‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 241 sur 1729 · CAMPAGNOL · texte numérisé non relu

CAMPAGNOL

(LVMPHKE

guerre hors d'Europe compte pour deux campagnes. Pour rétablissement des titres aux aétoralions, toutes les campagnes comptent simples. — Dans la Marine, le mot campagne s'applique à 1 ensemble des opérations quVxéculc une escadre ou im bàtimiMit entre la sortie du port d'armement et la rentrée. On dislingue les campagnes iVinslruction ou d'évolution, d'observation, de croisière, de découvertes, etc.

CAIVIPAGNOL (de campagne], Arvicola, genre de petits Mammifères, de l'ordre des Rongeurs et de la famille des Rats, comprend plusieurs sous-genres : les Campagnols propr. dits, les Ondatras ou Rats musqués, les Lemmings et les Otomys.

Les Campagnols ont 3 màclielières, comme le Rat, mais ils s'en distinguent par leur queue, qui est velue, leurs pieds sans palmures, et le pouce de devant qui est caché sous la peau. Ils se subdivisent en une vingtaine d'espèces, dont les principales sont : 1° le Hat des champs IMus arvalis), qui n'a guère plus de 0 m. 08 à 0 m. 10 ac long; le dessus de son corps est jaune-brun, le ventre est d'un blanc sale. Cet animal habite les champs, où il se pratique de petits terriers divisés en 2 ou 3 loges. La femelle fait deux portées par an, de 8 à 12 petits chacune; aussi, malgré tous les pièges qu'on leur tend, le nombre de ces animaux malfaisants est-il toujours considérable. Non-seulement le campagnol mange le grain de semence, mais il coune le chaume quand il est mûr, le renverse à terre et viac l'épi, soit en le mangeant sur place, soit en l'emportant dans ses magasins; — 2" le Hat d'eau (Mus amphibius), commun aux deux continents, im peu plus gros que le rat ordinaire, et gris brun foncé: il vit au bord des ruisseaux pour y trouver les racines des plantes aquatiques, dont il paraît faire sa nourriture exclusive : il y creuse un boyau peu profond, parallèle au sol et muni de plusieurs issues ; — o" le C. des prés [Mus œconomus\, célèbre par ses migrations : cet animal, qui habite la Sibérie, est un peu plus gros que le rat des champs; il a le dos plus fonce, et la queue presque noire en dessus, tout à fait blanche en dessous. Au printemps, cette espèce se rassemble dans le Kamtchatka en troupes innombrables qui se dirigent vert l'ouest; au milieu de juillet, ces troupes arrivent sur les bords de l'Okhotsk, où elles restent jusqu'à l'hiver. Lorsfju'elles reviennent, en octobre, les Kamtchadales célèbrent leur retour par une fête : car ces animaux ramènent avec eux les carnassiers à fourrure, dont ils sont la principale nourriture. Les habitations que se creusent ces campagnols consistent en une chambre garnie de mousse et de gazon, et entourée d'une foule de galeries latérales conduisant, les unes au dehors, les autres à de vastes magasins qui contiennent leurs provisions. Voy. bat.

CAMPAN, marnre des Pyrénées, qui se trouve dans la vallée de Campan, près de Bagnères-de-Bigorre. 11 appartient à la partie terminale du Dévonien supérieur ou à la partie inférieure du Carbonifère.

CAMPANE (du lat. campana), nom donné : 1" en Architecture, au corps du chapiteau corinthien et du chapiteau composite, parce que ces chapiteaux ressemblent à une clociie renversée; 2° à toute décoration, tout ornement de sculpture en manière de crépine, d'où pendent des houppes en forme de clochette, pour un dais d'autel, de trône, de chaire à prêcher, etc. — On étend ce nom à tout ouvrage de soie, d'or, d'argent filé, avec de petits ornements en forme de cloche.

CAMPAN ELLE (de campane], nom vulgaire du Convolvulus. Voy. ce mot.

CAIVIPANIFOFtME ou campanule (de campana), se dit, en Botanique, des fleurs dont le calice et la corolle ont la forme d'une cloche, comme les Campanules et les Liserons.

CAMPANILE (de l'italien campanile). Ce mot désigne : i» une tour servant de clocher (Voy. clocher) ; 2" une petite lanterne qui termine une flèche de clocher ou qui surmonte un dôme.

CAMPANULACÉES, famille de plantes Dicotvlédones gamopétales à ovaire infère : calice adhérent à 5 lobes égaux, corolle à 5 divisions, alternant avec celles du calice, et renfermant 5 élamines à filets élargis à leur base; ovaire soudé avec le tube du calice. Cette famille se compose de plantes lactescentes, qui sont tantôt des herbes, tantôt des arbrisseaux, à fleurs bleues ou blanches. — Principaux genre; : Campamda (g.-type), Phyteuma, Specularia, Jasiouc et Walilcnbergia.

