumane, du côté opposé ; la dextre, adroite, et la sinistre, à gauche. Un chemin de ceinture séparait les tentes de l'enceinte du camp, et 2 larges voies correspondant aux 4 portes se croisaient à son nulieu. Dans la partie antérieure du camp se trouvait une place quadrangulaire, au centre de laquelle s'élevait le prétoire ou tente du général : à droite de cette tente était V augurai, où se prenaient les auspices; la moitié septentrionale servait de marché [forum], on y voyait la tente du légat (lieutenant) ; dans l'autre moitié se trouvait celle du questeur (trésorier de l'armée) ; derrière cette place, et perpendiculairement à la porte prétorienne, les tentes formaient de longues lignes [strigx] ; chaque tente contenait 10 soldats [contubernales] sous le commandement d'un decanus. Les goujats [calones] et les vivandiers [lixx] étaient placés en dehors du camp, aux abords extérieurs iprocestria].

CAMPS modernes. Lcs amiécs ne doivent plus camper que dans des cas particuliers, par ex. lorsqu'il s'agit d'assiéger ou d'investir une place forte sans qu'il soit possible de cantonner. On campe sous de grandes tentes ou dans des baraques. Il existe des camps permanents dans lesquels les troupes vont séjourner pour leur instruction. Ces camj» ont parfois ser^i pour rassembler des armées destinées à faire campagne. Certains auteurs militaires donnent le nom de camp retranché à l'ensemble constitué par une place forte et ses forts détachés.

CAMPAGNE (du lat. campus, plaine), dans l'Art militaire, désigne l'ensemble des opérations de guerre qui ont lieu dans le cours d'une année. Ce terme sert aussi à désigner les services de guerre des militaires de tous gradesr Les campagnes sont décomptées par années et s'ajoutent aux durées effectives de service. Pour la retraite, le service de guerre en Europe et le service de paix hors d'Europe comptent pour une campagne. Le service de

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