CAMPANULAIRE (du lat. campanula, clochette), Cam-

panularia, genre de Cœlentérés, de l'ordre des Polypoméduses, renferme une quinzaine d'espèces marines, vivant d'abord ,à l'état fixe sous la forme de polypes à tige tantôt simple, volubile et rampante (Clyties), tantôt rameuse et non volubile (Laomédces), terminée par des clocJiettes, d'où se détachent bientôt de véritables méduses qui reproduiront à leur tour des polypes semblables aux premiers. Voy. MÉDUSK et polypo-médcses.

CAMPANULE, Campamda, c.-à-d. clochette, genre type de la famille des Campanulacées, renferme des plantes herbacées, des sous-arbrisseaux et des arbustes remarquables par la forme élégante de leurs fleurs, habituellement d'un bleu foncé. Ses principales espèces sont : la C. des jardins, dite Violette mar'ine [C. médium), à grosses fleurs blanches ou violettes ; la C. noble [C. nobilis] de la Chine, qui a des fleurs d'un violet pourpre, ainsi que la C. remarquable [C. speciosa) ; la 6'. lioccuni, dont on fait de jolies bordures; la C. raiponce (C. rapunculus), plante potagère, dont les racines et les jeunes pousses se mangent en salade ; la C. gantelée [C. trachelium) et la C. à feuilles de pécher (C. persici/'olia), qui toutes deux se mangent aussi.

CAMPANULE. Voy. campa.mforme.

CAM PÊCHE (uois de). Voy. hématoxyle.

CAMPER (se), se dit de la forme de station dans laquelle le cheval porte ses membres antérieurs en avant et ses membres postérieurs en arrière, pour élargir la base de soutien ; — se dit encore d'une déviation naturelle des lignes d'aplomb des membres, en avant de la normale pour les membres antérieurs, ou en arrière pour les membres postérieurs.

CAMPHÈNES, nom donné, en Chimie, à des hydrocarbures isomères ayant tous pour formule C*"1I"' et que M. Berthelot a obtenus avec l'essence de térébenthine. — On retend aussi à tous les hydrocarbures qui ont la formule précédente, quelle que soit leur origine; mais il vaut mieux les nommer Térébènes. Voy. ce mot.

CAMPHOGÈNE (de camphre et du gr. yevr^ç, engendré), nom donné par Dumas au corps obtenu par l'action de l'acide phosphorique sur le camphre et qui se trouve tout forme dans l'essence de cumin. Ou l'appelle maintenant Cytntne [Voy. ce mot).

CAM PHOBIQUE (acide), acide bibasique qu'on obtient en faisant bouillir du camplire avec de l'acide nitrique. On en connaît trois espèces : une déviant à droite la lumière polarisée, une 2° la déviant à gauche, la 3'= ne la déviant pas; ils dérivent de trois camphres actifs, et inaclifs par oxydation [Voy. camphre). Toutes trois se présentent en aiguilles incolores, peu solublcs dans l'eau froide. L'acide camphorique droit, le plus important, a été découvert, en 1785, par Kosegarlen; Laurent et Malaguti en ont établi la composition en 1856.

CAMPHOROSMA (de camphora, camphre, et du gr. i-:\xi\, odeur). Voy. camphrée.

I CAMPHRE (de l'arabe hamphur), Camphora, espèce 1 d'essence concrète, d'une odeur très forte, d'une saveur amère et aromatique. Le camphre est plus léger que l'eau ; il entre en fusion à 175°, et Iwut à 204°; il est si volatil qu'il disparaît bientôt complètement quand on l'expose à l'air libre. Il brûle avec une flamme fuligineuse. L'eau n'en dissout qu'une très petite quantité; l'alcool, l'étber, les huiles grasses et les huiles essentielles le dissolvent en toutes proportions. L'acide nitrique le convertit à chaud en acide camphorique. Le camphre ordinaire ou camphre du Japon, le seul employé en médecine, a pour lorinule QiojjiSQ ji est dextrogyre. Le camphre se comporte au point de vue chimique comme l'aldéhyde d'un alcool qu'on appelle le bornéol.

Le camphre s'extrait du Laurus camphora ( Voy. camphrier). L'extraction s'en fait particulièrement au .lapon, à «lava, à Sumatra et à Bornéo. A cet clTet, on divise en fragments le bois de l'arbre, et on le chauffe avec de l'eau dans de grandes cucurbites de fer, surmontées de chapiteaux en terre dont l'intérieur est garni de cordes de paille de riz. Le camphre se sublime et vient s'attacher à ces cordes, à l'état d'une poudre grise : on le raffine, en Europe, par une nouvelle sublimation dans des matras en verre. Plusieurs huiles essentielles, comme celles de lavande, de romarin, d^ marjolaine, et d'autres plantes de la famille des Labiées, renferment du camphre en petite quantité; mais ce camphre diffère un peu du camphre ordinaire ; il n'agit pas comme lui sur la lumière polarisée.

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